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Analyse de Camille Galic sur les récents rapports communiqués au Premier Ministre

publié dans regards sur le monde le 18 décembre 2013


Rapport sur l’intégration : la déclaration de guerre aux Français

«Reconnaissance des identités multiples et des cultures plurielles », « Multiplication des instances de contrôle des droits des immigrés, dont une cour des comptes de l’égalité » et création d’un « délit de harcèlement racial » (alors que le mot race a été rayé de la Constitution !), « Révision des programmes scolaires d’histoire en y intégrant l’histoire des mouvements de population dans leur globalité, ceux liés à l’esclavage et à la traite négrière, aux colonisations, à l’immigration économique », « Augmentation du nombre d’étudiants étrangers dans les grandes écoles et les classes préparatoires intégrées », « Suppression des règles scolaires discriminatoires concernant notamment le “voile” »,

« Développement des langues vivantes des immigrés à l’école », en particulier l’arabe puisque la France est désormais « arabo-orientale », etc.

On conçoit que, rendues publiques le 13 décembre, ces préconisations aussi révoltantes qu’irresponsables aient suscité quelque émoi, jusqu’au PS. Au point que Jean-Marc Ayrault a aussitôt cru bon d’affirmer que son gouvernement ne voulait « évidemment pas » réintroduire les signes religieux à l’école, et encore moins « abandonner le modèle républicain d’intégration, celui des droits et des devoirs, celui de la République démocratique laïque et sociale ». Et le Premier ministre d’affirmer martialement que cette accusation constituait « une injure » : « Je la prends comme telle et je ne laisserai pas passer ce qui est en train de se faire… Ce n’est pas parce que je reçois des rapports que c’est forcément la position du gouvernement. » Ni celle de l’Elysée puisque, quelques heures plus tard, François Hollande laissait tomber de Cayenne : « Beaucoup de bruit pour rien. »

Ayrault en flagrant délit de forfaiture

Mais, alors, pourquoi le chef du gouvernement a-t-il mis ce rapport explosif en ligne sur son site internet ? Et, surtout, pourquoi feint-il de s’en désolidariser alors que lui-même avait engagé l’affaire depuis dix-sept mois ? Car c’est dès le 1er août 2012 que le nouveau locataire de Matignon avait, par lettre, donné « mission » à l’énarque et conseiller d’Etat Thierry Tuot de « rendre à la politique d’intégration un fondement, une cohérence, une unité et un élan, essentiels à l’apaisement des tensions, à la réparation des injustices et à la cohésion de notre nation ». M. Tuot, dont le zèle immigrationniste est tel qu’il lui valut d’être limogé en 1999 par son ministre de tutelle Martine Aubry (c’est dire !) acheva son long rapport (95 pages) le 1er février 2013 et le remit le 11 février. Evénement aussitôt immortalisé sur le site même de Matignon par une photo le montrant en compagnie du Premier ministre et la mise en ligne de l’opus intitulé

« La refondation des politiques d’intégration ».

Une entreprise si nécessaire aux yeux de Jean-Marc Ayrault que, le 11 juillet suivant, celui-ci accueillait officiellement la « première réunion des personnalités qualifiées à qui sont confiés les groupes de travail de la refondation » sauce Tuot.

De l’intégration à la « société inclusive »

Or, le « rapport sur le rapport », remis cinq mois plus tard par ces « spécialistes » — pour la moitié maghrébins — et dont le Premier ministre ose aujourd’hui renier la paternité, est une simple resucée du rapport initial — que, bien seule alors, j’avais d’ailleurs épinglé ici même le 22 mars dernier car, dans son enthousiasme à refonder l’intégration, concept obsolète qu’il récuse au profit de la « société inclusive », sans doute pour mieux favoriser l’intégration de la France dans le tiers-monde, de préférence islamique, le conseiller d’Etat n’y allait pas avec le dos de la cuiller.

« La “question musulmane”, pure invention de ceux qui la posent » ?

