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Ville par ville, les francs-maçons dans le business

Ville par ville, les francs-maçons dans le business

publié dans regards sur le monde le 12 février 2010


Ville par ville, les francs-maçons dans le business

Capital.fr publie un dossier très étoffé sur la Franc-maçonnerie en France, dans les grandes capitales.

Le sommaire.

Présentation du dossier
Paris : 40 000 frères y infiltrent les grands groupes, les syndicats et la haute administration
Marseille :
La Bonne Mère veille sur plus de 8 000 frères
Strasbourg :
Les loges y recrutent à tour de bras de nouveaux réseauteurs
Toulon :
Certains francs-maçons locaux continuent d’avoir maille à partir avec la justice
Lille : Même le patronat chrétien doit composer avec les compagnons de l’équerre
Nice : Le procureur Montgolfier n’a pas chassé tous les frères !
Bordeaux :
Certaines loges ont élu domicile dans les caves des grands châteaux
Nancy :
Les initiés y font la loi, à la mairie et au tribunal de commerce
Lyon :
Encouragés par le maire, de nombreux élus municipaux ne se cachent plus ˝d’en être˝
Grenoble : Moins d’affaires mais toujours autant d’initiés

BTP, banques, CCI… De Lille à Marseille, les frères tissent leur toile partout dans les affaires. Tour de France de leurs réseaux.

Présentation du dossier

Les habitants de Carsac-Aillac en ont encore des frissons. Le 22 novembre dernier, ils ont vu déferler dans les rues de leur bourgade du Périgord une centaine d’hommes et de femmes vêtus d’étranges tabliers et de gants blancs. Certains étaient même armés d’un maillet et d’un glaive. Un jeu de rôle grandeur nature ? La confrérie des amateurs de truffe noire ? Bien plus sérieux que ça. Le Grand Orient de France venait inaugurer une loge dans cette commune de 1 500 habitants.
Décidément, les fanas de l’équerre sont partout ! C’est bien simple, avec sa dizaine d’obédiences, ses 5 000 loges et ses 150 000 adeptes, la franc-maçonnerie n’a jamais été aussi puissante dans notre pays. De Dunkerque à Perpignan, les grands maîtres passent leurs week-ends à allumer des feux pour célébrer l’inauguration des antennes locales et les temples poussent jusque dans les chefs-lieux de canton. La Grande Loge de France (GLDF) vient d’en consacrer un à Montpellier, le Grand Orient de France (GODF) a récemment débarqué à Six-Fours-les-Plages et la Grande Loge nationale française (GLNF) s’apprête à déménager dans des locaux plus spacieux à Strasbourg. Signe que l’initiation se démocratise, les femmes elles-mêmes adhèrent en masse aux quelques obédiences qui veulent bien les ¬accepter, comme Droit humain (16 000 membres) ou la Grande Loge féminine de France (13 000 aficionados).
En dépit de cette affluence, la confrérie des «fils de la lumière» reste haut de gamme. On ne trouve pas beaucoup de vrais maçons chez les francs-maçons ! «Il faut reconnaître que nous hébergeons plus de cadres supérieurs que d’ouvriers métallurgistes», euphémise Alain-Noël Dubart, le grand maître de la GLDF. Dans chaque grande ville, notre enquête le prouve, de plus en plus de dirigeants économiques s’intéressent au Grand Architecte de l’Univers. Leurs fiefs ? Les tribunaux et les chambres de commerce, les mutuelles, les entreprises du bâtiment, les clubs de foot, et aussi parfois… le banc des accusés.
Mais, au fait, que viennent donc chercher ces huiles du business dans les cabinets à tête de mort ? «La réponse à des questions essentielles sur le sens de sa vie et le rapport à l’autre», philosophe François Larrère, patron d’un groupe de BTP de 172 salariés à Bordeaux, qui a choisi d’adhérer à la GLNF. Ces derniers mois, la crise financière et les suicides chez Orange ont, par exemple, nourri les débats des initiés. «L’idée y fait aussi son chemin qu’une société est plus performante si les salariés sont considérés comme des hommes», témoigne Alain-Noël Dubard. «Tous nos membres ont pris conscience des excès de la finance», ajoute Pierre Lambicchi, grand maître du GODF.

