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De la crèche au Golgotha ou de l’Incarnation au mystère de la Croix

publié dans paroisse saint michel le 1 décembre 2010


Prédication pour le 2ème dimanche de l’Avent.

De la crèche au Golgotha
ou
De l’Incarnation au mystère de la Croix

Mes Bien chers Frères, nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de l’Avent. Pesons attentivement la raison de l’Avent et pour cela, demandons-nous

 -quel est celui qui vient ?
-d’où il vient et par où il vient ?
-pourquoi il vient ?
-et comment il réalise la raison de sa venue ?

« Ce sont là des interrogations louables et salutaires ; car l’Eglise ne célébrerait point l’Avent avec tant de piété, s’il ne cachait pour nous quelque grand mystère » nous dit saint Bernard.

En premier lieu, quel est celui qui vient ?

C’est, dit l’ange Gabriel, le Fils même du Très-Haut, Très-Haut lui-même par conséquent. « Car, comme le dit très justement encore saint Bernard, on ne saurait sans crime penser que Dieu a un fils dégénéré ». Il faut au contraire le proclamer l’égal de son Père en grandeur et en dignité. Et comme je vous le disais dimanche dernier, ne nous laissons pas tromper par la faiblesse de la crèche. Celui qui est dans la crèche, est le Fils du Très haut. Il est là pour notre salut, pour que nous devenions, en lui, fils de Dieu par grâce, ce qu’Il est, Lui, par nature. Et c’est la raison pour laquelle, c’est le Fils de Dieu qui s’incarna et nullement une des deux autres personnes de la Sainte Trinité.
Ce qu’Il est par nature, nous le sommes par grâce. Aussi sachons garder la fierté de ce que nous sommes et vivons vraiment en fils de Dieu.
Que, de plus, notre préparation à Noël soit ardente. Celui que nous attendons n’est rien d’autre que le Fils de Dieu. N’éprouverions nous pas une grande joie à la pensée que nous allons recevoir un grand personnage aimé ? Qu’il en soit ainsi de cette attende du Fils de Dieu, du Roi des rois…une attente aimante, joyeuse et ardente.

Vous avez entendu, mes Frères, quel est celui qui vient, écoutez maintenant d’où et où il vient.

Il vient « de loin », nous dit Isaïe, Il vient du sein de son Père dans celui d’une Vierge mère; il vient du haut des Cieux dans cette vallée de larmes. Nous devons alors conserver grande estime et profonde dévotion à Notre Dame puisque c’est en elle que le Fils du Très Haut s’est incarné alors que l’Univers ne pouvait le contenir, nous reviendrons bientôt sur cette dévotion mariale. Nous devons également reconnaître « l’honneur inestimable et presque incompréhensible qu’il daigne nous faire en descendant de si haut vers nous dans « le séjour de notre prison ». Mais c’est pour nous en délivrer…
Qui pourrait alors douter, nous dit encore saint Bernard, « qu’il ne fallût rien moins qu’une bien grande cause pour qu’une si grande Majesté daignât descendre de si loin dans un séjour si peu digne d’elle »?
En effet, le motif qui l’y a déterminé est tout à fait grand, car ce n’est rien moins qu’une grande miséricorde, qu’une grande compassion et une immense charité.

En effet, pour quoi est-il venu?

C’est le point que nous avons maintenant à éclaircir. Nous n’avons pas besoin de nous donner beaucoup de mal pour répondre à cette interrogation, puisque ses paroles et ses actes nous crient bien haut le motif de sa venue. En effet, c’est pour chercher les brebis qui étaient perdues et errantes qu’il est descendu en toute hâte du haut des cieux. Oui ! C’est pour nous qu’il est venu. Combien grand est l’honneur que nous fait le Dieu qui nous vient chercher ! Mais aussi combien est grande la dignité de l’homme que Dieu recherche ainsi! « Seigneur, qu’est-ce donc que l’homme, s’exclame saint Bernard, pour que vous le combliez de tant de gloire et pourquoi votre coeur est-il porté en sa faveur?

Car, ne l’oublions pas, nous étions tous des brebis errantes et faibles, sans Pasteur, tous enfermés dans le péché. N’oublions pas ces belles paroles de saint Paul qui contiennent tout le mystère de notre rédemption : « Car, lorsque nous étions encore faibles, le Christ, au temps marqué, est morts pour des impies. C’est difficilement qu’on mourra pour un juste…Mais Dieu montre son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Jésus-Christ est mort pour nous. A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés dans son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère…Bien plus, nous nous glorifions même en Dieu par NSJC par qui maintenant nous avons obtenus la réconciliation » (Rm 5 6-11).

Oui ! Par l’incarnation rédemptrice, nous sommes réconciliés avec Dieu !

Comme le dit encore saint Paul : « Comme par la faute d’un seul la condamnation est venue sur tous les hommes, ainsi par la justice d’un seul vient à tous les hommes la justification qui donne la vie » (Rm 5 18). Ainsi par l’Incarnation rédemptrice, nous sommes justifiés et cette justification nous donne la vie, la vie divine, puis la vie éternelle

