La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

« Croire en l’Eglise et croire en la France »

publié dans regards sur le monde le 1 février 2016


« Croire en l’Eglise et croire en la France »

SOURCE – Le Seignadou – février 2016. Abbé Simoulin.


Puisque certains ont évoqué récemment une troisième guerre mondiale, je rappellerai simplement ce que j’ai lu il y a déjà vingt-cinq ans : « Au soir d’une longue vie – puisque né en 1905, je vois l’année 1990 -, je puis dire que cette vie a été marquée par des événements mondiaux exceptionnels: trois guerres mondiales, celle de 1914-1918, celle de 1939-1945 et celle du Concile Vatican II de 1962-1965. Les désastres accumulés par ces trois guerres, et spécialement la dernière, sont incalculables dans le domaine des ruines matérielles, mais bien plus encore spirituelles. Les deux premières ont préparé la guerre à l’intérieur de l’Église en facilitant la ruine des institutions chrétiennes et la domination de la Franc-Maçonnerie, devenue si puissante qu’elle a pénétré profondément par sa doctrine libérale et moderniste les organismes directeurs de l’Église. » (Mgr Lefebvre – Itinéraire spirituel.)

Cela dit, sans être prophète, il m’arrive de réfléchir à l’analogie que voici : en 1689, le Sacré-Cœur avait demandé que le Roi de France lui consacre son royaume. Cela n’a pas été fait et, cent années après, nous avons eu 1789 !
En 1917, la Vierge Marie a demandé la consécration du monde et de la Russie à son Cœur Immaculé. Cela a-t-il été fait ? Certains disent non, d’autres oui. Des consécrations partielles et imparfaites ont été réalisées, et peut-être est-ce grâce à cela que la Russie demeure aujourd’hui le denier témoin d’une chrétienté encore vivante et active, sans toutefois avoir rejoint la famille catholique.  Alors que va-t-il se passer, cent ans après, en 2017 ?
Certains nous prédisent une catastrophe ou un châtiment, mais je sais, quant à moi, que Dieu n’aime pas châtier, et que lorsqu’il le fait c’est pour un temps, pour éprouver, purifier, éclairer, ramener à la vie, et je n’ai pas oublié que « à cause des élus, ces jours seront abrégés » (Mt. XXIV). Avez-vous noté que l’année liturgique se conclut avec le récit des catastrophes qui accompagneront la fin des temps, mais qu’elle commence également avec un récit analogue, le 1° dimanche de l’Avent ? Elle recommence comme elle avait fini, et devrait même recommencer mieux qu’elle n’avait fini ! “ Quand Dieu efface, disait Bossuet, c’est qu’il s’apprête à écrire.”
Telle est la loi de l’amour divin : un désastre, une catastrophe, une épreuve met fin à un état de choses pour introduire à un nouvel état meilleur, plus parfait. C’est l’incessant et éternel « nunc coepi » de l’Eglise qui avance, toujours neuve et aussi jeune que l’Esprit- Saint.
Alors, s’il survenait quelque cataclysme social, mondial ou ecclésial en 2017, ne serait-ce pas pour ouvrir la voie d’une « contre-révolution », pour nous ramener à la vie après cette longue période de purification pénitentielle que nous vivons depuis 1789 en France et depuis 1965 dans l’Eglise ? L’heure de vérité est-elle arrivée ? Allons-nous vivre de douloureux déchirements qui seront ceux qui permettront à la vérité de se libérer des oripeaux qui tentent de l’étouffer depuis tant d’années ? L’Eglise et la France vont-elles retrouver leur âme ? Pouvons-nous espérer que soit venue enfin l’aube de cette « contre-révolution » qui mettra fin à tant de désordres et tant de souffrances ?
Je veux l’espérer, et j’ose même discerner quelques signes prometteurs dans des réactions de plus en plus nombreuses chez des fidèles, des éducateurs et de simples compatriotes dont le bon sens semble être réveillé par les désastres qu’ils doivent vivre impuissants. Au mépris de la bien-pensance qui nous tue, des voix s’élèvent enfin et des jeunes eux-mêmes crient leur colère et leur espérance.
Je dois confesser que j’ai bien apprécié ces réflexions d’une jeune inconnue, qui motive cette espérance :

