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Présentation de l’Enfant Jésus au Temple

publié dans paroisse saint michel le 3 février 2013


Purification de Notre Dame
Présentation de l’Enfant Jésus au Temple
Le 2 février 2013

Avec l’enfant Jésus présenté au Temple de Jérusalem et reçu dans les mains du prophète Siméon, c’est le « Royaume des Cieux » qui est parmi nous. « Il est tout proche dira » saint Jean Baptiste. C’est Jésus qui en est « l’initiateur ». Je veux dire qu’Il en est le « principe » et la « fin ». Il en est la raison et le terme. Il en est la forme même, la cause formelle, la cause exemplaire. « Il est la Lumière pour éclairer les Nations » Il en est la Cause matérielle, la Cause finale, la Cause efficiente…Voici les quatre causes ! Nous sommes en pleine possession d’une définition. En bonne philosophie, en effet, on définit une chose pas ses causes.

Quelle est donc la définition de ce Royaume reçu dans les mains de Siméon ? Quelles en sont donc les causes ?

La cause matérielle de ce Royaume, initié par la Nativité et la présentation de l’Enfant Jésus au Temple…c’est donc NSJC. Ce sont les baptisés, les disciples du Christ, régénérés par la grâce baptismale, par la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ, l’œuvre du Saint Esprit, dont, ici, le prophète Siméon est le plus parfait modèle. Il confesse en effet : « mes yeux ont vu le salut qui vient de vous »

La cause efficiente…mais c’est la charité de Dieu, sa miséricorde : « Et Dieu a tellement aimé le monde qu’il donna son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3 16). Oui ! La cause efficiente, ce qui crée la chose, c’est bien la charité de Dieu.

La cause formelle, c’est encore le Christ. Il en est la forme….Il en est l’idéal. Il en est la « pensée », la doctrine. Il en est la sagesse. Il l’a transmise aux Apôtres – l’Eglise nous la garde jalousement. Sa doctrine est le formel de ce Royaume, sa Loi, sa discipline.

La cause finale sera encore le Christ possédé dans sa totalité dans l’éternelle gloire, le royaume achevé dans toute sa perfection…Ici bas, initié dans la foi, gage et principe de vie éternelle. C’est ce qu’affirme merveilleusement Siméon.

La cause matérielle, ce sont les sujets baptisés, régénérés dans l’eau baptismale et dans l’Esprit Saint…qui vivent dans l’esprit du Christ Rédempteur, la forme de ce Royaume.

Ce Christ Rédempteur, – la forme de ce Royaume -, fut mû « de pitié »…comme le dit Saint Paul dans son épître aux Colossiens. Il avait des « entrailles de miséricorde », « viscera misericordiae ». Il était mû de miséricorde. Ainsi en sera-t-il, dans son Royaume, de ses sujets. Ils doivent être tels.
« Viscera misericordiae », « les entrailles de miséricorde » : l’expression est originale. Elle n’est pas peu banale.
« Viscera » ou « viscus- visceris » veut dire : « chair, entrailles, viscères ». Au figuré, ce mot veut dire : « le cœur, le fond même d’une chose »…ou même « ses ressources ».
Cette expression est très riche.

Cette expression peut connoter une plénitude. La miséricorde est sa « chair », i.e. c’est son être même. C’est ce qui le constitue ; c’est ce qu’il est : miséricordieux.
Tel fut le Christ, il est vrai.

« Viscera » veut dire aussi « cœur ». « Viscera misericordiae » pourrait alors être traduit par « son fond », sa qualité essentielle. On dira alors sa qualité essentielle fut la miséricorde. Il avait un cœur de miséricorde, de tendresse.

Et je vois dans ma mémoire toutes les scènes de l’Evangile où NSJC manifeste son cœur, sa miséricorde…Avec la pécheresse, Marie Madeleine, avec Zachée, le richissime, avec la femme prise en flagrant délie d’adultère : « Va en paix ! Ne pêche plus ». …Avec le bon larron… « Tu seras, ce soir, avec moi dans mon Royaume ». Là, dans tous ses exemples, on voit un cœur mû de miséricorde.

« Viscera misericordiae » peut être traduit aussi par « ressources ». Là, dans l’affaire du Christ, nul doute que la miséricorde fut sa « ressource ». Il était plein de miséricorde, d’une richesse sans fin, une source débordante et sans cesse alimentée de miséricorde.

Voilà, l’archétype du Royaume des cieux. Voilà le « formel » de ce Royaume…
Etonnez-vous alors d’entendre Saint Paul vous dire, dans ce Royaume des Cieux dont vous êtes membres, « revêtez-vous des viscères de miséricorde », « Induite vos viscera misericordiae ».
Oui cette expression est à retenir.

——————

On la retrouve souvent, du reste, sous la plume de saint Paul.

Par exemple, lorsqu’il parle de l’affection que Tite a pour les Corinthiens, il écrit : « Viscera eius(Titi) abundantius in vobis sunt ». Et c’est bien traduit par Crampon : « son coeur « viscera » ressent pour vous un redoublement d’affection ». « Viscera » est ici traduit par le « cœur » qui connote l’affection et qui exprime aussi une plénitude, une abondance d’affection, de bonté.

