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Conférence de Mgr Fellay à Washington

publié dans regards sur le monde le 1 février 2016



Mgr Fellay entouré de M. l’abbé Pierre Duverger et de M. James Vogel

Conférence de Mgr Fellay à l’occasion de la
Marche pour la vie de Washington – 21 janvier 2016

 

A l’occasion de la Marche pour la vie de Washington (Etats-Unis), à laquelle il participait le 22 janvier 2016, Mgr Bernard Fellay a donné, la veille au soir, une conférence de presse sur le thème de la famille. En présence d’environ 200 personnes et suivi, en temps réel, sur Internet dans le monde entier, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a répondu aux questions de James Vogel, responsable de la maison d’édition du district des Etats-Unis, Angelus Press.

DICI propose à ses lecteurs la traduction française des propos les plus significatifs tenus par Mgr Fellay, lors de cette conférence. Il y est question de l’avortement, de la situation de l’Eglise, des relations entre la Fraternité Saint-Pie X avec Rome et avec le pape François.

La Marche pour la vie

Mgr Fellay dans la délégation FSSPX de la marche pour la vie de Washington

« Ce n’est pas une affaire nationale. C’est un combat mondial. Nous devons défendre les innocents, et cette bataille pour la défense des innocents n’est qu’une partie d’un très grand combat. (…)

« Ce qui est vraiment impressionnant, c’est de voir que cela se passe partout, dans tous les pays. Certains appellent cela ‘le progrès’, ils prétendent faire de belles choses alors qu’ils sont juste en train de détruire l’humanité. Et ils commencent cette destruction de la nature humaine au tout début de l’être humain, dans le propre ventre des futures mères. (…)

« Bien sûr, nous devons défendre ces innocents. Voilà pourquoi je suis ici, pour encourager tous ceux qui se sont impliqués dans ce grand combat. » [1]

Confusion dans l’Eglise

« Il y a un mot qui résume bien la situation de l’Eglise, c’est celui de confusion. Et le dernier synode sur la famille a été l’expression de cette confusion. Ce qui s’est passé autour du document final du synode est tout à fait caractéristique (…) Cela a abouti à un texte ambigu et au bout du compte, on ne sait pas quoi faire, quoi penser. Je crois que nous n’avons jamais été à ce degré de confusion dans l’Eglise. Plusieurs évêques progressistes ont exprimé des choses invraisemblables sur des notions fondamentales de morale, et ils n’ont pas du tout été repris par l’autorité qui les a laissé faire. A côté de cela, il y a des cardinaux, des évêques qui se sont dressés contre eux, ouvertement, publiquement. Cela aussi, c’est nouveau. Et nous pouvons nourrir l’espoir que c’est le début d’une vraie réaction, – mais il est grand temps ! »

Des évêques contre des évêques

« Cette situation me rappelle le message de La Salette. La Très Sainte Vierge Marie a annoncé des temps difficiles pour l’Eglise : des évêques contre des évêques, des cardinaux contre des cardinaux. Et si vous regardez l’histoire de l’Eglise, jusqu’à maintenant, vous ne trouvez pas de pareille situation.

« C’est vraiment tragique. Comment les fidèles peuvent-ils s’y retrouver ? Et même si aujourd’hui, le Saint Père venait à publier un document clair et précis, ce serait trop tard. Le mal est fait. Quand quelque chose est cassé, pour le réparer, cela demande beaucoup plus d’effort. C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. »

La juridiction accordée aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour confesser

« Ce n’est pas juste une délégation de pouvoir, c’est un pouvoir ordinaire d’entendre les confessions. En temps normal, ce pouvoir est accordé au prêtre par l’évêque. Mais, dans le cas présent, nous l’avons reçu directement du pape. C’est très rare mais il peut le faire.

(…) Et cela implique aussi, nécessairement, que toutes les sanctions qui pesaient sur les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, sont levées. Les sanctions et la permission de confesser ne pourraient aller de pair, ce serait absurde. »

Les relations avec Rome

« Cela peut sembler difficile à comprendre, car le pape fait tant de reproches aux personnes qui insistent sur la doctrine, qui ne veulent pas que les choses changent… Mais il n’y a absolument aucun doute que le pape est personnellement impliqué dans notre dossier.

