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« Nul ne peut servir deux maîtres ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » ou la laïcité républicaine

publié dans paroisse saint michel le 17 septembre 2011


14ème dimanche après la Pentecôte.

« Nul ne peut servir deux maîtres ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » ou la laïcité républicaine

Cette parole de NSJC me parait terriblement réaliste. Le chrétien en est convaincu. A la suite de son Maître, il dit ou Dieu ou Mamon.
Et il choisit Dieu parce que
-d’abord il a goûté, comme le dit l’introït de ce dimanche « la suavité » du Seigneur : « Videte quoniam suavis est Dominus »
- ensuite parce qu’il sait qu’Il est son protecteur. C’est toujours l’Introït qui nous l’enseigne : Dieu prend soin de nous. C’est l’enseignement de l’Epître de saint Paul,
-parce que Dieu est la joie du chrétien, le principe de sa joie, de sa paix et de sa patience,
-parce qu’il est la mansuétude même, la bonté, la longanimité, la douceur,
-parce qu’il engendre, dans l’âme qui le choisit, la modestie.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, le chrétien choisit résolument Dieu pour l’aimer et s’efforce de fuir le monde et ses principes.

Mais je connais un courant de pensée, très actuel, très influent, sur beaucoup, courant de pensée qui a pris résolument le parti de mépriser Dieu et qui le haït très franchement. Je veux parler, MBCF, du « laïcisme », ou si vous préférez de la « laïcité républicaine ». Elle a choisi. Elle le dit. Elle l’affirme. Elle a choisi la haine de Dieu. « Nul ne peut choisir deux maîtres, ou il haïra l’un et aimera l’autre ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ».

La laïcité républicaine, durant tout le cours du XXème siècle et encore au 21ème siècle, s’est dressée, s’est attaquée, avec tout son cortège de lois contre les Congrégations, et les écoles catholiques, s’est attaquée à la religion de NSJC parce qu’elle aspirait à en être une autre, « supérieur », « meilleur ». Ce fut l’enjeu des grandes batailles, de 1880 à 1905-1906 qui ont tellement secoué le pays. Fort de ces victoires, la Laïcité républicaine s’établissait en notre pays comme une sorte de religion d’Etat, excluant le christianisme de tout l’espace public et réduisant le culte catholique à une affaire privée, à « une croyance subjective et muette », comme le dit très justement Jean Madiran dans son livre « La laïcité dans l’Eglise », page 3.
C’est bien cela. La laïcité républicaine c’est bien le dogme d’une religion d’Etat qui non seulement s’oppose à l’Eglise, par haine de Dieu, mais a même réussi à intégrer l’Eglise pour essayer de la corrompre. Sa haine de Dieu est si grande… Jean Madiran parlera alors d’ « un entrisme de la laïcité républicaine dans l’Eglise ». J’en donnerai la preuve dans un instant.

