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Prédication sur le Mystère de la Nativité

Prédication sur le Mystère de la Nativité

publié dans paroisse saint michel le 28 décembre 2009


Prédication sur le Mystère de la Nativité
Messe de Minuit

« Le Sauveur du monde est né aujourd’hui »

« Le Sauveur du monde est né aujourd’hui et voici le signe que je vous en donne : Vous trouverez un enfant enveloppé de langes, posé dans une crèche ».

Dimanche dernier, j’essayais de vous parler des caractéristiques du Messie telles qu’annoncées dans l’Ancien Testament, dans le Pentateuque, les Psaumes davidiques, surtout celui du psaume 109 ainsi que dans les textes prophétiques.

Tous ces écrits inspirés nous l’annonçaient comme étant, non un ange, mais de la race des hommes, pris de la tribu de Juda, législateur, plus grand que Moïse et tout comme lui, mais mieux encore, libérateur, rédempteur. David, nous le présentait même comme Dieu, comme en témoignage invinciblement cette phrase : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite », mais également comme fils de l’homme puisque grand prêtre à la manière de Melchisédech. Isaïe nous le présente même comme le « Serviteur souffrant ». Il nous dit qu’il établira son royaume non point par la force des armes, mais par la parole de la vérité et aussi par son sacrifice. L’Ancien Testament, en effet, nous le présente comme l’Agneau pascal qui était sacrifié. Son sang fut le salut du peuple. Je voulais dire, dimanche dernier, que si nous voulions connaître le Sauveur et aller à sa rencontre…il fallait le chercher non point dans les palais des rois ni dans les chairs universitaires, non point à la tête de puissantes armées dressées contre l’occupant romain –puisque c’est à cette heure qu’il doit venir. Pour voir le salut – « et toute chair verra le salut de Dieu » – il faut aller le chercher dans une situation humble, pauvre et faite de faiblesse… Voilà ce que je voulais dire…

Et c’est ainsi, de fait, que l’ange réveille les bergers et les appelle à aller à la rencontre du Messie. Il leur dit qu’ils trouveront « un enfant enveloppé de langes posé dans une crèche ».

Le mystère de l’Incarnation est le mystère de l’anéantissement, dans la chair, du Verbe de Dieu. En effet nous sommes réunis ici pour contempler ce spectacle d’un Dieu descendu pour nous relever, relever notre espérance, d’un Dieu abaissé pour nous agrandir, d’un Dieu appauvri volontairement pour répandre sur nous tous les trésors célestes. Il est comme Joseph dans l’Ancien Testament, son image, qui a enrichi des biens égyptiens, sa famille, son père, ses frères qui, pourtant, l’avaient trahi par orgueil. Tout se tient dans l’Ecriture Sainte. L’Ancien Testament est une préparation du Nouveau Testament.

« Anéantissement du Verbe de Dieu ».

Tout d’abord, il s’est fait homme. C’était prédit. Il s’est revêtu de notre nature humaine. Ensuite il s’est fait passible. Il a pris nos infirmités. C’était prédit. Il serait l’homme des douleurs. Enfin il s’est fait pauvre. Il s’est chargé de tous les outrages.

Les trois degrés d’abaissement nous sont indiqués par les paroles de l’Ange. « Vous trouverez, dit-il, « un enfant » : c’est le commencement de la vie humaine ;
« enveloppé de langes » : c’est pour défendre l’infirmité contre les injures du temps ;
« posé dans une crèche » : c’est la dernière extrémité de l’indigence. C’est la misère. C’est la pauvreté.

Il est clair que le Fils de Dieu en se faisant homme pouvait prendre la nature humaine avec les mêmes prérogatives qu’elle avait dans son innocence : la santé, la force, l’immortalité, Lui qui était sans péché. Il pouvait prendre la nature humaine jouissant des dons préternaturels. La perte de ces dons n’était que le fruit du péché. Il a voulu prendre la nature humaine avec les faiblesses qui l’accompagnent.
Mais en prenant ces faiblesses, il pouvait toutefois chercher l’abondance des biens terrestres et légitimes. Il ne le voulut pas. Il joint aux infirmités de la nature humaine déchue toutes les misères, toutes les disgrâces. Tout ce que le monde bourgeois appelle « mauvaise fortune ».

Son premier pas est donc de se faire homme. Il se met au dessous des anges puisqu’il prend une nature moins noble. Mais ce n’est pas assez. NSJC descend un second degré. Il se rend égal aux pécheurs, hors le péché. Il ne prend pas la nature humaine telle qu’elle était dans son innocence, saine, incorruptible, immortelle, mais il la prend en l’état où le péché la réduite, exposée de toutes parts aux douleurs, à la corruption, à la mort.
Mais cela n’est pas suffisant. Il veut épouser une condition misérable…de vie et de naissance.

