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France: « la manif pour tous »

publié dans regards sur le monde le 13 juin 2013


France: une guerre de religions

Nous reproduisons ci-après, un intéressant article de Rémi Fontaine publié dans “Présent” le 29 mai 2013 qui souligne la dimension métaphysique et même eschatologique du combat en cours en France sur le “mariage” gay.

Lu dans l’abondante revue de presse sur la Manif pour tous ce passage plutôt bien vu de Patrice Carmouze dans L’Eclair des Pyrénées : « … On dira que toutes les sociétés ont toujours été tiraillées entre un pôle progressiste et un pôle conservateur. La nouveauté n’est pas là, en effet, mais bien plus dans la violence qui oppose aujourd’hui ces deux pôles, comme s’ils n’appartenaient plus à la même société mais que deux sociétés inconciliables se faisaient face. Et comme si ces sociétés ne voyaient d’autre solution à leur conflit que dans un affrontement total, irréductible. C’est bien cette radicalisation des deux France qui est préoccupante. Car notre culture républicaine qui exige un même traitement pour tous et partout est incapable d’y apporter la moindre réponse ».

Quand, au delà du débat anthropologique sur le « mariage » gay, nous évoquons plus largement, avec la tradition contre-révolutionnaire, un combat métaphysique et même eschatologique qui se précise de plus en plus, nous pensons aux deux étendards de saint Ignace et aux mots du futur pape François : « On ne peut pas dialoguer avec l’ennemi de notre “Salut” : il faut lui faire face, en le combattant jusque dans ses intentions ».

Nous ne parlons pas, assurément, comme certains évêques qui préfèrent demeurer sur ce terrain de la discussion anthropologique et temporiser étrangement avec la démocratie, sans même considérer les principes non négociables de Benoît XVI.

« La mobilisation doit continuer, non pas sur le terrain politique, puisqu’un chrétien doit accepter dans un espace démocratique que la loi ne soit pas l’exact reflet [sic] de ses convictions ; mais la mobilisation doit se poursuivre sur le terrain de l’anthropologie », a osé déclarer par exemple Mgr Jean-Luc Brunin (le 17 mai dernier) sur Radio Vatican.

Comme si notre combat politique devait en somme se plier, s’arrêter, se subordonner respectueusement au mythe démocratique plutôt qu’à la métaphysique divine ! L’évêque du Havre a ainsi appelé les catholiques à être éthiquement une « communauté du oui au sein d’une société démocratique ». Contribuer au débat éthique en chrétiens mais sans prétention politique et universelle, comme une Antigone ou un Thomas More qui composeraient avec le Créon du jour !

Sans combat mais par débat conciliant, l’évêque s’imagine sans doute que notre religion pourra ainsi toujours infléchir la politique démocratique. Mais il ne s’aperçoit donc pas que cette politique contre nature est elle-même une religion (le culte de l’homme), une théocratie (la démocratie religieuse), une métaphysique exclusive de la morale et de la politique naturelles, donc catholiques !

La violence et la radicalisation politiques, dont parle l’éditorialiste, ne sont pas de notre fait, comme l’explique Jacques Trémolet de Villers dans sa chronique : elles sont la conséquence d’une provocation inspirée par celui que saint Ignace appelle l’ennemi de la nature humaine.

Dans cette guerre de religions dont la portée véritable échappe à trop d’évêques, nous avons heureusement la chance d’avoir Vincent Peillon qui est en quelque sorte le saint Jean-bouche-d’or de la morale laïque. Il dit tout haut ce que veulent et ce que font nos adversaires.

Extraits de son livre La Révolution française n’est pas terminée (2008) à l’attention des responsables de l’Enseignement catholique sous contrat : « La Révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, un commencement absolu, la présence et l’incarnation d’un sens, voire d’une nécessité, celle d’une régénération ou d’une expiation, dans la contingence et les faits… La Révolution est un événement métahistorique et un événement religieux.

D’où l’importance stratégique de l’école au cœur du régime républicain. C’est à elle qu’il revient (…) d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République… L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une trans-substantiation [sic] qui opère, dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi ».

Vous avez dit « métaphysique » ? Voici une contrefaçon de notre religion dont les catholiques devraient évidemment reconnaître et redouter l’origine ! Dans cette guerre de religions, le débat fondé sur la droite raison et le compromis politique (sans compromission !) ne sont évidemment pas inutiles avec les hommes qui ont toujours une part de bonne volonté.

Mais il sont insuffisants et peuvent devenir dangereux si les catholiques ne comprennent pas qu’ils affrontent en réalité une autre religion, laïciste, sourde à la droite raison ou équivalemment une autre raison, sophistique, sourde à la vraie religion. Certains démons ne peuvent se chasser par la voie médicinale naturelle. Mgr Aillet l’a bien dit : « La prière demeure l’arme principale de notre combat ».

Arrive un temps où le dialogue de sourds devient trop flagrant. Où les croyants, sans renoncer au débat intellectuel ni à l’action politique, doivent aussi emprunter des voies plus prophétiques po ur ne pas sacrifier aux nouvelles idoles du temps. Des voies de dissidence, à l’instar des Veilleurs : sortir des sentiers battus d’un relativisme subliminal et de sa dictature sournoise.

Sortir du Panthéon démocratique et de son subtil totalitarisme par une contre-révolution conséquente sachant parler et avertir aussi au nom de Dieu, par correction et charité fraternelles. Un ami nous rappelle justement cette apostrophe prophétique de Blanc de Saint-Bonnet en 1851 qui nous est comme spécialement destinée :

« Quand les hommes perdent de vue les nécessités morales, Dieu fait sortir des nécessités d’un autre ordre. Si la Foi n’est plus reçue par l’oreille, elle nous sera enseignée par la faim. Le christianisme constituera la société moderne ou la verra voler en éclats. Les faits économiques avant peu, mettront les vérités à nu. Vos lois auront tout reconnu, tout consacré, tout administré, les moyens humains seront tous employés : jamais armée plus nombreuse, jamais législation plus complète, jamais administration plus puissante ; alors arrivés au bout des causes secondes, vous viendrez vous briser contre la cause première ! Ce ne sera plus la doctrine méconnue que l’on entendra, ce ne sera plus la conscience inécoutée qui criera. Les faits parleront leur grande voix. La vérité quittera les hauteurs de la parole; elle entrera dans le pain que nous mangeons, dans le sang dont nous vivons ; la lumière sera du feu. Les hommes se verront entre la vérité et la mort… Auront- ils l’esprit de choisir ? »

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