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Le pape François en Egypte

publié dans regards sur le monde le 17 avril 2017


Le voyage du Pape en Egypte et les chrétiens persécutés

 (Source: Bulletin d’André Noël n° 2513)

Le procès en béatification du Père Jacques Hamel, assassiné par des islamistes à Saint Etienne du Rouvray, a commencé, a annoncé l’évêque de Rouen. Il faut normalement attendre cinq ans avant que s’ouvre un tel procès mais, par dérogation spéciale, le pape a accepté que le procès fût accéléré. Le prêtre a été assassiné en haine de la foi chrétienne par des musulmans.

Le souverain pontife s’apprête à faire les 28 et 29 avril un voyage en Egypte, pays clé du monde arabe, où les terroristes islamistes ont fait 87 victimes chrétiennes, mortes le jour des Rameaux. Le gouvernement égyptien se révèle incapable d’assurer la sécurité des citoyens chrétiens.

Le voyage du pape se veut « pastoral, œcuménique et interreligieux. »

 

Il interviendra devant la Conférence mondiale pour la paix organisée par le grand imam d’Al-Azhar, rencontrera le « pape » copte-orthodoxe Tawadros et saluera les autorités politiques.

Il est supposé rappeler à l’intention des catholiques et des musulmans que des relations apaisées et fraternelles sont possibles entre ces deux confessions et qu’il ne faut donc pas confondre terroristes islamistes et musulmans.

Au sujet de la situation des chrétiens dans ce pays – les catholiques étant minoritaires par rapport aux coptes-orthodoxes – le Père Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, lors d’une conférence de presse le 5 avril à la Conférence des évêques de France, a déclaré qu’en Egypte les chrétiens sont, certes, « discriminés », mais non pas « persécutés, sauf dans le Sinaï. »

Comme si la discrimination n’était pas une forme de persécution, moins violente, certes, mais tout aussi injuste ! Un moindre mal est toujours un mal. D’autant que la discrimination vient du pouvoir en place qui n’accepte pratiquement pas de fonctionnaires chrétiens ou alors à des postes très subalternes. On espère que le pape, qui insiste sur les droits de l’homme et la liberté religieuse, dénoncera cette discrimination. Ce qu’il accomplit en faveur des musulmans en demandant, en Europe, qu’ils ne fassent l’objet d’aucune brimade ou discrimination. La réciprocité s’impose dans les pays musulmans, au nom de la justice et de la morale

Le problème est délicat puisque son principal interlocuteur musulman sera le grand imam d’Al-Azhar, à la fois mosquée et université, la principale et la plus influente dans le monde sunnite. Or, quoique cette institution passe pour « modérée », l’enseignement qui y est dispensé est conforme à celui du coran pour ce qui est du traitement qu’un pays musulman doit réserver aux chrétiens. Les étudiants, futurs imans, y étudient les « Traités de jurisprudence » qui constituent le socle fondamental de la loi musulmane. On y trouve, détaillées, les exigences du contrat de dhimmitude et ses modalités : « Ce contrat signifie que les mécréants, notamment les dhimmis, doivent reconnaître leur mécréance et payer le tribut (al-jizya). Il faut les mépriser et les humilier lorsqu’ils se présentent pour le payer. Il faut les faire attendre longtemps et les obliger à tendre leurs mains, conformément à ce qu’Allah ordonne dans le coran : Qu’ils payent le tribut, alors qu’ils sont humiliés. » François demandera-t-il que l’on traite ses frères chrétiens autrement ?

 

En outre, rappelle Christian Cannuyer, égyptologue et directeur de l’association Solidarité-Orient en Belgique, « le discours d’al-Tayeb, l’imam d’Al-Azhar, n’est pas dénué d’ambiguïtés : il reconnaît la liberté religieuse mais ne renonce pas à la sanction de l’apostasie. » Mais ce n’est pas parce que Al-Azhar est hostile aux terroristes islamistes qu’elle est pacifique et non violente. Après l’exécution d’un pilote jordanien brûlé vif par Daech, en 2015, le grand imam d’Al-Azhar, a publié un communiqué où il a « vivement condamné cet acte terroriste lâche, qui nécessite la punition prévue dans le coran pour ces agresseurs corrompus qui combattent Dieu et son prophète : la mort, la crucifixion ou l’amputation de leurs mains et de leurs pieds. »

On notera que, si, en l’espèce, ces terribles châtiments visent les terroristes, ils sont applicables à tous ceux qui « combattent Dieu et son prophète », ce qui, selon le coran, concerne aussi les chrétiens et autres « mécréants » s’ils ne se convertissent pas… P.R

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