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Considérations du Pape François sur la mort.

publié dans magistère du pape François le 20 octobre 2017


PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 18 octobre 2017


 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Je voudrais aujourd’hui comparer l’espérance chrétienne avec la réalité de la mort, une réalité que notre civilisation moderne tend toujours davantage à effacer. Ainsi, quand la mort arrive, pour ceux qui sont proches de nous ou pour nous-mêmes, nous nous trouvons impréparés, également privés d’un «alphabet» adapté pour trouver des paroles ayant du sens autour de son mystère, qui demeure cependant. Pourtant, les premiers signes de civilisation humaine sont passés précisément à travers cette énigme. Nous pourrions dire que l’homme est né avec le culte des morts.

D’autres civilisations, avant la nôtre, ont eu le courage de la regarder en face. C’était un événement raconté par les personnes âgées aux nouvelles générations, comme une réalité inéluctable qui obligeait l’homme à vivre pour quelque chose d’absolu. Il est dit dans le psaume 90: «Fais-nous savoir comment compter nos jours, que nous venions de cœur à la sagesse!» (v. 12). Compter ses propres jours a pour effet que le cœur devienne sage! Des mots qui nous ramènent à un sain réalisme, en chassant le délire de toute-puissance. Que sommes-nous? Nous ne sommes «presque rien», dit un autre psaume (cf. 88, 48); nos jours s’écoulent rapidement: même si nous devions vivre cent ans, à la fin il nous semblerait que tout n’ait duré que le temps d’un souffle. Très souvent, j’ai entendu des personnes âgées dire: «Ma vie a passé comme un souffle…».

Ainsi, la mort met notre vie à nue. Elle nous fait découvrir que nos actes d’orgueil, de colère et de haine étaient de la vanité: pure vanité. Nous nous apercevons avec regret de ne pas avoir assez aimé et de ne pas avoir cherché ce qui était essentiel. Et, au contraire, nous voyons ce que nous avons semé de vraiment bon: les liens d’affection pour lesquels nous nous sommes sacrifiés, et qui à présent nous tiennent la main.

Jésus a éclairé le mystère de notre mort. Par son comportement, il nous autorise à nous sentir tristes quand une personne chère s’en va. Lui-même fut «profondément» troublé devant la tombe de son ami Lazare, et «il pleura» (Jn 11, 35). Dans cette attitude, nous sentons Jésus très proche, notre frère. Il pleura pour son ami Lazare.

Et alors Jésus prie le Père, source de vie, et il ordonne à Lazare de sortir du sépulcre. Et il advient ainsi. L’espérance chrétienne puise à cette attitude que Jésus prend contre la mort humaine: mais si celle-ci est présente dans la création, elle est cependant une balafre qui défigure le dessein d’amour de Dieu, et le Sauveur veut nous en guérir.

Ailleurs, les Evangiles racontent l’histoire d’un père dont la fille est très malade et qui s’adresse à Jésus avec foi pour qu’il la sauve (cf. Mc 5, 21-24.35-43). Et il n’y a pas de figure plus émouvante que celle d’un père ou d’une mère avec un enfant malade. Et Jésus se met immédiatement en marche avec cet homme, qui s’appelait Jaïre. A un certain moment, quelqu’un arrive de la maison de Jaïre pour dire que la petite fille est morte et qu’il n’y a plus besoin de déranger le Maître. Mais Jésus dit à Jaïre: «Sois sans crainte, aie seulement la foi» (Mc 5, 36). Jésus sait que cet homme est tenté de réagir par la colère et le désespoir, parce que sa petite fille est morte, et il lui recommande de conserver la petite flamme qui est allumée dans son cœur: la foi. «Sois sans crainte, aie seulement la foi». «Sois sans crainte, continue seulement à garder cette flamme allumée!». Et ensuite, arrivés à la maison, il réveillera la petite fille de la mort et la rendra vivante à sa famille.

Jésus nous place sur cette «crête» de la foi. A Marthe, qui pleure pour la disparition de son frère Lazare, il oppose la lumière d’un dogme: «Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu?» (Jn 11, 25-26). C’est ce que Jésus répète à chacun de nous, à chaque fois que la mort vient déchirer le tissu de la vie et des liens d’affection. Toute notre existence se joue là, entre le versant de la foi et le précipice de la peur. Jésus dit: «Je ne suis pas la mort, je suis la résurrection et la vie, le crois-tu? Crois-tu cela?”. Nous, qui sommes aujourd’hui ici sur la place, le croyons-nous?

Nous sommes tous petits et sans défense devant le mystère de la mort. Mais quelle grâce si, à ce moment-là, nous conservons dans notre cœur la flamme de la foi! Jésus nous prendra par la main, comme il prit par la main la fille de Jaïre, et il répétera encore une fois: «Talitha koum», «Fillette, je te le dis, lève-toi!» (Mc 5, 41). Il nous le dira, à chacun de nous: «Lève-toi, ressuscite!». Je vous invite à présent à fermer les yeux et à penser à ce moment-là: celui de notre mort. Que chacun de nous pense à sa propre mort, et s’imagine ce moment qui viendra, quand Jésus nous prendra par la main et nous dira: «Viens, viens avec moi, lève-toi». L’espérance finira là et ce sera la réalité, la réalité de la vie. Pensez-y bien: Jésus lui-même viendra auprès de chacun de nous et nous prendra par la main, avec sa tendresse, sa douceur, son amour. Et que chacun répète dans son cœur la parole de Jésus: «Lève-toi, viens. Lève-toi, viens. Lève-toi, ressuscite!».

