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Ma participation au deuxième tour des élections présidentielles

publié dans regards sur le monde le 6 mai 2017


Ma participation aux élections du 2ème  tour

participation lointaine

 

« Soyez soumis à toute institution humaine, à cause de Dieu » Telles sont les paroles de Saint Pierre que l’Eglise nous donne à méditer en ce 7 mai 2017. L’obéissance nous est ici proposée comme vertu.

Mais celui qui nous parle de la soumission à toute institution humaine a dit également : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

Faisons quelques considérations sur  ces deux affirmations que certains pourraient dire contradictoires.

Et tout d’abord étudions la première affirmation : « Soyez soumis à toute institutions humains, à cause de Dieu ». .

Et d’abord qu’est-ce que l’obéissance ? C’est une vertu de respect envers le supérieur. L’obéissance procède de la déférence qui rend le culte et l’honneur au supérieur. Elle est subordonnée au respect. A l’égard des parents, elle est subordonnée à la piété, à la piété filiale. En tant qu’elle procède de la déférence envers Dieu, l’obéissance est subordonnée à la religion. L’obéissance fait ainsi partie des « vertus de vénération », de « révérence ». Parce qu’on a de la « révérence » pour les parents, pour les autorités, pour Dieu, on a aussi de l’obéissance. Mais autre est le parent, autre l’enfant. Il y a inégalité. Autre Dieu, autre sa créature. Il y a inégalité de l’un à l’autre. Ainsi l’enfant doit obéissance aux parents, la créature à Dieu.

De là, il est évident que l’obéissance est fondée sur l’inégalité des conditions entre deux personnes : l’une est inférieure et celle-ci s’attache à satisfaire une dette, un du. Il n’y a pas égalité des parties comme dans un contrat. Avec la vertu d’obéissance, on reste dans la ligne de ce rapport : un inférieur, un obligé. Cette vertu n’est pas réciproque. Je veux dire que l’enfant doit obéissance, les parents, non.

D’où vient donc cette situation de non réciprocité dans l’obéissance?

De ce que celui à qui nous sommes ainsi liés et redevables de l’obéissance, est à quelque degré, plus ou moins profondément,  mais réellement, ontologiquement et même existentiellement, notre principe d’être.Celui à qui nous devonsobéissance est un être de qui nous tenons ce que nous avons, ce que nous sommes et de qui nous continuons de dépendre en ce en quoi il nous est supérieur. Jamais nous ne pourrons traiter avec lui d’égal à égal. Il est notre supérieur dans l’être, le savoir et la sagesse, l’expérience.  Et voilà pourquoi le principe d’égalité qui est au cœur du système républicain, du système démocratique ainsi que du système éducatif actuel  est fondamentalement « subversif ». S’il n’y a pas de « réciprocité » dans l’obéissance, c’est parce qu’il n’y a pas d’égalité. Dans l’obéissance il  y a une différence d’ordre, c’est pourquoi elle est  irréductible à l’idée de stricte égalité.

Nous disons en conséquence que l’obéissance est due à toute entité qui est au principe d’être.

Cette qualité de principe, c’est à Dieu qu’elle convient tout d’abord, de façon éminente et parfaite. De Lui, nous avons strictement tout reçu et nous dépendons de lui à chaque instant, totalement. Il est au principe de mon être,  de mon existence. Je lui dois à ce titre obéissance. Et puisque Dieu est au principe de mon être et qu’à ce titre je lui dois obéissance, on comprend que plus je vis dans cette obéissance à Dieu, plus je développe mon être, mon bien et donc  ma liberté…. Ce fut là l’idéal de tous les saints. Obéir à Dieu, se perdre en Dieu, pour être, pour être toujours plus libre. La liberté des Saints était en proportion de leur docilité à Dieu. Ils ne parlaient jamais  d’autonomie, d’indépendance…Ils parlaient toujours de soumission, de docilité. L’exemple le plus parfait est bien sûr Notre Dame. : « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon votre parole ». Et c’est de fait cette confession d’obéissance qui lui permit de devenir la « theotokos », la mère de Dieu. Pleine de Dieu. Se perdre en Dieu pour se retrouver dans la plénitude de Dieu.

Ainsi donc l’obéissance est due à Dieu parce qu’Il est au principe de mon être

Mais il y a aussi des créatures qui participent, à leur manière et à un certain degré, à cette qualité de principe. Ce sont d’abord mes parents (auxquels il faudra joindre la patrie, dont le nom même évoque aussitôt l’idée de paternité). Nous leur devons le bienfait fondamental, impossible à rendre, de notre venue à l’existence, non par création, mais par génération ; nous leur devons aussi notre éveil à la vie humaine, tout un patrimoine matériel et culturel, notre formation en laquelle ils ont eu à nous gouverner. Ils sont pour nous, objet de piété filiale. Au titre du principe d’être, nous leur devons obéissance.

En deçà des parents enfin, d’autres hommes peuvent participer par rapport à nous à la primauté divine; non plus comme principes d’être, mais comme principes de direction et de gouvernement, nous orientant vers les fins de la vie humaine : c’est le cas de tous ceux qui sont actuellement nos supérieurs, qui ont sur nous une autorité proprement dite. Et ce caractère s’étend même, comme en dégradé et avec d’infinies nuances, à tous ceux que signale une certaine éminence humaine, les rendant au moins aptes à nous aider et à nous diriger. C’est à quoi répond l’attitude vertueuse qu’ est le respect, la  déférence à l’égard de toute personne constituée en dignité.