Un autre exemple : l’exhortation de saint Paul aux Philippiens : il les exhorte de vivre en bonne intelligence…il leur écrit : « Si qua societas…si qua viscera miserationis.. », « Si donc il y a (entre vous) quelque union (societas), s’il y a quelque consolation de charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque tendresse et quelque compassion, vous rendez ma joie parfaite ».
« Viscera miserationis » que Crampon traduit par « consolation de charité » c’est pas mal vu, c’est pas mal traduit…

On retrouve cette expression, « viscera », trois fois dans l’Epître à Philémon. Là, saint Paul, après avoir baptisé, à Rome, dans sa prison, Onéxien, l’esclave en fuite de Philémon, le lui renvoie et lui demande de le recevoir en esprit surnaturel, non plus comme esclave mais comme « frère dans le Christ »
Au verset 7, « viscera » est traduit par le « cœur » : « En effet nous avons ressenti beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité, lui dit saint Paul, car les cœurs de saints ont été ranimés par toi, frère ». « Viscera sanctorum requieverunt per te, frater ». « Les coeurs de saints ». Ici, l’on pourrait dire que « viscera », c’est l’être même, le constitutif formel du « saint », c’est-à-dire du baptisé. Tout cela me parait très intéressant à noter.

Un peu plus loin, dans la même épître, au verset 12, on peut lire : « Je te le renvoie, et toi accueille le, cet objet de ma tendresse… », « Tu, illum (Onesime) mea viscera, suscipe.. »

Et au verset 20, on a : « Oui frère, que j’obtienne de toi cette satisfaction, dans le Seigneur, tranquillise mon cœur dans le Seigneur ». En latin, on a : « Refice viscera mea in Domino ».

Saint Paul parle aussi « des entrailles de Jésus-Christ » : « Car Dieu m’est témoin que je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ », « Cupiam omnes vos in visceris Jesu-Christi ».

Ainsi, on est obligé de conclure que la miséricorde est le formel du Christ Jésus. Elle en est le cœur. Dès lors, la miséricorde est vraiment l’essentiel de son Royaume.

Mais la miséricorde n’est pas la seule « note » de ce Royaume.
Il y a aussi la bonté, la « bénignité ». Saint Paul vous le dit : « Revêtez-vous de bénignité » ;
La bénignité, en latin « benignitas » en grec, « chrestotes », c’est une forme de la charité de Dieu. Ce mot dit à la fois « la bienveillance pleine de délicatesse » et « la libéralité ». Ou si vous préférez, la bénignité, c’est la libéralité de l’être bon. La bénignité est surtout une manifestation de bienveillance désintéressée, faite de gentillesse ou de miséricorde et qui est l’apanage des cœurs magnanimes. C’est une vertu finalement de grand seigneur. C’est une bonté généreuse et spontanée faite de magnanimité.
La « chrestos », c’est donc la bienveillance, l’amabilité, la douceur, l’obligeance, la bienfaisance, le dévouement. C’est la « dulcis » ou le « suavis » latin. C’est ainsi, du reste, que traduit la Vulgate. La « chrestotes, c’est la « dulcedo », la « benignitas ». La bénignité, appliquée aux choses, dira leur douceur. Au sens figuré, appliquée aux hommes, la bénignité fera sur les esprits et les cœurs, une impression comparable. Elle connote, douceur, indulgence, condescendance.

Ainsi la bénignité est, de faite, attribuée, par Saint Paul, au Christ Seigneur.
C’est clair dans son épître à Tite au chapitre 3, verset 4 : « Mais lorsque la bénignité et la philanthropie de Dieu, notre Sauveur sont apparues… ». Saint Paul conçoit le Royaume de Dieu en fonction de la bénignité de Dieu. Dans le Christ, elle apparaît. Elle se manifeste. Le Christ est la bénignité du Père, sa révélation. Alors, la bénignité de Dieu n’est pas seulement bienveillante et miséricordieuse. Elle est bienfaisante et agissante. « Lorsque la bénignité de Dieu, Notre Sauveur, est apparue… ». Cette bénignité n’est pas seulement intérieure, du cœur, elle agit et décrète l’envoi du Sauveur. Ainsi le Christ est l’expression vivante, l’incarnation de la bénignité divine.

Et sa vie, de faite, pendant 30 ans, sera comme une manifestation de douce bonté, miséricordieuse, bienfaisante, notamment dans le tendre accueil qu’il réservait aux foules indiscrètes, aux pécheurs repentants. L’invitation qu’il adressait aux cœurs las et trop chargés, la prédilection qu’il montrait aux pauvres, les miracles qu’il opérait en faveur des malades, le prouve. O combien ! La bénignité est certainement le trait dominant de la physionomie du Christ, celui qui résume le mieux sa personne et son ministère.

La bénignité, parce qu’elle est la « note » du Christ, est aussi la « forme » du Royaume des cieux.

Dès lors, elle l’est du fidèle, du disciple du Christ, membre, cause matérielle, de ce Royaume. La caractéristique du fidèle…la caractéristique du prêtre, du messager du salut divin, ne peut être que la bénignité. « Induite vos benignitatem ». Autrement dit, ayez un cœur bon, miséricordieux…pardonnez volontiers, comme en souriant, les torts, les injures. Ignorez la vengeance. « De même que le Christ vous a pardonné, pardonnez vous aussi ». « Que la paix du Christ triomphe dans vos cœurs, cette paix à laquelle vous avez été appelés en formant un seul corps »…Ce sont là tout naturellement des manifestations de grande bonté.
Tout cela est beau, attirant…

Mais dans ce Royaume demeure la présence du mal. C’est ce que laisse entendre Siméon : « Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l’âme afin que se révèlent les pensées intimes d’un grand nombre » (Lc 3 32 36)

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