Mais au préalable, permettez-moi de rappeler ce qu’est le laïcisme ou la laïcité républicaine.
Littré et Renan nous en donneront les principes.
Littré, d’abord.
Il nous dit : « c’est la conception politique et sociale impliquant la séparation de la religion et de la société civile ».
« ..impliquant la séparation de la religion et de la société civile ». Pour l’Eglise ces deux pouvoirs, le spirituel et le temporel, sont distincts, l’un n’est pas l’autre, ce qui ressort clairement de l’enseignement de NSJC : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais s’ils sont « distincts », ils ne sont pas « séparés » Ils sont « distincts » mais non « séparés », non « opposés ». Ils doivent être invités, au contraire, à « coopérer ».
Mais Littre, lui, lorsqu’il parle de la laïcité, de la laïcité républicaine parle d’une conception politique et sociale qui implique « la séparation de la religion et de la société civile ».
Vous remarquerez que Littré parle non pas du « pouvoir temporel ». Mais il utilise l’expression « société civile ». Ce terme est très large. Il ne se limite pas au seul pouvoir politique. Il s’étend à tout ce qui n’est pas la société ecclésiastique. Et donc pour Littré, « séparer la religion de la société civile », c’est séparer l’Etat de l’Eglise, mais plus encore, c’est séparer la religion de toute l’étendue de la vie publique, la réduire à rester enfermée dans la vie privée. Dieu ne peut plus posséder la moindre parcelle de son propre domaine. Rien ne relève plus de Lui. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir administratif, le pouvoir éducatif, ne relève plus de Dieu. Ils ne relèvent que de l’Etat qui ne relève que de sa propre raison, raison qui, par principe, refuse Dieu et sa lumière. Ils ne relèvent que de l’idéologie rationaliste, que « du libre débat » et du « consensus social ». Le seul dogme que reconnait la laïcité républicaine, c’est qu’il n’y a rien d’antérieur et de supérieur à l’humain et à sa propre pensée. Dieu n’a pas son mot à dire. Tout relève de l’homme. « Il n’y a pas de loi morale antérieur à la loi civile » disait Jacques Chirac, alors président de la République. La vie publique, les mœurs publics ou privés ne relèvent plus en rien du domaine divin. Ils sont autonomes et propres. C’est donc l’affirmation du « refus de quoi que soit qui soit supérieur à l’arbitraire humain ». Le laïcisme ne vous demande pas d’abjurer publiquement la foi en Dieu, comme au temps du pouvoir romain impérial. Il vous demande et vous impose de la garder en silence. « Dieu est interdit en public, il est interdit en politique. Il est interdit dans les problèmes de société. Il est interdit dans « la démocratie des mœurs »
Démocratie des mœurs » qu’est-ce à dire ? Autrefois, la démocratie, c’était le régime politique où le suffrage universel permettait la nomination du personnel politique. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement cela. La « démocratie des mœurs », c’est la démocratie dans laquelle la « règle ne peut naître que du libre débat » et qui veut que « toute référence à un principe soit elle-même soumise à la discussion », au seul consensus populaire. C’est donc par principe l’exclusion de toute référence aux lois éternelles du Décalogue divin. Ce n’est pas nécessairement son exclusion, mais c’est la libre discussion des principes divins. Aucune autorité supérieure à l’humain n’est admissible, Dieu compris. La laïcité républicaine, c’est le refus laïc ou la libre discussion jusqu’à l’exclusion de toute loi religieuse ou naturelle supérieur à l’homme. La haine de Dieu et de l’Eglise est totale. C’est un anthropocentrisme absolu qui refuse toute lumière divine. C’est pourquoi ce régime ne peut qu’engendrer, in fine, l’anarchie mentale et sociale et le nihilisme intellectuel puisque sa philosophie, la seule qu’il admette, c’est de se libérer de tout dogme et du Décalogue. Et c’est pourquoi elle est capable de faire la promotion, par exemple, de choses tellement contre nature, ce qui est le signe d’une rupture totale avec le Dieu créateur et les lois de sa création.

Et Renan, dans son discours pour la réception de Pasteur à l’académie, le 27 avril 1882, parlait bien lui aussi au sujet de la laïcité républicain e de « neutralité » et de « tolérance » envers les religions mais il ajoutait un point fondamentale. C’est le régime qui force l’Eglise à lui obéir sur ce point capital.
Ce point est en effet capital. Avec la laïcité, il ne peut y avoir un pouvoir « confessionnel ». Mais la laïcité veut plus. Elle ne se contente pas d’avoir un Etat séparé de l’Eglise, neutre et tolérant. Elle veut que cet Etat, au nom de la tolérance et de la neutralité « force l’Eglise à lui obéir » et donc l’oblige à reconnaître cette séparation du temporel d’avec Dieu, qu’elle le confesse même en doctrine, qu’elle reconnaisse que le pouvoir temporel est autonome, qu’il n’a pas à être soumis à une loi morale qui lui soit supérieur. Et parce que la laïcité républicaine veut que l’Eglise se taise et lui obéisse sur ce point, elle exige de l’Eglise qu’elle accepte et reconnaisse la supériorité de la loi civile sur l’ordre moral chrétien.

Le temps passa…Et le Président de l’épiscopat, le 30 janvier 2004, donna une grande interview au Figaro et dans cette interview, nous lisons : « Toutes les composantes religieuses doivent avoir droit de cité, publiquement, à condition de savoir aussi donner leur place aux autres et de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République ».
On croit rêver ! Et voilà que Mgr Ricard se met à reconnaître la légitimité « des composantes religieuses », y compris l’Eglise catholique, dans la fidèle docilité « aux grands principes de la République ». Relisons. Conditions pour qu’une religion ait droit à l’existence dans la République française : ne pas se mettre en contradiction avec « les grands principes de la République ». Mais ces grands principes…ce sont les droits de l’homme sans Dieu et parmi eux, c’est le droit à l’avortement, c’est l’éducation morale des enfants arrachée aux familles. Demain, peut-être parmi ces grands principes, on verra figurer le droit de l’euthanasie, le mariage homosexuel et Dieu sait quoi encore ! Plus fondamentalement encore, quelles que soient les suites de l’évolution fantaisistes des « grands principes de la République », le droit de cité de l’Eglise catholique ne peut dépendre de la conformité à une loi politique, fut-ce constitutionnelle. La seule légitimité de l’Eglise, c’est la mission qu’elle reçut de son Maître Jésus : « allez enseigner toutes les nations »
Et Jean Madiran de conclure dans son livre « La laïcité dans l’Eglise : « Et ce fut un jour sombre, annonciateur de grands malheurs, ce jour du 30 janvier 2004 où le Président de l’Episcopat français situa la légitimité de l’Eglise ailleurs que dans sa mission divine » ( p. 80)

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