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La démocratie sans le peuple!

publié dans regards sur le monde le 27 mai 2014


A propos des élections européennes

La démocratie sans le peuple

Les élections européennes de ce 25 mai ont été marquées par une débâcle sans précédent du Parti socialiste qui détient cependant, encore, toutes les rênes du pouvoir. Avec un score de 14 % des votants et une abstention de 56,5 %, le parti qui préside aux destinées de notre pays reçoit le soutien de 6 % des inscrits – sans compter que de nombreux électeurs potentiels ne sont même pas inscrits – soit 2,2 millions de personnes pour une population de 66 millions d’habitants. L’écart est vertigineux ! Logiquement, le Front national exige la démission du gouvernement et une dissolution de l’Assemblée nationale que refuse obstinément, pour l’instant, Manuel Valls. Tout cela est-il bien démocratique ?

La démocratie selon la Révolution française
Lors de l’élection des députés aux États généraux de 1789, les 573 représentants du tiers état se répartissent ainsi : 216 marchands et propriétaires fonciers, 212 avocats, 102 officiers de baillage, 18 magistrats municipaux, 16 médecins, 12 gentilshommes, 2 prêtres et 1 laboureur « le bonhomme Gérard », seul paysan à siéger alors que cette classe sociale devait représenter 90% de la population française. En même temps qu’elle proclame (article 1 de la Déclaration des Droits de l’homme) que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », l’Assemblée devenue constituante pérennise l’esclavage et établit un suffrage censitaire, réservé aux hommes, qui distingue citoyens « actifs » et citoyens « passifs ». Pour être citoyen actif il faut, selon la loi électorale du 2 décembre 1789, payer un cens, prêter le serment civique, être inscrit au rôle des gardes nationales et avoir un statut social honorable qui exclut les domestiques comme les pauvres. Ainsi, dès son origine, la République, dans les faits et les textes, distingue le peuple et le corps électoral ; quant aux « représentants du peuple » ils sont, déjà, issus de coteries et de groupes de pression minoritaires essentiellement attachés à la défense de leurs intérêts matériels particuliers. Ainsi Hippolyte Taine, dans ses Origines de la France contemporaine, note-t-il que sur les neuf représentants de la Vendée à la Convention six sont régicides. De même, la vente des « biens nationaux » ne met pas les biens de l’Église à la disposition de tous mais uniquement des plus fortunés en interdisant le morcellement des domaines. Seulement 10% du corps électoral participe aux élections à la Convention du 21 septembre 1792.

La démocratie moderne
Quand le résultat des élections ne correspond pas aux espérances des maîtres du moment, le plus simple est alors d’invalider les élections comme ce fut le cas pour 10 députés poujadistes sur 52 élus en 1956. L’ordonnance du 21 avril 1944 accorde, en France, le droit de vote aux femmes, droit qu’elles avaient perdu depuis la Révolution puisque sous l’Ancien Régime les mères abbesses et les veuves ayant un fief participaient aux élections pour les États généraux.
C’est sans doute l’historien postmarxiste François Furet qui, à l’époque contemporaine, a le mieux cerné en une formule lapidaire la vraie nature de la démocratie moderne : « Il y a dans tout pouvoir démocratique une oligarchie cachée à la fois contraire à ses principes et indispensable à son fonctionnement » (in Penser la Révolution française). Le rapport de cette oligarchie cachée au peuple a bien été exprimé par Talleyrand : « La politique est l’art d’agiter le peuple avant de s’en servir. » Manuel Valls défendra becs et ongles les intérêts de ceux qu’il représente (fonctionnaires, minorités sexuelles et ethniques, bobos, élus socialistes…). En appeler à la légitimité démocratique ou au bien commun de la France est d’une naïveté sans nom car jamais dans l’Histoire une minorité privilégiée n’a renoncé librement à ses privilèges. Lors de la fameuse nuit du 4 août 1789, chacun, en fait, proposa l’abolition des privilèges de l’autre. Selon Philippe Pichot-Bravard dans son précieux ouvrage La Révolution française (Via Romana) : « Le vicomte de Noailles prit la parole contre la dîme. Mgr de Lubersac, évêque de Chartres, se dressa contre le droit de chasse et Mgr de Boisgelin, archevêque d’Aix, requit contre les privilèges des provinces. » Dès le lendemain d’ailleurs, affolés par leur propre audace, les députés proposèrent que ces droits fussent déclarés rachetables.
Instrumentalisée dès ses origines par des minorités affairistes et idéologues, la République en France nous est présentée comme un bloc. C’est donc ce bloc que nous refusons pour la survie de la France et la véritable libération d’un peuple que des élites mondialisées ont décidé de corrompre, déraciner et finalement remplacer par des populations étrangères à notre civilisation, notre religion et notre Histoire.

Jean-Pierre Maugendre

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