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Le synode sur la famille

publié dans regards sur le monde le 22 mai 2015



Que s’est-il passé au synode extraordinaire sur la famille ? L’allocution de Matthew McCusker de “Voice of the Family” à Rome le 8 mai

Les 8 et 9 mai s’est tenu à Rome une série de conférences dans la cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNewset Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici le résumé de ce qui s’est passé au synode extraodinaire d’octobre dernier par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – J.S.

Sur le site de Jeanne Smits.)
Un peu plus tôt cette année, Voice of the Family a eu l’honneur d’accueillir Son Eminence le cardinal Demeurer dans la vérité du Christ à propos du sacrement de mariage, lors d’une réunion à Chester le nord de l’Angleterre.

Raymond Burke, qui a donné une conférence intitulée

Au cours de sa conférence Son Eminence a eu la bonté de rendre hommage au travail de Voice of the Family ; en particulier, il nous a remerciés d’avoir rendu compte avec exactitude des travaux de la session de 2014 du Synode des évêques.
Cette phrase du cardinal Burke met l’accent sur ce qui est sans doute l’élément le plus essentiel du travail de Voice of the Family : la communication de la vérité, à la fois la vérité de l’enseignant de l’Eglise sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille, et la vérité sur ce qui se passe aujourd’hui dans l’Eglise. La connaissance de la vérité est le fondement de tout jugement prudent et de toute action prudente et efficace.
Dans cette présentation j’ai l’intention de donner un bref aperçu des événements qui ont précédé le synode extraordinaire d’octobre 2014 et de ceux qui l’ont suivi.
 Le 17 mars 2013, quatre jours après son élection au siège de Pierre et au cours de son premier Angélus sur la place Saint-Pierre, le Saint-Père a attiré l’attention sur un livre récemment publié par le cardinal Walter Kasper, et il en a fait un éloge remarqué :
« Ces derniers jours j’ai pu lire un livre par le cardinal le cardinal Kasper – un théologien de talent, un bon théologien – sur la miséricorde. Et il m’a fait beaucoup de bien, ce livre – mais ne pensez pas que je fais la publicité pour les livres de mes cardinaux ! Ce n’est pas le cas ! Mais il m’a fait du bien, tant de bien. »
Cela fait un grand nombre d’années que le cardinal Kasper proposer le changement de l’enseignement d’Eglise sur la réception de la Sainte Communion par les divorcés remariés, et le livre en question, La miséricorde : notion fondamentale de l’Evangile : clé de la vie chrétienne, fait également la promotion de beaucoup de thèses qui posent problème, et qui sont à la racine de ses prises de position en faveur de tels changements.
Parmi ces thèses – mais ce ne sont pas les seules – il y a la manière dont Kasper présente la nature de la justice et de la miséricorde, sa théologie de la justification, et plus gravement encore, sa vision même de la nature de Dieu. Le fait que le pape François ait pu parler de Kasper et de son nouveau livre en de tels termes a gravement préoccupé de nombreux catholiques.
Le 8 octobre 2013 le Saint-Père a annoncé que deux synodes allaient permettre de discuter des questions des défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation : ce synode devait être organisé par le secrétariat général du Synode avec à sa tête le cardinal Lorenzo Baldisseri. Le 26 octobre de secrétariat a envoyé un questionnaire à toutes les conférences épiscopales invitant les catholiques à tous les niveaux de l’Eglise à faire connaître leur opinion sur les matières relatives au mariage et à la famille.
A peine trois jours plus tôt, le 23 octobre, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, son Eminence le Cardinal Gerhard Ludwig Müller avait publié un long article dans l’Osservatore Romano, sous le titre : Un témoignage en faveur de la puissance de la grâce, sur l’indissolubilité du mariage et le débat sur les divorcés remariés civilement et les sacrements.
Cet article prenait la défense de l’enseignement irréformable de l’Eglise selon lequel un mariage sacramentel, ratifié et consommé ne peut être dissous par aucune puissance sur cette terre, tandis que les personnes divorcées qui ont contracté une union civile ne peuvent recevoir ni le sacrement de pénitence ni la sainte communion sans une véritable repentance et l’amendement de leur vie. Cet article de Müller indique clairement son inquiétude à propos de la direction qu’allait prendre le synode, dès ce stade très précoce.
