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Le triste parti montinien affiche son insolence.

publié dans nouvelles de chrétienté le 17 mars 2011


 

dans Présent du mercredi 16 mars

« Directeur-adjoint », pas moins, de L’Osservatore Romano, le dénommé Carlo Di Cicco nous fait savoir, selon une profession de foi
rapportée entre guillemets par La Croix, qu’à son avis « il est important
et très innovant d’appliquer la réforme demandée par le Concile et appliquée par Paul VI ».

 Contexte et occasion, toujours selon La Croix, de cette déclaration
effrontée : le directeur-adjoint entend « tirer » ainsi lui-même « les
conclusions d’un congrès sur la liturgie » qui s’est tenu à Rome à la
fin du mois de février. Et, cette fois en style indirect, La Croix indique
qu’il « a estimé que l’instrumentalisation de certains abus avait produit
une critique injuste visant la réforme elle-même ». Car la réforme elle-même devrait sans doute n’être ni critiquée ni réformée ? C’est tout de même protester un peu tard contre les critiques formulées par le cardinal Ratzinger et contre son espoir d’une « réforme de la réforme ».
— Et c’est dans L’Osservatore Romano ?
— Mais oui !
— Ah, bon…

 La réforme « demandée par le Concile » aurait donc été « réalisée
par Paul VI », et néanmoins, plus de trente années après sa mort, et
sous le troisième de ses successeurs, il resterait « très innovant » d’appliquer cette réforme déjà réalisée. Cela a toutes les apparences d’un bégaiement intellectuel, on arrive pourtant à lui découvrir un sens : il est impossible de parler exactement de la messe de Paul VI sans une sorte de bégaiement dans l’expression, car c’est une messe qui a été
voulue de nature évolutive, comme le P. Calmel et Louis Salleron l’ont
vu tout de suite, dès 1969-1970, ce qui lui permet de demeurer « très
innovante » quarante ans après sa création et d’être toujours à appliquer bien qu’ayant depuis longtemps été réalisée.

 C’était dans La Croix du 8 mars. S’il y avait eu une erreur de transmission, elle aurait maintenant été rectifiée. Elle ne l’a pas été. De
même, si le directeur-adjoint s’était permis de « tirer les conclusions »
du congrès en question dans un sens contraire aux intentions et à l’esprit de ce congrès, on l’aurait fait savoir. Il est donc vrai qu’à
Rome, sous le nez du Pape, comme un défi, a pu se tenir en février
2011 un tel congrès liturgique sans faire l’objet d’une sévère mise
en garde. Au contraire : il est cité comme respectable par L’Osservatore
Romano et par La Croix.

 Plus de trente années après la mort de Paul VI, quand on en est déjà à son troisième successeur, le parti montinien est toujours là, et il
ose se réclamer de l’abus de pouvoir de Paul VI, l’abus liturgique,
l’interdiction de la messe traditionnelle ! Nous avons toujours pensé et
toujours dit que cette interdiction était un abus de pouvoir sans valeur
juridique et sans autorité morale. Benoît XVI, par son motu proprio du 07.07.07, a confirmé qu’il s’agissait bien d’un abus. Mais quel abus !
L’interdiction de la messe, d’abord imposée en fait, puis explicitement
énoncée, – par un pape ! Si l’on y pense un peu, on s’aperçoit qu’un tel crime a été, dans l’histoire de l’Eglise, d’une gravité sans précédent.

 On se demande parfois s’il y a un parti véritablement constitué ou
simplement un courant idéologique très contagieux diffusant le pénétrant brouillard de cette « apostasie immanente » qui ravage le catholicisme ; et s’il existe, comment le nommer. On pense à la « démocratie- chrétienne », qui prétendait christianiser la démocratie et qui n’a réussi qu’à démocratiser son christianisme. Elle n’est pas innocente. Mais il ne s’agit pas ici d’un parti politique. C’est un parti politico- religieux. Et c’est bien le parti montinien, puisqu’il en est toujours à se réclamer de Paul VI alors que, je le répète encore une fois, celui- ci est mort depuis plus de trente années et que nous en sommes à son troisième successeur. « Parti montinien » n’est donc pas une appellation anachronique, elle est tristement exacte. Il s’affiche comme tel. Sûr de lui et dominateur, il frappe du poing sur la table, il se déclare
tel qu’il est : bien incrusté.
JEAN MADIRAN

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