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La Sainte Famille

publié dans paroisse saint michel le 12 janvier 2013


La Sainte Famille

« Et il descendit avec eux et vint à Nazareth ; et il leur était soumis ».

Ainsi est affirmée par l’évangéliste Saint Luc, la soumission de l’enfant Jésus à ses parents, Marie et Joseph. Telle est la caractéristique essentielle de la Sainte Famille : la soumission de Jésus qui est l’expression du respect qu’il porte à ses parents, ainsi que de l’honneur qu’il leur doit. Soumission, respect, honneur : voilà les trois notes de la Sainte famille. Voilà le modèle des familles chrétiennes !
 

Avec cela, nous sommes aux antipodes du monde moderne. Qui rappelle aujourd’hui aux enfants les notions de soumission, de respect et d’honneur qu’ils doivent à leurs parents ?
 

Personne, sinon l’Eglise catholique parce qu’elle seule respecte et enseigne le quatrième commandement de Dieu : « Honore ton père et ta mère afin de vivre longuement ».
 

Permette-moi d’y porter en ce jour quelque attention alors que beaucoup iront défendre, cet après-midi,  la famille et sa juste constitution d’union entre un homme et une femme.
 

Si nous devons respect et honneur à nos parents, c’est à cause, premièrement, de l’obligation que nous en fait Dieu. Il nous commande d’« Honorer nos père et mère ». Or la volonté de Dieu est ma volonté.
 

C’est à cause, deuxièmement, « de leur autorité, de leur dignité ». De leur autorité. En effet ils participent à l’autorité de Dieu. « Tout pouvoir vient de Dieu » disait NSJC. Et c’est parce qu’il en est ainsi que les parents jouissent d’une belle dignité. Et le respect que je dois à une personne, je la tire, nous dit saint Thomas, de la dignité de cette personne.
 

Si je dois respect, honneur à mes parents, c’est troisièmement en raison « du besoin que nous avons d’eux et de l’excellence de leurs fonctions ». Pour développer cette idée, il suffit de se rappeler l’enseignement de Charles Maurras dans « Mes idées politiques » du Ier paragraphe qu’il a heureusement intitulé de « L’inégalité protectrice ». « Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir. Peu de chose lui manque pour crier : « je suis libre »…Mais le petit homme. Au petit homme, il manque tout. Bien avant de courir, il a besoin d’être tiré de sa mère, lavé, couvert, nourri. Avant que d’être instruit des premiers pas, des premiers mots, il doit être gardé de risque mortel. Le peu qu’il a d’instinct est impuissant à lui procurer les soins nécessaires, il faut qu’il les reçoive, tout ordonnés, d’autrui. Il est né, sa volonté n’est pas né, ni son action proprement dite. Il n’a pas dit Je ni moi et il en est fort loin qu’un cercle de rapides actions prévenantes s’est dessiné autour de lui. Le petit homme presque inerte, qui périrait s’il affrontait la nature brute, est reçu dans l’enceinte d’une autre nature empressée, clémente et humaine ; il ne vit que parce qu’il en est le petit citoyen. Son existence a commencé par cet afflux de services extérieurs gratuits. Son compte s’ouvre par des libéralités dont il a le profit sans avoir pu les mériter, ni même y aider par une prière, il n’en a rien pu demander ni désirer, ses besoins ne luis sont pas révélés encore. Cependant, à la première minute du premier jour…il attire et concentre les fatigues d’un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu’il était enfermé dans son sein…On ne saurait prendre acte en termes trop formels, ni assez admirer ce spectacle d’autorité pure, ce paysage de hiérarchie absolument net ». Peut-on mieux exprimer ce besoin que chacun a eu de ses parents. C’est la, vous dis-je, raison du respect que je leur dois.

« Honore tes père et mère » puisque ce sont eux qui nous ont transmis la vie. C’est d’eux que Dieu s’est servi pour nous donner une âme et une intelligence. Ce sont eux qui nous ont ouvert la porte des Sacrements, qui nous ont instruits de la Religion, qui ont formé en nous l’homme et le citoyen, qui nous ont élevés dans la pureté des mœurs et la vraie Vie chrétienne. Dans cet honneur, n’oublie pas ta mère. Elle est heureusement notée dans ce Commandement divin. Dieu veut que tu te rappelles tous les services et tous les bienfaits dont tu es redevable à ta mère, les soins et la sollicitude avec lesquels elle t’a porté, les peines et les douleurs au milieu desquelles elle t’a mis au monde et élevé.

