La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

Un salut universel

publié dans paroisse saint michel le 28 janvier 2010


Prédication pour le 3ème dimanche après l’Epiphanie

Un salut  universel

MBCF,

 

Le Christ Jésus est vraiment le Sauveur.
C’est l’affirmation nette de l’Ange de la Nativité : « Il vous est né aujourd’hui dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ».

 

« Vous lui donnerez le nom de Jésus dit l’Ange à Saint Joseph « car il sauvera son peuple de ses péchés ».
Le Christ Jésus est Sauveur.

 

C’est l’affirmation merveilleuse du prophète Siméon prenant dans ses bras l’enfant Jésus et disant : « C’est maintenant, Seigneur, que, selon votre parole, vous laissez votre serviteur s’en aller en paix car mes yeux ont vu votre Salut que vous avez préparé devant tous les peuples pour être la lumière qui éclaire les nations et la gloire de votre peuple d’Israël ». Et il poursuit : « Cet enfant est pour la ruine et le salut d’un grand nombre en Israël et pour être un signe auquel on contredira ».

 

Oui. Notre Seigneur Jésus-Christ est le Sauveur, le Sauveur universel : « Sauveur que vous avez préparé devant tous les peuples pour être la lumière qui éclairera les nations ».
Il n’y a donc pas de limite dans cette œuvre salvifique. Elle s’adresse à tous les peuples. Elle concerne toutes les nations. Saint Pierre dira aux Juifs, le jour de la Pentecôte: « Il n’y a pas d’autre nom que celui de Jésus par lequel nous puissions être sauvés »

 

Et c’est pour le faire bien comprendre qu’aujourd’hui, NSJC, dans cet évangile, manifeste sa divinité, sa puissance, sa puissance salvifique
-et au peuple hébreu en purifiant le lépreux lui disant d’aller se présenter aux prêtres pour leur information…
-et au centurion, un romain, un de la gentilité, en guérissant à distance son serviteur.

 

Le salut apporté par NSJC est pour tous. Il est le Sauveur qui vient, certes, de la race davidique. Il est, à ce titre, la gloire d’Israël, comme le dit le prophète Siméon. Mais attention ! L’œuvre salvifique n’est pas limitée au seul peuple « élu », au seul peuple hébreu. Cette œuvre salvifique se réalise – quoad nos- par la foi et non pas en raison de la race hébraïque.

 

Si le lépreux est guéri par NSJC ce n’est pas en raison de sa race mais bien en raison de sa foi manifestée dans son adoration « Et voici qu’un lépreux vint à Lui et l’adora ». Par cette adoration, il manifeste sa foi en NSJC. Il est bien de la race hébraïque puisque NSJC lui commande, sa guérison faite, de respecter la loi juive : « va, montre toi aux prêtres et offre le don que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage ». Il est hébreu, certes, mais ce n’est pas en raison de sa race qu’il obtient de NSJC la guérison. C’est en raison de sa foi : « Seigneur si vous le voulez vous pouvez me purifier ». « Volo », « je le veux ».

 

Pour le centurion, il en est de même. C’est la foi seule que Jésus prend en compte. Il exprime même son admiration pour ce centurion, ce militaire. Il a la foi et quelle foi ! Cela suffit pour obtenir la guérison du serviteur, et cette guérison du serviteur, obtenue par la foi, est le symbole du salut qui est « vie », qui est « vie divine » apportée par le Christ.

 

Certes, le peuple hébreu est divin.

 

Aux confins de l’orient et de l’occident, il est fait de petitesse. Mais il est fait pour porter le mystère de Dieu à travers les siècles. Et pour porter le mystère gravé dans sa chair, à savoir le Christ. Le Christ Sauveur sera bien selon la chair de la race de David. Il est promis à Abraham. Abraham vit d’abord en Chaldée, dans la Mésopotamie, en la ville d’Ur. Il reçoit cette révélation : « Je ferai de toi une grande race et je te bénirai et je ferai grand ton nom et tu seras béni. Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront et en toi seront bénis tous les lignages de la terre » (Gen 12)

 

Le peuple juif, de la race d’Abraham, a donc son origine en Dieu parce que c’est Lui qui le sélectionne du reste de l’humanité et parce qu’Il lui promet sa bénédiction de telle façon qu’en lui seront bénies tous les nations de la terre. Alors Israël est grand, grand d’une grandeur « théologique ». Mais cette grandeur ne repose pas sur la descendance charnelle d’Abraham. Elle repose sur la foi qu’Abraham eut en la promesse de Dieu.

 

Cela est extrêmement important à comprendre.

 

Parce que si les bénédictions de Dieu sont pour la descendance charnelle d’Abraham, alors du fait d’être fils d’Abraham, le peuple juif sera choisi et béni entre tous les lignages de la terre.
Si par contre les bénédictions sont réservées à la foi en la divine promesse, la simple descendance charnelle n’a pas de valeur pour le salut. Il faut descendre d’Abraham par la foi à la promesse du Sauveur, du « désiré des Nations ». C’est donc la seule descendance spirituelle fondée sur la foi qui vaut pour le salut.

