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Le salaire du péché, c’est la mort.La grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ

Le salaire du péché, c’est la mort.La grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ

publié dans paroisse saint michel le 7 juillet 2010


Prédication pour le 7ème dimanche après la Pentecôte.

Le salaire du péché, c’est la mort.
La grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ

MBCF, voilà deux belles phrases mais, je pense, un peu mystérieuses. Elles demandent éclaircissements.

« Le salaire du péché, c’est la mort » dit Saint Paul « Stipendia peccati mors ». Un peu plus haut, il disait encore que « la fin du péché c’est la mort ».

C’est un fait. C’est un fait non seulement moral mais théologal.

Moral. Regardez ces jeunes drogués, prenez les en flagrant délit de « fortes doses », c’est bien souvent la mort. Et si ce n’est pas la mort, c’est la dégénérescence de leurs facultés spirituelles, de leur équilibre nerveux. Ils perdent tout sens du bien et sombre souvent dans la dépression nerveuse ou dans l’instabilité, leur volonté étant détruite. Je ne crois pas nécessaire d’insister pour prouver que sur le plan moral, psychologique, la fin du péché, c’est la mort. « Stipendia peccati mors ».

Mais c’est aussi un fait théologal. Un fait enseigné par la Révélation.

Prenez les premières paroles de la Genèse : « Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder. Et Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras tu mourras certainement »…Puis Dieu donna à l’homme la femme qu’il tira de sa chair. Elle devint « l’os de ses os, la chair de sa chair ». Le démon enfin tenta la femme : « Est-ce que Dieu aurait dit : « Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? La femme répondit au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, de peur que vous ne mouriez ». Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez pas ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ». « La femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l’intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea ». Alors, vous connaissez la suite : ils virent qu’ils étaient nus, ils se cachèrent, mais Dieu passant dans le jardin à la brise du jour appela l’homme et lui dit : est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? Il répondit : « La femme que vous avez mise avec moi m’a donné du fruit de l’arbre et j’en ai mangé ». Alors Dieu fit tomber sa sentence d’abord sur le serpent, ensuite sur la femme et enfin sur l’homme, Adam : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre parce que c’est d’elle que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière »…Et Dieu le fit sortir du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre d’où il avait été pris. Et il chassa l’homme et il mit à l’Orient du jardin de l’Eden les chérubins et la flamme de l’épée tournoyante pour garder le chemin de l’arbre de vie ». (Gen 2 et 3) Et il dit au serpent : « Parce que tu as fait cela tu es maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes des champs…Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; et celle-ci te meurtrira à la tête et tu la meurtrira au talon » (Gen 3 15).

La mort est ici nettement mise en relation avec le péché mettant en lumière la phrase de saint Paul : « Stipendia peccati mors », « le salaire du péché c’est la mort ».
Nous pourrions multiplier les textes de l’Ecriture qui mettent en claire évidence cette affirmation paulinienne. Par exemple, le récit du déluge. Alors que les hommes eurent commencé à être nombreux sur la terre, Dieu « vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal, Dieu se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et décida son extermination. Alors Dieu dit à Noë : « La fin de toute chair est venu devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux ; je vais les détruire, ainsi que la terre »…Fais-toi une arche de bois…. « Et moi je vais faire venir le déluge, une inondation de la terre…tout ce qui est sur la terre périra. Mais j’établirai mon alliance avec toi ».

Là aussi, il est clairement affirmé que la mort est lié au mal, au péché : «Il vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal » et le déluge eut lieu.

Oui ! Nous pourrions, vous dis-je, multiplier les exemples scripturaires. Toujours, la mort est liée au péché. « Stipendia peccati mors ». Saint Paul a raison. Le salaire du péché, non repenti, c’est la mort. Ainsi de l’exemple du Judas. Après avoir trahi son maître, il alla se pendre. Ainsi de l’exemple du mauvais larron. …

Mais sain t Paul dit aussi : « la grâce de Dieu c’est la vie éternelle ». Merveilleuse phrase pleine d’espérance. Telle est la pédagogie de Dieu, l’économie de Dieu, une économie de salut, de vie éternelle, et non point de mort.
Dieu veut la vie. L’homme qui se détourne de Dieu et de sa volonté, au contraire veut et fomente la mort. Notre siècle est vraiment le siècle de la mort parce qu’il est le siècle de l’oubli de Dieu, le siècle du mal. L’avortement. C’est la mort de la vie. L’eugénisme, c’est la mort de la vie. On dit que l’Allemagne s’apprête de légiférer en ce sens. Mais vous avez déjà les Pays Bas, la Belgique, le Luxembourg…Et donc l’Allemagne, bientôt…Allez nier qu’une main cachée dirige tout cela. Cette main s’appelle la Franc Maçonnerie, c’est le pouvoir de l’antéchrist. Le pouvoir mortifère parce que révolté contre Dieu.

