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Famille : ce que dit le cardinal Müller n’est pas une opinion privée

publié dans nouvelles de chrétienté le 29 mars 2014


Famille : ce que dit le cardinal Müller n’est pas une opinion privée

Le cardinal Gerhard L. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accordé une entrevue aux responsables de l‘édition allemande de Radio Vatican, dans laquelle il clarifie son rôle par rapport au débat sur la possible admission à la communion des divorcés remariés. Traduction par Le Salon Beige.

Le prélat a assuré qu’il ne formule pas là des opinions personnelles mais indique le magistère de l’Église sur cette question, et il précise :

« Nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions pour tenter de séduire l’opinion publique ».

Cardinal – le Pape veut un débat. Il veut l’introduire dans deux synodes sur le mariage et la famille. Comment voyez-vous le rôle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans ce débat ?

MLa CDF défend simplement sur ce point, et naturellement sur tous les points de la doctrine catholique, la vérité de la foi. Je crois qu’il est important que l’opinion publique cesse de se restreindre à un seul sujet, comme s’il était la clé de tout. Essentiellement, il s’agit de resituer la doctrine de l’Église sur le mariage et la famille dans son rôle central dans la conscience catholique de la foi, car ce n’est qu’en parlant du mariage et de la famille, et si nous faisons des efforts pour cela, que nous pouvons obtenir des résultats positifs.

Dans l’opinion publique vous êtes fréquemment perçu et présenté comme celui qui freine et qui dit non lorsqu’il s’agit d’une initiative du Pape. Est-ce que cela vous affecte personnellement?

Bien évidemment, ceci entre actuellement dans le cadre d’une propagande dans le but de me constituer une opposition par rapport à ce que doit faire le préfet de la CDF, ou la CDF dans son ensemble, puisque le préfet n’est guère qu’un primus inter pares. Ceci est aussi défini très clairement dans les statuts.

Or, c’est aussi notre tâche de veiller à ce que personne ne s’approprie le Pape pour certains buts. Et précisément il est intéressant de constater que justement en ce moment, tant de groupes s’en remettent au Pape alors que pratiquement ils ont précédemment rejeté la papauté. En tout cas, en ce qui nous concerne, il s’agit de servir le Pape et l’Église, au lieu de se nous servir du Pape.

Vous participez aussi au débat que vous venez de mentionner et qui a été lancé par le Pape. Il y a des cercles, surtout dans les médias italiens, comme Il Foglio, un journal qui, pour le dire franchement et clairement, mènent depuis plusieurs jours une campagne contre le cardinal Kasper. Quelle est votre position dans le débat ? Que demandez-vous pour ce prochain débat qui va au-delà des congrégations du Vatican ?

Je n’y participe pas en tant que théologien privé, mais précisément de par ma fonction [de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi]. La CDF est la seule congrégation qui participe directement au magistère du Pape [N.d.T espagnol : voir la Constitution Pastor Bonus, arts. 48 et suiv.], tandis que d’autres qui prennent la parole, même s’ils ont le rang de cardinal, ne parlent qu’à titre personnel, et ne peuvent pas faire de déclarations officielles.

Allons plus loin. Non seulement des cardinaux participent au débat, mais il y a un questionnaire qui a produit beaucoup d’espoirs. Posons la question cette fois de manière positive : Quel effet cela peut-il avoir considérant l’internationalisation du débat ? Quelle contribution positive cela peut-il apporter ?

Je crois que cela peut contribuer très positivement à ce que les catholiques s’occupent à nouveau de leur propre foi, et non prennent simplement tel ou tel aspect de la liturgie et de la doctrine de l’Église. Nous devons nous rendre compte de la relation entre l’Annonce et la charge d’âmes, et la doctrine de l’Église, ainsi que la Diaconíe. Puis-je choisir d’être très engagé socialement ou d’être très actif dans les tâches caritatives de l’Église mais sans m’intéresser personnellement à l’adoration de Dieu ou la célébration des sacrements ? Mais le questionnaire comme tel n’est pas du tout un dogme, et n’a pas d’autre valeur que la qualité de ses questions ou les corrélations qu’il fournit ou non.

Vous êtes un homme qui a du franc-parler, comme nous venons d’en avoir la preuve. Je crois que ceci vient de très loin dans votre biographie. Est-il approprié que la CDF parle maintenant de la manière dont parle Gerhard Ludwig Müller ?

La CDF a la mission claire de promouvoir la foi catholique, mais aussi de la protéger. Mais cela n’est pas différent de la tâche qu’a reçue de Jésus-Christ le Pape lui-même, et sur ce point, je crois que nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions et tenter de séduire l’opinion publique. C’est facile quand on a le vent en poupe ; peut-être a-t-on alors un certain orgueil. Mais il me semble que chaque évêque et chaque prêtre doit résister à cette tentation, qu’il aime se l’entendre dire ou non.

Michel Janva

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