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Un arrêt étrange de la Cour de Cassation

publié dans regards sur le monde le 14 septembre 2017


Un stupéfiant et inquiétant arrêt de la Cour de Cassation

 

Apparemment, ce n’est pas l’événement politico-juridique le plus important s’étant déroulé pendant les vacances. Il est donc passé inaperçu. Néanmoins, il mérite le détour car il témoigne de ce que les plus hautes instances juridiques de notre pays, en l’espèce la Cour de cassation, sont, elles aussi, perméables aux injonctions du politiquement correct.

En outre, l’arrêt dont le sujet peut paraître anodin, risque d’avoir des conséquences plus importantes que celles qu’envisageaient les « sages ».

De quoi s’agit-il ?

Le 12 juillet, la haute juridiction a décidé qu’une entreprise pouvait accorder aux seules salariées un demi-jour de congés à l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars, afin qu’elles puissent aller manifester ! Les hommes étant exclus alors que, lors de manifestations féministes, il y a toujours des hommes qui y participent, du moins quand ces dames les tolèrent. Ils pourront toujours y aller mais à leurs frais, n’ayant pas droit à la demi-journée de congé. L’Association Osez le féminisme a salué cette décision comme une « bonne nouvelle » annonçant « les prémices d’un 8 mars férié », pour les femmes seulement, en bonne logique.

 

Il s’agirait d’une nouvelle étape dans la lutte contre les discriminations dont les femmes seraient victimes au travail. C’est le motif invoqué par les magistrats pour expliquer cette discrimination au détriment des hommes, justifiant ainsi que « des mesures soient prises au seul bénéfice des femmes » étant donné que ces mesures visent à « remédier aux inégalités qui affectent leurs chances » dans le déroulement de leur carrière.

 

Cette quête frénétique de l’égalité homme-femme (et autres) aboutit à ce paradoxe : on introduit une inégalité là où existait une égalité parfaite ! En effet, sur le plan des congés payés, l’égalité est totale : six semaines, quel que soit le sexe ; de même, évidemment, pour les jours fériés. Aucune nécessité de lutter contre une inégalité qui n’existe pas !

Le plus inquiétant dans cet alignement des plus hauts magistrats de notre pays sur cet égalitarisme est dans les attendus de l’arrêt dont l’un est ainsi rédigé : « Les manifestations de quelque forme qu’elles soient, le 8 mars, permettent de susciter une réflexion sur la situation spécifique des femmes au travail et de l’améliorer. » Passons sur le fait qu’il s’agit-là d’une pétition de principe sans l’ombre d’une preuve car il faudrait préalablement démontrer que manifester le 8 mars améliore leur situation au travail…

Une telle affirmation émanant de la haute juridiction ouvre la voie à d’autres catégories qui s’estiment, elles aussi, victimes de traitements inégaux. Dans la lutte contre les « discriminations », il y a les femmes mais aussi les « minorités ethniques » et… sexuelles ! Dès lors, si manifester est un « remède » adéquat, il n’y a aucune raison pour que ces minorités n’aient pas droit également à une demi-journée de congé pour manifester, soit lors de rassemblements « antiracistes », soit pour la « gay pride » ! Ce ne sont que deux exemples car il y a désormais des « journées » pour tout ou presque, et pour tous. Cet été, il y a même eu une « Journée mondiale des gauchers », une minorité d’entre eux se plaignant d’un monde conçu pour les droitiers !

 

Observons, au passage, que, s’il existe encore des inégalités salariales entre hommes et femmes, elles sont en diminution constante. En réalité, les plus grandes inégalités ne se trouvent plus entre hommes et femmes mais entre les femmes sans enfant et les mères de famille. Selon le rapport Glassoor Economic Research, fondé sur les chiffres officiels de l’OCDE, les femmes âgées de 25 à 44 ans sans enfants et travaillant à temps plein sont payées environ 2% de moins que les hommes. Mais l’écart salarial entre femmes avec et sans enfants par rapport aux hommes est de 12 points en France (il est de 14% au Royaume-Uni et de 13% en Autriche.) « Pour les hommes, c’est simplement le statut de père qui élève le salaire alors que chez la femme, chaque enfant supplémentaire se traduit par une pénalité financière », constate l’auteur de l’étude, Michelle Budig. Mais cette inégalité-là n’intéresse pas la Cour de Cassation, pas plus que les féministes… P.R. (Bulletin d’André Noël)

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