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Communiqué de Me. François Souchon, avocat des jeunes manifestants interpellés

publié dans flash infos le 10 novembre 2011


Communiqué de Me. François Souchon, avocat des jeunes manifestants interpellés

Le 30 octobre 2011
Après l’Affaire d’OUTREAU, l’affaire d’outrés ?

En ma qualité d’avocat, j’ai été appelé à assumer la défense de ces
catholiques de toutes générations et de tous milieux, qui depuis quelques
jours ont manifesté par un courage sans précédent leur indignation face à
une des injures publiques la plus grave faite à l’image au combien sacrée et
chère au cœur de tout chrétien.

En effet, depuis quelques jours, se joue au théâtre de la ville à Paris une
pièce dont le thème est un vieillard déféquant sur scène pendant plus d’une
heure, un second acteur jouant son fils venant lui essuyer les fesses à
intervalles réguliers. Les excréments sont ensuite utilisés pour recouvrir
et badigeonner un portrait géant du Christ.

Cette « œuvre » destinée à une caste bourgeoise d’initiés privilégiés est
subventionnée par les fonds publics, en pleine période de crise, lorsque
tant de gens, auxquels nos hommes politiques ventripotents imposent une
politique d’austérité, peinent à joindre les deux bouts, y compris ces
catholiques dont les impôts sont utilisés pour les injurier gravement dans
ce qu’ils ont de plus cher, pour la seule et unique satisfaction des
quelques amis du multimilliardaire Pierre BERGE, mécène du « festival d’automne
» organisé conjointement par la mairie de Paris et le Ministère de l’inculture.

Pour avoir simplement et sans violence osé s’en indigner, ces catholiques
ont fait l’objet d’une véritable rafle généralisée , par cars entiers de
police, avant de subir un acharnement judiciaire particulièrement aberrant.

Dans les faits, si quelques jets d’œufs ou d’huile ont agrémenté les
premières représentations, la très large majorité de mes clients n’a en
réalité strictement rien fait d’autre que de se lever de leur siège dans le
théâtre pour siffler ou manifester leur désapprobation par des mots simples,
sans injures ni grossièretés. Certains autres se sont contentés d’une
prière.

Un tarif de groupe leur a été appliqué à tous, sans distinguer les simples
« siffleurs » des lanceurs d’oeufs : atteinte à la liberté d’expression,
violence avec arme et dégradation de biens… !

Pire encore, de simples spectateurs non catholiques et sans aucun rapport
avec cette action contestataire, des personnes qui venaient au théâtre pour
se détendre ont été arrêtés pour avoir quitté leur fauteuil, souhaitant
rentrer chez eux parce que la pièce les ennuyait.

Ainsi tous ceux qui ne partagent pas le goût de Monsieur le Maire de Paris
et de Monsieur le Ministre pour les matières fécales sont passibles de
poursuites pénales et de détention !!!

Mais surtout, j’ai pu constater que tout était mis en œuvre pour priver
intégralement mes clients des droits de la défense les plus essentiels et
les plus fondamentaux.

Le Code pénal et le Code de Procédure Pénale ont tout simplement fait l’objet
d’une suppression spéciale pour ces catholiques.

Deux nuits de suite, je suis passé de commissariat en commissariat pour
assister mes clients placés en garde à vue. Alors que je me présentais au
poste du Vème arrondissement de Paris, muni de ma carte professionnelle, il
m’a tout simplement été interdit de voir mes clients et de leur parler après
que le policier de l’accueil ait passé un coup de téléphone… !

Il a été signifié à mes clients qu’ayant été arrêtés à Paris, ils n’avaient
pas le droit de désigner pour leur défense un avocat du barreau de Chartres
: premier mensonge.

Il leur a ensuite été signifié que le même avocat ne pouvait défendre à la
fois plusieurs des personnes impliquées dans l’affaire : second mensonge.

L’on a tenté de faire signer à mes clients un procès-verbal signifiant la
fin de leur garde à vue de 24 H, alors qu’ils en étaient déjà à leur 32ème
heure de garde à vue !

Et des telles manœuvres se sont répétées et multipliées durant toute la
procédure.

Si dans les autres commissariats les entretiens se sont mieux passées, les
officiers de police judiciaire, censés être maîtres de la décision de placer
ou non un citoyen en garde à vue, m’ont confié que c e pouvoir leur avait
été ôté dans cette affaire précise et qu’ils avaient subi eux-mêmes d’extraordinaires
pressions venant « de très haut » .

