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L’Anneau de saint Jeanne d’Arc

publié dans regards sur le monde le 19 avril 2016


Le Puy du Fou ne rendra pas l’Anneau de Jeanne

 

(Source L’Homme Nouveau)

 

 

Le Puy du Fou ne rendra pas l'Anneau de Jeanne

Le retour de l’anneau de Jeanne, signe de l’apaisement avec l’ennemi de jadis, suscite encore des différends avec l’Angleterre qui réclame son retour. Quel meilleur indice en faveur de son authenticité ? Mais plus qu’un objet historique de premier plan, elle est un signe. Philippe de Villiers a bien voulu nous en dire un peu plus.

Philippe de Villiers, vous avez, avec le Puy du Fou, pu racheter l’anneau de Jeanne d’Arc, et on sait quelle aventure cela a été. Quelle est pour vous la symbolique du retour de l’anneau en France, aujourd’hui, en 2016 ?

C’est un petit bout de France qui est revenu en France, une petite parcelle de nos grandeurs déchues, mais aussi une lueur d’espérance. N’oublions pas que cet anneau est à la fois un trésor national et une relique. Il ne restait rien de Jeanne, puisqu’elle a été brûlée et que ses bourreaux mettaient un point d’honneur à ce qu’il n’en restât rien, justement. Ne demeurerait que cet anneau volé par l’évêque Cauchon, son juge, et transmis à son supérieur hiérarchique, le cardinal d’Angleterre, Henri Beaufort.

Il y a effectivement une puissance symbolique à voir revenir cet anneau après six siècles d’exil, et il y a quelque chose de pathétique à constater que les Anglais réclament aujourd’hui l’anneau qu’ils avaient volé à la France et à Jeanne.

Pour ce qui est de l’espérance, vous avez vous-même appelé, d’une certaine manière, à la dissidence. Cette dissidence est-elle éclairée par l’exemple de Jeanne d’Arc ?

Bien évidemment, puisque Jeanne d’Arc est la première « dissidente » de l’Histoire. Elle est une dissidente, dans un temps d’affaissement, d’effondrement et de haute trahison. N’oublions pas que le traité de Troyes signé en 1420 par Isabeau de Bavière est une sorte de traité de Maastricht puisqu’il transfère la souveraineté à l’étranger. Jeanne lève son étendard de la résistance. Elle brave les grandeurs d’établissement, celles qui la jalousent, celles qui la livrent, celles qui la condamnent. Il y a comme aujourd’hui un grand concours d’autorités temporelles et spirituelles qui veulent la fin de la France et la fin de la transmission de son mystère.

Le Puy du Fou se trouve actuellement dans des difficultés administratives vis-à-vis de l’Angleterre, qui comme vous l’avez dit réclame l’anneau volé. N’avez-vous pas eu l’impression d’être dans les pas de Jeanne d’Arc qui elle-même s’est heurtée à des lourdeurs sans fin pendant toute sa courte carrière de chef de guerre, comme vous l’avez montré dans votre livre ?

La suspicion entoure toujours la grandeur. Elle lui donne à la fois son lustre et sa vertu prémonitoire. Regardez la parenté de situations : les élites françaises se sont moquées du Puy du Fou et du retour de l’anneau. Les hiérarchies spirituelles ont ricané au nom de l’aggiornamento qui n’aime pas trop les reliques, avec sa nouvelle manière de foi qui se veut plus « réfléchie » et plus abstraite que celle des patries charnelles. L’Université a condamné l’anneau, comme l’Université du temps de Jeanne a condamné la sainte. L’Université aujourd’hui accuse l’anneau de fantaisie, comme celle du temps de Jeanne l’accusait de sorcellerie. Le peuple, lui, ne s’y trompe pas, il vient pour voir l’anneau, pour l’approcher, le regarder, le toucher. Jeanne est dans le cœur des Français. Ils se laissent gagner par la simplicité des grands mystères.

Où en est ce conflit avec l’administration britannique ?

Le Conseil national des Arts britannique nous somme de restituer l’anneau. Cette demande est scandaleuse parce que l’anneau a fait l’objet d’une vente parfaitement régulière. En réalité, le gouvernement anglais prend prétexte d’une procédure technique pour récupérer l’anneau de Jeanne. C’est devenu un bras de fer – et le Puy du Fou ne cédera pas. S’il faut aller en prison à la tour de Londres, là où a été enfermé Charles d’Orléans en 1415, les 3 600 bénévoles sont prêts à y aller.

Et vous aussi ?

Bien sûr !

Et vous écrirez des poèmes…

J’écrirai, comme Charles d’Orléans, des poèmes sur la « France dolente ».

L’État français a-t-il fait mine de vous soutenir dans ce nouveau combat ? Et d’ailleurs le souhaiteriez-vous ?

J’en ai appelé à la reine d’Angleterre, dont l’ancêtre voulut restituer l’anneau à la France. Le gouvernement français a fait ce qu’il a l’habitude de faire, c’est-à-dire rien.

Quand les Français – et les autres – vont-ils pouvoir regarder, admirer, vénérer cet anneau ?

Tant que l’anneau sera réclamé par l’Angleterre, nous sommes contraints de le mettre à l’abri. L’anneau ne peut pas être exposé tant qu’il n’est pas en sécurité.

 

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