Oui, MBCF, résumons ces belles affirmations de saint Paul qui nous donne l’explication de la raison de la venue du Seigneur, ainsi que son mode ou de son « comment » en disant que le Verbe de Dieu s’est incarné et a connu la mort en raison du péché de l’homme pour le réparer par son sacrifice et faire ainsi renaître la Vie divine dans nos âmes, afin que nous puissions être de nouveau agréable à Dieu, le glorifier en ce monde et pour l’éternité.
Ainsi Jésus-Christ, dans son Amour miséricordieux a-t-il voulu assumer d’une certaine manière tous les péchés de l’humanité et s’offrir en sacrifice de rédemption et de propitiation à son Père pour restaurer la vie divine, la vie de l’Esprit Saint, celle de la charité dans nos âmes, par une participation à sa propre vie. Jésus-Christ, MBCF, est donc la seule source de vie et de salut des hommes, pour tous les hommes. La seule source de vie, de vie divine. La seule source de salut.
L’Incarnation rédemptrice et donc le sacrifice du Calvaire qui en est la raison et le mode, qui lui est intimement uni, apparaît alors comme « la Lumière qui luit dans les ténèbres », « comme l’unique fontaine de vie au milieu du désert ». C’est une affirmation de Mgr Lefebvre. Il faut en mesurer la force et la véracité. Sa dévotion – à Monseigneur Lefebvre – était essentiellement « christologique », « sotériologique ». Tout, dans la pensée de Mgr Lefebvre, était centré sur le Christ et son sacrifice de la Croix.

Oui ! Le calvaire est l’unique fontaine de vie au milieu du désert, nous disait souvent Mgr Lefebvre.

Mais alors par quel moyen, Dieu nous communiquera-t-il cette vie nouvelle ? Comment ? Nous le savons, en perpétuant le Calvaire. Car il n’y aura jamais qu’un sacrifie de la Croix, qu’une Hostie sainte, qu’un Prêtre, c’est Jésus-Christ.
On n’insistera jamais assez sur cette vérité, fruit de la miséricorde de Dieu.
Puissions-nous alors donner au Mystère de la Croix, raison de la venue du Christ – voici son chemin sur la terre, le Golgotha, le Calvaire…, toute sa valeur, toute sa place dans l’économie divine de la Rédemption et dans son application aux âmes tout au long de l’histoire de l’Eglise.

Le démon, lui, ne se trompe pas lorsqu’il s’acharne à faire disparaître le Sacrifice. Il sait qu’il attaque l’œuvre de NSJC au centre vital, au cœur. Oui toute mésestime de ce sacrifice entraîne la ruine de tout le catholicisme, dans tous les domaines. Aussi, nous ne pourrons jamais assez remercier Benoît XVI d’avoir permis, par son Motu Proprio, Summorum Pontificium, la restauration du rite tridentin qui est dans l’Eglise l’archétype de toute liturgie sacrificielle. Dans la crise de l’Eglise, il y aura un avant Benoît XVI et un après Benoît XVI. Et si tout, en cette affaire sacrificielle, n’est pas encore réglé, loin de là, dans la pratique sous le pontificat de Benoît XVI, du moins les choses sont éclaircies dans les principes : tout prêtre peut célébrer le sacrifice dans le rite tridentin. C’est bien une nouveauté. C’est la nouveauté de ce pontificat. C’est bien « un net coup de barre »en faveur de la Tradition catholique. Et je trouve personnellement dangereux de ne pas le reconnaître ou du moins de vouloir le minimiser. Je crains que ceux qui pensent ainsi finissent par se fermer à la vérité et à s’éloigner du siège de Rome…Mais je ne suis pas prophète.

Si nous comprenons bien notre religion, nous devons défendre courageusement le sacrifice de la messe et le sacerdoce tels que NSJC les a institués. Il est essentiel d’éclairer notre foi et notre intelligence au sujet de l’acte rédempteur voulu par Dieu pour que revive spirituellement, surnaturellement tout le genre humain. Cet acte, vous dis-je, est la raison de l’Incarnation, la réalisation de la rédemption, celui qui glorifie Dieu infiniment et ouvre les portes du ciel à l’humanité pécheresse et rachetée. Cet acte c’est le sacrifice du calvaire. On ne peut qu’être frappé par l’insistance de NSJC, durant sa vie terrestre, sur son « heure ». « Desiderio desideravi », dit NSJC : « j’ai désiré d’un grand désir cette heure de mon immolation ». Jésus est tendu vers sa Croix. Le Mystère du Christ que nous contemplons dans l’Incarnation est avant tout le « Mystère de la Croix », le « Mysterium Crucis » en lequel tout trouve sa solution. La croix de Jésus est la solution parfaite, totale, définitive, éternelle par laquelle tout sera résolu. C’est ainsi dans cette relation de chaque âme, avec Jésus crucifié que le jugement de Dieu sera porté. Si l’âme est dans une relation vivante avec Jésus crucifié, alors elle se prépare à la vie éternelle et participe déjà à la gloire de Jésus par la présence de l’Esprit saint en elle. Autrement, je tremble…Gardons toujours en nos âmes ce souci d’être en état de grâce. La vie sacramentaire nous y aide.
« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche, puis on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent » (Jn 15 6)
Pour notre justification, pour notre sanctification, Jésus organisera tout, autour de cette fontaine de vie qu’est son sacrifice du calvaire. Il fonde l’Eglise, il transmet son sacerdoce, il institue les sacrements pour faire part aux âmes des mérites infinis du Calvaire. Aussi on comprend que saint Paul puisse dire : « Je n’ai pas jugé que je devais savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » (I Cor 2 2)
Or ce sacrifice du calvaire devient sur nos autels le sacrifice de la messe, qui en même temps qu’il réalise le Sacrifice de la Croix réalise aussi le sacrement de l’Eucharistie, qui nous rend participant à la divine Victime, Jésus crucifié.
C’est donc autour de la messe que s’organisera, que vivra le Sacerdoce pour édifier ce Corps mystique du Christ, par la prédication qui attirera les âmes à se purifier dans les eaux du baptême pour être digne de participer, grâce au caractère baptismal, au sacrifice eucharistique de Jésus, à la manducation de la divine Victime, et s’unir ainsi toujours plus à la Trinité Sainte, inaugurant déjà ici bas la vie céleste et éternelle. Amen.

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