« Si vous pensez que « la croix » est une faucille et un marteau, je vous invite à rouvrir vos livres d’Histoire. Pas ceux d’aujourd’hui qui sont affligeants tant ils sont pauvres, mais un vieux Lagarde et Michard qui traîne sûrement dans une bibliothèque. Car vous parlez de la France laïque, depuis 1905, depuis 1789. Vous semblez penser que la France a toujours été laïque. Mais vous semblez oublier que ceci n’est pas la France qui s’est construite en 1789, mais simplement une idée de la République. Vous oubliez aussi qu’avant 1905, des prêtres ont éduqué les Français, car il n’y avait pas autant d’instituteurs que de nos jours. Ils leur ont appris à lire, écrire, compter et penser suffisamment pour qu’un jour ils rejettent la main qui les avait nourris. Et la République de 1789… Vous semblez également oublier qu’elle fut fondée par de nombreux déistes, lorsqu’ils n’étaient pas chrétiens. Le culte de l’Être Suprême vous parle-t-il ? Le « Grand Horloger » de Voltaire également ? Robespierre lui-même était déiste, quel culot ! En 1793, la guillotine vous aurait tendu les bras pour avoir tenu de pareils propos !
En parlant de « votre » France de 1789, vous rasez près de 1789 années d’Histoire, pendant lesquelles la religion chrétienne, catholique, a guidé un peuple et un Royaume. Reniez-les si cela vous rassure, elles existeront toujours. Tant que Fontainebleau, Versailles, le Louvre et les châteaux de la Loire existeront, tant que la crème Chantilly existera, tant que Notre-Dame et la Sainte Chapelle se dresseront, tant que la France aura ces frontières géographiques. Reniez cette France aux racines catholiques, mais elle perdure. Des milliers d’Asiatiques déferlant l’été en Île-de-France le comprennent mieux que vous. Vous oubliez que la France n’est un pays laïque que depuis 110 ans. C’est tout. Avant, ne vous en déplaise, la France a grandi dans un giron chrétien. »

Par ailleurs, j’aime assez faire un parallèle entre ce que nous vivons dans l’Eglise et ce que nous vivons dans la société. L’ennemi de tout ce qui est divin a voulu leur imposer un vêtement nouveau, mais ce vêtement est trop étroit pour les grandeurs qu’il voudrait habiller, et il craque de toutes parts ! L’Eglise est plus grande que le concile, et la France est plus grande que la république. L’Eglise est même trop grande pour le concile et la France trop grande pour la république, et nous constatons l’échec des « valeurs » conciliaires et l’échec des « valeurs » républicaines… ce sont d’ailleurs les mêmes : droits de l’homme, libéralisme, tolérance, dialogue, partage, liberté de conscience, etc.…tout craque sous la pression de la réalité et les divisions internes laissent espérer que l’heure approche où nous pourrons enfin revenir aux « vertus » évangéliques et aux « vertus » françaises !
Aussi est-il temps, me semble-t-il de croire en l’Eglise et de croire en la France. Pas plus que la France ne s’identifie à la république, l’Eglise ne peut s’identifier au concile !
Comme la République s’est substituée à la France ou à la patrie, ainsi le concile a pris le dessus sur l’Eglise, dont on parle encore mais en l’affublant de cet esprit conciliaire qui n’est plus catholique. Un homme ne s’identifie pas à son défaut, même dominant, mais à sa nature rationnelle… Et l’ivraie conciliaire semée par l’ennemi ne peut pas définir l’Eglise, ni corrompre sa nature divine ! On ne peut identifier l’Eglise catholique à ses « accidents » conciliaires, pas plus qu’il n’est possible de réduire Jésus-Christ à son humanité crucifiée. L’Eglise ne se réduit pas aux hommes qui la composent, qui peuvent adhérer à l’erreur et se laisser gagner par les mensonges du monde. L’esprit de l’Eglise n’est pas celui des hommes, ni même de ses chefs mais le Saint-Esprit.
L’Eglise continue le mystère de l’Incarnation : divine et humaine, une personnalité divine associée à une nature humaine… intacte et parfaite dans sa divinité, mais faible et fragile dans son humanité, sujette à la persécution, aux déformations, aux blessures, aux tentations et aux séductions du monde.
Oui, nous avons peut-être raison d’être en colère, et d’estimer que nous sommes trahis par ceux qui devraient nous guider et nous défendre ; et nous avons donc d’autant plus de raisons d’œuvrer dans l’Eglise et dans la cité pour tout y restaurer en Jésus-Christ, sans attendre d’autre secours que de Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

Revue-Item.com

article précédent

article suivant

Une doctrine sur l’immigration

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS