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Au sujet de l’indignation « hypocrite » des Médias sur les abus sexuels des prêtres…

Au sujet de l’indignation « hypocrite » des Médias sur les abus sexuels des prêtres…

publié dans nouvelles de chrétienté le 15 mars 2010


A propos  de l’indignation « hypocrite » des Médias – qui fait rage aujourd’hui -  sur les abus sexuels des prêtres… c’est l’Église qui est visée . C’est l’honneur du Pape qu’on cherche à atteindre et , si possible, ruiner. C’est l’institution du célibat ecclésiastique qu’on veut ébranler. Ici, nous saurons défendre et l’Église et le pape et le sacerdoce. Il faudrait bien que les Médias fassent attention… Leurs critiques hypocrites et indignes pourraient bien avoir un effet qu’ils ne prévoient pas : redonner un regain de vigueur à la foi des fidèles. Leur honneur pourrait être touché. « Trop c’est trop ».

Dans Présent du Samedi 13 mars 2010, j’ai lu de très bons « papiers » sur ces sujets .

A- Celui de Jeanne Smit qu’elle intitule « L’instrumentalisation des abus sexuels ». Elle cherche  les raisons cachées derrière ces attaques « hypocrites » : la haine de l’Eglise.

B- Les réflexions, très justes, publiées sur un site italien « deliberoarbritrio.splinder.com et donées sur le blog benoit-et-moi.fr, sous le titre   »Scandale des prêtres pédophiles : plaidoyer pour la raison »

C- Celui de Yves Chiron,  intitulé : »Les élucubrations de Küng  que le célibat sacerdotal ». Il part « en guerre » contre l’article que  Hans Küng écrivit sur ce sujet dans le Monde affirmant que la raison de ces « débordements séxuels » était la loi du célibat ecclésiatique. Il démontre les erreurs historiques de la pensée de ce « théologien ».

D- Nous donnerons aussi le communiqué de Mgr Alliet, évêque de Bayonne, sur ce sujet, qui est une énergique protestation en l’honneur du sacerdoce et une merveilleuse défense de l’honneur du Pape.

(Pour ces deux derniers articles, voir le site saintmichelderolleboise.)

A – L’aricle de Jeanne Smit

L’instrumentalisation des abus sexuels

Médiatiquement parlant, il n’y a qu’une sorte d’abus sexuels sur mineurs qui soit réellement digne de provoquer une campagne d’indignation : ceux commis au sein d’institutions religieuses, mais catholiques exclusivement, et à condition que les abus aient été commis par des prêtres ou des religieux.

On pourrait l’expliquer par une raison que les catholiques comprennent fort bien : il est spécialement odieux que des personnes qui se sont engagées à vivre chastement et qui ont charge non seulement des corps mais surtout des âmes des enfants qui leur sont confiés les scandalisent, au sens fort du mot, et les brisent physiquement, psychologiquement
et spirituellement.

Mais ce n’est pas ce motif-là qui mobilise les gros médias européens et anglo-saxons. A l’évidence, ils cherchent d’abord à nuire à l’institution en exploitant furieusement des faits qui demeurent, heureusement, infiniment minoritaires, et qu’en d’autres contextes ils passent assez largement sous silence. La proportion d’abus n’est pas extraordinairement plus grande, semble-t-il, au sein de l’Église qu’ailleurs (quoi qu’en dise Hans Küng qui ose qualifier le phénomène de la pédophilie comme « massif » au sein de l’Eglise), mais il n’y a que l’Eglise qui soit accusée dans son ensemble.

Et les cibles sont choisies : la principale est le Pape, et il est même des journalistes qui semblent attendre avec impatience la découverte de faits de pédophilie attribuables à des prêtres du diocèse de Munich lorsque Josef Ratzinger en était l’évêque. En attendant, ils se « contentent » de son frère Georg, dont les journaux répètent en boucle que le chœur de Petits chanteurs dont il était le chef a été le théâtre d’actes pédophiles.

Qui précisera la vérité : que le chœur était une chose, et le pensionnat où sévissait un directeur dur et sadique une autre, ailleurs dans la ville et sans relations hiérarchiques avec le chœur ?