Paris : 40 000 frères y infiltrent les grands groupes, les syndicats et la haute administration

Nombre d’initiés :
Grand Orient de France 14 200
Grande Loge nat. française 11 000
Grande Loge de France 8 200
Autres 7 000

Sa manie de la discrétion pousserait presque le Club 50 de Paris à se faire passer pour une association du troisième âge. «Nous invitons beaucoup de médecins à nos réunions parce que nous ne sommes plus tout jeunes», assure Jacques Bournazel, son président, un ingénieur à la retraite qui n’a, pour sa part, jamais fait parler de lui. Mais les 76 autres membres de ce cénacle parisien, tellement secret que nous ne connaissons l’identité d’aucun d’entre eux, ont tous été cooptés parmi les francs-maçons les plus influents, qu’ils soient P-DG, banquiers ou magistrats. Chaque troisième mercredi du mois, ils déjeunent en compagnie d’un invité de marque dans les salons prestigieux du Westin, un quatre-étoiles de la rue de Castiglione. Leurs derniers hôtes ? Alain Lambert, l’ex-ministre du Budget, et Jean-Louis Debré, le président du Conseil constitutionnel.

Tête hypertrophiée du corps français, la région parisienne compte près de 40 000 maçons. Les plus puissants sont installés au cœur des institutions de la République, de la haute administration et des grandes entreprises. Certes, Nicolas Sarkozy n’en est pas, mais Bertrand Delanoë, le maire de Paris, ne dément plus son appartenance au Grand Orient de France (GODF), contrairement à son frère Jean-Paul Huchon, président de l’Ile-de-France, qui dément mollement. A la tête du Conseil économique et social depuis dix ans, Jacques Dermagne n’a jamais reconnu lui non plus son initiation. Enfin, plusieurs membres du gouvernement, comme Brice Hortefeux et Patrick Devedjian, et les anciens ministres Xavier Bertrand, André Santini, Pierre Joxe et Jean-Luc Mélenchon sont souvent présentés comme francs-maçons.

Le ministère de la Justice est une administration qu’il n’est pas rare non plus de servir en tablier. Au point qu’il existe à Paris deux fraternelles remplies de magistrats. La plus importante est le Dîner du Palais, qui réunit 400 membres autour du tribunal de grande instance, dont beaucoup d’avocats réputés, comme Francis Spizner.

Le premier président de la cour d’appel, Jean-Claude Magendie, et le procureur près de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, appartiendraient également au réseau, mais ils le démentent. Quant à la fraternelle de la chancellerie, elle aurait pour principal animateur Gilbert Azibert, le secrétaire général du ministère, qui le nie lui aussi. D’autres ministères, comme l’Education nationale ou l’Intérieur, sont également des citadelles maçonnes.

Un quart des commissaires de police seraient d’ailleurs des frères, et contrôleraient leur syndicat, surnommé le «Schtroumpf» en raison de son sigle imprononçable (SCHFPN). Les francs-maçons sont aussi très implantés dans la sphère sociale. Avenue du Maine, FO en est truffé comme un foie de canard – Marc Blondel, son ancien secrétaire général, est toujours inscrit à la loge République du GODF – de même que la CFDT et la CGT. Et beaucoup d’organismes cogérés par les syndicats, en particulier les caisses de retraite complémentaire, abritent des bataillons d’initiés.

Marseille : La Bonne Mère veille sur plus de 8 000 frères

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 3 100
Grande Loge nat. française 1 700
Grande Loge de France 2 000
Autres 1 400

A Marseille, les membres de la GLNF ont trouvé bien mieux que les Assédic. Quand ils perdent leur job, ils peuvent s’adresser à la caisse de Massilia Solidarité, un fonds de 20 000 euros financé par les initiés. «En ce moment, il permet de payer les études des deux fils d’un frère décédé il y a quatre ans», indique Jean-Luc Venturino, grand maître provincial de l’obédience et patron de la régie publicitaire RFE dans le civil.

Sur le Vieux-Port, l’entraide maçonnique n’est pas un vain mot : avec plus de 8 000 adeptes, les fils de la lumière constituent sans doute l’un des plus puissants réseaux de la ville. Bon nombre de patrons figurent dans leurs rangs, à commencer, bien sûr, par ceux du BTP. Leur chef de file ? René Nostriano, le boss du groupe Phocea Promotion, élu en juillet président de la fédération régionale du bâtiment (ne confirme pas). Le promoteur Jean-Paul Brunel (ne confirme pas), associé de l’ancien ministre Bernard Laporte dans un projet immobilier dans la Drôme, a, de son côté, créé à Miramas la loge Art et Fraternité, affiliée au Grand Orient.

L’avocat Jean-Louis Santelli, présent dans de nombreuses opérations urbanistiques, serait également un frère. De même que les architectes Roland Carta, Jean-Michel Battesti et François Guy, dont l’activité maçonnique est décrite par leurs confrères. Les deux premiers démentent, le troisième n’a pas répondu à Capital.

