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La liturgie (II)

publié dans la doctrine catholique le 20 avril 2013


21. Année de la foi: 3e Dimanche après Pâques

La liturgie (II)

Rappelons la définition de la liturgie donnée par Pie XII : « La sainte liturgie est le culte public que notre Rédempteur rend au Père comme Chef de l’Eglise ; c’est aussi le culte rendu par la société des fidèles à son Fondateur, et, par lui, au Père éternel : c’est, en un mot, le culte intégral du Corps mystique de Jésus-Christ, c’est-à-dire du Chef et de ses membres ». (Encyclique Mediator Dei, 1947) Le Catéchisme de l’Eglise Catholique développe cette définition en montrant comment la liturgie est oeuvre de la Sainte Trinité, puis quels en sont les différents éléments : qui célèbre, comment, quand et où.


L’Esprit Saint et l’Eglise dans la liturgie (suite et fin)

+ L’Esprit Saint actualise le mystère du Christ :

1104 La liturgie chrétienne non seulement rappelle les événements qui nous ont sauvés, mais les actualise, les rend présents. Le mystère pascal du Christ est célébré, il n’est pas répété ; ce sont les célébrations qui se répètent ; en chacune d’elle survient l’effusion de l’Esprit Saint qui actualise l’unique mystère.

1105 L’Épiclèse (“ invocation-sur ”) est l’intercession en laquelle le prêtre supplie le Père d’envoyer l’Esprit Sanctificateur pour que les offrandes deviennent le corps et le sang du Christ et qu’en les recevant les fidèles deviennent eux-mêmes une vivante offrande à Dieu.

1106 Avec l’Anamnèse, l’Épiclèse est au coeur de chaque célébration sacramentelle, plus particulièrement de l’Eucharistie : « Tu demandes comment le pain devient Corps du Christ, et le vin (…) Sang du Christ ? Moi, je te dis : le Saint-Esprit fait irruption et accomplit cela qui surpasse toute parole et toute pensée (…). Qu’il te suffise d’entendre que c’est par le Saint-Esprit, de même que c’est de la Sainte Vierge et par le Saint-Esprit que le Seigneur, par lui-même et en lui-même, assuma la chair. » (S. Jean Damascène, f. o. 4, 13)

1107 La puissance transformante de l’Esprit Saint dans la liturgie hâte la venue du Royaume et la consommation du mystère du salut. Dans l’attente et dans l’espérance il nous fait réellement anticiper la communion plénière de la Trinité Sainte. Envoyé par le Père qui exauce l’Épiclèse de l’Église, l’Esprit donne la vie à ceux qui l’accueillent, et constitue pour eux, dès maintenant, “ les arrhes ” de leur héritage (cf. Ep 1, 14 ; 2 Co 1, 22).

+ La communion de l’Esprit Saint :

1108 Le terme de la mission de l’Esprit Saint dans toute action liturgique est de nous mettre en communion avec le Christ pour former son Corps. L’Esprit Saint est comme la sève de la Vigne du Père qui porte son fruit dans les sarments (cf. Jn 15, 1-17 ; Ga 5, 22). Dans la liturgie se réalise la coopération la plus intime de l’Esprit Saint et de l’Église. Lui, l’Esprit de communion, demeure indéfectiblement dans l’Église, et c’est pourquoi l’Église est le grand sacrement de la communion divine qui rassemble les enfants de Dieu dispersés. Le fruit de l’Esprit dans la liturgie est inséparablement communion avec la Trinité Sainte et communion fraternelle (cf. 1 Jn 1, 3-7).

1109 L’Épiclèse est aussi la prière pour le plein effet de la communion de l’assemblée au mystère du Christ. “ La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit ” (2 Co 13, 13) doivent demeurer toujours avec nous et porter des fruits au-delà de la célébration eucharistique. L’Église prie donc le Père d’envoyer l’Esprit Saint pour qu’il fasse de la vie des fidèles une vivante offrande à Dieu par la transformation spirituelle à l’image du Christ, le souci de l’unité de l’Église et la participation à sa mission par le témoignage et le service de la charité.


La liturgie : qui célèbre ?

+ Participation à la Liturgie céleste :

1187 La liturgie est l’oeuvre du Christ tout entier, Tête et Corps. Notre Grand Prêtre la célèbre sans cesse dans la liturgie céleste, avec la sainte Mère de Dieu, les apôtres, tous les saints et la multitude des humains qui sont déjà entrés dans le Royaume.

1137 L’Apocalypse de S. Jean, lue dans la liturgie de l’Église, nous révèle d’abord “ dans le ciel un trône dressé, et siégeant sur le trône, Quelqu’un ” (Ap 4, 2) : “ le Seigneur Dieu ” (Is 6, 1 ; cf. Ez 1, 26-28). Puis l’Agneau, “ immolé et debout ” (Ap 5, 6 ; cf. Jn 1, 29) : le Christ crucifié et ressuscité, l’unique Grand Prêtre du véritable sanctuaire (cf. He 4, 14-15 ; 10, 19-21 ; etc.), le même “ qui offre et qui est offert, qui donne et qui est donné ” (Liturgie de S. Jean Chrysostome, Anaphore). Enfin, “ le fleuve de Vie qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau ” (Ap 22, 1), l’un des plus beaux symboles du Saint-Esprit (cf. Jn 4, 10-14 ; Ap 21, 6).