Qui précisera ensuite que les abus dont on parle aujourd’hui sont de deux sortes ? En même temps qu’on dénonce les abus sexuels, on parle des violences physiques, du moins grave, d’ailleurs généralement accepté à l’époque (et quoi que l’on pense de son efficacité pédagogique), comme la gifle partie en un moment d’énervement, jusqu’au plus grave : coups de martinet et de bâton de plus ancienne mémoire, mais aussi des sévices plus pervers. Tout cela n’est ni de même gravité ni de même nature.

La haine médiatique du célibat ecclésiastique – si dérangeant parce qu’il désigne la finitude des plaisirs et des biens de cette terre – se déverse à la faveur de tout cela.

Rome réagit à cela sans fléchir. Ouvrant jeudi une convention théologique intitulée « fidélité du Christ, fidélité du prêtre », le cardinal Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, a réaffirmé que « le célibat sacerdotal est un don de l’Esprit Saint qui demande à être compris et vécu avec une plénitude de sentiment et de joie, dans un rapport total avec le Seigneur ».

Les médias lui en veulent déjà. L’offensive ne fait que commencer.

JEANNE SMITS

B- – Réflexions intitulées : « Scandale des prêtres pédophiles : plaidoyer pour la raison »

A la suite de notre réflexion – c’est Jeanne Smit qui parle  - sur l’exploitation médiatique du scandale des prêtres pédophiles, j’ai choisi de publier un texte remarquable du blog italien http://deliberoarbitrio.splinder.com, dans la traduction qu’en a faite le blog benoit-et-moi.fr qui a eu le mérite de porter ce texte à la connaissance des internautes francophones.

Il pose les questions de manière juste et n’hésite pas à y apporter des réponses franches, et à contrecourant. Avec cette affaire des scandales pédophiles s’ouvre à coup sûr un nouveau chapitre, particulièrement nuisible, dans la longue liste des calomnies et des désinformations à propos de l’Eglise et de ses exigences. Il va falloir batailler dur pour défendre son honneur et celui du Pape que l’on cherche, à l’évidence, à atteindre. Tant que la possibilité nous en sera donnée, nous le ferons ! – J.-S.

Pourquoi la suppression du célibat ecclésiastique, comme moyen d’éradiquer le fléau des prêtres pédophiles, serait absolument inutile et même contre-productive

Périodiquement, on se remet à parler de cas d’abus sur des enfants, commis par de misérables délinquants en soutane, et périodiquement il y a toujours quelqu’un pour ressortir le lien entre la pédophilie dans le clergé et le vœu de célibat.

La discipline de chasteté féroce à laquelle le Vatican contraint le prêtre, anormalement refoulé, serait le ressort criminogène qui déclencherait de sombres pulsions en dessous de la ceinture, et pousserait le pasteur à violer l’agneau. Le remède universel recommandé par toute la pensée ecclésialement correcte et même par de nombreux prêtres et évêques accommodants avec le monde, serait d’abolir le célibat et d’inaugurer l’ère de l’amour libre, de l’Église libre. Ainsi, les prêtres seraient heureux et les enfants seraient en sécurité.

L’idée qui est décrite ci-dessus est un exemple de « dogme ». Nous désignons ici par « dogme » (avec les guillemets, pour le distinguer du dogme au sens canonique du terme), un concept qui est répété et rabâché par de prétendues figures d’autorité, à tel point qu’il est intellectuellement digéré et bu sans avoir été mastiqué au préalable, sans avoir sérieusement été envisagé et médité, sans en avoir personnellement vérifié la véracité et (ou) la fiabilité des sources. Celui qui est tombé dans le piège du « dogme » se condamne à une pensée standardisée et préemballée, et souvent à agir comme caisse de résonance, contribuant à sa propagation pratiquement épidémique. Et il est important de préciser que le « dogme » ne fait aucune distinction en ce qui concerne la religion politique, la classe sociale, le niveau de scolarité, etc. : les simplifications grotesques du type nous-pensons-tu-crois plaisent beaucoup aux manichéens qui se nourrissent de haine froide, mais la réalité est toujours plus complexe que n’importe quel schéma idéologique. Le « dogme » s’enracine partout et menace tout le monde, et peut même s’insinuer dans un esprit par ailleurs habitué à penser correctement. Personne n’est en sécurité.

Pour en finir avec le « dogme » susmentionné sur les prêtres pédophiles, il suffit de réfléchir un peu, mais sérieusement, sur les prêtres et les pédophiles.