 

C’est ce que manifeste clairement ce récit évangélique. C’est ce que confesse NSJC par cette double guérison et l’une, dans le camp des Hébreux et l’autre, dans le camp de la Gentilité. Le salut de NSJC est universel. Il vaut et pour le juif et pour la gentilité. Mais seule la foi compte et non la race.
Dans cette affaire de salut par le Christ, n’oublions jamais l’enseignement de saint Paul aux Hébreux en son chapitre 11 : « C’est par la foi qu’Abraham, obéissant à l’appel de Dieu partit pour un pays qu’il devait recevoir en héritage et cela sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il séjourna dans la terre promise, comme dans une terre étrangère…Car il attendait la cité aux soldes fondements dont Dieu est l’architecte et le consolateur ».

 

Ainsi ce n’est pas la descendance charnelle qui sauve, mais l’union spirituelle par la foi au Christ. Le peuple juif, formé en Abraham…ce n’est pas par son union charnelle avec Abraham qu’il est sauvé…mais en s’assimilant la foi, en croyant au Christ, comme le lépreux Il est sauvé en raison de sa foi. Tous ceux qui s’unissent au Christ par la foi forment la descendance bienheureuse d’Abraham et sont l’objet des divines promesses dont l’objet essentiel est le salut. Nous sommes tous par la foi spirituellement des sémites, dira Pie XII

 

Pourrait-il arriver que ce peuple ou une partie de ce peuple, uni par les liens charnels à Abraham, croit que cette union charnelle, simplement généalogique, soit suffisante pour le salut?
Oui ! Malheureusement. C’est arrivé. Le Messei fut pour ce peuple, son peuple, pour certains, cette « pierre d’achoppement » dont parle Siméon.
Ecoutez ! Le peuple juif est le lignage théologique, choisi, consacré, sanctifié pour nous apporter dans sa chair, « cet Autre » qu’est le Christ. Sa chair est sanctifiée pour nous apporter « Celui qui est la Vérité et la Vie », qui est le salut de tous. C’est sa finalité. C’est donc le Christ qui fait la grandeur de ce peuple. C’est le Christ qui sanctifie le lignage juif et non le contraire, et non le lignage juif qui sanctifie le Christ. Si donc le peuple juif, avec l’humilité et la foi d’Abraham, croit au Christ, il est appelé à être la racine et le tronc d’un olivier frondescent qui est l’Eglise de Jésus-Christ. Juif, saint Pierre. Juif, saint Paul et quel juif ! Juif, Notre Dame. Juif saint Joseph. Juifs les Apôtres.

 

Mais si, par contre, une partie de ce peuple rejette le Christ en se basant sur l’orgueil de sa race, il est appelé à être la racine et le Cep d’une vigne sauvage qui ne produit que des fruits amers de péché.
Dans ce premier cas, la foi au Christ, ce peuple sera Isaac, Jacob, Abel.
Dans ce second cas, ce peuple est appelé à jouer le rôle d’Ismaël, d’Esaü, de Caën. « Et Esaü persécutait le fils de la promesse ».
L’erreur du judaïsme réside dans le fait qu’une partie de ce peuple a cru que les promesses faites aux Juifs à cause du Christ qui devait naître d’eux, étaient faites à sa chair, à sa généalogie. Si le peuple juif est le peuple de prédilection – et les promesses de Dieu sont sans repentance -, il l’est par le Christ. Certains, dans leur aveuglement crûrent que c’était le Christ qui devait se glorifier de sa descendance hébraïque. Alors ce n’est plus du Christ que vient la gloire de ce peuple mais de la chair d’Abraham. Ainsi les pharisiens du temps de Jésus disaient-ils avec orgueil, pour ne pas accepter le salut du Christ : « Nous avons Abraham pour Père ». Ils ont « carnalisé » la divine promesse. Ils refusèrent celui qui est la raison de leur bénédiction. Ils refusèrent le Béni. Alors Il est devenu « la pierre d’achoppement ». Devant le Christ exalté, élevé au dessus du temps et de l’espace, les bras étendus, le peuple juif se divisa en deux : les uns en la personne des Apôtres seront les grands instruments de la miséricorde de Dieu dans la fondation et la propagation de l’Eglise qui porte le salut du Christ à travers le monde, les autres seront « adversaires » et s’efforceront de la perdre. Et de lui nuire.

 

La foi au Christ est vraiment raison du salut universel, du salut de tous. C’est ce que Saint Pierre, le premier Pape prêcha aux Juifs le jour de la Pentecôte.

Revue-Item.com

article précédent

Servitudes et grandeur de Benoît XVI

article suivant

« Sans famille » par Georges Dillinger

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS