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Le vrai ministre de Dieu

publié dans paroisse saint michel le 26 février 2012


Ier dimanche de Carême

Le vrai ministre de Dieu
« Montrons nous en toutes choses comme des ministres de Dieu »

Dans cette Epître aux Corinthiens, saint Paul semble vouloir donner les caractéristiques du vrai ministre de Dieu. Il en fait comme une énumération.
« Montrons-nous en toutes choses comme des ministres de Dieu ». La première qualité du ministre de Dieu que met en avant saint Paul, c’est la patience : « Montrons nous en toutes choses comme des ministres de Dieu, par une grande patience » dans les difficultés ; il poursuit : « par la chasteté », deuxième qualité ; « par la science », troisième qualité ; « par la longanimité » quatrième qualité ; « par la bonté », cinquième qualité ; « par une charité sincère », sixième qualité ; « par la parole de vérité », septième qualité ; « par la force de Dieu », « par la force », huitième qualité ; « par les armes de la justice », neuvième qualité. Suivent alors diverses notes un peu plus étranges ou étonnantes : « comme des séducteurs et pourtant véridiques »…Mais c’est ce que les Pharisiens disaient déjà de NSJC. Il « séduit » les foules. Ainsi rien de nouveau sous le soleil des hommes. « Nihil novum sub sole » ; « comme inconnus et pourtant bien connus », « comme mourant et voici que nous vivons » « comme châtiés, mais non mis à mort ». Saint Paul peut en parler en connaissance de cause lui « qui a souffert, de son peuple, « des coups sans mesure », comme il l’écrivait aux Corinthiens( 2 Cor 11 19) , lui qui a été « lapidé », écrit-il, et qui a « reçu cinq fois, quarante coups de fouet moins un »…Il poursuit l’énumération des qualités du ministres de Dieu : « comme tristes et toujours dans la joie ; comme pauvres et enrichissant beaucoup d’autres ; comme n’ayant rien et possédant tout, « tanquam nihil habentes et omnia possidentes ».

Je voudrais m’arrêter à ces dernières qualités du ministre de Dieu.

Et d’abord commentons cette ultime remarque : « comme n’ayant rien et possédant tout ». Reconnaissons que les ministres du Christ ne vivent pas dans la misère. Grâce à vous. « Mais il est normal que le prêtre vive de l’autel ». Toutefois ils ne vivent pas, non plus, dans l’opulence, dans l’abondance. Et cela est juste. Ils sont les serviteurs du Christ et ne peuvent vivre au dessus de leur Maître, mais doivent vivre comme leur Maître. L’opulence serait contradictoire à l’exemple du Maître. Le serviteur n’est pas plus grand que son Maître. Or Celui-ci est venu « pour servir et non pour être servi ». Benoît XVI le rappelait aux nouveaux Cardinaux auxquels il remettait la barrette, dimanche dernier « Domination et service, égoïsme et altruisme, possession et don, intérêt et gratuité : ces logiques, profondément opposées, se confrontent à toute époque et en tout lieu. Il n’y a aucun doute sur la voie choisie par Jésus ». C’est celle du service, de l’altruisme, du don, de la gratuité et non point celle de la domination, de l’égoïsme, de la possession et de l’intérêt…

Si donc le ministre de Dieu reste modeste dans les possessions des choses de la terre, « comme n’ayant rien », nous dit saint Paul, « il possède cependant tout »…Comment ? Parce que, grâce à la foi, il possède Dieu. Il vit de Dieu, de son Mystère, de ses Mystères révélés. Les richesses de Dieu sont ses richesses plus qu’à toute autre personne. Or ces richesses divines sont insondables.

La foi vivante le met, vous dis-je, en contact incessant avec les richesses de Dieu. « Le juste vit de la foi ». Et la foi lui donne la possession de Dieu.

Il aime tout d’abord contempler la nature, la création.

La foi lui permet d’y voir l’œuvre de Dieu. Il aime les grands espaces, il aime les forêts. Il admire la force puissante des arbres. Il y voit, grâce à la foi, le reflet de la puissance divine. Il aime le vent, le souffle du vent. Il aime les couleurs… Il aime les fleurs. Il admire tout cela…Il aime le chant des oiseaux. Il y est sensible. Alors, à cette vue, il aime l’œuvre de Dieu. Il admire Dieu…Comment avoir pensé à créer les oiseaux qui, de leurs chants nombreux et variés, égaillent la nature…et charment son oreille, celle du prêtre…lorsqu’il rentre dans son église de Rolleboise ou en sort toujours accueilli par les chants de ces petites créateurs divines. Et de ces chants, il élève son âme à Dieu et chante la gloire de Dieu. Toute la création lui parle de Dieu. Il ne contemple pas l’œuvre de Dieu en « romantique », en égoïste se repliant sur lui-même tristement. Non ! La foi lui permet d’admirer et de chanter la gloire de Dieu C’est une richesse, une des plus belles richesses. L’admiration – de l’œuvre de Dieu – lui enrichit son âme et la met dans la joie…

Mais le prêtre aime surtout contempler les Mystères de Dieu qui sont tout autant des bienfaits et par conséquent des richesses. Il en vit et ainsi peut-il « enrichir beaucoup d’autres », comme le dit saint Paul. Mais il ne peut se souvenir de tous les bienfaits de Dieu…Le principal de ses bienfaits, c’est-à-dire l’œuvre de notre Rédemption, lui suffit. Elle ne quitte jamais son âme ni sa foi.