A propos des prêtres

L’idée que le prêtre convoite les enfants comme conséquence de son empêchement vis-à-vis des adultes est risible, pas parce que nous devons avoir une confiance inconditionnelle en la vertu des prêtres, mais au contraire, précisément parce que l’histoire du monde montre que, « si on veut, on peut ».

Pour un prêtre, avoir des relations sexuelles n’est pas impossible, et même on peut soupçonner que ce n’est pas très difficile. Ce sont des choses qui arrivent : des prêtres avec leur gouvernante « particulière », ou impliqués dans des relations avec une paroissienne, éventuellement au vu et su de la communauté, mais sur lesquels on ferme les yeux, il y en a toujours eu.

Mais heureusement il y a des prêtres qui font les choses selon les règles, et qui, après être tombés amoureux, ne veulent plus être prêtres, demandent et obtiennent la suspension a divinis et la dispense pour le mariage.

Pour ne rien dire des apostats, ceux qui se transfèrent plus ou moins spontanément vers quelque église protestante où on peut épouser une femme, épouser un homme, changer de sexe, farequellochetipare (fais-ce-qu’il-teplaît) parce que Jésus est tellement amour.

Sans parler de ceux qui jettent tout simplement leur soutane aux orties, un point c’est tout.

Sans parler non plus des prêtres qui, sans s’engager dans une relation amoureuse plus ou moins stable, se contentent de prostituées, jusqu’à ce qu’ils soient pris la main dans le sac (sic).

En somme, ceux qui croient naïvement que les prêtres sont CONTRAINTS de ne pas avoir des relations sexuelles, n’ont peut-être jamais connu de prêtre.

A propos des pédophiles

L’idée que le pédophile désire les enfants à la suite de son empêchement envers les adultes est tout aussi infondée. Voici un passage du roman Lolita (chapitre V, pour être précis). L’ineffable Humbert Humbert écrit dans ses « mémoires » : « Selon les apparences, j’entretenais ce qu’on appelle des rapports normaux avec des créatures terrestres aux seins évocateurs de citrouilles ou de poires ; secrètement, j’agonisais sur le bûcher d’une concupiscence infernale que rallumait chaque nymphette qui passait – et, par lâche respect des lois, je n’osais l’approcher pour implorer ma délivrance. Quant aux femmes qui se pliaient à mes caresses, elles n’avaient qu’un pouvoir analgésique. Je veux bien croire que la fornication dite naturelle me procurait des sensations assez semblables à celles qu’éprouvent les grands mâles en se pliant avec les grandes femelles à ce rythme routinier qui secoue l’univers – mais pouvais-je m’en satisfaire comme eux, moi qui avais eu la brève et foudroyante révélation d’une félicité incomparablement plus haute ? Le plus terne de mes rêves impurs eût éclipsé le plus brillant des romans d’adultère imaginé par le plus viril des génies ou le plus talentueux impuissant. Mon univers était disloqué. J’avais conscience non pas d’un, mais de deux sexes, dont aucun n’était le mien. Anatomiquement, tous deux s’appelaient femelle ; mais pour moi, à travers le prisme de mes sens, ils étaient aussi différents que “les rêves des rochers et les rochers des rives”. » (NDT : je me suis servi de la traduction de E.H. Kahane, pour l’édition Gallimard de 1959.)

Je crois que ce passage parle de lui même, nous ne pouvons pas nous contenter de l’attribuer au génie littéraire de Nabokov.

D’autre part, le cinéma nous a donné une remarquable galerie de caractères, depuis le garde-chiourme de Sleepers jusqu’au souteneur de Taxi Driver. Peut-être moins mémorables que Humbert Humbert, mais avec la même caractéristique : ils sont laïcs. Ils pourraient se marier sans obstacle, draguer dans les bars, rechercher les prostituées, et pourtant ils convoitent les enfants, les séduisent, et les violent. Tout comme le font, dans le monde réel, tous les pères de famille qui abusent de leurs enfants, tous ceux qui travaillent dans les établissements scolaires et en profitent, bref, tous les pervers poussés par leur perversion vers des enfants, et pas ailleurs : parce que pour le pédophile c’est le sexe avec des adultes qui est un substitut à la pédophilie, pas l’inverse.