Bien évidemment, le cardinal Reinhardt Marx, président de la Conférence épiscopale d’Allemagne et membre du G9 du pape François a déclaré que le cardinal Müller ne serait pas en mesure « d’arrêter le débat » ; au synode « tout allait être discuté », et à ce moment-là il « n’était pas possible de savoir quel seraient les résultats du débat ».
Il s’agit là d’indicatiosn très précoces montrant que la question de la Sainte Communion pour les divorcés remariés était déjà à l’ordre du jour du synode.
Si un doute subsistait à ce sujet, il a disparu le 20 février 2014 lorsque le cardinal Kasper s’est adressé au consistoire des cardinaux qui avait été réuni dans le but précis de préparer le synode à venir. Dans son allocution il a plaidé pour que les divorcés remariés puissent communiquer sans amender leur vie au préalable, et il a proposé des justifications potentielles au secours de cette pratique. Il dit également ne pas exclure que « le dernier mot serait donné au synode, en accord avec le pape ».
Nombre de comptes-rendus indiquent qu’il y eut une forte opposition à la proposition de Kasper de la part des autres cardinaux présents. Le cardinal Ruini, vicaire émérite de Rome, assure, dit-on, que 85 pour cent des cardinaux présents ont pris le contre-pied de la proposition de Kasper.
Celui-ci eut la possibilité de répondre à ceux qui l’avaient critiqué et il a d’emblée dit clairement qu’il n’agissait pas seul ni de sa propre initiative. Il dit au consistoire sa reconnaissance à l’égard  du Saint-Père, qui lui avait fait confiance en le chargeant de ce rapport. Le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, déclarait alors à la presse que le Saint-Père avait dit aux cardinaux que le problème de la communion pour les divorcés remariés devait être abordé sans « casuistique ». Le père Lombardi poursuivit en déclarant que l’allocution de Kasper était en « grande harmonie » avec les paroles du pape.
Le lendemain, le pape François devait faire l’éloge appuyé de l’allocution du cardinal Kasper. Il dit :
« Hier, avant de m’endormir, mais non en vue de m’endormir, j’ai lu ou plutôt relu les remarques du cardinal Kasper. Je voudrais le remercier car j’y ai trouvé une théologie profonde, et des pensées de théologie sereine. Cela m’a fait du bien et j’ai eu une idée – et pardonnez-moi si je vous mets mal à l’aise, Eminence, mais l’idée est celle-ci : c’est ce qui s’appelle faire de la théologie à genoux. Merci. Merci… »
Lorsque l’allocution du cardinal Kasper fut publiée sous forme de livre un mois plus tard ces paroles du pape furent publiées sous forme d’approbation sur la quatrième de couverture.
Cependant, si le cardinal Kasper espérait que le soutien public du pape allait empêcher que ses propositions ne rencontrent une forte opposition, il se trompait lourdement.
Au cours des semaines et des mois qui suivirent nombre de publications d’importance allaient prendre de front ses propositions ; la plus significative d’entre elles était un livre cosigné par cinq cardinaux et quatre autres universitaires. Le livre : Demeurer dans la Vérité du Christ, mariage et communion dans l’Eglise catholique, réfutait de manière systématique les arguments mis en avant par le cardinal Kasper.
Kasper lui-même mena une intense campagne en faveur de sa position, donnant de nombreuses et longues interviews aussi bien à des religieux qu’aux médias.
Tout au long de cette période il a clairement affirmé qu’il agissait en accord avec le pape.
Par exemple, le 26 septembre 2014, quelques jours avant l’ouverture du synode, Kasper accorda une interview à Il Mattino où il déclarait :
« Je suis en accord avec lui sur tout. Il était d’accord. Que peut faire un cardinal, sinon être avec le pape ? »
Un peu plus loin, il confirmait de nouveau :
« J’étais d’accord avec le pape, je lui ai parlé deux fois. Il s’est montré content. »
Le Saint-Père lui-même a donné une claire indication de sa propre vision des choses. Dans une interview accordée à un journal argentin peu avant le synode on lui posa une question à propos de Demeurer dans la vérité du Christ. Le journaliste lui demandé si ce livre était pour lui source de « préoccupation », assurant que ce livre était – je cite – « critique quant à vos positions ».
Le Saint-Père ne rejeta pas la suggestion selon laquelle il était en accord avec le cardinal Kasper ; il répondit plutôt : « Chacun a quelque chose à apporter. J’ai même plaisir à débattre avec les évêques très conservateurs, mais bien formés sur le plan intellectuel. »
Il poursuivit :
« Le monde a changé et l’Eglise elle-même ne peut s’enfermer dans des interprétations supposées des dogmes. »
Lors de son sermon d’ouverture du synode le pape François dénonça « les mauvais pasteurs qui font peser des fardeaux insupportables sur les épaules des autres, alors qu’ils ne bougent pas un petit doigt pour les soulever ». Et de poursuivre encore : « Les assemblées synodales ne sont pas faites pour discuter d’idées belles et intelligents, ni pour voir qui est le plus intelligent. »