1138 “ Récapitulés ” dans le Christ, participent au service de la louange de Dieu et à l’accomplissement de son dessein : les Puissances célestes (cf. Ap 4-5 ; Is 6, 2-3), toute la création (les quatre Vivants), les serviteurs de l’ancienne et de la nouvelle Alliance (les vingt-quatre Vieillards), le nouveau Peuple de Dieu (les cent quarante-quatre mille : cf. Ap 7, 1-8 ; 14, 1), en particulier les martyrs “ égorgés pour la Parole de Dieu ” (Ap 6, 9-11), et la toute Sainte Mère de Dieu (la Femme : cf. Ap 12 ; l’Épouse de l’Agneau : cf. Ap 21, 9), enfin “ une foule immense, impossible à dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue ” (Ap 7, 9).

+ Les célébrants de la liturgie sacramentelle :

1140 C’est toute la Communauté, le Corps du Christ uni à son Chef, qui célèbre. « Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est “ le sacrement de l’unité ”, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques. C’est pourquoi elles appartiennent au Corps tout entier de l’Église, elles le manifestent et elles l’affectent ; mais elles atteignent chacun de ses membres, de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de la participation effective » (SC 26).

1141 L’assemblée qui célèbre est la communauté des baptisés qui, « par la régénération et l’onction de l’Esprit Saint, sont consacrés pour être (…) un sacerdoce saint, pour offrir, moyennant toutes les oeuvres du chrétien, des sacrifices spirituels » (LG 10). Ce “ sacerdoce commun ” est celui du Christ, unique Prêtre, participé par tous ses membres (cf. LG 10 ; 34 ; PO 2).

1142 Mais “ tous les membres n’ont pas la même fonction ” (Rm 12, 4). Certains membres sont appelés par Dieu, dans et par l’Église, à un service spécial de la communauté. Ces serviteurs sont choisis et consacrés par le sacrement de l’Ordre, par lequel l’Esprit Saint les rend aptes à agir en la personne du Christ-Tête pour le service de tous les membres de l’Église (cf. PO 2 et 15). Le ministre ordonné est comme “ l’icône ” du Christ Prêtre.

1143 En vue de servir les fonctions du sacerdoce commun des fidèles, il existe aussi d’autres ministères particuliers, non consacrés par le sacrement de l’Ordre, et dont la fonction est déterminée par les évêques selon les traditions liturgiques et les besoins pastoraux. « Même les servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui appartiennent à la chorale s’acquittent d’un véritable ministère liturgique » (SC 29). 1144 Ainsi, dans la célébration des sacrements, c’est toute l’assemblée qui est “ liturge ”, chacun selon sa fonction, mais dans “ l’unité de l’Esprit ” qui agit en tous. « Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques » (SC 28).


La liturgie : signes et symboles

1189 La célébration liturgique comporte des signes et des symboles qui se réfèrent à la création (lumière, eau, feu), à la vie humaine (laver, oindre, rompre le pain) et à l’histoire du salut (les rites de la Pâque). Insérés dans le monde de la foi et assumés par la force de l’Esprit Saint, ces éléments cosmiques, ces rites humains, ces gestes du souvenir de Dieu deviennent porteurs de l’action salvatrice et sanctificatrice du Christ.

1147 Dieu parle à l’homme à travers la création visible. Le cosmos matériel se présente à l’intelligence de l’homme pour qu’il y lise les traces de son Créateur (cf. Sg 13, 1 ; Rm 1, 19-20 ; Ac 14, 17). La lumière et la nuit, le vent et le feu, l’eau et la terre, l’arbre et les fruits parlent de Dieu, symbolisent à la fois sa grandeur et sa proximité.

1150 Signes de l’Alliance. Le peuple élu reçoit de Dieu des signes et des symboles distinctifs qui marquent sa vie liturgique : ce ne sont plus seulement des célébrations de cycles cosmiques et des gestes sociaux, mais des signes de l’Alliance, des symboles des hauts faits de Dieu pour son peuple. Parmi ces signes liturgiques de l’Ancienne Alliance on peut nommer la circoncision, l’onction et la consécration des rois et des prêtres, l’imposition des mains, les sacrifices, et surtout la Pâque. L’Église voit en ces signes une préfiguration des sacrements de la Nouvelle Alliance.

1151 Signes assumés par le Christ. Dans sa prédication, le Seigneur Jésus se sert souvent des signes de la création pour faire connaître les mystères du Royaume de Dieu (cf. Lc 8, 10). Il accomplit ses guérisons ou souligne sa prédication avec des signes matériels ou des gestes symboliques (cf. Jn 9, 6 ; Mc 7, 33-35 ; 8, 22-25). Il donne un sens nouveau aux faits et aux signes de l’Ancienne Alliance, surtout à l’Exode et à la Pâque (cf. Lc 9, 31 ; 22, 7-20), car il est lui-même le sens de tous ces signes.

1152 Signes sacramentels. Depuis la Pentecôte, c’est à travers les signes sacramentels de son Église que l’Esprit Saint oeuvre la sanctification. Les sacrements de l’Église n’abolissent pas, mais purifient et intègrent toute la richesse des signes et des symboles du cosmos et de la vie sociale. En outre, ils accomplissent les types et les figures de l’Ancienne Alliance, ils signifient et réalisent le salut opéré par le Christ, et ils préfigurent et anticipent la gloire du ciel.

Pour aller plus loin :
- Catéchisme de l’Eglise Catholique, IIe partie, 1re section, ch. 1, art. 1 : La liturgie, oeuvre de la Sainte Trinité :http://www.vatican.va/archive/FRA00… et ch. 2, art. 1 : Célébrer la liturgie de l’Eglise :http://www.vatican.va/archive/FRA00…

Résolution pratique :
- Acquérir un missel et/ou un livre sur les rites et symboles de la liturgie pour mieux les comprendre et ainsi participer d’une façon “ consciente, active et fructueuse ” (SC 11) à la liturgie.

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