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Que se passe-t-il à Luçon?

publié dans nouvelles de chrétienté le 10 août 2015


 Que se passe-t-il à Luçon?

SOURCE - Paix Liturgique – lettre n°503 – 4 août 2015


Depuis fin juin, les fidèles de Luçon (Vendée) sont privés de la célébration de la liturgie traditionnelle dont ils bénéficiaient pourtant depuis plus de 10 ans – dans la concorde et la bonne entente – en la chapelle des missionnaires de la Plaine. À juste titre mécontents de cette décision abrupte, certains d’entre eux se sont exprimés dès le 23 juin dernier dans une lettre ouverte publiée sur Riposte catholique.

Alors que, lentement mais sûrement, la forme extraordinaire du rite romain ne cesse de se développer un peu partout à travers le monde, cette affaire vendéenne a quelque chose de tellement anachronique que nous profitons d’un autre courrier qui nous a été adressé pour lui consacrer nos réflexions de la semaine.

I – LA LETTRE DES FIDÈLES DE LUÇON

Chers Amis de Paix Liturgique,
[...]
Voilà plus de 10 ans qu’un groupe stable d’une quarantaine de fidèles de Luçon et des environs assiste tout au long de l’année à la messe traditionnelle célébrée chaque dimanche à la Chapelle des Pères missionnaires de la Plaine, située tout à côté de la cathédrale. Ce groupe, renforcé par de très nombreux vacanciers durant les vacances scolaires, encore plus en été, s’est toujours efforcé de vivre en paix et en parfaite communion fraternelle avec les prêtres qui assuraient alternativement la célébration de la messe. À plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion de recevoir la visite, toujours appréciée, de notre évêque, Mgr Castet.
C’est pourquoi nous avons été incroyablement choqués d’apprendre à l’issue de la messe du 21 juin dernier, de la bouche de notre vicaire général, Monseigneur Gomart, chargé depuis 2011 du suivi de la mise en oeuvre du motu proprio Summorum Pontificum dans le diocèse, que cette messe était supprimée dès la fin du mois de juin (la dernière messe a été célébrée le 28 juin, ndlr) sans qu’aucune solution de rechange ne soit mise à l’étude. La nouvelle était si violente que nous avons eu du mal à croire, dans un premier temps, qu’elle bénéficiait vraiment du placet de Mgr Castet. Hélas, il semble bien que ce soit le cas !
Le motif avancé par le vicaire général est double :
- les Pères missionnaires de la Plaine souhaitent retrouver l’usage exclusif de leur chapelle,
- le décès du chanoine Hervouet, qui célébrait jusqu’à présent, nous prive de célébrant.
Sur le premier motif, nous n’avons pas grand-chose à dire si ce n’est remercier les Pères de leur hospitalité pendant toutes ces années et que ce ne sont pas les lieux de culte disponibles qui manquent à Luçon. On peut toutefois déplorer qu’ils n’aient pas jugé utile de nous faire part eux-mêmes de leur volonté au préalable…
Sur le second motif, nous savions que le chanoine Hervouet souhaitait être relevé de son ministère à compter de la prochaine Toussaint. Son décès ne fait donc en réalité qu’anticiper une situation déjà connue et qu’une simple rencontre entre le diocèse et notre communauté aurait sans doute aisément résolue.
Bref, si ces deux motifs ont des allures de cas de force majeure, ils n’en ont en revanche pas la réalité et n’expliquent en aucun cas la suppression d’un dimanche l’autre de notre célébration !
Cela nous coûte de l’écrire mais la suppression de la messe de Luçon est un acte délibéré, pesé et soupesé dans les bureaux diocésains.
À nos protestations face à son annonce, le vicaire général avait en effet deux réponses toutes faites à opposer :
- si nous tenons à la messe à Luçon, nous n’avons qu’à assister à la forme ordinaire,
- si nous tenons à la forme extraordinaire, nous n’avons qu’à prendre notre voiture puisque nous avons trois autres messes en forme extraordinaire dans le diocèse (La Roche-sur-Yon, 35km ; Sainte-Cécile, 40km ; Les Sables d’Olonne, 50 km).
Des réponses que nous jugeons peu satisfaisantes et qui témoignent de bien peu de charité à notre encontre, Monseigneur Gomart finissant par nous dire que, « de toute façon, extraordinaire signifie exceptionnel » !
[…]
Littéralement KO après ce coup de massue du 21 juin, nous avons toutefois retrouvé nos esprits depuis.
Entre l’installation de notre messe en 2004, donc dans le cadre du motu proprio Ecclesia Dei qui donnait autorité à l’évêque, et aujourd’hui, il y a eu le motu proprio de Benoît XVI qui donne autorité au curé. Nous avons donc tout simplement décidé de formuler une demande dans le cadre de Summorum Pontificum auprès du curé de la cathédrale de Luçon. Nous attendons à présent sa réponse que nous imaginons devoir, de toute façon, transiter par les bureaux diocésains même si cela n’est pas requis par le motu proprio.
Nous voulons croire malgré tout à la bienveillance de notre père évêque et que cette suppression annoncée le 21 juin par le vicaire général ne soit au final qu’une malheureuse péripétie que la satisfaction de notre demande fera vite oublier afin que la confiance mutuelle, aujourd’hui brisée, soit restaurée. Groupe stable depuis plus de 10 ans, nous demandons simplement à pouvoir continuer dans la paix et la sérénité à rendre gloire au Seigneur le dimanche dans la forme extraordinaire du rite romain dans notre ville.
Nous offrons nos prières à Notre-Dame et nous en remettons à la Providence pour qu’une solution soit trouvée d’ici septembre.
D’ici là, nous restons déterminés et comptons sur vous pour donner un écho à notre triste histoire.
[...]

