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Entretien avec Marion Maréchal Le Pen

publié dans flash infos le 11 juin 2015


Entretien avec 
Député de Vaucluse, tête de liste du Front national aux élections régionales en région Provence-Alpes-Côte d’Azur
« Si je deviens présidente de la région PACA, je démissionnerai de mon mandat de député ! »

Vous avez longuement hésité à vous présenter aux élections régionales, notamment, semble-t-il, du fait des dissensions internes au sein de votre parti. Cette indécision de votre part ne pourrait-elle pas sembler de mauvais augure aux électeurs de la région PACA ?

Bien au contraire, ce temps de la réflexion passé, ils ont maintenant l’assurance que cette campagne sera menée le plus sereinement et le plus efficacement possible avec des équipes soudées. L’envie de mener cette campagne et de porter une nouvelle offre politique pour la PACA ne m’a jamais quittée, seul le souci de l’apaisement m’a conduite à demander un délai pour consulter les fédérations et m’assurer de la motivation de nos troupes dans ce contexte de transition.

Vous vous présentez pour diriger une région importante, dotée d’un budget de deux milliards d’euros, et ce pendant votre tout premier mandat de député. On pourrait donc à bon droit, comme votre opposant du parti Les Républicains, Christian Estrosi, vous reprocher un manque d’expérience politique presque inquiétant pour exercer un mandat aussi important… Que répondriez-vous à vos détracteurs ?

Les hommes politiques ne sont ni omnipotents ni omniscients, la qualité de ces derniers dépend très souvent de la qualité de leur entourage. De ce point de vue, je suis gâtée, j’ai autour de moi une équipe parfaitement apte à prendre en main l’exécutif de la PACA et d’y reproduire les succès déjà réalisés dans nos mairies. En revanche, certains hommes politiques ont des bilans… C’est le cas de mes adversaires : Christian Estrosi ou Christophe Castaner. Le premier a vu la désindustrialisation s’aggraver sous son ministère, comme la dette de sa ville ou de son agglomération. Je ne parle même pas des trois affaires qu’il a montées et coulées. Quant au second, il a participé au cabinet de M. Ravier, ancien maire d’Avignon, dont la gestion a conduit la ville sous tutelle…

En quoi votre campagne et vos idées diffèrent-elles de la campagne « ultra-droitière », comme le disent les journaux, de M. Estrosi ? En d’autres termes, qu’avez-vous de plus que lui à apporter ?

Le terme de « droitisation » appliqué à l’UMP – pardon : aux Républicains – est assez révélateur : la droite se « droitise » car voilà longtemps qu’elle n’est plus de droite… Alors les discours se musclent pour tenter de rattraper les électeurs ayant flairé l’imposture. Christian Estrosi excelle dans ce concours de muscle et de cynisme. Il est capable de dire tout et le contraire de tout avec le même aplomb : immigration, islamisme, mariage homo, région, tout y passe. Dans ces conditions, je pense que notre équipe a la force de ses convictions. Ce sont des gestionnaires dans la vie et non des professionnels de la politique, ils ont donc le bon sens chevillé au corps et, enfin, ils sont libres car tenus par aucun des petits arrangements avec l’opposition qui gangrènent la vie politique. Je suis convaincue que le Front national portera, dans ces élections, la classe politique de demain.

On vous a vue récemment au pèlerinage de Chartres ou avec les Veilleurs de Versailles, et déjà, en 2013, dans les rangs de la Manif pour tous… En donnant tous ces gages de respectabilité aux catholiques, ne seriez-vous pas au FN ce que le courant Sens commun est à l’UMP : une tentative d’aspirer l’électorat issu de la contestation du mariage pour tous ?

Rien de comparable : la position qui est la mienne, celle défendue aux Veilleurs, àla Manif pour tous, est celle du Front national. Dans ces conditions, je ne cherche pas à influencer mon parti ou à servir de caution, comme finira malheureusement par le faire, je le crains, Sens commun à l’UMP. Quant au pèlerinage, il s’agissait d’une démarche personnelle que je ne souhaitais pas médiatiser, mais à l’heure du numérique, plus rien n’est secret ! Je l’avais, par ailleurs, déjà fait avant d’être élue député.

Quel sens souhaitez-vous donner à votre mandat si vous êtes élue à la tête de la région PACA : un laboratoire régional de vos idées, en vue de la conquête du pouvoir suprême ? La preuve de la capacité du Front national à gérer une énorme collectivité territoriale ?

Notre gestion régionale ne sera pas idéologique ; en aucun cas il ne s’agit d’un laboratoire d’expérimentation. Deux voies s’offrent à notre région dans la décennie à venir : devenir les favelas de la Méditerranée, ruinée par une immigration à flux tendu, une insécurité grandissante, un islamisme prosélyte et un chômage endémique par la mort de nos industrie et agriculture ou alors devenir la « Californie » française, autrement dit une région forte de son climat, de sa situation et de sa diversité géographique, des territoires ruraux désenclavés où les entreprises viendront s’installer avec une région comme partenaire et non comme boulet. Bien sûr, tout ne se réglera pas au niveau régional mais des choix importants peuvent être faits pour ouvrir une autre voie.

Vous êtes une jeune élue, une jeune épouse et mère de famille, qui mène un combat d’idées difficile, face à la vindicte des formations classiques et dans un parti en pleine tourmente. Alors si vous n’emportiez pas la présidence de la région, poursuivriez-vous votre combat politique, ou interpréteriez-vous cette défaite comme un signal pour vous retirer de la vie publique ?

Vous brossez un tableau très noir de ce qui m’attend ! C’est vrai que parfois, quand on voit l’état de la France, on doit se souvenir des paroles de Georges Bernanos, pour qui « la plus haute forme d’espérance est le désespoir surmonté ». Mais je ne suis pas pessimiste ni défaitiste. Rien ne garantit ma victoire, c’est normal. Nous ne connaissons pas le vainqueur avant le scrutin. Maintenant, sur votre question : une défaite ou une victoire sont toujours un signal. D’ailleurs c’est souvent le même signal : cela vous dit qu’il faut faire toujours mieux, soit pour conquérir la confiance des gens, soit pour continuer de la mériter. Ce signal me sera envoyé en décembre. En attendant, je ferais insulte aux Français de PACA si je pensais à ma carrière et non à notre région. Le gage que je leur donne est celui de démissionner de mon mandat de député en cas d’entrée à la fonction de présidente de région.

Entretien réalisé par Arnaud Florac

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