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La liturgie (I)

publié dans la doctrine catholique le 15 avril 2013


20. Année de la foi: 2e Dimanche après Pâques

La liturgie (I)

La liturgie de l’Eglise est intimement liée au mystère pascal : « Cette œuvre de la rédemption des hommes et de la parfaite glorification de Dieu, à quoi avaient préludé les grandes œuvres divines dans le peuple de l’Ancien Testament, le Christ Seigneur l’a accomplie principalement par le mystère pascal de sa bienheureuse passion, de sa résurrection du séjour des morts et de sa glorieuse ascension ; mystère pascal par lequel “ en mourant il a détruit notre mort, et en ressuscitant il a restauré la vie ”. Car c’est du côté du Christ endormi sur la croix qu’est né “ l’admirable sacrement de l’Église tout entière ” » (SC 5). C’est pourquoi, dans la Liturgie, l’Église célèbre principalement le Mystère pascal par lequel le Christ a accompli l’oeuvre de notre salut. (1067).

La liturgie

1068 C’est ce mystère du Christ que l’Église annonce et célèbre dans sa liturgie, afin que les fidèles en vivent et en témoignent dans le monde : « En effet, la liturgie, par laquelle, surtout dans le divin sacrifice de l’Eucharistie, “ s’exerce l’oeuvre de notre rédemption ”, contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Église. » (SC 2).

+ Qu’est-ce que la liturgie ?

1069 Le mot “ liturgie ” signifie originellement “ œuvre publique ”, “ service de la part / en faveur du peuple ”. Dans la tradition chrétienne il veut signifier que le Peuple de Dieu prend part à “ l’oeuvre de Dieu ” (cf. Jn 17, 4). Par la liturgie, le Christ, notre Rédempteur et Grand Prêtre, continue dans son Église, avec elle et par elle, l’oeuvre de notre rédemption.

1070 Le mot “ liturgie ” dans le Nouveau Testament est employé pour désigner non seulement la célébration du culte divin (cf. Ac 13, 2 ; Lc 1, 23), mais aussi l’annonce de l’Évangile (cf. Rm 15, 16 ; Ph 2, 14-17 et 2, 30) et la charité en acte (cf. Rm 15, 27 ; 2 Co 9, 12 ; Ph 2, 25). Dans toutes ces situations, il s’agit du service de Dieu et des hommes. Dans la célébration liturgique, l’Église est servante, à l’image de son Seigneur, l’unique “ Liturge ” (cf. He 8, 2 et 6), participant à son sacerdoce (culte), prophétique (annonce) et royale (service de charité) :
« C’est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, exercice dans lequel la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et est réalisée d’une manière propre à chacun d’eux, dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c’est-à-dire par le Chef et par ses membres. Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu’oeuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré. » (SC 7).

+ La Liturgie, action du Christ et de l’Eglise :

1071 Œuvre du Christ, la liturgie est aussi une action de son Église. Elle réalise et manifeste l’Église comme signe visible de la communion de Dieu et des hommes par le Christ. Elle engage les fidèles dans la Vie nouvelle de la communauté. Elle implique une participation “ consciente, active et fructueuse ” de tous (SC 11).

1073 La liturgie est aussi participation à la prière du Christ, adressée au Père dans l’Esprit Saint. En elle toute prière chrétienne trouve sa source et son terme. Par la liturgie, l’homme intérieur est enraciné et fondé (cf. Ep 3, 16-17) dans “ le grand amour dont le Père nous a aimés ” (Ep 2, 4) dans son Fils Bien-aimé. C’est la même “ merveille de Dieu ” qui est vécue et intériorisée par toute prière, “ en tout temps, dans l’Esprit ” (Ep 6, 18).

1074 “ La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vigueur ” (SC 10).

1072 “ La liturgie n’épuise pas tout l’agir ecclésial ” (SC 9) : elle doit être précédée par l’évangélisation, la foi et la conversion ; elle peut alors porter ses fruits dans la vie des fidèles : la vie nouvelle selon l’Esprit, l’engagement dans la mission de l’Église et le service de son Unité.

La liturgie, oeuvre de la Trinité

+ Le Père, source et fin de la liturgie :

1110 Dans la liturgie de l’Église, Dieu le Père est béni et adoré comme la source de toutes les bénédictions de la création et du salut, dont Il nous a bénis en son Fils, pour nous donner l’Esprit de l’adoption filiale.

1078 Bénir est une action divine qui donne la vie et dont le Père est la source. Sa bénédiction est à la fois parole et don (bene-dictio, eu-logia). Appliquée à l’homme, ce terme signifiera l’adoration et la remise à son Créateur dans l’action de grâces.

1082 Dans la liturgie de l’Église, la bénédiction divine est pleinement révélée et communiquée : le Père est reconnu et adoré comme la Source et la Fin de toutes les bénédictions de la création et du salut ; dans son Verbe, incarné, mort et ressuscité pour nous, il nous comble de ses bénédictions, et par Lui il répand en nos coeurs le Don qui contient tous les dons : l’Esprit Saint.

