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Noël en France

publié dans regards sur le monde le 26 décembre 2017


 

ENTRETIEN – NOËL

ROBERT MÉNARD : « REFUSER DE RÉDUIRE NOËL À UN TEMPS FORT DU CONSUMÉRISME TRIOMPHANT, C’EST FAIRE ACTE DE RÉSISTANCE »

 

Je pense que le conservateur est aujourd’hui le seul vrai révolutionnaire !

Maire de Béziers
Ancien journaliste. Fondateur de Reporters sans frontières et de Boulevard Voltaire

Conservateur, vous définissez-vous. Mais pour conserver quoi ?

Ce qui fait ce que nous sommes. Et un premier exemple me vient immédiatement en tête. Je pense, bien sûr, à nos fêtes de Noël. Et à cette crèche qui l’incarne si bien et que nous nous entêtons, à Béziers, à conserver même si, pour cela, il nous a fallu la déplacer après que le représentant de l’État – un préfet dont le nom sera irrémédiablement associé à celui d’un laïciste forcené – a saisi la justice administrative. La crèche, c’est l’esprit de Noël. Elle est cette joie qui nous anime et qui est notre dépôt commun : croyants et non-croyants, quel que soit notre milieu social, notre niveau d’études, notre place dans la société… elle est l’âme du vrai « vivre ensemble » !

C’est ce que nous devons conserver ?

Héritée de ceux qui nous ont précédés sur cette Terre, consubstantielle à la France, elle est au cœur de ce que nous avons non seulement le droit mais le devoir de « conserver ». Au même titre que nos valeurs familiales bafouées par un individualisme ravageur ou nos paysages menacés par un productivisme débridé – la véritable écologie est un héritage de la droite, comme le rappelle sans cesse Philippe de Villiers.

Ne craignez-vous pas d’apparaître comme un passéiste, un affreux réactionnaire ?

Tout au contraire, je pense que le conservateur est aujourd’hui le seul vrai révolutionnaire ! Le seul qui puisse bousculer ces « progressistes » qui sont, en réalité, les tenants d’un ordre qui finira par broyer tout ce à quoi nous tenons, tout ce en quoi nous croyons. Le conservateur est le contraire d’un résigné, d’un pessimiste, d’un égoïste qui se contenterait du monde tel qu’il est, c’est-à-dire injuste, dur aux faibles, chatoyant pour les puissants… J’ai envie de citer Slobodan Despot qui, sur un mode ironique bien sûr, écrit à propos de la crèche, pour revenir à elle : « Ce n’est que très récemment qu’on a découvert tout le potentiel de nocivité des crèches de Noël. Elles étaient considérées jadis comme les manifestations les plus bénignes de la superstition chrétienne. […] C’est bien là que réside le danger : la crèche, malgré ses airs puérils et naïfs – à cause d’eux, même ! -, est un puissant symbole identitaire, un signe de ralliement de fanatiques qui vont bien au-delà de son camp papiste ! Mais il y a pire encore. Le message occulte de la crèche n’a pas échappé à l’œil vigilant des experts de l’État, et c’est ce qui explique l’urgence de la procédure d’interdiction. » On en rit… et c’est tellement juste !

Noël comme fête révolutionnaire

Exactement. Aujourd’hui, refuser de réduire Noël à un temps fort du consumérisme triomphant, c’est faire acte de résistance. Il ne s’agit pas de priver nos enfants et ceux que nous aimons de ces présents qui disent nos sentiments et nos solidarités. Être conservateur, c’est un état d’esprit, un rapport aux autres, une densité d’émotion, un tressaillement à l’écoute d’une musique, une sensibilité à la sonorité de certains mots. Être conservateur, c’est le refus des modes, de l’individu sans racines, du présent sans mémoire, d’un vécu sans territoires. Être conservateur, c’est un style, un gant jeté aux visages de ceux qui s’en tirent toujours, qui sont toujours du bon côté, qui n’ont qu’un horizon : le leur.

Alors, conservateur et fier de l’être ?

Oui, je signe et contresigne. Quand je me promène ces jours-ci dans les rues de ma ville, je suis interpellé par le nombre incroyable de mes concitoyens qui me disent leur fierté d’être d’une ville qui ne se laisse pas faire. Ils aiment notre refus de plier le genou, de baisser la tête, d’accepter la petitesse d’un monde servi par des eunuques du courage, de la volonté, du désir d’être. Je les sais profondément français, même si c’est, pour certains, de fraîche date. Français au sens d’une impertinence portée en bandoulière, d’une résistance à l’ordre établi comme inscrite dans leur ADN. Ils sont, sans le savoir, des conservateurs. Pour qui la crèche de la Nativité est leur crèche, une partie de leur enfance, une partie d’eux-mêmes. Et ils ne sont pas prè de la sacrifier, de l’abandonner.

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