Quelle que soit leur chapelle, les acteurs économiques locaux se croisent au sein du Massalia, le Club 50 local, dont les agapes se déroulent au restaurant Le Club du Vieux-Port, une bonne table de la bien nommée place aux Huiles. «Mais nous cherchons un autre lieu pour nous retrouver», indique son président, Michel Zaorski, directeur commercial d’Agelos Santé, une société d’équipement médical. A Aix et Marseille, les sections de l’association interobédience Dialogue et Démocratie abritent, elles aussi, de nombreux managers, comme Charley Muscat, patron de Phyto-Plus, une société qui commercialise des stations d’épuration individuelles, Henri Amiache (GODF), à la tête d’une société de coaching, ou encore Denis Gieulles (GODF), directeur du bureau d’ingénierie Géomer. Ces porteurs de tablier se réunissent au restaurant du Cercle des nageurs de Marseille, l’ancien club de Laure Manaudou.

Les frères sont également légion dans la sphère publique, notamment aux hôpitaux de Marseille, au Port autonome et à l’hôtel de ville, qui est un véritable fief. Si le maire, Jean-Claude Gaudin, ne croit pas au grand architecte de l’univers, ses adjoints Roland Blum et Jean Roatta ainsi que son conseiller délégué Charles Milhaud (l’ex-patron des Caisses d’épargne) ont été initiés – même si le premier le dément et si les deux autres se sont un peu éloignés de leur obédience respective, la GLNF et le GODF. Opposants virulents à la mairie, les principaux élus socialistes du conseil municipal retrouvent eux aussi leurs adversaires en loge : Patrick Mennucci adhère à la GLDF (loge Amitié et Travail), Sylvie Andrieux au Droit humain, René Olmeta et Eugène Caselli au Grand Orient. Le monde est petit.
G.T.

Strasbourg : Les loges y recrutent à tour de bras de nouveaux réseauteurs

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 340
Grande Loge nat. française 350
Grande Loge de France 300
Autres 100

Champagne en Alsace ! Début décembre, le grand maître provincial de la GLNF, Alain Moyemont, a sauté de joie en découvrant le classement national des adhésions réalisé chaque mois par son obédience. Avec une hausse de 100% des initiations, sa région a terminé première ! Cet expert-comptable de renom a l’habitude des bons chiffres : forte aujourd’hui de 350 frères, la GLNF croît tellement vite à Strasbourg qu’elle devra quitter en mai prochain son site de la rue du Puits pour des temples plus spacieux, dans le quartier de Cronenbourg.

En dépit de cette progression, sensible aussi au Grand Orient et à la Grande Loge de France, la maçonnerie reste peu développée dans la capitale alsacienne. Elle y compte à peine 1 200 membres. Dans le business local, Marc Kreydenweiss est l’un des frères les plus célèbres. Viticulteur à Andlau, il a révélé son goût pour l’équerre dans l’ouvrage «Les Vignes de la franc-maçonnerie», de Magali Aimé. Il le partage avec ses confrères Léon Beyer, d’Eguisheim, et Denis Dresch, d’Orschwirhr.

Mais l’influence maçonnique ne se limite pas aux pressoirs et aux caves. On peut aussi croiser l’agent immobilier Alain Brau à la GLNF ou l’avocat de renom Renaud Bettcher, au Grand Orient. Autre terrain de jeu favori des initiés : le Crédit mutuel. Gilbert Herr, l’un des administrateurs de la caisse de Mulhouse Saint-Paul, ou encore Christian Bossert (qui dément), président du conseil de surveillance de celle de Guebwiller, seraient tous deux membres du GODF. Avocat de la banque, Me Serge Paulus a, en revanche, toujours nié son appartenance à une quelconque loge. Pourtant, il termine ses courriers par un triangle de trois points, le signe distinctif des maçons

Toulon : Certains francs-maçons locaux continuent d’avoir maille à partir avec la justice

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 1 370
Grande Loge nat. française 1 000
Grande Loge de France 930
Autres 500

A Toulon, la maçonnerie est chez elle dans les prétoires. Jean-Martin Guisiano était l’avocat de Jean-Louis Fargette, parrain de la pègre locale dans les années 1970, et Jean-Claude Guidicelli celui de Nedo Pedri, autre figure du milieu toulonnais. Les deux gangsters ont été assassinés. Les deux ténors, eux, continuent de porter le tablier sur la robe noire. «Au barreau, 80% des confrères en sont», estime leur consœur Christine Ravaz, qui est partie en guerre contre les frères. Parmi ces 300 plaideurs initiés, deux amis d’enfance sont devenus les nouvelles stars du palais : Marc Rivolet, en loge à la GLNF, et Jean-Pierre Servel, qui en est le «grand orateur», c’est-à-dire le gardien de la loi maçonnique.

Dans les années 1990, les affaires toulonnaises, comme le pillage des arsenaux ou les frasques de l’ancien maire Maurice Arreckx, avaient valu aux membres de la GLNF varoise le surnom de «Frères de la Côte», autrement dit de pirates. Prudent, l’actuel premier magistrat et ministre des Anciens combattants, Hubert Falco, s’était alors débrouillé pour s’en faire exclure en cessant de payer ses cotisations.

