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Ils sont instamment priés…

publié dans nouvelles de chrétienté le 28 février 2010


Ils sont instamment priés…

 

Les évêques, c’est le motu proprio du 07.07.07 qui le dit, sont instamment priés par le Pape d’exaucer le désir des fidèles qui demandent la messe traditionnelle : à voir le comportement de la majorité des évêques français, on ne s’en douterait guère.

 

Nous avons vu hier pourquoi, selon ce même motu proprio Summorum pontificum, c’est la messe en elle-même, la messe traditionnelle, qui a droit de cité dans l’Eglise ; et ce droit est hors d’atteinte, il ne peut nullement être diminué, suspendu ou aboli par les indignités supposées ou réelles que le cardinal Vingt-Trois attribue au traditionalistes. Pareillement s’exprime le cardinal Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation romaine du culte divin, dans sa préface au magnifique Missel Vespéral Grégorien que viennent de publier les Editions Sainte-Madeleine du Barroux. On lit notamment dans cette préface (c’est moi qui souligne) :

« La volonté du Pape n’a pas été uniquement de se limiter à répondre aux justes aspirations des fidèles qui se sentent liés, pour diverses raisons, à l’héritage liturgique constitué par le rite romain ; il s’agissait aussi, tout particulièrement, d’ouvrir la richesse liturgique de l’Eglise à tous les fidèles, rendant ainsi possible la découverte des trésors du patrimoine liturgique de l’Eglise à ceux qui les méconnaissaient encore. »

 

Reprenons dans l’ordre, comme le fait très pertinemment La Lettre de Paix liturgique (numéro 217 daté du 15 février), le caractère précis et impératif des stipulations pratiques du 07.07.07.

 

L’article 5, en son premier paragraphe, décrète :

 

« Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande… »

 

Attention : cela ne donne aucun droit au curé de refuser ; ni le droit de s’en remettre à l’évêque. Il doit « accueillir », et accueillir « volontiers » : c’est lui d’abord qui en sera responsable devant Dieu.

 

Le curé peut rencontrer des difficultés pratiques : par exemple, le manque de prêtres disponibles. L’article 7 l’a prévu. Dans ce cas, c’est le groupe de fidèles qui doit en informer l’évêque. Non point pour obtenir une autorisation (elle serait superflue) ; mais pour que l’évêque vienne aider le curé à surmonter les difficultés pratiques qu’il a rencontrées : « l’évêque est instamment prié d’exaucer leur désir ». Le cardinal Vingt-Trois, quand il est reçu en audience par le Pape, peut lui expliquer avec quelle promptitude il a répondu à son instante prière.

Si l’évêque lui-même, malgré sa bonne volonté, se trouve embarrassé, « il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei » : désormais cette Commission, article 12, « exercera l’autorité du Saint-Siège » pour veiller à « l’observance et à l’application » du motu proprio.

 

Le seul cas épiscopal envisagé par le motu proprio est celui, article 8, de « l’évêque qui souhaite pourvoir » à la demande du « groupe stable de fidèles » et qui en est empêché : dans ce cas, la Commission pontificale « lui fournira conseil et aide ». Les « empêchements » rencontrés par le curé ou par l’évêque « pour différentes raisons » ne sont pas précisés.
Celui du manque de prêtres disponibles n’est pas le principal, il peut être surmonté en faisant appel aux prêtres de la FSP, de l’Institut du Christ-Roi, de l’Institut du Bon Pasteur, ou encore à des Réguliers de divers Ordres religieux antérieurs.

 

Mais il existe aussi l’obstacle des militants anti-papistes, des groupes sectaires et manipulateurs assurés de l’appui massif des télévisions, des publications démocrates-chrétiennes, des intellectuels d’appellation contrôlée, des modernistes et maçonniques clandestins installés in sinu gremioque Ecclesiae, au sein même de l’Eglise, instrumentalisant les fidèles et impressionnant les évêques. Il y a en outre la militance subreptice de La Croix par nuances insinuantes et doutes calculés. Et puis encore la police politique, les pressions financières, le préfet aux aguets, la malveillance judiciaire, les représailles laïcistes, les servitudes du dialogue, les obligations de l’écoute, et cette interminable ouverture à gauche qui est constamment un échec. Là, l’obstacle est réel.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7041
du Samedi 27 février 2010

 

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