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Sainte Jeanne d’Arc

publié dans paroisse saint michel le 11 mai 2013


Dimanche après l’Ascension
Sainte Jeanne d’Arc
Sa chevauchée victorieuse dans la lumière de l’Ascension du Seigneur.

On ne peut pas laisser passer cette fête de sainte Jeanne d’Arc, particulièrement, en cette paroisse saint Michel, sans évoquer son nom et sa chevauchée victorieuse vers Reims,.

Et puisque cette fête est solennisée juste en ce dimanche après l’Ascension, j’ai pensé pouvoir méditer sur cette chevauchée victorieuse dans la lumière du mystère de l’Ascension.

J’aimerais faire un parallèle entre la chevauchée victorieuse de Sainte Jeanne d’Arc conduisant le Dauphin à Reims pour y recevoir son sacre et la proclamation de da dignité royale et le mystère de l’Ascension du Seigneur.
Y-a-t-il un possible parallèle ?
Y a-t-il une analogie entre ces deux faits historiques ? Reims qui reçoit son Roi et le Ciel qui reçoit son Seigneur. Pourrait-on affirmer que Reims – sa Cathédrale – est au Dauphin ce que le Ciel est au Christ-Seigneur ?

Oui, je le pense.

Permettez-moi de faire cette tentative et de vous présenter quelques développements.

Et comme en toutes choses il faut considérer la fin, commençons par réfléchir sur la finalité de ces deux actes.
Oui, considérons la finalité de la chevauchée de Jeanne et la finalité de l’Ascension du Seigneur.
L’une et l’autre ont pour finalité de faire éclater la grandeur, la noblesse des personnes.
Pour le Christ, l’Ascension a pour but de confirmer sa divinité. Pour le Dauphin, la chevauchée vers Reims a pour but de confirmer sa noblesse royale.

Confirmer la noblesse royale du Dauphin : c’est cela, dit le père Clerissac, la mission de Jeanne d’Arc. Faire reconnaître que le Dauphin est de race royale. Il est de sang royal. Il n’est pas un « bâtard » comme on le suggérait, comme cela se « chuchotait » dans le Royaume de France, comme, du reste, il le craignait lui-même. Et son sacre à Reims avait cette raison d’être, avait cette finalité : que l’on confesse sa royauté. Il fallait que cesse toute suspicion…toute inquiétude. Le sacre était l’acte sublime qui confirmerait l’origine royale du Dauphin. Il allait de défaites en défaites. Il n’était plus que le « petit » roi de Bourges. Il n’avait plus de crédit…Son sacre à Reims, dans la Cathédrale des Rois, son Sacre le confirmerait dans sa dignité de prince de sang, ce qui était contesté par ce honteux traité de Troyes.

Ainsi, de même que l’exaltation, la glorification de Notre Seigneur, à la « Droite du Père », en cette fête de l’Ascension, confirmait, aux yeux des disciples, à nos yeux, sa divinité, de même, mutatis mutandis, le sacre du Dauphin consacrerait ses origines royales.

Considérons maintenant la cause formelle de ces deux actes historiques.

Dans son Ciel, Le Christ est reçu dans la Gloire. Dans sa cathédrale de Reims, le Dauphin y reçoit la sublimité des honneurs. A lui, la majesté du triomphe… Reims est à Charles VII, ce que le Ciel est au Christ, son lieu, son droit, son triomphe. Son droit est reconnu et confessé, à Reims par l’Eglise et le peuple acclamant ; au Ciel, pour le Christ, par Dieu le Père et la cour des anges et des élus.

Par la foi, au Ciel, je vois le Christ, « assis » à la droite du Père pour toujours en possession de ce repos éternel que lui ont valu de glorieux combats, les combats de sa Passion.
A Reims, par la lumière de l’intelligence de l’histoire, je vois le Dauphin entrer dans son sanctuaire après la chevauchée victorieuse et souffrante de Jeanne. Elle est là, toute à la joie, sa bannière étendue, à l’honneur. Il fut à la peine, dira-t-elle, il est bien légitime qu’il soit à l’honneur, à la gloire.
Et là, à Reims, dans son sanctuaire royal, comme le Christ en son Ciel, le Dauphin est déclaré au-dessus de toutes principautés étrangères, au dessus de toute autorité anglaise, de toute domination étrangère. Comme le Christ, le Dauphin est pour son peuple, le chef Souverain, reconnu, confessé …comme le Christ l’est pour et par son Eglise triomphante. « A Lui, tout honneur et toute gloire ».

Désormais, depuis ce jour de l’Ascension en son Ciel, nous dit Saint Paul : du Christ « son nom est devenu grand, resplendissant, glorieux…si glorieux que « tout genou fléchira devant lui, au Ciel, sur la terre, aux enfers…Toute langue publiera que Jésus vit et règne à jamais dans la gloire de Dieu le Père ».