Voilà, MBCF, quels sont les degrés par lesquels le Dieu incarné descend de son trône de gloire.
Il vient en notre nature. Par la nature, à l’infirmité. De l’infirmité aux injures de la fortune.

Et si nous avons médité, dimanche dernier, les traits du Messei que nous donne l’Ancien Testament, ce n’était pas fortuit. Nous avions quelques chances de mieux entendre la parole de l’Ange si étonnante – « Vous trouverez un enfant, enveloppé de langes couché dans une crèche » – et ainsi admirer plus facilement les signes que l’ange nous donne de cet abaissement et reconnaître en lui le Messie, le Sauveur du monde.

Mais est-ce possible ? Est-ce vrai ? Est-ce seulement croyable ? Les bassesses de Notre Dieu incarné peuvent-elles être les marques certaines qu’il est notre Sauveur ?

L’Ancien Testament nous y conduit. Le Nouveau Testament l’affirme. La théologie nous l’explique.

Notre nature était tombée par notre péché. Notre Dieu l’a prise pour la relever. Comment ? Nous languissions au milieu des infirmités. Il s’y est assujetti pour les guérir. Les misères du monde nous effraient. Il s’y est soumis pour nous arracher de cet effroi.

En prenant notre nature humaine, en se faisant « enfant », il nous rend la liberté d’approcher de Dieu, liberté que le péché nous avait ôtée. Or c’est là le fondement du christianisme. En effet le péché contre Dieu a fait naître dans le cœur humain la frayeur de Dieu et des choses divines. Il faut avoir perdu le sens du péché pour ne pas le comprendre. Ainsi Adam et Eve fuyaient Dieu après leur péché…Et cette frayeur de Dieu naissait dans le cœur humain en raison de la colère de Dieu, mais aussi de sa majesté.

Dieu est infiniment éloigné de nous en raison de sa Majesté. Dieu est irrité contre nous.

Il est infiniment éloigné de nous par la grandeur de sa nature. Il est irrité contre nous par la rigueur de sa justice parce que nous sommes pécheurs.
Cela produit deux sortes de crainte : la première vient de l’étonnement : une telle majesté ! L’autre, des menaces de sa justice. Une telle majesté ! Il est impossible que je m’en approche…Nous pourrions ici multiplier les scènes de l’Ancien Testament. Souvenez-vous de Moïse et du buisson ardent. Souvenez-vous du peuple hébreux effrayé de voir Moïse descendant la montagne avec les tables de la Loi….
La colère de Dieu ! Elle me poursuit. Elle me fait trembler.

C’est pourquoi le Fils de Dieu fait deux choses. Voilà le mystère ! En se revêtant de notre nature, il couvre la majesté et il a ôté la crainte d’étonnement. En second lieu, il nous fait voir l’immensité de son amour : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique ». Il fait ainsi cesser la menace. C’est tout le mystère de cette nuit de Noël. La joie retrouvé dans la liberté d’aller aisément vers Celui qui est la raison de mon être. Joie et liberté vont de pair : la liberté d’aller à Dieu de nouveau engendre la joie dans mon cœur. Jésus nous rend l’accès près de son Père duquel dépend, dit Bossuet, tout notre bonheur ». Dieu n’est plus éloigné de nous puisqu’il se fait homme. Dieu n’est plus irrité contre nous puisqu’il s’unit à notre nature par une étroite alliance. La bonté que nos crimes avaient éloignée revient à nous. Ecoutez l’Apôtre nous dire : « Apparuit gratia et benignitas Salvatoris nostri Dei ». « La grâce et la bénignité de Dieu notre Seigneur nous est apparue ». O Paroles de consolation. « Si sa grandeur l’éloigne de nous, si sa justice l’irrite contre nous, seule sa bonté l’approche et nous le rend accessible. En ce mystère de l’incarnation, il nous cache ce qui l’éloigne de nous. Il ne nous montre que ce qui l’approche. En effet que voyons en ce Dieu-Enfant ? « Sa gloire se tempère. Sa majesté se couvre. Sa grandeur s’abaisse, sa justice ne se montre pas » (Bossuet). Il n’y a que la bonté qui parait afin de nous inviter avec plus d’amour à l’adorer avec plus de confiance.

Peut-on relever davantage la nature humaine ? En effet je m’attache à Jésus « en ce qu’il a de semblable à moi c’est-à-dire la nature humaine et par là je me mets en possession de ce qu’il a d’égal à son Père, c’est-à-dire la divinité même ».
Tertullien nous dit : « Dieu veut agir en homme afin que l’homme apprenne à agir en Dieu. C’est dire la noblesse à laquelle nous sommes appelés en NSJC. Si Dieu ne se diminue pas dans son Incarnation – Il reste toujours ce qu’il est – tout en devant homme, il nous enrichit grandement et de la liberté d’accéder à Lui, et de la joie d’avoir le ciel pour partage et de la noblesse d’agir en Dieu. Il nous enrichit de ces biens. Rien n’est plus digne de Dieu. Amen.

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