Les frères toulonnais ne sont certes pas tous devenus blanc-bleu. Gérard Cerutti, le patron du puissant Medef local, reste par exemple mis en examen pour favoritisme en tant que président de la commission des appels d’offres de la CCI du Var. Et l’ex-président du tribunal de commerce Jean Abran, un fabricant de serres membre de la GLNF, condamné pour gestion de fait. Mais, dans l’ensemble, depuis que la justice est passée, la maçonnerie locale fait moins parler d’elle.

Au point d’être redevenue à la mode dans les milieux politique ou économique. Falco lui-même l’a bien compris : il n’hésite plus à s’appuyer sur deux initiés pour asseoir son pouvoir local, Daniel Colin, ex-député et président de la Maison des technologies, et Patrick Heinz, directeur des services du conseil général, qui démentent tous deux leur appartenance maçonnique.

Les milieux patronaux sont eux aussi gagnés par le virus de l’équerre. Ainsi Jacques Bianchi, un agent immobilier de la GLNF, a-t-il succédé, à la tête de la CCI, à Albert Bessudo, un promoteur de la GLNF, tandis que Laurent Falaize Juane, propriétaire de l’entreprise Fioul 83 et membre de la GLNF, était élu au conseil des prud’hommes, et qu’Ange Pecorella, un (vrai) entrepreneur en maçonnerie de la GLNF, au tribunal de commerce. Propriétaire de la Senec, la plus grosse entreprise de BTP locale, Joseph Cananzi (GLNF lui aussi), qui l’a précédé dans cette juridiction, n’exerce pour sa part plus aucun mandat patronal. Mais avec son (vrai) frère Dominique, il est l’un de piliers du Club 50 de Toulon, baptisé Neptune, ce qu’il dément. Il y croise, entre autres, l’architecte Christian Luyton. Autre figure patronale adepte de la truelle, Pierre Mumbach, l’inventeur du mot «domotique», qui dirige la société Bionergies. Il émarge à la Grande Loge Opéra (GLTSO), une petite obédience.

L’Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise (Audat), sise à Ollioules, est pour sa part un véritable magasin de tabliers : Jacques Bianchi y côtoie Robert Beneventi, marchand de matériaux et maire d’Ollioules (il dément), Philippe Sans, adjoint au maire de Toulon, ou encore Laroussi Oueslati, le président de l’université. Ce membre de fraîche date du GODF vient d’être suspendu de ses fonctions par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, en raison de son implication dans l’affaire des faux diplômes de Toulon.
E.G.

Lille : Même le patronat chrétien doit composer avec les compagnons de l’équerre

Nombre d’initiés (pour l’ensemble de la région Nord-Pas-de-Calais)
Grand Orient de France 2 500
Grande Loge nat. française 1 200
Grande Loge de France 3 000
Autres 700

Franc jeu ! Lorsqu’il a présenté sa canditature à la direction d’Auchan, il y a quelques années, ce cadre supérieur a d’emblée annoncé au patron qu’il était un frère. «Gérard Mulliez m’a répondu qu’il ne portait pas la franc-maçonnerie dans son cœur, mais qu’il me recrutait quand même, car je pourrais lui rendre service», se souvient l’initié. De fait, les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC), qui décident de l’ouverture ou de l’extension des grandes surfaces, abritent presque toutes des initiés…

L’anecdote est révélatrice du rapport ambigu entre les patrons nordistes et la franc-maçonnerie locale. A l’instar de Gérard Mulliez, la plupart des grands chefs d’entreprise lillois, souvent catholiques pratiquants et adeptes d’un management paternaliste, se tiennent à l’écart des loges, souvent laïques et «progressistes». Mais ils ne dédaignent pas pour autant y pêcher quelques soutiens. «Ici, si vous ne disposez pas de relais dans la maçonnerie, vous risquez de voir les marchés publics vous passer sous le nez», confesse un avocat d’affaires.

Outre la distribution, les frères affectionnent particulièrement le BTP et les services aux collectivités. Le plus connu : Bernard Lecomte (ne confirme pas), ancien président du Losc, le club de foot de Lille, et l’actuel directeur général adjoint de Dalkia (ex-Générale de Chauffe), la branche énergie de Veolia, dont le siège se trouve dans la capitale des Flandres. On retrouve aussi, dit-on, bon nombre de frères parmi les cadres supérieurs des filiales locales de Bouygues, Vinci et Eiffage.

