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Au sujet de la pièce de Castellucci

publié dans nouvelles de chrétienté le 14 novembre 2011


LA CRISE DE L’ÉGLISE OU ‘LE POISSON POURRIT

PAR LA TÊTE’

Par Heli Trottincas

Le Code pénal et le Code de Procédure Pénale ont tout simplement fait l’objet d’une suppression spéciale pour ces catholiques. Mais les ordres, comme l’ont avoué les agents de la Loi, venaient de très „très haut.

Dans le même temps, l’évêque de Paris, avouant tout d’un coup tout ignorer de la pièce, s’est quand même mis à condamner la foule comme fondamentalistes manipulés par l’extrême-droite et celui de Rennes, 6 jours plus tard au milieu de la réunion bisannuelle des évêques à Lourdes, a déclaré voir dans cette pièce scatologique une parabole chrétienne illustrant la kénose paulinienne3. Pendant ladite conférence de Lourdes, en revanche, Mgr de Moulins-Beaufort (Paris), homme de terrain informé et non de bureau, a rappelé que les manifestants étaient quasiment tous de simples chrétiens de base et pas du tout des groupes manipulés politiquement, marginaux ou intégristes – comme feint de le croire Mgr Vingt-Trois, ni violents (il n’y a eu qu’un ou deux jets d’œufs un soir) comme feint de le croire Mgr Barbarin et Ulrich, lesquels, ignorant la différence entre un chapelet et une épée, osent citer qui prend l’épée périra par l’épée, en oubliant qu’une autre fois Jésus au temple a sorti⁄ le fouet ! Voici quelques questions et réflexions de bases pour aider à y voir plus clair. les évêques français, selon ce que rapporte le journal, « se démarquent » de la manifestation. Et aussi, il me semble que cette position est faible, et révélatrice d’on ne sait quel complexe d’infériorité . Et je ne dis pas cela pour une défense a priori du sacré, de l’image sacrée. Je crois que dès lors que je couvre avec des excréments le visage de quelqu’un qui est important pour beaucoup de gens, je réalise un acte violent. Non seulement envers l’image, mais envers les gens eux mêmes.

J’accomplis là un acte qui infère : ‘vous l’aimez, vous le vénérez et vous le considérez comme fondamental. Voilà ce que j’en fais de votre visage, je le couvre de merde (sic)’. La philosophie de la tolérance, de la compréhension des autres, du politiquement correct empêcherait que dans un spectacle théâtral, on verse des excréments sur une menorah, sur un Coran, et encore moins sur le visage d’un grand rabbin ou de Mahomet. Parce que, à juste titre, un tel comportement serait considéré comme « hate speech », un discours de haine, non pas tant envers la foi abstraite, mais envers ceux qui la pratiquent. Pourquoi, dans la France si laïque, soi-disant (en français dans le texte) tolérante et progressiste autorise-t-on un ‘hate speech’ [discours de haine] si violent contre les chrétiens ? Pourquoi permet-on que des citoyens comme les autres soient offensés en toute impunité ? La réponse, malheureusement, est simple et claire, et elle a été donnée par l’archevêque de New York Dolan à l’école duquel les évêques transalpins [= français] pourraient utilement se mettre : les chrétiens, et en particulier les catholiques, dans le monde occidental sont désormais ‘Fair Game’, un terrain de chasse libre. Et dans la France laïque, la liberté est une chose sacrée, pour presque tout le monde ; mais pour les chrétiens, évidemment, l’Égalité et la Fraternité, pour eux seulement, ont un peu moins de valeur. »

 POUR CONCLURE.

On ne peut que ressentir une grande pitié pour la misérable corruption de l’esprit où gît une certaine classe épiscopale dont Mgr D’Ornellas est un des archétypes, qui conclut ainsi son communiqué : « Ne nous trompons donc pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. Manifester contre Castelluci est une erreur de perspective. Nous, chrétiens, nous croyons au Christ, Fils de Dieu. Vivre selon notre foi est notre vrai combat quotidien, dans l’amour qui écoute vraiment

Une erreur de perspective ! Saluer le caca d’un artiste pendant 55mn, c’est sans doute être dans la bonne perspective !? Car il y a dans cette pièce bien plus qu’un blasphème : il y a le refus méthodique de toute forme de sacré. C’est le nihilisme à l’état pur. Cette pièce, dans son néant psychologique, est l’apologie du sacrilège. Son message : rien n’est sacré, ni le Christ, ni la paternité du père, ni la filiation du fils. La paternité du père n’est pas sacrée parce qu’elle est dégueulasse ; la filiation du fils n’est pas sacrée parce qu’elle est impuissante. Remettons donc les choses en perspective : Roméo Castellucci n’est pas un enfant de choeur. Il suffit de lire sa propre prose citée au début de cet article.