+ L’oeuvre du Christ dans la liturgie :

1111 L’oeuvre du Christ dans la liturgie est sacramentelle parce que son mystère de salut y est rendu présent par la puissance de son Esprit Saint ; parce que son Corps, qui est l’Église, est comme le sacrement (signe et instrument) dans lequel l’Esprit Saint dispense le mystère du salut ; parce qu’à travers ses actions liturgiques, l’Église pérégrinante participe déjà, en avant-goût, à la Liturgie céleste.

1085 Dans la liturgie de l’Église, le Christ signifie et réalise principalement son mystère pascal. Durant sa vie terrestre, Jésus annonçait par son enseignement et anticipait par ses actes son mystère pascal. Quand son Heure est venue (cf. Jn 13, 1 ; 17, 1), il vit l’unique événement de l’histoire qui ne passe pas : Jésus meurt, est enseveli, ressuscite d’entre les morts et est assis à la droite du Père “ une fois pour toutes ” (Rm 6, 10 ; He 7, 27 ; 9, 12). C’est un événement réel, advenu dans notre histoire, mais il est unique : tous les autres événements de l’histoire arrivent une fois, puis ils passent, engloutis dans le passé. Le mystère pascal du Christ, par contre, ne peut pas rester seulement dans le passé, puisque par sa Mort il a détruit la mort, et que tout ce que le Christ est, et tout ce qu’Il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l’éternité divine et surplombe ainsi tous les temps et y est rendu présent. L’Événement de la Croix et de la Résurrection demeure et attire tout vers la Vie.

1087 Ainsi, le Christ ressuscité, en donnant l’Esprit Saint aux apôtres, leur confie son pouvoir de sanctification (cf. Jn 20, 21-23) : ils deviennent signes sacramentels du Christ. Par la puissance du même Esprit Saint, ils confient ce pouvoir à leurs successeurs. Cette “ succession apostolique ”structure toute la vie liturgique de l’Église ; elle est elle-même sacramentelle, transmise par le sacrement de l’Ordre.

+ Présence du Christ dans la Liturgie :

1088 « Pour l’accomplissement d’une si grande oeuvre » – la dispensation ou communication de son œuvre de salut –, « le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le Sacrifice de la Messe, et dans la personne du ministre, “ le même offrant maintenant par le ministère des prêtres qui s’offrit alors Lui-même sur la Croix ” et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est là présent par sa vertu dans les sacrements, au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ Lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est Lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, Lui qui a promis : “ Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ” (Mt 18, 20) » (SC 7).

1089 « Pour l’accomplissement de cette grande oeuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Église, Son Épouse bien-aimée, qui L’invoque comme son Seigneur et qui passe par Lui pour rendre son culte au Père Éternel » (SC 7).

+ L’Esprit-Saint et l’Eglise dans la liturgie :

1112 La mission de l’Esprit Saint dans la Liturgie de l’Église est de préparer l’assemblée à rencontrer le Christ ; de rappeler et de manifester le Christ à la foi de l’assemblée ; de rendre présente et d’actualiser l’oeuvre salvifique du Christ par sa puissance transformante et de faire fructifier le don de la communion dans l’Église. »

1093 L’Esprit Saint accomplit dans l’économie sacramentelle les figures de l’Ancienne Alliance. Puisque l’Église du Christ était “ admirablement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’Ancienne Alliance ” (LG 2), la liturgie de l’Église garde comme une partie intégrante et irremplaçable, en les faisant siens, des éléments du culte de l’Ancienne Alliance :
– principalement la lecture de l’Ancien Testament ;
– la prière des Psaumes ;
– et surtout la mémoire des événements sauveurs et des réalités significatives qui ont trouvé leur accomplissement dans le mystère du Christ (la Promesse et l’Alliance, l’Exode et la Pâque, le Royaume et le Temple, l’Exil et le Retour).

1097 Dans la liturgie de la Nouvelle Alliance, toute action liturgique, spécialement la célébration de l’Eucharistie et des sacrements, est une rencontre entre le Christ et l’Église. L’assemblée liturgique tient son unité de la “ communion de l’Esprit Saint ” qui rassemble les enfants de Dieu dans l’unique Corps du Christ. Elle dépasse les affinités humaines, raciales, culturelles et sociales.

Pour aller plus loin :
Pour aller plus loin : – Catéchisme de l’Eglise Catholique, IIe partie, 1re section, ch. 1, art. 1 : La liturgie, oeuvre de la Sainte Trinité : http://www.vatican.va/archive/FRA00…

Résolution pratique :
- « La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son Baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien “ race élue, peuple royal, nation sainte, peuple racheté ” (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5). » (SC 14, cité in 1141)
- Quelle place j’accorde à la sainte liturgie dans ma vie (messe, sacrements, etc.) et comment j’y participe ?

 

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