D’autres policiers se sont dits révoltés que les maigres moyens dont ils
disposent soient mobilisés dans une affaire aussi absurde et ont même
déclaré ouvertement aux personnes placées en garde à vue leur sympathie à l’égard
de leur cause.

Alors qu’on me laissait entendre que mes clients seraient libérés sous peu
après leur arrestation, les policiers me confiaient qu’ils avaient
finalement reçu de « nouvelles instructions » pour que la garde à vue soit
prolongée au maximum !

Il semble donc que la mairie de Paris et le Ministère de l’ inculture aient
donné leurs « instructions » et leurs ordres à tous les intervenants de la
chaîne judiciaire, interférant ainsi pour leur propre compte dans l’enquête,
ce qui est parfaitement illégal et constitue un remarquable abus de pouvoir.

Certains ont été placés en garde à vue au milieu d’individus retenus pour
une agression au couteau. Ces individus étaient libérés quelques heures
après leur arrestation, alors que l’on signifiait à mes clients une
prolongation de leur détention, soit de nouveau 24 heures en cellule, à
raison d’ « instructions spéciales »…

48 heures de garde à vue pour avoir sifflé dans un théâtre !!!

J’ai vu de jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, menottées et le
regard brisé…pour avoir dit une prière.

Ces catholiques ont ensuite été déférés devant « le Juge des Libertés et de
la Détention ».

Je me suis présenté à l’audience pour 19 d’entre eux avec l’intention de
plaider l’absence de mesures contraignantes.

Le juge a commencé l’audience en énonçant la décision… qu’il avait déjà
prise sans même avoir jugé. Il m’a été purement et simplement interdit de
plaider ! Le juge me signifiant que sa décision – déjà prise avant l’audience
- ne saurait être contestée tant sur le principe que sur le fondement.

Avec le plus grand sérieux, ce magistrat invoquait « une conspiration
contre la liberté d’expression », seul instant de cette tragique histoire
où il m’a fallu retenir un fou rire.

Accusant mes clients d’entrée en force dans le théâtre (alors qu’ils avaient
acheté leur place), ce juge les accusait d’atteinte à la liberté d’expression
avant de leur expliquer, toujours avec le plus grand sérieux, que « la
liberté ne doit pas nuire à autrui »… !

Sauf aux catholiques apparemment.

En une seule et même audience, ce juge a rendu une sentence générale
applicable à toutes ces fournées de malheureux, sans se pencher à aucun
moment sur les faits ni les actes, exerçant sa fonction de la manière des
plus industrielles, visiblement très empressé de satisfaire un ministre ou
un maire pour le bon avancement de sa carrière.

Mes clients ont donc tous été placés sous contrôle judiciaire, le magistrat
leur expliquant que s’ils s’avisaient de rencontrer de nouveau leurs
compagnons d’infortune ou de s’approcher du théâtre, ils seraient placés en
détention jusqu’au procès… !

Enfin il leur rappelait que leur comportement – dont il ignorait tout –
pouvait être sanctionné par trois ans de prison. Rien que ça. Heureusement
le ridicule ne tue pas, sans quoi un magistrat nous aurait déjà quitté.

Après l’Affaire d’OUTREAU, l’affaire d’outrés ?

En résumé, pour avoir simplement sifflé ou prié dans un théâtre exposant des
excréments sur le visage de leur Père, dans une mise en scène payée avec
leurs impôts en période de crise, ces catholiques ont été arrêtés, maintenus
en garde à vue durant 48 h, menottés, condamnés sans jugement, traités comme
des chiens, des trafiquants de drogue ou des terroristes, privés de leur
droit à une défense, isolés de leur avocat et placés sous contrôle
judiciaire.

En toute humilité je dois avouer que je ne m’attendais pas à une telle
ampleur dans la violation des droits de la défense les plus élémentaires,
sans parler de la justice sur le fond.

La nausée m’est montée.

Malgré tout je garde l’espoir que devant le Tribunal Correctionnel devant
lequel ces malheureux sont convoqués, la justice sera rendue par de
véritables magistrats, droits, intègres, impartiaux et indépendants.

François SOUCHON
Avocat au barreau de CHARTRES

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