Dans le Pas-de-Calais voisin, un autre franc-maçon pèse lourd : le député maire PS de Liévin, Jean-Pierre Kucheida, préside en effet le conseil d’administration de l’Epinorpa, la holding publique qui gère le patrimoine immobilier des anciennes houillères. Elle détient, entre autres, la société Maison & Cités, premier bailleur régional avec 65 000 logements. Comme la section PS de Liévin compte un nombre record de militants (1 300, pour 32 000 habitants), l’homme passe pour une sorte de parrain dans le département. Sa protection n’a cependant pas été suffisante pour couvrir son camarade en franc-maçonnerie Gérard Dalongeville. Celui-ci a été arrêté au printemps dernier et révoqué de ses fonctions de maire d’Hénin-Beaumont, pour détournement de fonds publics, corruption et faux en écriture.

Dans le département du Nord, les responsables PS sont aussi très souvent adeptes de l’équerre et du triangle. Du temps de Pierre Mauroy, on comptait une cinquantaine de frères, cadres ou élus, à la mairie et à la communauté urbaine de Lille. Parmi eux, le premier adjoint, Bernard Roman (ne confirme pas), le maire d’Hellemmes, Gilles Pargnaux, ou celui de Lomme, Yves Durand. Depuis l’arrivée de Martine Aubry, de nouveaux maçons ont assis leur influence, comme Patrick Kanner, adjoint à l’éducation et vice-président du conseil général, ou le député Alain Cacheux, vice-président de la communauté urbaine.

Les élus locaux membres de la maçonnerie se retrouvent indistinctement au Grand Orient (plus de 2 500 frères dans le Nord-Pas-de Calais), réputé de gauche, ou à la Grande Loge de France, apolitique. Et ils dînent souvent aux mêmes tables : La Laiterie à Lille, A l’œil à Marcq-en-Barœul, le restaurant de l’hippodrome du Croisé-Laroche.
Eric Wattez

Nice : Le procureur Montgolfier n’a pas chassé tous les frères !

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 2 000
Grande Loge nat. française 2 000
Grande Loge de France 1 000
Autres 900

S’il y a un nom que les francs-maçons niçois ne veulent plus entendre, c’est bien celui de Jean-Paul Renard. Juge d’instruction dans leur ville entre 1992 et 2002, ce frère a été mis à la retraite d’office pour avoir un peu trop mélangé les genres entre sa robe d’hermine et son tablier.

Pourtant, en dépit de ses promesses de «grand ménage», la Grande Loge nationale de France, à laquelle il adhérait, n’a pas complètement lâché le sulfureux magistrat. Son grand maître, François Stifani, continuerait de lui confier ponctuellement des missions juridiques dans son cabinet d’avocats d’Antibes. Comme l’a constaté Capital, on y prend d’ailleurs les messages pour «monsieur Renard».

Décidément, l’ombre des affaires n’a pas fini de planer sur la franc-maçonnerie niçoise. Il faut dire que, avec plus de 5 000 membres, son influence est considérable le long de la Promenade des Anglais. En effectifs, la GLNF et le Grand Orient de France se disputent le leadership local, suivis de la Grande Loge de France, du Droit humain (500) et de la Grande Loge traditionnelle et moderne de France (280), animée par Bernard Merolli, un dissident de la GLNF. Mais ces chiffres croissent rapidement, car de plus en plus de candidats se pressent au portes des loges.

«Beaucoup d’entre eux sont des jeunes», se réjouit Patrick Magne, grand maître adjoint de la GLDF. L’affluence est telle dans son obédience qu’il songe à quitter son temple du quai Lunel pour s’installer dans des locaux plus spacieux vers la vallée du Var. La GLNF aussi s’agrandit : elle vient d’acquérir un troisième site dans la ville, rue Verdi.

La franc-maçonnerie est omniprésente dans le tissu économique niçois. A commencer, bien sûr, par le secteur du bâtiment. Paul Di Natale, patron de la Marbrerie azuréenne (20 millions d’euros de chiffre d’affaires) et vice-président de la chambre de commerce, tout comme l’architecte Vincent Esposito ou l’entrepreneur Daniel Fontanili (Maisons du Sud), sont par exemple membres de la GLNF. «C’est difficile de travailler à Nice quand on n’est pas maçon», soupire un fournisseur local de matériaux de construction.