Telle est notre espérance devant la mort. Pour celui qui croit, c’est une porte qui s’ouvre en grand; pour celui qui doute, c’est une raie de lumière qui filtre d’une porte qui ne s’est pas entièrement fermée. Mais pour nous tous ce sera une grâce, quand cette lumière, de la rencontre avec Jésus, nous illuminera.


Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les jeunes des collèges et lycées venus de France ainsi que les personnes venues de Suisse.
Lorsque nos vies connaissent des épreuves et des deuils, Jésus nous dit à nous aussi : « Je suis la résurrection et la vie ».  Je prie pour que votre pèlerinage à Rome vous aide à garder dans votre cœur la flamme de la foi et de l’espérance.
Que Dieu vous bénisse.

* * *

APPEL

Je désire exprimer ma douleur pour le massacre qui a eu lieu il y a quelques jours à Mogadiscio, en Somalie, qui a provoqué plus de trois cents morts, dont plusieurs enfants. Cet acte terroriste mérite la plus ferme condamnation, également parce qu’il s’acharne sur une population déjà très éprouvée. Je prie pour les morts et pour les blessés, pour leurs familles et pour tout le peuple de la Somalie. J’implore la conversion des violents et j’encourage ceux qui, avec d’immenses difficultés, travaillent pour la paix dans cette terre martyrisée.

 

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Commentaire de Zenit:

« Nous pourrions dire que l’homme est né avec le culte des morts ». Le Pape François a rappelé que toutes les civilisations se sont construites dans le rapport aux défunts, en ayant « le courage de regarder la mort en face ». La conscience de la mort permettait d’aborder la vie avec une certaine sagesse, comme nous l’enseignent les psaumes. « La mort met notre vie à nu. Elle nous fait découvrir que nos actes d’orgueil, de colère et de haine étaient de la vanité, de la pure vanité », a insisté François, en montrant aussi que c’est quand notre vie s’achève que se révèle ce que nous avons semé de bon.

La tristesse face à la mort d’un proche est naturelle et universelle. Jésus lui-même, profondément bouleversé, a pleuré devant la tombe de son ami Lazare. Mais en le ressuscitant, comme lorsqu’il ressuscite la fille de Jaïre, Jésus montre que la foi est plus forte que la mort.

Jésus encore aujourd’hui nous interpelle sur notre foi en la résurrection, jusqu’à notre dernier souffle « où se joue toute notre existence, entre le versant de la foi et le précipice de la peur ». Même si nous sommes tous« petits et sans défense devant le mystère de la mort »,  François a invité chacun à fermer les yeux et à penser à ce moment de notre mort, « quand Jésus nous prendra par la main, avec sa tendresse, sa douceur, son amour, et nous invitera à nous relever »« Pour celui qui croit, c’est une porte qui s’ouvre complètement. Pour celui qui doute, c’est un interstice de lumière qui filtre d’une porte qui ne s’est pas complètement fermée. Mais pour nous tous ce sera une grâce quand cette lumière de la rencontre avec Jésus nous illuminera. »

Source

« Frères et sœurs, aujourd’hui je vous parlerai de l’espérance chrétienne devant la mort. De nos jours, la mort est une réalité que notre civilisation moderne tend toujours plus à cacher, alors que les hommes d’autrefois la regardaient en face », a fait observer le pape, dans la synthèse en français de sa catéchèse.

Il a médité sur le dépouillement que représente la mort : « La mort nous fait découvrir notre néant, elle révèle nos manques d’amour, la vanité de notre orgueil ; par contre, elle met en lumière le bien que nous avons semé. »

Il a évoqué deux épisodes, la résurrection de Lazare et – en italien – la résurrection de la fille de Jaïre : des « résurrections » qui sont provisoires, notons-le, contrairement à la résurrection de Jésus, définitive, et à la résurrection promise.

Le pape a évoqué les larmes de Jésus à la mort de son ami Lazare et la question de la foi en Jésus résurrection et vie, posée à la soeur de Lazare, Marthe : « Jésus a éclairé le mystère de la mort lorsque, pleurant son ami Lazare, il le fait sortir du tombeau. La Parole que Jésus dit à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? » »

« Nous, ici, sur la place, nous croyons cela ? », a demandé le pape en italien en quittant le texte préparé de sa catéchèse.

Il a invité chacun à réfléchir un instant à sa propre mort, en fermant les yeux : « Je vous invite maintenant à fermer les yeux et penser à ce moment de notre mort, chacun, ce moment qui viendra. »

Il a évoqué les paroles du Christ : « Jésus nous prendra par la main et nous dira : « Viens, viens avec moi, lève toi ! ». »

« Là, a insisté le pape l’espérance finira : il y aura la réalité de la vie ! Pensez-y : Jésus viendra et nous prendra par la main avec sa tendresse : « Viens, lève-toi ! ». »

Le pape a posé la question à chacun, dans sa catéchèse en français aussi : « Il nous la redit chaque fois que la mort vient déchirer le tissu de notre vie et de nos affections. Nous sommes faibles et sans défense devant la mort ; mais c’est une grande grâce, en cet instant ultime, que de garder la foi. Voilà notre espérance. »

La mort « ouvre grand une porte devant nous : Jésus nous prendra par la main et nous dira à nous aussi : relève-toi ! », a conclu le pape.

 

 

Source

 

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