L’homme refusant la loi de Dieu, ne semble même plus savoir aujourd’hui se divertir gentiment et avec joie. Il faut être chrétien et catholique pour connaître la vie et la joie, semble-t-il. C’est certainement une des caractéristiques des familles chrétiennes. Par contre, les réunions festives qui se déroulent à grands renforts de « musiques dures», le long de la Loire ou ailleurs appellent à la mort, font même l’apologie de la mort, de Lucifer, l’ange de la mort. Ils en appellent aux meurtres et le pouvoir politique reste muet…tant que l’ordre public n’est pas perturbé. Comme si c’était la seul norme du bien…Dieu ! Quelle déchéance du pouvoir politique, indigne et méprisable.

Par contre, ce n’est pas l’économie de Dieu, vous dis-je. Dieu aime la vie.

Du reste à peine le péché originel fut-il commis, que Dieu manifestât publiquement son intention de restauration : « Parce que tu as fait cela, dit-il au serpent, tu es maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes des champs…Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; et celle-ci te meurtrira à la tête et tu la meurtrira au talon ». Tous les pères de l’Eglise voient dans cette phrase l’annonce de la rédemption, l’annonce de l’incarnation rédemptrice. Et c’est, de fait, le Christ de l’Evangile qui accomplit la réalisation de l’alliance, la réalisation de la réconciliation entre Dieu et les hommes, la réalisation de la vie, de la vie éternelle

Il en est de même de notre récit du déluge. Avant même que Noé soit entré dans l’arche et que toute chair ait disparu de la surface de la terre, Dieu, comme pris de remords, parla de nouveau d’alliance avec Noë : « Et moi je vais faire venir le déluge, une inondation de la terre…tout ce qui est sur la terre périra. Mais j’établirai mon alliance avec toi ».

Et de fait, vous dis-je, c’est ce qu’il fit avec le Christ, le Verbe fait chair, dans le mystère de la rédemption.
Par la Passion du Christ, nous avons été en effet réconciliés avec Dieu puisque le péché qui nous faisait ennemi de Dieu, a été racheté par la Passion du Christ.

Mais surtout, la Passion du Christ nous a réconcilié avec Dieu, « en tant, nous dit saint Thomas, qu’elle est un sacrifice souverainement agréable à Dieu. C’est là l’effet du sacrifice. Dieu est, par ce sacrifice, apaisé : comme quand l’homme remet l’offense commise contre lui, en raison de quelques services agréables qui lui est rendu. Ainsi pareillement, ce fut, pour Dieu, un si grand bien que le Christ ait souffert volontairement sa Passion, qu’en raison de ce bien trouvé dans la nature humaine, Dieu a été apaisé de toute offense du genre humain pour ceux, du moins, qui sont unis au Christ » par la foi et la charité. (cf. III 49 4) Vous voyez l’importance du sacrifice du Christ pour nous : il s’agit rien moins que de notre réconciliation avec Dieu. La Passion de Jésus est le bien trouvé en terre humaine qui opère le mystère de notre réconciliation avec Dieu. Quoi de plus palpable pour nous. Nous pouvons dire, en toute vérité, qu’il est impossible à Dieu de se détourner de nous ou de se souvenir encore de nos fautes, de nos offenses, quelques grandes et nombreuse qu’elles soient, quand nous nous présentons à Lui revêtus de la Passion de son divin Fils, NSJC. Que d’actions de grâces devons nous à ce béni Sauveur. Comme la messe est pour nous importante – elle est notre réconciliation avec Dieu – puisque la messe est la Passion du Christ offerte sacramentellement.