Mais la GLNF a tissé sa toile au-delà de la pierre : elle compte aussi dans ses rangs le patron de la société d’équipements médicaux Medi-Pro Jean-Paul Gilardi, le restaurateur Pascal Hernandez (La Calypso à Villefranche-sur-Mer et le Zap Café à Nice) ainsi que le président du club de foot (l’OGC Nice), l’ancien hôtelier Gilbert Stellardo. D’autres préfèrent réseauter au Grand Orient, à l’image d’Eric Daufès, propriétaire de deux McDonald’s à Grasse.
Au reste, les frangins du business ont tout loisir de confronter leurs lumières dans les différents clubs interobédiences que compte la ville. Azur 50, le très secret Club 50 local, réunit ainsi plusieurs fois par an jusqu’à 60 à 70 acteurs locaux dans les bonnes tables de la rue de France. A sa tête, Didier Linotte, avocat à Sophia-Antipolis, prof de droit et ancien recteur de l’académie de Nice. Moins élitiste, le groupe Dialogue et Démocratie rassemble environ 200 frères de toutes origines, même si la GLNF forme le gros des troupes, avec notamment André Rosset, le patron de l’école privée ABC School, ou Jean-Pierre Garrone, gérant d’une société de nettoyage. Les rencontres ont lieu une fois par mois à l’hôtel Anis, situé sur l’une des collines de l’ouest niçois.

Nos compagnons du triangle ont toutefois un grand regret : que Christian Estrosi, le maire de la ville et ministre de l’Industrie, ait rendu son tablier en 1988, trois ans après l’avoir enfilé. La franc-maçonnerie locale compte cependant de solides relais dans son entourage, comme l’avocat Philippe Soussi, l’un des adjoints au maire, ou encore Louis Raia, le responsable de la voirie.
Cette densité d’initiés alimente les soupçons des anti- francs-maçons. Mais le procureur Montgolfier veille au grain. Celui qui a fait tomber le juge Renard en 2004 s’est récemment étonné que le tribunal de commerce ait désigné comme expert dans une procédure sensible Henri Bouquet de Jolinière, un membre controversé de la GLNF. «Le président du tribunal m’a rassuré», souffle Montgolfier. On n’est jamais trop prudent.
G.T.

Bordeaux : Certaines loges ont élu domicile dans les caves des grands châteaux

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 1 260
Grande Loge nat. française 500
Grande Loge de France 800
Autres 500

Le 6 février prochain, la rue Ségalier portera bien son surnom de «rue des francs-maçons». Ce samedi-là, dans leur temple historique de cette artère du centre-ville, les pontes du Grand Orient bordelais allumeront des candélabres pour fêter l’installation de leur 22e loge dans l’agglomération. Espérons que leurs briquets auront encore du gaz, car ils ont déjà servi début décembre à l’inauguration de la 21e loge !

Décidément, les maçons bordelais tiennent la forme. Leur premier terrain d’influence ? Le vin, bien sûr. On peut ainsi croiser en loge Joël Lapeyrere (membre du GODF et propriétaire du château Bernadeau Lafont), Serge Playa (château d’Esteau, fournisseur du siège national du GODF à Paris), Alain Querre (ancien propriétaire du château Monbousquet) ou encore Yves Ratel, négociant en vins et président de la chambre de commerce de Libourne. La Grande Loge européenne Charlemagne, animée par Marcel Artufel, l’ancien chef de cabinet de Jacques Chaban-Delmas à la mairie de Bordeaux, a, de son côté, carrément installé son temple dans les locaux du château Lagueloup, à Portets. Pratique.

Sans surprise, les compagnons de la truelle sont également légion dans le BTP. Bruno Viguier, par exemple, dont les trois sociétés (Carvalho, Miroiterie Rive Droite et Constructions métalliques de Guyenne) totalisent 7,6 millions de chiffre d’affaires, ne se cache pas d’appartenir à la GLNF. «La franc-maçonnerie s’accorde bien à la gestion humaniste que j’affectionne», explique-t-il. La GLNF compte aussi dans ses rangs François Larrère, dont le petit empire (Compagnie immobilière de restauration, Sopra…) pèse 55 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Qu’ils soient du vin ou du bâtiment, les initiés bordelais se retrouvent dans les associations interobédiences comme Dialogue et Démocratie, dont l’antenne régionale est présidée par l’ancien dirigeant de la GMF et de la Fnac, Denis Blanchard-Dignac (GLNF). Ou dans le très discret Club 50 local, Aquitania, animé par Pierre Bats (Grand Orient), l’ancien président du groupe Pin des Landes. Encore plus secret, le Cercle Abadie réunit régulièrement de nombreux maçons de haut rang à la Maison du paysan, siège de la mutualité sociale agricole locale. Une fraternelle franc-mac de plus ? «Pas du tout, nous sommes un club d’amitié», assure l’un de ses membres. Les frères ont décidément toujours le mot pour rire…
G.T.

Nancy : Les initiés y font la loi, à la mairie et au tribunal de commerce

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 350
Droit humain 300
Grande Loge nat. Française 230
Autres 300

Agglomération de 350 000 habitants, Nancy est dirigé par une poignée de francs-maçons. Le premier d’entre eux ? Il siège à la mairie et préside la communauté urbaine depuis près de trois décennies. Bien qu’il s’interdise de participer aux rites locaux (sa propre loge est située à Paris), André Rossinot ne se cache pas d’appartenir au Grand Orient (GODF). Tous les mois de janvier, il présente officiellement ses vœux aux vénérables de la ville et son équipe municipale regorge de frères de différentes obédiences : au moins trois de ses vingt et un maires adjoints porteraient le tablier, ainsi que plusieurs de ses directeurs d’administration.