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1- Nous évoquions dans notre lettre 497 la proportion de plus en plus importante d’ordinations pour la forme extraordinaire. C’est toujours avec une certaine tristesse que nous constatons que certains évêques continuent à sous-exploiter cette ressource que sont les « communautés traditionnelles ». La Fraternité Saint-Pierre est d’ores et déjà installée dans le diocèse de Luçon : pourquoi ne pas lui confier aussi l’apostolat de Luçon, par ailleurs siège épiscopal ? Pourquoi ne pas envisager de faire appel à d’autres communautés attachées au missel de saint Jean XXIII ? Pourquoi ne pas nommer à Luçon un prêtre diocésain sachant célébrer ? Nous connaissons des prêtres qui accepteraient volontiers de venir répondre aux besoins spirituels des fidèles de Luçon et sommes à la disposition de Mgr Castet comme de son vicaire général s’ils souhaitent les solliciter…
2- On nous dit que les prêtres prennent de l’âge et qu’ils sont très occupés. Certes. Si Luçon, diocèse vendéen jadis riche en prêtres, comptait encore 104 prêtres en activité en 2013, il n’en n’aura plus,selon une enquête demandée par la Conférence des Évêques de France, que 45 en 2024 ! En ce qui concerne les occupations des prêtres, le pape François ne manque jamais de les mettre en garde contre la maladie de l’activisme, qu’il appelait « marthalisme » dans son discours à la Curie en 2014. Comme le rappelle si bien le cardinal Sarah dans son livre-entretien, le premier devoir – et même la première joie – du prêtre, c’est de se tenir en présence de Dieu. Qu’on nous permette alors de croire que la célébration de la Sainte Eucharistie prime toujours sur les autres obligations des prêtres… Et, quand bien même n’y aurait-il vraiment pas de prêtre disponible, pourquoi ignorer les communautés Ecclesia Dei ?
3- L’affaire de Luçon fait apparaître une nouvelle fois que les fidèles attachés à la forme extraordinaire sont traités comme des catholiques de second rang. Alors que la conférence épiscopale et les diocèses regorgent de commissions « pour le dialogue », aucune d’entre elles ne concernent les catholiques qui veulent prier en latin et grégorien. Nous rappelions dans notre lettre 500 les péripéties qui avaient porté à la naissance de Paix liturgique dans le diocèse de Nanterre. 15 ans plus tard, et malgré le texte limpide de Benoît XVI confirmé par le pragmatisme du pape François, la sourde oreille continue d’être la seule réponse de certains évêques aux appels de certaines de leurs brebis. Comment s’étonner, alors, que celles-ci finissent par bêler encore plus fort ?
4- La disparition de la messe durant les vacances constitue une erreur pastorale. En effet, dans les régions touristiques, les messes Summorum Pontificum rassemblent beaucoup plus de fidèles pendant les mois d’été. À Luçon, la chapelle était d’ordinaire bondée, les familles allant jusqu’à s’entasser dans la sacristie…
5- À l’heure ou une pétition « Touche pas à mon église ! » circule sur Internet avec le succès que nous lui connaissons, nous avons envie de crier avec ces fidèles de Luçon : « Touche pas à ma messe ! ». La liturgie extraordinaire comme l’église bâtiment fait partie de notre patrimoine spirituel et culturel et nous voulons la conserver. Face à ceux qui tiennent encore les rênes et qui sont responsables du champ de ruines dont nous héritons nous nous levons pour affirmer que nous nous battrons toujours pour que nos églises ne soient pas détruites et pour que nos messes ne soient pas supprimées.

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