Il est ahurissant de voir combien des évêques ont perdu le minimum de jugement, contrairement à de simples étudiants comme ce spectateur qui remarque : « Cette pièce est une négation du véritable humanisme, qui est la lutte contre tout ce qui rend bestial l’être humain à l’intérieur comme à l’extérieur de lui. C’est d’ailleurs en tant que négation de l’homme que cette pièce devient une négation de Dieu. A s’attaquer à l’homme, on finit par se retourner contre le Créateur de l’homme : on offense un peintre en lacérant son chef d’oeuvre (c’est d’ailleurs réversible : à s’attaquer à Dieu lui-même, on s’attaque presque nécessairement à ses créatures). »

Il est ahurissant de voir que des évêques n’aient pas été capables de faire une analyse aussi élémentaire et évidente que celle de laïques comme Mme Smits dans ‘Présent’ : « Le blasphème qui, en creux, rend hommage à l’existence de Dieu, nous en connaissons le concept. Il s’installe d’ailleurs de plus en plus dans les théâtres, les salles d’exposition, les installations d’art contemporain accueillies jusque dans les églises et dans les loisirs des jeunes – voyez le « gothique » et le Hellfest, qui peuvent être signe de désespérance autant que de volonté d’exprimer la haine du Christ, cela est entendu. Il va de soi que la souffrance, la vieillesse, la maladie, l’apparente indignité du corps humain n’excluent pas Dieu. Cela fait des siècles que dans les Hôtels-Dieu – précisément – des âmes charitables accueillent les plus sales, les plus démunis, les plus répugnants sous le regard du Christ. Le Christ lui-même a assumé le visage de l’abjection en prenant sur Lui toute la misère des hommes. Le problème n’est pas là. Il est, fondamentalement, dans l’hypocrisie d’un message « artistique » que chacun doit pouvoir revendiquer d’interpréter à sa guise, en passant concrètement objectivement, par une sorte de jouissive agression contre ce que notre foi a de plus sacré. La pièce de Castellucci dure 55 minutes, tout le monde en a vu de larges extraits mis en ligne sur internet. Il n’est pas neutre de faire bombarder le visage du Christ avec des grenades en plastique par des enfants – et il est significatif que cette scène ait été prudemment enlevée entre Avignon, où elle fut donnée au Festival, et Paris, où les catholiques avaient préalablement manifesté leur refus, que ce soit devant les tribunaux, par le biais de l’AGRIF, ou dans la rue. Il n’est pas neutre d’y faire déverser des excréments, quel que soit le but poursuivi. Il n’est pas neutre, je dirais qu’il n’est pas acceptable de faire évoluer un vieillard sur scène en vidant ses intestins. Il est des gestes, des attitudes, des actes qui relèvent de l’intimité. L’« art » contemporain (et le cinéma pornographique) n’accepte pas ces limites. Et son pari de désacralisation, de profanation, de refus de toute pudeur et de toute contrainte est gagné dès lors qu’on accepte de dépasser le fait, pour rechercher l’intention. »

Il est surtout ahurissant de voir combien certains évêques sont outre le déni de réalité, dans l’inconscience des enjeux. Voir de la culture dans l’expression anale de cerveaux malades ou pervers, c’est faire la preuve qu’on est en complet naufrage humain non seulement au sens le plus élémentaire du mot, intellectuel et moral, mais aussi spirituel et pastoral. Car, c’est, de fait, se faire les propagateurs de la scatologie puisque promue au rang d’interlocuteur avec l’Église. C’est, de fait, rentrer dans l’engrenage décrit par saint Augustin : « A force de tout voir l’on finit par tout supporter…A force de tout supporter l’on finit par tout tolérer… A force de tout tolérer l’on finit par tout accepter… A force de tout accepter l’on finit par tout approuver ! »

C’est, de fait, collaborer à faire passer, au nom du droit au blasphème considéré comme un acquis par les médias, l’intelligentsia et le pouvoir (de droite comme de gauche), un droit à l’insulte et à l’immondice envers certains citoyens et ce sans restriction. C’est préparer le retour de l’étoile jaune.