Mais ne puis-je pas dire cela, mutatis mutandis, du Dauphin, en son sacre de Reims ? Son nom est devenu grand : Charles. Resplendissante, sa personne. Glorieuse, sa filiation…Si glorieuse que tout genou fléchira devant lui, de Jeanne, la première…Ce qu’elle fit, du reste, déjà, grâce à ses voix à Chinon, devant le Prince qu’elle reconnut entre cent…A Reims et après elle, de tout le peuple.

Et de même qu’au Ciel, avons-nous dit, en la fête de l’Ascension, la multitude innombrable des élus de la Jérusalem céleste dont l’Agneau immolé est l’éternelle lumière, jettent leurs couronnes à ses pieds, se prosternent eux-mêmes devant Lui et proclament, en un chœur puissant comme le bruit de la mer, qu’Il est digne de tout honneur, de toute gloire, parce que leur salut et leur béatitude trouvent en Lui leur principe et leur fin ».

De même à Reims. C’est le même chant en la Cathédrale devant le Dauphin confirmé en sa royauté.

Oui, il n’est pas faux de dire, analogiquement, que l’Ascension est au Christ, ce que le Sacre en la Cathédrale est au Dauphin, la consécration de la Royauté, comme pour le Christ, sa divinité.

Au Seigneur, je chante, dans mon « Gloria », « tu solus Altissimus, tu solus Dominus, tu solus sanctus. »
A Reims, Jeanne fit acclamer le Dauphin. « Tu solus Rex Galliae. Tu solus Princeps ». A Toi seul, et non à l’anglais ni au Duc de Bedford, le trône de France, la terre de France.
Le Christ est le propre Fils de Dieu. Cela éclate dans la Résurrection et l’Ascension.
Le Dauphin est le seul Roi de France, cela éclate aussi dans la cathédrale de Reims.
En sa qualité de Fils de Dieu, le Christ jouit du droit de prétendre à la gloire divine dans les splendeurs éternelles.
En sa qualité de Roi, vrai Roi, le Dauphin jouit, tout particulièrement du droit de recevoir son Sacre dans les splendeurs de la Cathédrale de Reims, au milieu de la liesse populaire, comme le Christ-Seigneur au milieu des élus et des anges.

Au Christ, à sa divinité, il lui fallait les hauteurs du Ciel d’où sa gloire et sa puissance pouvaient désormais rayonner pleinement sur la société entière des élus et des rachetés.

Au Dauphin, à sa Royauté, il fallait, tout également et analogiquement, Reims et sa grandeur.

C’est en effet du sacre accompli que la gloire et la puissance du Dauphin, enfin reconnues purent rayonner pleinement sur le cœur de ses sujets, des sujets de son royaume.
Le sacre confirme et consacre la royauté du Dauphin Charles, comme l’Ascension, analogiquement, confirme et consacre la divinité du Christ.

Oui, je peux dire que l’Ascension est au Christ ce que le sacre est au Dauphin.
Par l’Ascension, le Père a glorifié son Fils. « Deux exaltavit illum ».
Par le sacre, l’Eglise glorifie le Dauphin lui donnant l’onction royale afin qu’il règne sur sa terre.
Voilà la finalité de la chevauchée johannique. Sa finalité. Sa raison d’être. Sa noblesse.
Voilà la lumière que Jeanne nous donne du sacre.

Jeanne est une vraie lumière sur la royauté. Non seulement elle confirme la royauté du Dauphin. Mais surtout, elle nous permet de comprendre également le caractère divin du pouvoir politique. Elle permet que nous comprenions le sens divin du pouvoir politique. « Omnis potestas a Deo ». « Tout pouvoir vient de Dieu.
C’est, sous ce rapport, la raison d’être de Jeanne. Sa mission. Faire éclater non seulement la race royale du Dauphin. Mais surtout confesser l’origine divine du pouvoir. Quel que soit son mode d’élection ou de nomination. Le pouvoir est de Dieu, vient de Dieu et, par conséquent, doit s’exercer selon Dieu et sa Loi naturelle et surnaturelle.
Ainsi, Sainte Jeanne d’Arc est une lumière sur la chose politique. Jeanne est précieuse à notre intelligence pour comprendre l’ordre temporel.

Ainsi tout au début, je me suis posé la question du rapport possible entre la cathédrale de Reims pour le roi, et le ciel pour le Christ. Je me demandais si je pouvais dire que Reims est au Dauphin-Roi ce que le Ciel est au Christ. Je pense que c’est, de fait, une analogie tout à fait soutenable.
Oh ! Bienheureuse Sainte Jeanne d’Arc qui nous donne tant de lumière sur les choses de ce monde, par son recours au sacre.

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