Donc

L’effet combiné de ces observations banales – il suffisait seulement d’y penser – permet de démolir le « dogme » : « célibat ecclésiastique => abus sur les enfants ».

La vérité n’est pas qu’un prêtre pédophile est un prêtre qui est devenu un pédophile, mais un pédophile qui est devenu prêtre.

Il est alors évident que la question clé n’est pas la discipline du célibat, mais la sélection à l’entrée. Le problème est précisément le suivant : il y a beaucoup d’hommes qui n’auraient jamais dû devenir prêtres, et pourtant le sont devenus, avec des conséquences graves, non seulement pour l’Eglise mais aussi pour la société dans son ensemble (et le débat ne concerne pas seulement la maltraitance des enfants, mais aussi d’autres aspects, par exemple les prêtres qui parlent plus de politique que de l’Évangile).

Pourquoi ?

Je vais me hasarder à proposer une explication partielle : le problème est en quelque sorte lié à la crise d’époque que l’Eglise a traversée il y a 40-50 ans.

Une partie des prêtres, des évêques et des intellectuels catholiques a compris le concile Vatican II de façon désastreuse, et a pensé qu’il était temps de réconcilier le catholicisme avec le « monde », mettant un terme à l’opposition avec la pensée laïque dominante (qui était alors le marxisme et, aujourd’hui, l’individualisme relativiste). Avec une naïveté catastrophique, on a pensé que cette « paix » renforcerait l’Eglise alors qu’au contraire, elle n’a fait que l’affaiblir : les catholiques tièdes, ceux qui sont en ligne avec la mentalité de la masse, souffrent d’un complexe d’infériorité culturelle, enfoui mais indubitable, et ce sont eux les plus exposés à l’apostasie. Entre autres choses, la crise culturelle a également provoqué une énorme chute des vocations sacerdotales, aussi en raison du fait que la confusion est grande sous le ciel concernant la nature et la fonction de prêtre dans le monde. Et là, si les séminaires se retrouvent avec des vocations réduites de moitié ou même décimées, il est clair – en particulier là où la confusion fait rage – que la tentation peut venir d’être moins exigeants : en somme, il n’y en a déjà pas beaucoup qui veulent devenir prêtres, si en plus, on les rejette… J’espère que dans aucun séminaire on n’a jamais permis que soit ordonné quelqu’un dont on connaissait ou suspectait une attirance vers les enfants, mais je n’en mettrais pas ma main au feu. Pourtant, j’ai le vague sentiment qu’on a cru résoudre le problème en rendant plus « facile » l’accès à la prêtrise ; ce qui vraisemblablement n’a pas beaucoup augmenté le nombre de prêtres dignes de ce nom, qui seraient devenus prêtres de toute façon, mais a augmenté le nombre de ceux dont il aurait mieux valu qu’ils ne le soient pas, et rendu les choses plus faciles pour les misérables qui ne se sentaient aucune vocation réelle, mais étaient très forts pour faire semblant et étaient désireux de profiter de cette aura d’autorité qui imprègne automatiquement la figure du prêtre : des pédophiles, en fait (et aussi d’autres catégories, du type militants politiques déguisés, et disons-le, quelques serpents dans le sein de l’Eglise, qui combattent la pensée catholique « de l’intérieur »).

Tout cela ne suffit pas à expliquer le phénomène des prêtres pédophiles, et, d’une manière générale, des criminels hypocrites qui entrent dans le clergé, arrivant même parfois à des charges non négligeables : ce phénomène date évidemment de bien avant les 50 dernières années (Marcial Maciel [des Légionnaires du Christ, NDT], une « autorité » en la matière, a été ordonné prêtre en 1944 – par son oncle évêque, après avoir été expulsé de trois séminaires, tels sont les maux du népotisme –, heureusement que les évêques ne font pas d’enfants justement à cause du célibat) ; c’est un fait qui découle du péché originel et de la casta Meretrix qui fait que, tant que le monde et l’histoire dureront, le péché pourra être réduit mais pas éliminé. A mon avis, pourtant, cela aide à expliquer pourquoi, durant ces dernières années, le phénomène a statistiquement explosé. Parce que tout le reste a explosé, en particulier dans le cerveau de chacun.

