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Triste constat sur l’oeuvre concilaire. Les évêques, qui sont responsables, se refusent de voir

publié dans nouvelles de chrétienté le 16 décembre 2019


Un anniversaire oublié

Pas un mot.

Pas une ligne.

Pas un communiqué.

Pas une messe commémorative.

Pourtant l’événement était d’importance.

Il y a tout juste 50 ans, le 30 novembre 1969, pour le premier dimanche de l’Avent le nouveau rite de la messe, promulgué par la constitution Missale Romanum du 3 avril 1969, entrait en vigueur en lieu et place de la messe dite de Saint Pie V qu’il avait vocation, officiellement selon les propos du pape Paul VI, à remplacer, en réalité à détruire.

Le rite multiséculaire de l’Eglise était interdit, abrogé, éparpillé façon puzzle. Les prêtres désirant rester fidèles à la messe de leur ordination étaient marginalisés, ostracisés, relevés de leurs charges, réduits, dans les meilleurs des cas à célébrer leur messe, sine populo, sans assistance à 5 h du matin. L’Introduction Générale de ce nouveau missel s’interroge : « Pourquoi tous ces changements ? » Et répond benoîtement : « Parce que l’Église, consciente de l’évolution du monde, en a ainsi décidé ». On a connu des argumentations plus serrées…

50 ans après, l’heure n’est-elle pas venue de dresser un bilan de cette réforme ?

Les Faits
Différents faits apparaissent incontestables.

Le nombre des vocations sacerdotales s’est effondré. Il y en avait eu, en France, 345 en 1969. Il y en a eu 114 en 2018.

En 1965, la pratique religieuse concernait encore, selon les travaux de Guillaume Cuchet, 25 % de la population. Nous en sommes aujourd’hui à moins de 2%.

Quasiment tous les diocèses de France sont en état de faillite financière et ne survivent qu’en « réalisant les actifs », c’est-à-dire en vendant les biens fournis à l’Église par les générations de croyants qui nous ont précédés et qu’il est de bon ton de présenter comme des ploucs sectaires, tout en vivant sur le patrimoine qu’ils avaient accumulé.

Toutes les études et enquêtes d’opinion confirment le fait qu’un nombre très important de personnes se déclarant catholiques, voire pratiquantes, ne croient pas dans un certain nombre de dogmes pourtant fondamentaux de la religion catholique. Citons quelques vérités généralement remises en cause : la résurrection des corps, la transsubstantiation, l’existence de l’enfer, la virginité perpétuelle de Marie, etc.

Comment s’en étonner quand le Nouveau missel des dimanches, édition collective 1969-1970, enseignait, à sa page 332, comme commentaire de l’épître aux Hébreux à propos de la messe : « Il ne s’agit pas d’ajouter l’une à l’autre des messes extérieurement et intérieurement si bien célébrées qu’elles obtiennent de Dieu sa grâce. Il s’agit simplement de faire mémoire de l’unique sacrifice déjà accompli, du sacrifice parfait dans lequel le Christ s’est offert lui-même, et de nous y associer. » Cette définition parfaitement protestante de la messe niait que la messe fût l’actualisation du sacrifice du Christ, ce qu’exprimait parfaitement l’expression traditionnelle de Saint-Sacrifice de la messe. Sans surprise c’est ce que semble ignorer une partie importante des participants à la nouvelle messe, à en juger par leur attitude extérieure souvent désinvolte et peu respectueuse lors des célébrations liturgiques. Dans sacrifice il y a sacré, sacer facere, rendre sacré. La désacralisation, observée par tous, de la liturgie n’est-elle pas la marque la plus probante d’une croyance amoindrie dans la réalité sacrificielle de la messe ? Jusqu’au stade ultime de « l’apostasie silencieuse » dénoncée par le pape Jean-Paul II. S’il serait un peu rapide de rendre la réforme liturgique responsable de cette évolution, il est incontestable qu’elle ne l’a ni entravée, ni enrayée.

L’année 1969 fut également celle de l’apparition du missel dit « à fleur » subtil agencement marketing d’iconographie type festival Woodstock et de format Marabout Pocket. Finis les lourds missels, lestés de surcroît du poids d’innombrables images pieuses : communions, confirmations, décès, etc. Elles étaient un lien avec le passé, un appel au souvenir, à la mémoire, à la piété filiale. Place à la modernité ! Au missel jetable après quatre ans d’utilisation. Bonne affaire pour les éditeurs !

Le dynamisme de la Tradition
La réforme liturgique qui devait renouveler l’Église au souffle d’une nouvelle Pentecôte apparaît bien…essoufflée. Toutes les enquêtes d’opinion menées par l’association Oremus depuis 20 ans (Neuf sondages pour l’histoire) aboutissent globalement à la même conclusion quels que soient les pays et la date du sondage : 60% des catholiques estiment « normale » la célébration de la messe traditionnelle et 25% y assisteraient volontiers si elle était célébrée dans leur paroisse. Plus intéressant encore : l’intérêt croissant des jeunes pour la célébration de la messe traditionnelle, ce qu’a confirmé le récent colloque du pèlerinage Summorum Pontificum le 28 octobre dernier à Rome et le succès constant du pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres. Certains néo-liturges doivent se retourner dans leurs tombes en murmurant : tout ça pour ça.

Malgré cet implacable constat d’échec la messe traditionnelle est toujours sous le régime de l’assignation à résidence et de la liberté surveillée. Mgr Aumônier, évêque de Versailles n’a toujours pas rencontré, à notre connaissance, les demandeurs d’une messe traditionnelle à Saint-Germain-en-Laye (cf. notre précédente chronique : Sommes-nous donc des chiens ?)

Les raisons d’un refus
On se perd en conjectures sur les raisons d’un tel ostracisme et d’un tel silence alors qu’il n’est question dans les discours pontificaux et épiscopaux que d’accueil de l’autre, de tolérance, d’enrichissement mutuel… Peut-être la raison profonde de ce comportement avait-elle été donnée dès 1976 par un éminent universitaire, Paul Vigneron, en conclusion de son précieux travail : Histoire des crises du clergé français contemporain : « Il ne s’agit pas, devant l’ampleur des ravages, de se contenter de dire, comme un Empereur épouvanté par quatre ans de guerre atroce : « Nous n’avons pas voulu cela ». Il faut avoir le courage de se poser l’inévitable question : « Voici trente ans que nous faisons des « expériences », apostoliques ou autres, que nous sommes partis, sans jamais parvenir à les trouver à la recherche de nouvelles méthodes de prière et d’ascèse. Après tant de méthodes oserons-nous, enfin, en risquer une dernière ? Essayer tout simplement et loyalement ces méthodes d’apostolat et de spiritualité que nous avions rejetées, peut-être avec témérité, voici une trentaine d’années. Et si, par hasard, ces méthodes qui ont d’ailleurs déjà fait leurs preuves, parvenaient – sait-on jamais – à nous rendre la joie du cœur aujourd’hui perdue, si elles remplissaient à nouveau nos séminaires devenus presque déserts, si elles redonnaient à notre prédication et à notre vie cette force que seuls possèdent les témoins sacrifiés, oserons-nous avouer enfin que nous nous sommes trompés. (…) C’est leur amour-propre qu’il leur faudrait sacrifier en disant humblement : « Oui, peut-être avons-nous fait longtemps fausse route ! » Leur vie, des hommes courageux peuvent, comme les premiers apôtres après leur défaillance, la sacrifier finalement à Dieu. Mais l’amour-propre ! »

Jean-Pierre Maugendre

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