La bonne question que finit par se poser dans ‘liberté politique’ du 5 nov., l’ancien chroniqueur de Famille Chrétienne Thierry Boutet, n’est pas si anecdotique : « Faut-il pour autant laisser les symboles du Christ et son message ridiculisés sans réagir ? Évidement non. Car il y a violence et agression. Il n’est pas admissible que l’on puisse publiquement tourner en dérision ce que des croyants aiment et respectent comme ce qui est pour eux le plus sacré. Et un État ne peut être complice de cette intolérance. Il n’est pas non plus légitime que l’État finance des oeuvres qui agressent les symboles et les références religieuses d’une partie de la population. Il se fait complice, en fait, de l’intolérance, car jusqu’ici l’intolérance est rarement du côté de la victime et le plus souvent du côté de l’agresseur. La République ne condamne pas le blasphème, mais l’intolérance, la discrimination, oui. Or ce n’est pas le blasphème qui est le problème. Si des artistes bidons veulent s’en prendre à des symboles religieux, laissons-les faire. Il n’est pas besoin de les subventionner. Le citoyen chrétien n’a pas à financer les délires religieux de quelques théâtreux ou plasticiens en mal de publicité. Or la pièce de Castellucci comme Golgota picnic bénéficient de financements publics. C’est un encouragement au blasphème que pratique ainsi l’État ? La moindre des choses serait qu’il ne participe pas à la propagation d’oeuvres aux messages ambigus. »

Au lieu de foncer aveuglément dans la solution magique du “dialogue” à tout prix, Mgr D’Ornellas et ses séides auraient peut-être gagné à relire ce que disait le futur Benoît XVI interrogé par TSR en 1988 lors de la sortie du film de Scorsese : « Non, je ne l’ai pas vu, et je ne veux pas donner un jugement sur une chose que je ne connais pas, seulement peut-être des observations plus générales. La première, c’est de transmettre un roman dans un film. Kazantzaki était un grand chercheur de l’absolu avec un profond désir de Dieu, et dans un roman on peut profondément exprimer une réflexion avec toutes les nuances de l’âme. Dans le film, il y a une dominance de l’image qui peut détruire l’essentiel de cette chose. Deuxième point, il me semble que le respect de la conscience des hommes, des hommes religieux, et du sacré, est aussi une des conditions de la liberté. Je ne sais pas si on a violé cette liberté, mais il me semble que ce n’est pas une atteinte contre la liberté de l’art de parler du respect nécessaire du sacré aussi dans l’art d’aujourd’hui. »

G. de Tanouarn tire les leçons de cette affaire : “La nouvelle christophobie n’est pas intellectuelle (voilà pourquoi un athée qui a une réputation à tenir comme Onfray ne veut pas se solidariser avec Castellucci), elle relève du réflexe de Pavlov. Il faut créer l’association d’image et d’idée entre le Christ et la m***e. Si les nouveaux artistes subventionnés parviennent à leur fin, alors le mystère d’iniquité aura consacré son chemin dans notre monde. Alors les signes se trouveront définitivement inversés dans notre culture sans respect. Mais où sera la culture ? Dans la m***e justement ! L’enjeu est immense, les provocations vont se multiplier (bientôt Golgota Picnic), les chrétiens face à cette subversion culturelle stipendiée doivent montrer trois choses : une véritable unité ; un grand calme (quitte à mettre les [rarissimes] provocateurs hors du jeu) ; une opposition déterminée pour défendre, même de façon publique, un très minimaliste droit au respect, sans lequel il n’y a plus ni religion ni culture.”

Justement, dans ‘Porta Fidei’ que Benoît XVI vient d’écrire, on lit : « Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants … Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance …. la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. » •

Annexe 1. par Maximilien Bernard (“www.perepiscopus”)

Dans un article du 26 oct. 2011, la Croix, le quotidien qui se veut catholique écrit : “L’Église de France a pris ses distances avec les débordements orchestrés autour de la pièce « Sur le concept du visage du Fils de Dieu » donnée à Paris”

Je ne sais pas ce que signifie précisément l’expression « Église de France », mais cette assertion est dénuée de fondement. Je rappelle la petite dizaine de réactions épiscopales à cette pièce de théâtre. Mgr Aumônier, évêque de Versailles, a ainsi engagé les chrétiens à ne pas rester passifs : « Oui, je vous encourage et j’encourage les chrétiens à manifester leur réaction devant les spectacles provocants et insultants à l’égard de notre foi. » Cela a le mérite d’être clair, non ?

