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QUAND JUPPÉ SE RENIE POUR UN MAROQUIN

publié dans flash infos le 29 novembre 2010


QUAND JUPPÉ SE RENIE POUR UN MAROQUIN

(Bulletin d’André Noël n° 2213)

Il n’y a que deux « événements » notables dans le remaniement : le départ de Jean-Louis Borloo et le retour d’Alain Juppé. Nous reviendrons sur le premier dans un prochain Bulletin en évoquant l’avenir incertain du Centre. Pour ce qui est d’Alain Juppé, on aurait pu penser qu’à son âge honorable, ayant mené une belle carrière politique qui culmina quand il fut le premier ministre de Jacques Chirac, devenir le ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy n’ajouterait rien à sa gloire. D’ailleurs, n’imaginait-il pas lui-même une autre fin : celle d’un homme ayant collectionné tous les hochets de la notoriété ministérielle avant de se consacrer tout entier à sa bonne ville de Bordeaux,

en « vieux » sage », tel Montaigne son lointain prédécesseur, après avoir renoncé à la « tentation de Venise » pour se reposer de ses travaux et y finir ses jours ?

Il l’avait annoncé et même promis à ses administrés. Avant les municipales de 2008, dans une lettre de campagne aux électeurs bordelais, il écrivait : « Je fais le choix de Bordeaux parce que j’aime Bordeaux et que j’ai envie de continuer à vous servir. J’ai entendu votre message : notre ville mérite un maire à plein temps ; si vous me renouvelez votre confiance, je n’exercerai aucun autre mandat. » A l’intention des sceptiques, il ajoutait, après le scrutin, comme on lui demandait s’il allait retourner au gouvernement : « Je ne vais pas changer d’avis ni ce soir ni demain, ni après-demain ». Il lui aura fallu deux ans pour se raviser, avec cette justification : « Cette déclaration, je l’ai faite en 2008. Nous sommes fin 2010 et le contexte a changé. Chacun a le droit de s’adapter à des circonstances nouvelles». Passez muscade ! Autrement dit, lui n’a pas changé, ce sont les « circonstances » qui ont évolué. Comment ne pas songer à feu Edgar Faure qui répétait : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent » ?

Mais il s’agit d’Alain Juppé, d’un homme d’Etat réputé intelligent et sérieux, « le meilleur d’entre nous », disait de lui Jacques Chirac, et non pas d’un politicien lambda dont le retournement de veste est une seconde nature. Si un Juppé en est là, à céder au prestige d’un maroquin éphémère en piétinant ses promesses, qu’en est-il des autres ? Cela donne une piètre idée de la classe politique installée qui explique que les Français s’en éloignent chaque jour davantage. Ce ne sont pas les partis nationaux, « d’extrême droite » ou souverainistes, qui provoquent le « populisme », ce sont les politiciens qui le nourrissent.

Toutefois, le plus grave n’est pas qu’Alain Juppé délaisse Bordeaux pour le ministère de la Défense, c’est que, pour l’occuper, il avale la couleuvre de la politique de défense de Sarkozy après l’avoir contestée.

A peine nommé, le nouveau ministre s’est rendu au sommet de l’OTAN, à Lisbonne, avec le chef de l’Etat. Or, en juin 2008, après la décision de Nicolas Sarkozy de se rapprocher du commandement intégré de l’OTAN, le gaulliste Juppé s’était publiquement interrogé, au cours d’une conférence : « Je me demande si on n’est pas en train de faire un marché de dupes en rentrant sans conditions. » Le président l’avait « rassuré ». Pas assez toutefois puisque, en mai dernier, il doutait encore dans un entretien à la revue « Défense » : « Je ne suis pas sûr qu’on ait gagné à perdre notre position originale» ajoutant : « il n’y a pas eu d’avancement sur le plan de l’Europe de la défense ». Pour ce qui est de l’Afghanistan, toujours en mai dernier, Alain Juppé qualifiait ce conflit de « bourbier terrible » et « d’impasse » tandis que Nicolas Sarkozy, lui, affirmait qu’il faudrait y rester « aussi longtemps que nécessaire ». Depuis la semaine dernière, Juppé pense exactement comme Nicolas Sarkozy, sur l’OTAN, l’Afghanistan et le reste…Que ne ferait-on pas pour briller une dernière fois sous les ors et à l’intérieur des lambris des palais de la République !

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