« Il nous connaît très bien et la façon dont il se comporte nous oblige à penser qu’il éprouve de la sympathie à notre égard… Cela peut sembler contradictoire ! Personnellement, je pensais vraiment que nous allions de nouveau être condamnés par Rome, mais c’est le contraire qui arrive. »

Le pape François et la Fraternité Saint-Pie X

« Il nous connaît depuis l’Argentine. Nous avons été en relation avec lui car nous avions des soucis administratifs. En Argentine, un concordat permet aux prêtres étrangers d’obtenir un permis de séjour à la condition que l’évêque du lieu l’accepte. Ce qui est, en soi, tout à fait normal. Evidemment, nous avions un problème avec un évêque local qui ne voulait pas de notre présence. Nous aurions pu demander une reconnaissance directement à l’Etat argentin, mais il en était hors de question : nous sommes catholiques et nous ne voulions pas être traités comme une secte. Alors, le supérieur de district d’Amérique du Sud a rencontré le cardinal Bergoglio pour lui exposer le problème. Sa réponse a été très claire : ‘vous êtes catholiques, c’est évident, vous n’êtes pas schismatiques ; je vais vous aider.’ Et il l’a fait ! Il a pris contact avec Rome, il a écrit une lettre en notre faveur au gouvernement qui, dans le même temps, recevait une missive de la nonciature disant exactement le contraire ! Et nous étions dans cette situation lorsqu’il a été élu pape.

« On lui a offert la biographie de Mgr Lefebvre, il l’a lue deux fois ! Ce qui ne se fait pas si l’on ne s’intéresse pas à ce sujet.

« Il dit souvent publiquement qu’il ne faut pas se renfermer sur soi, qu’il ne faut pas rester entre nous mais prendre soin de ‘la périphérie’, etc. Et il voit que c’est exactement ce que nous faisons. Nous allons chercher les âmes là où elles se trouvent, nous essayons de les aider, et je suis à peu près sûr que le pape voit tout cela et qu’il en est satisfait. Peut-être qu’il n’est pas content de tout ce que nous faisons, mais de cet aspect-là, oui.

En Argentine, il a dit à nos prêtres ceci : ‘si vous voulez que vos enfants perdent la foi, envoyez-les dans les écoles du diocèse !’ Ce qui veut dire qu’il a parfaitement conscience de ce qui se passe. Il sait qu’il y a de gros problèmes dans l’Eglise, même s’il n’en parle pas beaucoup.

« Parfois, en l’observant, nous sommes perdus. Personnellement, je n’ai pas toutes les réponses, j’observe juste les éléments de sa personnalité. Il est inclassable, il est impossible de le placer dans une catégorie, il est tellement imprévisible. Mais, au bout du compte, en tant que pape, il a personnellement réglé notre situation en Argentine. (Voir communiqué de la MG du 13 avril 2015)

« La Fraternité Saint-Pie X a une relation étroite avec lui, un accès direct à lui, ce qui peut sembler fou dans la situation actuelle.

La régularisation canonique de la Fraternité Saint-Pie X ?

« Il est impossible de vous dire ce qui va se passer demain. Est-ce que nous allons être reconnus ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Pourquoi ? A cause de la situation de l’Eglise ! A Rome même, certains veulent notre mort. Ils veulent que nous soyons condamnés ! Qui va l’emporter ? Le pape ou les autres ? Je suis navré de vous dire que je ne sais pas.

« Mais nous n’allons pas être paralysés par cette situation. Nous savons ce que nous avons à faire, alors nous continuons. Nous admettons que si certains éléments étaient acquis, comme la régularisation canonique, ce serait mieux. Il y a des discussions, il y a eu de nouvelles propositions, mais nous savons que nous avons des ennemis au sein du Vatican. Ce n’est pas nouveau.