Conclusion

Il est donc évident que l’abolition du célibat ecclésiastique serait parfaitement inutile pour le but qui est en cause ici : il serait même contre-productif, parce que les pédophiles infiltrés dans les rangs du clergé n’auraient rien d’autre à faire que de trouver une femme, renforçant ainsi leur alibi social, et puis ils continueraient à poursuivre les enfants avec plus de tranquillité que jamais.

Le « dogme » du lien entre célibat et pédérastie n’est rien de plus qu’un lieu commun pieux, très en vogue chez ceux qui n’ont réfléchi correctement ni à l’un ni à l’autre – je regrette de constater que, dans cette catégorie, il y a aussi des évêques et des cardinaux – et très opportun pour les anticléricaux dont le principal objectif était et reste d’attaquer l’Eglise catholique, et, à cette fin, tout est permis, même l’instrumentalisation de la question pédophile.

Mais le problème ne se résoudra pas en donnant une femme au prêtre et en rendant la figure du prêtre plus en ligne avec la mentalité du monde, mais, à l’inverse, par des tests plus rigoureux et plus sélectifs des vocations.

C’est précisément ce que Benoît XVI fait avec patience. Si cela conduit dans l’immédiat à une nouvelle chute du nombre de prêtres, tant pis, l’important est que ce seront des prêtres de meilleure qualité.

En attendant, prions le Seigneur d’envoyer davantage d’ouvriers dans la vigne.

C- Les élucubrations de Küng sur le célibat sacerdotal.

Le 15 décembre 1979, la Congrégation pour la doctrine de la foi jugeait que « le professeur Hans Küng a manqué dans ses écrits à l’intégrité de la vérité dans la foi catholique.

En conséquence, il ne peut plus être considéré comme théologien catholique, et ne peut comme tel exercer une charge d’enseignement ».

Pourtant, par un subterfuge juridico-administratif, il réussira à rester professeur et directeur de l’Institut de recherches œcuméniques lié à la faculté de théologie catholique de Tübingen.

Il a continué aussi à faire des conférences dans le monde entier, à publier des articles dans les revues de théologie et à être édité en plusieurs langues par des éditeurs, catholiques ou non. En France, après les éditions du Seuil, ce sont, depuis plusieurs années, les Dominicains qui éditent Küng aux Editions du Cerf. Dernier ouvrage paru : le tome II de ses Mémoirs où l’adversaire de la doctrine de l’infaillibilité pontificale (entre autres) se montre si sûr de lui.

Comme pour entretenir le buzz, avec un sens avisé du marketing Hans Küng, impénitent, publie un grand article dans le Monde, intitulé:  » Pour lutter contre la pédophilie,abolissons le célibat desprêtres  ». Prenant prétexte des nombreuses affaires de pédophilie et d’abus sexuels qui ont concerné des membres du clergé catholique aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et ailleurs, le théologien suisse allemand affirme péremptoirement que le célibat imposé au clergé catholique est la « racine de tous les maux ». Et il fait semblant de s’interroger : « Pourquoi le phénomène est-il à ce point massif justement dans les Eglises catholiques dirigées par des hommes non mariés ? »

Evidemment, dix objections viennent aussitôt à l’esprit. Ce « phénomène » de prêtres immoraux est-il aussi « massif » qu’on le dit ? Il faudrait faire la part des rumeurs, des fausses affirmations, des exagérations.

D’autre part, si célibat érigé en règle et immoralité des mœurs étaient si étroitement liés, on aurait dû constater un tel « phénomène massif » dans toutes les décennies du XXe siècle, au XIXe siècle, etc.

N’y aurait-il pas un lien plutôt entre les cas plus nombreux de prêtres pédophiles et immoraux, ces dernières années, et un autre « phénomène massif » contemporain, la vague déferlante toujours plus envahissante et visible (sur les affiches, les publicités, les écrans télévisés) des images pornographiques et indécentes ?

N’y aurait-il pas un lien aussi avec cet autre « phénomène massif » qu’est la crise d’identité sacerdotale qui a frappé le clergé depuis plusieurs décennies maintenant ?

« Institué au XIe siècle » ?

Les adversaires de la soutane nous disent qu’elle ne date que du XVIIe siècle. Ils oublient toutes les prescriptions sur l’habit ecclésiastique qui sont répétées, de concile en concile, tout au long du Moyen-Age. Le professeur Hans Küng affirme, comme une vérité incontestable, que le célibat ecclésiastique « n’était pas encore en vigueur pendant le premier millénaire de l’ère chrétienne. En Occident, il a été institué au XIe siècle sous l’influence de moines (qui, eux, étaient des célibataires par choix) ».