Cet homme de droite reste aussi en pays de connaissance lorsqu’il croise le fer avec les socialistes du cru. Jean-Pierre Masseret, le président de la région Lorraine, et Michel Dinet, le patron du conseil général de Meurthe-et-Moselle, sont eux aussi des initiés. Lorsque le besoin s’en fait sentir, André Rossinot n’hésite d’ailleurs pas à ouvrir les portes du temple à ses opposants. «Il m’a carrément proposé de me faire entrer en maçonnerie si j’arrêtais de torpiller son projet de tramway», s’irrite encore l’un des vingt maires de l’agglomération, qui a refusé tout net cette offrande empoisonnée.
Mais les maçons nancéiens ne se cantonnent pas aux ors de la place Stanislas. Ils hantent aussi les couloirs du tribunal de commerce. Certes, l’actuel patron de cette institution, Yves Aubry, n’est pas lui-même un frère. Mais le président de la chambre des procédures collectives (où se joue le destin des entreprises en difficulté), Gérard Gabriel (GODF), porte le tablier, tout comme l’administrateur judiciaire Pierre Bayle (GLDF) et le mandataire liquidateur Alain Villette. Bien que tous les trois nient farouchement fréquenter les loges de la ville, plusieurs de nos informateurs les y ont croisés.

La fraternité permet-elle à certains acteurs locaux de conclure parfois des petits arrangements, lors des liquidations d’entreprises ? C’est en tout cas ce qu’assurait l’ancien président François Ganne, qui a claqué la porte de la juridiction en septembre 2007. C’est aussi ce que laisse penser le rapport de l’Inspection générale des services judiciaires, remis en avril 2008 au garde des Sceaux. Ses auteurs y fustigent la «proximité nuisible» entre les juges du tribunal de commerce et leurs auxiliaires.

Selon nos informations, nos trois mousquetaires seraient par ailleurs membres, aux côtés de magistrats et d’avocats, d’une fraternelle des professions juridiques, très influente dans les salles d’audience du tribunal de grande instance, cette fois. Ils se retrouveraient en outre une fois par mois à l’abbaye des Prémontrés pour les agapes du très discret cercle Lothaire, le Club 50 de la ville.

A leur table, les deux seuls Nancéiens à nous avoir avoué leur appartenance maçonnique, Philippe Vivier (GODF), ancien président du tribunal de commerce, et le psychosociologue Bernard Turkawka. Mais aussi Jean-Pierre Carolus, actuel président de la CCI, Jean-Jacques Guyot (GLNF), le P-DG de la société d’informatique Cube Systèmes, Jean-François Mayeux, le notaire attitré de la ville, et Pierre Bandin, le patron du Novotel de Laxou, dans la banlieue.

Ce dernier servirait aussi à dîner aux dix-huit membres du Club des philanthropes, qui se réunit deux lundis par mois dans ses salons. Beaucoup d’entre eux sont francs-maçons, en particulier ses fondateurs, Jean-Jacques Guyot et son père, Robert, qui a présidé pendant des années la chambre des procédures collectives. Ou encore Michel Recroix, un expert en placements financiers qui roule au volant d’une Mercedes immatriculée au Luxembourg. Frères de tous les pays…
Etienne Gingembre

Lyon : Encouragés par le maire, de nombreux élus municipaux ne se cachent plus ˝d’en être˝

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 1 100
Grande Loge nat. française 1 600
Grande Loge de France 600
Autres 1 000

Avant de briguer un second mandat à la mairie de Lyon, Gérard Collomb, membre du Grand Orient de France (GODF), a dû plancher devant la maçonnerie locale. C’était un soir de décembre 2007. Face à plusieurs centaines d’initiés de toutes obédiences réunis dans le temple de la rue Garibaldi, il a longuement exposé son programme pour les six années à venir. En mars suivant, il l’a emporté dès le premier tour. «Ici, l’équerre est à la mode», s’amuse un adepte, en assurant que les effectifs des loges locales croissent de plus de 5% par an…

Les initiés lyonnais sont tellement incontournables que beaucoup de décisions locales se prennent dans les loges. Ainsi, c’est grâce à la défection de 18 électeurs maçonniques de droite (sur 155 votants), retournés par leurs frères de gauche, que le maire a réussi à prendre le contrôle de la communauté urbaine en 2001. Naturellement, Gérard Collomb a su renvoyer l’ascenseur. Il s’est choisi comme adjoint aux finances Richard Brumm, un avocat d’affaires sarkozyste, membre de la Grande Loge nationale française (GLNF) et grand amateur de Ferrari. Et il confie des missions à Henry Chabert (GLNF), ex-bras droit de l’ancien maire, Michel Noir.