Et Mgr Aubertin, évêque de Tours : « Nous ne pouvons qu’encourager les chrétiens à faire part de leurs sentiments. »

Ou Mgr Aillet, évêque de Bayonne : « en tout cas, il est du devoir de chaque catholique de défendre le Christ et la sainte Église. »

Mgr Podvin, porte-parole des évêques de France, a apporté les précisions suivantes : « L’Église catholique en France condamne les violences perpétrées lors de récents spectacles. » Mgr Podvin a l’intelligence de ne pas désigner les auteurs des violences. De toute évidence, il s’agit de la police, qui a écrasé le pied d’un manifestant, et qui a raflé tous les manifestants dans des bus pour les emmener au poste. Quelle autre manifestation a fait l’objet d’autant d’interpellations ? Même pas ceux qui prient illégalement dans la rue Myrrha… A ceux qui pensent que l’interruption d’une pièce de théâtre est une violence, il faut rappeler que le théâtre, ce n’est pas du cinéma : dans la tradition théâtrale, les spectateurs peuvent intervenir à tout moment12. Charge ensuite aux acteurs de saisir la réplique au bond et de montrer leur talent. Mais quand le talent se résume à faire pipi et caca sur scène… Mgr Podvin ajoute : « [La CEF] appelle à une liberté d’expression respectueuse du sacré. Elle appelle à un échange avec les élus, concernant cet enjeu. L’Église catholique en France n’est, ni intégriste, ni obscurantiste. Les catholiques aspirent, comme citoyens, à être respectés dans ce qui est le coeur de leur foi. »

Il est vrai que La Croix a tendance à substituer l’Église de France à l’Église (qui est) en France, façon de dire que l’Église (qui est) en France est à distinguer de l’Église (qui est) à Rome. Mais de là à considérer que la position de La Croix est la même que la position de l’Église (qui est) en France, il y a un pas que La Croix franchit un peu vite. Si La Croix ne veut pas prendre ses distances avec les débordements de la fosse sceptique de Castellucci, c’est son problème, pas celui de l’Église (qui est) en France

Annexe 2. Lettre de Mgr Centène, évêque de Vannes, au président de Civitas.

Vannes, le 27 octobre 2011

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier daté du 30 septembre courant concernant les spectacles blasphématoires « Golgota picnic » et « Sur le concept du visage du Fils de Dieu ». Comme vous le faites justement remarquer, les manifestations soidisant culturelles et artistiques attaquant le Christ et son Église sont en hausse constante. A l’heure où, en de nombreux pays, les chrétiens subissent, au seul motif de leur foi, de multiples vexations quand leur vie n’est pas tout simplement mise en péril, il me semble effectivement nécessaire de réagir avec fermeté. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé, le 19 février dernier, une marche silencieuse en hommage et soutien aux chrétiens du Proche et Moyen-Orient qui subissent, dans l’indifférence quasigénérale, la haine contre Notre Seigneur Jésus Christ et ceux qui cherchent, jour après jour, à mettre leurs pas dans les Siens. C’est aussi pour cela que s’est tenu, le 15 octobre dernier, un colloque mis en place avec l’aide de plusieurs associations présentes sur le diocèse, sur la persécution des chrétiens et le sens du martyre. Alors que nos frères, en de nombreux endroits, font face avec courage et détermination pour maintenir le trésor de la foi malgré le danger, je ne peux que soutenir toute action visant à défendre, avec charité et fermeté, l’honneur du Christ et de l’Église. Je félicite et j’encourage tous ceux qui, en cohérence avec leur foi, n’hésitent pas à agir publiquement, et qui, bien que n’usant pas de violence, aussi bien verbale que physique, sont emmenés par les forces de police et placés en garde à vue, alors qu’ils manifestent, en toute justice, leur désapprobation face à des spectacles dont l’ignominie dépasse l’entendement même. Je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de ma prière et de mon dévouement en Notre Seigneur Jésus-Christ.

+ Raymond CENTENE, Évêque de VANNES

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