Sans entrer dans les raisons proprement théologiques du célibat (sens christologique, sens eschatologique et sens ecclésiologique que rappelait, par exemple, Paul VI dans son encyclique de 1969), les données historiques, bien connues, montrent que le professeur Küng affirme des choses fausses.

Dès l’Antiquité chrétienne, Pères de l’Eglise et auteurs chrétiens en témoignent, la pratique du célibat des clercs est jugée la meilleure, même si elle n’a pas encore fait l’objet de canons disciplinaires.

A partir du concile d’Elvire, en Espagne, vers 300 (un des plus anciens, sinon le plus ancien concile provincial connu), sont émises des prescriptions précises sur la sexualité des prêtres. Le premier concile œcuménique, le concile de Nicée en 325, prescrit dans son 3e canon : « Le grand concile interdit de manière absolue de permettre aux évêques, aux prêtres, aux diacres, en un mot à tous les membres du clergé, d’introduire auprès d’eux une compagne, à moins que ce ne fût une mère, une sœur, une tante ou enfin les seules personnes qui échappent à tout soupçon. »

Odette Pontal, la grande spécialiste des conciles provinciaux dans la France médiévale, a bien résumé l’état historique de la question du célibat ecclésiastique : « Le célibat  cclésiastique qui, du Ier au IVe siècle, avait été en honneur sans être obligatoire, tomba du IVe au XIIe siècle sous le coup de lois très précises et beaucoup plus rigoureuses en Occident qu’en Orient : tout l’Occident reste en effet très ferme à proclamer que les évêques, prêtres et diacres mariés doivent s’abstenir de tous rapports conjugaux. Le mariage est interdit aux Clercs déjà engagés dans les ordres » (Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens,Cerf, 1989, p. 265).

Le professeur Küng, en opposant la pratique du premier millénaire chrétien à la suite de l’histoire de l’Eglise, trahit la vérité historique et trompe ses lecteurs. Yves Chiron.

D- Communiqué de Mgr Aillet, évêque de Bayonne.

« Plusieurs affaires scandaleuses concernant des abus sexuels dont des prêtres ou des religieux se sont rendus coupables, dans plusieurs pays, au cours des années ou des décennies passées, à l’encontre de jeunes enfants ou d’adolescents, sèment le trouble dans le cœur des fidèles et salissent l’image de l’Eglise.

Ces crimes sont d’autant plus intolérables, qu’ils émanent de prêtres qui trahissent l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise.

Conscient de la responsabilité éducative et morale de l’Eglise et des souffrances endurées par les victimes et leurs familles, c’est avec la plus grande fermeté que le Saint-Père exige que toute la lumière soit faite sur ces affaires et que tout soit mis en œuvre pour éviter que de tels abus ne puissent se reproduire. Il est clair, en particulier, que les prêtres coupables de tels agissements doivent répondre de leurs actes devant les tribunaux. Pour autant, les fautes de quelques-uns, quelle que soit leur gravité, ne sauraient jeter le discrédit sur l’ensemble du clergé.

La presse et les media qui concentrent leurs accusations sur l’Eglise, semblent ignorer que ce fléau n’épargne, en fait, aucun milieu social ni aucune institution. Toutes les statistiques démontrent en effet que la grande majorité des affaires de pédophilie mettent en cause, non des prêtres ou des religieux, mais des personnes de toutes origines. Dans ces conditions, les actes de pédophilie, qui émanent en général d’hommes mariés et de pères de famille, n’ont bien entendu rien à voir avec la question du célibat des prêtres.

La multiplication des affaires de viols, d’inceste et de pédophilie requiert, de la part de tous, un véritable examen de conscience : considérées comme des acquis intouchables, la licence sexuelle et la pornographie ne sont-elles pas à l’origine d’un grand nombre de déviances comportementales ? « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet…

L’Eglise n’a rien à craindre de la vérité, qui est une exigence fondamentale. Elle porte les victimes de tous ces crimes dans son cœur et prie pour la conversion de tous les pécheurs. »

Le 12 mars 2010 + Marc Aillet,

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.

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