La première session du Synode se tint le lundi 6 octobre et très rapidement il devint évident que les événements se déroulaient conformément à un ordre du jour préétabli.
De fait, nous avions été mis en garde à ce propos. Le 20 septembre le journaliste Marco Tossati écrivait dans La Stampa qu’un cardinal resté anonyme avait expliqué de quelle manière le synode allait être manipulé en vue d’obtenir le changement de l’enseignement de l’Eglise sur la question de la communion pour les divorcés remariés.
Tosatti donnait les trois éléments de ce plan.
Premièrement : s’assurer que toutes les interventions écrites soient soumises bien à l’avance. C’était déjà fait au moment où l’article de Tosatti a été publié.
Deuxièmement : lire tous les présentations avec attention pour pouvoir s’assurer qu’avant une intervention jugée « problématique » il y eût toujours un autre père synodal pour parler au préalable et répondre aux points qui allaient être soulevés.
Troisièmement, empêcher certains pères synodaux de parler au motif qu’ils avaient dépassé leur temps de parole.
Nous ne savons pas exactement ce qui a été dit dans la salle du synode, car pour la première fois dans l’histoire récente des synodes, les interventions des Pères synodaux restèrent secrètes. Toute communication entre les Pères synodaux et le public se faisait par le truchement de conférences de presse quotidiennes et par des points presse organisés par la salle de presse du Saint-Siège. Des membres de l’équipe Voice of the Family  ont assisté à chacun de ces rendez-vous. Nous sommes tous pleinement d’accord avec l’affirmation du cardinal Burke selon laquelle l’information été manipulée de manière à mettre l’accent sur une seule position, au lieu de rapporter fidèlement les diverses positions qui avaient été exprimées.
Cette manipulation s’est le plus évidemment manifestée dans la relatio post disceptationem publiée à mi-parcours du Synode. Ce document d’étape, supposément basé que les interventions des Pères synodaux, était, pour reprendre les mots du cardinal George Pell, « tendancieux et faussé », et pour reprendre ceux du cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban, le document était « pour ainsi dire irrattrapable », il « ne correspond en rien à ce que nous disons ».
Ce rapport d’étape à clairement montré que le but des radicaux n’était pas simplement de faire accéder un certain groupe à la communion, mais plutôt de lancer une attaque portant sur l’ensemble de l’édifice de l’Eglise sur les questions de la vie du mariage et de la famille. Faire une analyse complète de ce document dépasse le cadre de cette présentation, mais la situation a été bien résumée par le cardinal Burke :
« Le synode s’est retrouvé entre en train de s’occuper, d’une manière confuse et parfois erronée, de pratiques qui contredisent l’enseignement constant de l’Eglise et sa pratique à l’égard du mariage sacrement du mariage. Je me réfère à des pratiques qui donneraient accès aux sacrements à ceux qui vivent dans un état public d’adultère, et qui justifieraient, d’une certaine manière, la cohabitation conjugale en dehors du sacrement de mariage, et les relations sexuelles entre les personnes de même sexe. »
Il décrivit le rapport d’étape comme « un manifeste, une sorte d’incitation à aborder une nouvelle manière des questions fondamentales de la sexualité humaine au sein de l’Église ».
 Le cardinal George Pell exprimait un point de vue semblable lorsqu’il a expliqué qu’il y avait des éléments radicaux au sein de la hiérarchie qui utilisaient la question de la communion pour les divorcés remariés comme un « cheval de Troie ». Ce qu’ils recherchaient vraiment, dit le cardinal Pell, c’est l’acceptation de la cohabitation et de l’union de couples de même sexe.
Il ne faut pas s’étonner dès lors si les médias du monde entier ont qualifié ce document de « révolution » à l’intérieur de l’Eglise.
Il y eut cependant une opposition significative à ce document parmi de nombreux pères synodaux et cela s’est manifesté lorsque les pères se sont réunis en petits groupes pour discuter autour du texte. Chacun de ces petits groupes devait produire un rapport demandant que des amendements soient apportés.
Le matin du jeudi 16 octobre le cardinal Baldisseri a annoncé que les rapports de ces petits groupes ne seraient pas publiés, ce qui constituait une nouvelle rupture par rapport à la pratique antérieure. Son annonce a provoqué un tollé au sein de la salle du synode. Les comptes-rendus indiquent qu’un nombre significatif de Pères synodaux, conduits par le cardinal Pell, demandaient que les rapports soient publiés, ce qui a été accordé dit-on, par un hochement de tête du Saint-Père après quelque quinze minutes.