Mais que signifie honorer ses père et mère ?

« Honorer quelqu’un c’est avoir pour lui des sentiments d’estime, et faire très grand cas de tout ce qui se rapporte à lui. Cet honneur suppose nécessairement l’amour, le respect, l’obéissance, le service ». Mais cependant autre l’honneur, autre l’amour, autre la crainte. Car celui qui aime n’honore pas toujours, et celui qui craint n’honore pas non plus nécessairement. Mais celui qui honore du fond du cœur, possède par là -même l’amour et la crainte. L’honneur procède de l’amour de nos père et mère. Et les père et mère ne comptent aucun effort fait s’ils se sentent « aimés par leurs enfants ».

Nous honorons nos père et mère lorsque nous demandons humblement à Dieu que tout leur réussisse très heureusement, qu’ils soient environnés de la faveur et de la considération publiques, et surtout qu’ils soient aimés de Dieu.

Nous les honorons aussi, lorsque nous réglons nos dispositions sur leur jugement et sur leur volonté. Saint Paul est formel : « Enfants, dit-il, obéissez à vos parents dans le Seigneur ; car cela est juste. » Et encore : « Enfants, obéissez en tout à vos parents, car cela est agréable à Dieu. »
 

Nous honorons encore nos parents, lorsque nous imitons leurs bonnes actions, et leur conduite vertueuse. En effet, la plus grande marque d’estime que l’on puisse donner à quelqu’un, c’est de vouloir lui ressembler.
 

C’est encore les honorer que de demander leur avis, et surtout de le suivre.
 

Nous les honorons enfin, si nous prenons soin d’eux en leur vieillesse si nous prêtons attention qu’ils ne soient point privés de la Confession et des autres Sacrements que les Chrétiens sont tenus de recevoir aux approches de la mort. Et si nous les aidons à élever leur espérance afin que, entièrement détachés des choses humaines, ils se confient uniquement à Dieu. Ainsi ils ne craindrons pas la mort mais, comme sainte Thérèse, ils diront : « je ne meurs pas, j’entre dans la vie »

Il faut encore ajouter un petit mot sur les autorités politiques et les devoirs que nous leur devons. Car ce quatrième commandement les concerne aussi. Pères, elles le sont d’une manière analogique.
L’Apôtre Saint Paul, dans son Epître aux Romains, s’étend longuement sur l’honneur, les égards et le respect qui leur sont dus. Ailleurs, il nous avertit que nous devons prier pour eux. Saint Pierre nous dit à son tour: « Soyez soumis, pour l’amour de Dieu, à toute créature revêtue du pouvoir, soit au roi comme au souverain, soit au gouverneur, comme étant envoyé par lui. » — Car si nous leur rendons honneur, c’est à Dieu que cet honneur s’adresse. Les dignités humaines, si hautes qu’elles soient, n’obtiennent nos respects et nos hommages, qu’autant que nous voyons en elles l’image de la puissance même de Dieu. Et en agissant ainsi, nous vénérons en même temps la divine Providence qui confie à quelques hommes la charge des fonctions publiques, et qui se sert d’eux comme d’autant de ministres qui tiennent d’Elle leur pouvoir.

S’il se rencontre parfois des magistrats indignes, ce n’est ni leur perversité, ni leur malice que nous honorons, mais l’autorité divine qui est en eux. Et même, ce qui paraîtra peut-être incroyable, les inimitiés, les colères, les haines implacables qu’ils peuvent nourrir dans leur cœur contre nous, ne sont point des raisons suffisantes pour nous dispenser de nos devoirs envers eux. David ne rendit-il point les plus grands services à Saül, quoique celui-ci fût son plus cruel ennemi ? C’est ce qu’il nous rappelle lui-même par ces paroles: « J’étais pacifique avec ceux qui haïssent la paix. »

« Cependant, s’ils avaient le malheur d’ordonner quelque chose de mauvais ou d’injuste, comme alors ils n’agiraient plus de par cette autorité légitime qu’ils ont reçue de Dieu, mais en suivant leurs sentiments injustes et pervers, nous ne serions obligés en aucune façon de leur obéir ».(Catéchisme du Concile de Trente).

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