Dès lors, grâce à la Passion du Christ, de pécheurs et d’ennemis de Dieu que nous étions, nous voilà faits, amis de Dieu, réconciliés avec Lui. Le ciel, la vie éternelle est à nous tant il est vrai que la Passion nous ouvre les portes du ciel puisqu’elle nous délivre du péché commun à toute la nature humaine et quant à la faute et quant à la peine, mais aussi de nos propres péchés du moins pour ceux qui communient à sa Passion par la foi et la charité et les sacrements, – le Christ, en sa Passion, étant pour nous le prix de notre rachat. Or le péché était l’obstacle qui empêchait les hommes d’entrer dans le Royaume de Dieu. Cet obstacle n’existant plus, les portes du Ciel nous sont de nouveau ouvertes. (III 49 5) La vie éternelle est à nous. Saint Paul a raison : « La grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ ».

D’un côté, la mort, en suivant le cours du siècle
De l’autre, la vie, la vie éternelle en NSJC. Mais la vie par le sacrifice et pour la Tête et pour les membres. Il en sera toujours ainsi. Mais c’est un autre sujet…merveilleux que nous traiterons une autre fois. Amen !

———————-

NB: Je suis heureux de pouvoir citer le texe du pape dans sa dernières audience générale du 7 juillet 2010 sur Duns Scot. A la fin de son homélie, le pape parle du problème de la liberté et de la  vérité. Il confirme bien l’exposé de ma première idée de l’ homélie: « Stipendia peccati mors »:

Enfin, Duns Scot a développé un point à l’égard duquel la modernité est très sensible. Il s’agit du thème de la liberté et de son rapport avec la volonté et avec l’intellect. Notre auteur souligne la liberté comme qualité fondamentale de la volonté, en commençant par un raisonnement à tendance volontariste, qui se développa en opposition avec ce qu’on appelle l’intellectualisme augustinien et thomiste. Pour saint Thomas d’Aquin, qui suit saint Augustin, la liberté ne peut pas être considérée comme une qualité innée de la volonté, mais comme le fruit de la collaboration de la volonté et de l’intellect. Une idée de la liberté innée et absolue située dans la volonté qui précède l’intellect, que ce soit en Dieu ou dans l’homme, risque en effet de conduire à l’idée d’un Dieu qui ne ne serait même pas lié à la vérité et au bien. Le désir de sauver la transcendance absolue et la différence de Dieu par une accentuation aussi radicale et impénétrable de sa volonté ne tient pas compte du fait que le Dieu qui s’est révélé en Christ est le Dieu « logos », qui a agi et qui agit, rempli d’amour envers nous. Assurément, comme l’affirme Duns Scot dans le sillage de la théologie franciscaine, l’amour dépasse la connaissance et est toujours en mesure de percevoir davantage que la pensée, mais c’est toujours l’amour du Dieu « logos » (cf. Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, Insegnamenti di Benedetto XVI, II [2006], p. 261). Dans l’homme aussi, l’idée de liberté absolue, située dans sa volonté, en oubliant le lien avec la vérité, ignore que la liberté elle-même doit être libérée des limites qui lui viennent du péché.

En m’adressant aux séminaristes romains – l’année dernière – je rappelais que « la liberté, à toutes les époques, a été le grand rêve de l’humanité, mais en particulier à l’époque moderne » (Discours au séminaire pontifical romain, 20 février 2009). Mais c’est précisément l’histoire moderne, outre notre expérience quotidienne, qui nous enseigne que la liberté n’est authentique et n’aide à la construction d’une civilisation vraiment humaine que lorsqu’elle est vraiment réconciliée avec la vérité. Si elle est détachée de la vérité, la liberté devient tragiquement un principe de destruction de l’harmonie intérieure de la personne humaine, source de la prévarication des plus forts et des violents, et cause de souffrance et de deuils. La liberté, comme toutes les facultés dont l’homme est doté, croît et se perfectionne, affirme Duns Scot, lorsque l’homme s’ouvre à Dieu, en valorisant cette disposition à l’écoute de sa voix, qu’il appelle potentia oboedientialis : quand nous nous mettons à l’écoute de la Révélation divine, de la Parole de Dieu, pour l’accueillir, alors nous sommes atteints par un message qui remplit notre vie de lumière et d’espérance et nous sommes vraiment libres.

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