Le cardinal Burke a expliqué combien la publication de ces rapports était nécessaire : « Il était essentiel que le public puisse connaître, à travers la publication de ce rapport, que la relatio est un document qui comporte de graves irrégularités et n’exprime pas de manière correcte l’enseignement et la discipline de l’Eglise et même, sous certains aspects, elle propage l’erreur doctrinale et une approche pastorale fausse. »
La publication des rapports des petits groupes a permis d’assurer le report d’amendement significatifs dans le texte du rapport final du Synode. La relatio synodi finale contient de nombreuses réaffirmations de l’enseignement catholique sur une partie des questions clef, mais pas sur toutes.
Ainsi le rapport d’étape déclarait que « les unions entre personnes de même sexe ne peuvent pas être mises sur le même pied que le mariage entre l’homme et la femme ». Cette déclaration pouvait évidemment être interprétée comme voulant dire qu’il y avait au moins une manière de les considérer comme légitimes.
Le rapport final d’un autre côté, cite l’enseignement antérieur de l’Eglise lorsqu’il dit qu’« il n’y a absolument aucune raison pouvant justifier que l’on considère les unions homosexuelles comme ressemblant de quelque façon que ce soit, fût-ce par une analogie lointaine, au plan de Dieu pour le mariage et la famille ».
Bien que ces modifications soient évidemment très positives Voice of the Family considère que les deux document son essentiellement entachés des mêmes problèmes de fond et que la relation synodi, bien qu’améliorée, demeure inacceptable.
Nous savons, parce que le cardinal Baldisseri l’a confirmé, que le Saint-Père a lu et approuvé tous les documents produits à toutes les étapes du processus synodal.
Le synode extraordinaire sur la famille s’est achevé le samedi 18 octobre dans son allocution finale au Pères synodaux le pape François a condamné ce qu’il a pu appeler :
« La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire vouloir s’enfermer dans ce qui est écrit (la lettre) et ne pas se laisser surprendre par Dieu, par le Dieu des surprises (l’esprit) ; à l’intérieur de la loi, de la certitude de ce que nous connaissons et non pas de ce que nous devons encore apprendre et atteindre. Depuis l’époque de Jésus c’est la tentation des zélés, des scrupuleux, des attentifs et de ceux qu’on appelle – aujourd’hui – “traditionalistes” et aussi des intellectualistes. »
Il critiquait ensuite les défauts de ceux qu’on appelle les progressistes et libéraux, qu’il accusait de panser les plaies sans d’abord les guérir et de traiter les symptômes et non pas les causes et la racine des problèmes des gens. Mais il revenait ensuite sur ceux qui, je cite, « transforment le pain en pierre et le jette contre les pêcheurs, des faibles, les malades, en le transformant en fardeau insupportable ».
Il est compréhensible, vu le contexte de ces remarques et le contenu des débats au cours du Synode, que de nombreuses personnes aient pu interpréter les paroles du Saint-Père comme une critique à l’égard de ceux qui défendent la doctrine catholique face à la menace du plan radical mis en avant par le cardinal Kasper et d’autres prélats de haut rang.
Je conclus en citant cette courte réflexion du cardinal Burke lors d’une interview donnée au Catholic News Service après la fin du synode : « En peu de temps combien sommes-nous descendu, combien nous sommes-nous éloignés de la vérité de notre foi et de la vérité de la loi morale dans la société en général. Mais le fait que cette que ce type de questions soient aujourd’hui sérieusement en discussion au sein de l’Église devrait nous choquer tous, et nous éveillé à la nécessité, aujourd’hui, de donner un témoignage héroïque de la vérité et de l’indissolubilité du mariage face aux attaques qui émanent de l’intérieur de l’Eglise elle-même. »
Il poursuivait : « Le fait même que matières aient fait l’objet de discussions et aient été remises en question par les présidents de conférences épiscopales, par les chefs des dicastères de la Curie romaine, et par d’autres personnes spécialement nommés par le Saint-Père pour le synode, a été la cause d’une confusion terrible et pourrait même induire les fidèles en erreur à l’égard de renseignements sur le mariage et à l’égard d’autres renseignements. Depuis la fin du Synode la confusion au sein de l’Église ne fait que se renforcer et les menaces contre la famille se sont étendues. »
Matthew McCusker
(Traduction : Jeanne Smits.)

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