Oui ! Le Mystère contemplé de la Rédemption charme son âme. Il y voit et contemple surtout la charité de Dieu. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». Grâce à cette phrase, il comprend que l’Incarnation est révélatrice de la charité de Dieu. Elle est l’Epiphanie de la charité de Dieu, de sa miséricorde, elle en est sa manifestation. Il comprend aussi que cette Incarnation est rédemptrice. Elle a été décrétée par Dieu pour le salut du genre humain : « afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas…»…Dieu veut le salut d’un chacun…A chacun de cueillir, dans la foi, le salut donné…Mais il veut aussi et surtout, Lui-même, être possédé éternellement par sa créature intelligente et libre. « Afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». La vie éternelle ? Mais elle n’est rien d’autre que la possession de Dieu pour toujours. C’est le ciel. Voilà ultimement le fruit de la Rédemption. Le fruit de l’Incarnation, le fruit de la Résurrection. Comme le dit saint Bernard, « le fruit la Rédemption, c’est notre âme remplie de Dieu ». Voilà la richesse du prêtre et sa joie et son espérance. Comme saint François, il dit toujours à ceux qui le rencontrent que Dieu, un jour, sera la plénitude de notre intelligence. Il sera, pour notre volonté, l’abondance de la paix, et pour notre mémoire, la parfaite continuité de la vie éternelle. « Il sera tout en tous ». Voilà la foi du prêtre. Il en vit. Voilà sa richesse. Et quelle richesse ! Il est pauvre, peut-être, mais dans cette annonce, il enrichit « beaucoup d’autres » si elles le veulent.

Le prêtre vit des bienfaits de Dieu, vous dis-je. Et le plus grand des bienfaits, c’est la Rédemption. Et le prêtre est attentif non seulement au fruit de la Rédemption, le Ciel, mais aussi au mode. Et quel est donc ce mode ? Rien d’autre que l’anéantissement de Dieu. Ainsi la méditation de ce mode est certainement pour le prêtre et son âme la plus grande des richesses. Je contemple cet anéantissement du Dieu de majesté. Et cet anéantissement fait naître en mon cœur « le foyer du plus grand amour ». Et cet amour est ma richesse parce que la charité est mon trésor. Je vois que NSJC « a pris sur lui la plus lourde peine, c’est afin que l’homme lui fût redevable du plus grand amour ». Et Saint Bernard poursuit : « Il est manifeste que Dieu a payé pour l’homme un prix énorme : maitre, il s’est fait esclave ; riche, il est devenu pauvre ; Verbe, il s’est fait chair ; et Fils de Dieu, il n’a pas dédaigné d’être le Fils de l’homme. Souvenez-vous que si vous avez été fait de rien, vous n’avez pas été rachetés de rien. .L’œuvre du salut a demandé trente trois années de terrible labeur, enduré avec quelle patience…C’est ainsi, Seigneur, que tu as sauvé les hommes en multipliant ta propre miséricorde ». (Sermon 11 du Cantique des Cantiques). Quelle richesse dans le cœur du prêtre !

De ce sacrifice rédempteur du Dieu d’amour, le prêtre en vit chaque jour dans sa messe. En effet la messe, c’est ce sacrifice rédempteur renouvelé, continué. Le prêtre doit vivre sa messe, une messe quotidienne…Une messe qui oblige à chaque instant, pour le prêtre, de poser un acte de foi mais cet acte de foi, tout autant, nourrit sa foi, son espérance et sa charité. Que de richesses ! Oui ! La messe d’abord provoque sa foi. Il faut la foi pour contempler dans ce pain transsubstantié, les paroles de la consécration dites, le Corps, le Sang et la Divinité de NSJC. Il est impossible d’adorer ce pain transsubstantié sans la foi. Je dois croire à la toute puissance de Dieu pour le croire, pour croire aux paroles de la consécration. « Ceci est mon Corps », « Ceci est mon Sang » Je dois croire aux paroles de NSJC pour m’incliner et adorer. Mais la Foi me dit qu’il ne peut ni se tromper ni nous tromper. Le motif de la foi c’est l’autorité de Dieu se révélant. Jésus l’affirme. Jésus est Dieu. Je le crois. Mais sans la foi, je ne pourrais jamais plier le genou devant cette hostie élevé dans mes mains. Sans la foi, je ne pourrais jamais voir, dans cet acte, le sacrifice renouvelé du Christ Seigneur. Oui ! Le prêtre sans cesse dans son ministère est obligé de croire, de poser des actes de foi, des actes de foi en chaque sacrement donné, des actes de foi lorsqu’il donne le baptême, lorsqu’il donne l’extrême onction, lorsqu’il donne l’eucharistie, la sainte communion. Sans la foi, il risque d’accomplir son ministère en « fonctionnaire »…Il risque d’y perdre son sacerdoce…Mais aussi ces actes de foi posés nourrissent sa foi, l’enrichissent, le fortifie, lui donne une richesse extraordinaire, lui permettent d’adorer, de goûter la bonté de Dieu. Il comprend combien Dieu est suave: «Videte quoniam suavis est Dominus ». Sa foi nourrit sa contemplation, son adoration, son amour pour Dieu. C’est sa richesse. Et cette richesse est aimée. Elle est désirée. Elle s’accroît chaque jour. On peut le considérer « comme n’ayant rien, mais possède tout », « comme pauvre, alors qu’il enrichit beaucoup d’autres…ne serait-ce qu’aux fonds baptismaux et à la Table sainte…Amen.

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