L’obéissance implique donc respect, déférence, vénération. Ce sont là les attitudes intérieures de l’âme obéissante. Et c’est pourquoi toute éducation qui développe en l’enfant le respect des choses, des êtres, la déférence, la vénération, l’estime, développe en l’enfant d’une manière réflexe, l’obéissance. Une civilisation qui engendre l’estime, engendre l’obéissance. Une civilisation qui engendre l’irrespect, engendre l’insubordination, la désobéissance, l’esclavage des passions.  

Il ne faut pas non plus oublier la révérence. Elle s’adresse essentiellement à la supériorité, à la grandeur ; elle est une certaine manière de reconnaître ou plutôt (car elle est de l’ordre de l’affection) de « sentir » cette grandeur de l’autre, d’apprécier ce qui nous sépare de lui. Elle est le sens de la distance et elle inclut par le fait même une certaine crainte. En face de Dieu, la révérence est le sentiment de la créature. Nous vénérons en Dieu la Majesté incommunicable du Créateur ; nous vénérons en nos parents la paternité, participation de la Majesté divine ; nous vénérons dans les supérieurs l’autorité, elle-même toujours participée du souverain domaine de Dieu ; et, en toute autre personne, qui nous est « supérieure » au sens large, qui jouit d’une « autorité morale », nous respectons la grandeur, toujours participée de Dieu, elle aussi. Vous le voyez : Dieu est a la racine de tout, de toute autorité, « omnis potestas a Deo » de toute paternité, de tout être.  C’est pourquoi une nation qui se dit laïque, qui veut vivre loin de Dieu et pour elle et pour ses enfants, est nécessairement une nation qui sombre dans l’insubordination, la révolte, la révolution, et tôt ou tard la guerre civile. Elle n’est pas loin. Beaucoup trop de « jeunes » respirent  l’irrespect aujourd’hui, ils ne respirent plus l’estime des choses et des êtres. Ils deviennent « les casseurs » et des choses et des êtres. Les « casseurs » même de leurs maîtres parce qu’ils ne savent plus estimer, ni aimer, ni vénérer, ni respecter, ni admirer. Il est urgent de leur faire aimer leur patrie, ou du moins le pays qui les reçoit et ses règles. Un ordre social ne peut pas éternellement être imposé, maintenu par la matraque, par la force armée. Être obligé, pour maintenir l’ordre, de monopoliser des cars et des cars de CRS, sur les Champs Elysée est un vrai drame. L’ordre, même politique, doit passer par l’éducation qui doit développer l’estime des choses…Mais comment enseigner des « voyous » qui refusent par principe l’enseignement et qu’ils veulent détruire systématiquement l’ordre social où ils sont nés… ?

Ces sentiments et ces attitudes de révérence sont ainsi caractéristiques de l’obéissance. Mais ils ne sont pas seuls. Ajoutons encore une ultime réflexion

Notre attitude envers ceux qui sont de quelque façon principe de notre être, de notre vie, de notre gouvernement, ne sera pas ce qu’elle doit être, si elle n’inclut pas l’affection, une certaine forme d’amour. Il faut dire que l’amour de Dieu, de nos parents, de nos supérieurs, fait partie des sentiments que nous leur devons. Il est d’ailleurs spontanément et naturellement suscité en même temps que la révérence, il fait corps avec elle et entre dans l’hommage que nous rendons.

Voilà quelques considérations sur l’obéissance, son principe, la primauté, ses qualités : révérence, estime, affection, amour, vénération. Voilà ce que nous devons vivre pour vivre dans la justice et l’ordre et pratiquer une sainte obéissance.

Mais celui qui nous appelle à l’obéissance aux institutions « à cause de Dieu », nous dit aussi qu’ « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

Vous connaissez les circonstances de cette déclaration fameuse de Saint Pierre. La haine du Sanhédrin se développe à l’endroit des apôtres en raison de la croissance des nouveaux disciples. Le Sanhédrin décide de mettre Pierre en prison. Mais libéré miraculeusement, le voilà de nouveau au Temple, avec Jean, annonçant le nom de Jésus, Ils ont reçu expressément l’ordre de parler de LUI, de dire « ses paroles de vie ». Le sanhédrin leur donne l’ordre de se taire. Alors saint Pierre de dire : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

L’obéissance à Dieu, Dieu qui est le principe de ce qu’est Pierre, à tous les niveaux,  lui donne la liberté de parler et de s’opposer à l’institution. Nous avons dit que l’obéissance est due à Dieu parce que Dieu est au principe de mon être, l’obéissance est due aussi à  toute personne qui participe analogiquement au principe de mon être physique, morale, spirituel…

Dès lors qu’une politique, qu’un programme s’éloigne gravement de l’ordre divin, de l’ordre naturel, de la doctrine sociale de l’Eglise, du bien commun de la cité, des « valeurs non négociables », comme le disait Benoît XVI, du bien de la Patrie qui m’a fait, qui m’a donné ma culture, ma religion et la force de la prêcher, l’obéissance n’est plus requise, même si le devoir  de courtoisie demeure. Dieu est Dieu. Il faut choisir Dieu et ne jamais « se concilier » avec le mal et le « Mauvais », le « Malin ». Il faut, comme le disait Pie X, dans sa première encyclique, choisir le parti de Dieu qui est le seul parti de l’ordre et de la Paix.

 

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