Impressionnés par l’outing de Gérard Collomb, qui a boosté sa popularité, beaucoup des maçons qui gravitent autour de l’hôtel de
ville évoluent désormais à visage découvert. Les adjoints au maire (7 sur 21 portent le tablier), comme le Vert Gilles Buna, en charge de l’urbanisme, ou le radical de gauche Thierry Braillard, qui supervise le sport municipal, ne prennent plus la peine de démentir. De même, Yvon Deschamps, le président de Grand-Lyon Habitat, son prédécesseur Robert Batailly et Michel Le Faou, patron de la SACVL (un office HLM local), ne se cachent plus d’être au GODF. Ils y retrouvent le président du conseil régional, Jean-Jack Queyranne (PS).

Par contre, le patron du syndicat des transports, Bernard Rivalta, et sa directrice de cabinet, Sylvie Blès-Gagnaire, continuent de démentir leur appartenance maçonne bien qu’on les ait souvent aperçus dans les loges. Dans le secteur privé, c’est la GLNF qui tient le haut du pavé. Le patron de la CGPME du Rhône, François Turcas, en est, tout comme son bras droit, Franck Morize, qui collecte les fonds de la formation professionnelle pour l’Agefos PME, ou encore Philippe Grillot, l’ancien président du tribunal de commerce. Seule exception: Guy Mathiolon, le président de la CCI, issu lui aussi de la CGPME, est membre du GODF. Les maçons ont également investi le secteur du bâtiment. Ils sont très présents au Cobaty et au Club de l’ours, deux associations de professionnels du BTP. Jean-Christophe Larose, patron de Cardinal, le principal promoteur local, serait à la GLNF.
On trouve même quelques femmes d’affaires dans les rangs maçonniques, à l’image de Marie-Odile Fondeur, responsable de salons à Eurexpo, ou de Heidi Giovacchini, qui dirige un groupe de cliniques privées. L’une et l’autre appartiendraient à la Grande Loge féminine. Mais les plus discrets restent les membres de l’association Lugdunum, le Club 50 de la ville. Une fois n’est pas coutume, ce dernier abrite 60 frères,qui se réunissent une fois par mois à l’hôtel Lyon Métropole.

Gilbert Thomas, son président, est un industriel retiré des affaires et son prédécesseur, Patrice Riberry, le patron d’une agence spécialisée dans la transmission des pharmacies. Leur préoccupation actuelle : mener à bien une opération de mécénat en faveur du Choeur et Orchestre XIX de Jean-Philippe Dubor. Cet ensemble vient de se produire dans la crypte de Fourvière. Au programme : les trois grandes pièces maçonniques de Mozart.
E.G.

Grenoble : Moins d’affaires mais toujours autant d’initiés

Nombre d’initiés
Grand Orient de France 500
Grande Loge nat. française 300
Grande Loge de France 200
Autres 200

Le franc-maçon le plus connu de Grenoble est sans doute l’un des frères les plus influents de la classe politique française. Le sénateur Bernard Saugey (UMP) préside en effet la fraternelle parlementaire, qui réunit l’ensemble des 400 députés, sénateurs et fonctionnaires du Parlement adeptes du triangle.

Ce lobbyiste affirmé de la chasse et de la trufficulture est le premier membre de la GLNF à diriger cette structure. Michel Destot, le maire de la métropole alpine, n’a pour sa part jamais eu envie d’entrer en loge. Mais, pour se concilier les initiés locaux, il a fait venir plusieurs frères dans son équipe. C’est le cas de son neuvième adjoint, Jacques Chiron, qui préside la régie des transports, ou encore de Serge Nocodie (GODF), à la tête de la compagnie de chauffage urbain. Autre initié, Marc Baïetto (il ne confirme pas) le maire socialiste d’Eybens, une commune voisine, a pour sa part la haute main sur l’établissement public foncier grenoblois. Dans les années 1990, le démantèlement du système Carignon a permis à la justice de donner un coup de balai dans les mauvaises pratiques de la franc-maçonnerie d’affaires. Si bien que les acteurs économiques à tablier ne défraient plus la chronique des scandales. Ils n’en restent pas moins puissants. Bien qu’ils le démentent, Bernard Demeure, président du tribunal de commerce, Jean-Louis Jannez, directeur général du centre commercial Grand’ Place, Bruno Sapin, administrateur judiciaire, ou encore Gérard Ruggeri, un important courtier en assurances, seraient tous des initiés.
E.G.

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