« Laissons à l’islam toute sa place de grande religion, laissons son culte se déployer, respectons la pleine liberté de ses croyants » car, « non, l’islam ne génère pas le terrorisme ». Au contraire, vaticinait M. Tuot, « considérant l’islam comme une religion paisible et respectable, on incitera peu à peu les jeunes en mal d’identité à trouver ailleurs, inch Allah, de quoi marquer leur rage. Si elle se portait dans l’arène politique, elle y serait mieux employée. Réfléchissons à subordonner les concours publics ou partis, syndicats, et associations, aux adhésions venues des quartiers ! »

Les clandestins ?

Il faut « créer pour eux un statut de tolérance permettant l’inscription dans un parcours d’intégration pouvant mener, moyennant le respect d’engagements de la part de l’intéressé, à une régularisation programmée au terme de cinq ans ». La « surreprésentation des personnes issues de l’immigration » parmi les assistés ? Assurons « leur prise en compte […] en travaillant à un accompagnement social adapté » avec le concours des « structures associatives » qui sont « subventionnables pour leurs capacités plus que pour leurs prestations » (autrement dit, il faut toujours plus arroser les assoces, sans aucune obligation de résultats pour celles-ci).

« Briser » les élites traditionnelles ? Un « devoir de l’Etat »

Et pour loger ceux qui sont chez eux chez nous ? « Si le constructeur d’un  immeuble garantit, pour la durée de son opération (…), les fonctionnalités sociales attendues (médiation sociale, accompagnement scolaire, crèche adaptée, lieu de réunion, pôle d’accès à la culture, à la formation, à l’emploi, garderie périscolaire) le droit doit permettre de l’autoriser à dépasser les contraintes dans une certaine mesure (plus de surface, de hauteur, d’emprise au sol, de proximité à la limite séparative) de façon à financer plus que le surcoût généré par les engagements de fonctionnalités sociales qu’il prend. De même, si un promoteur de centre commercial inscrit son projet dans une dynamique inclusive (par exemple pour l’emploi, l’accès à la formation, l’adaptation des commerces aux familles…), pourquoi ne pas desserrer la contrainte réglementaire à due proportion ? » Quitte à s’asseoir sur la sacro-sainte égalité de tous devant la loi.

De même importe-t-il de « faire émerger une élite locale, non académique, mais riche de ?savoirs et de compétences laissées en jachère : connaître un territoire et son passé, avoir la mémoire des habitants, être en mesure de parler plusieurs langues (de tribus sociologiques ?plus qu’étrangères) sont autant de capacités qui (…) identifiées, reconnues, font les patrons, chefs, cadres de demain, dans le logement social, l’aménagement urbain et la vie des quartiers. » D’ailleurs, « il va de soi (sic) que les cultures urbaines ont généré des oeuvres, des pratiques, novatrices et dignes – d’intérêt, d’estime, de soutien – danse, musique, arts plastiques notamment… La culture, c’est Hippolyte et Aricie dans les quartiers nord et le Rap à l’opéra Garnier ; les mères du Val-Fourré au premier rang de l’opéra Bastille, et les Jaguar venues du boulevard Saint-Germain en double file à la maison de la culture des Mureaux » car « avec l’éducation, et plus encore qu’elle, la culture est le plus insigne domaine de ségrégation sociale. Les aristocraties s’y perpétuent (…). Les briser est le devoir de l’Etat. »

Surtout, ne pas « faire le lit du Front national »

Faut-il continuer ? Ce délire xénomane — « véritable déclaration de guerre aux Français » comme l’a qualifié Marine Le Pen — avait si peu gêné le Premier ministre qu’il avait programmé pour le 9 janvier un grand séminaire gouvernemental sur la nouvelle « société inclusive » peinte de couleurs si enchanteresses par son protégé. Si Ayrault a (provisoirement ?) reculé, c’est en raison de la réaction inattendue des médias. Non que ceux-ci s’indignent des recommandations de Tuot, qu’ils avaient du reste occultées il y a un an et sur lesquelles ils renchériraient plutôt. Non, ils redoutent simplement qu’elles ne fassent « le lit du Front national » en constante progression dans les sondages et ne donnent raison aux « raclures de comptoir » (cf. le directeur de L’Express, Christophe Barbier, dans un récent éditorial) qui assistent, angoissés, à la submersion de notre pays par les allogènes et aux constantes abdications qui en résultent. Une extrême vigilance s’impose donc.

Camille Galic

Article extrait du n° 8002 de Présent du Mardi 17 décembre 2013

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