« Nous demandons au Seigneur de nous éclairer sur sa Volonté parce que c’est cela qui compte : la Volonté de Dieu, la divine Providence. Jusqu’à maintenant, Dieu nous a protégés et il n’y a pas de raison pour que cela change dans l’avenir. »

Sources : FSSPX/USA, traduit de l’anglais – DICI n°329 du 29/01/16

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13 avril 2015 – Argentine : L’Etat argentin reconnaît
administrativement la Fraternité Saint-Pie X

 

Le quotidien argentin Clarin, daté du 12 avril 2015, a annoncé la décision du Secrétaire du culte, Guillermo R. Oliveri, parue au Bulletin Officiel de la République Argentine le 9 avril 2015, – décision selon laquelle la Fraternité Saint-Pie X était reconnue en Argentine comme personne juridique et qu’elle était inscrite au Registre des Instituts de Vie consacrée où figurent les ordres et les congrégations religieuses catholiques, présents en Argentine.

Cette décision a été rendue possible, entre autres formalités à remplir, par une lettre de l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Aurelio Poli, adressée au Secrétariat du culte et accompagnant la démarche entreprise par les autorités de la Fraternité auprès de ce Secrétariat, depuis 2011. Cette lettre où l’archevêque de Buenos Aires « demande que la ‘Fraternité des apôtres de Jésus et Marie’ (Fraternité Saint-Pie X) soit considérée, jusqu’à ce qu’un cadre juridique définitif lui soit accordé dans l’Eglise universelle, comme si elle était une association de droit diocésain », est une condition nécessaire à remplir par toutes les congrégations religieuses catholiques en Argentine.

Le document du cardinal Poli n’a pas de portée canonique, car il ne saurait se substituer à l’autorité romaine qui seule peut régler le statut canonique de la Fraternité. Il ne s’agit que d’une démarche permettant une décision administrative de l’Etat argentin, en attendant « qu’un cadre juridique définitif soit accordé (à la Fraternité) dans l’Eglise universelle ».

Il faut savoir qu’en Argentine, l’apostolat des congrégations religieuses catholiques ne peut s’exercer que dans un cadre administratif et juridique conditionné par l’inscription au Registre des Instituts de vie consacrée, après avis de l’autorité ecclésiastique.

Le fait que le cardinal Poli ait succédé au cardinal Bergoglio sur le siège archiépiscopal de Buenos Aires peut faire légitimement penser que cette décision n’a pas été prise sans concertation avec le pape François. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une démarche strictement administrative dans le contexte propre à la République Argentine.

Sources : FSSPX-MG/Clarin/BO Rép. Arg. – DICI du 13/04/15

 

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13 avril 2015 – Argentine : L’Etat argentin reconnaît administrativement la Fraternité Saint-Pie X

L’archevêque de Buenos Aires demande aux autorités argentines que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-Xsoit considérée comme une association diocésaine de fidèles.

 

À la demande du cardinal Mario Poli, archevêque de Buenos Aires, le ministère argentin des cultes a, le 17 mars dernier, inscrit la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) sur le registre des instituts de vie consacrée catholiques. En Argentine, le catholicisme bénéficie en effet d’un statut protégé par la Constitution et toute entité se disant catholique doit obtenir une reconnaissance de l’Église, les congrégations religieuses devant se faire inscrire sur un registre spécial pour pouvoir agir. C’est ce qu’a permis le cardinal Poli, selon le Bulletin officiel de la République argentine du jeudi 9 avril, en demandant de considérer la FSSPX comme une association de fidèles de droit diocésain, alors que, pour l’Église, elle est officiellement dissoute depuis 1975…

 

« C’est un geste unique qui dépasse toutes les avancées faites par Benoît XVI »

« C’est un geste unique qui dépasse toutes les avancées faites par Benoît XVI », commente un juriste argentin sur le blog traditionalisteAdelante la Fe qui estime qu’un tel geste n’a pu être posé sans l’aval de Rome. D’autant plus que le cardinal Poli est le propre successeur du pape à la tête du diocèse de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio ayant déjà, dans le passé, aidé la FSSPX à obtenir des visas pour son séminaire.

À Rome, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, chargée du dialogue avec les lefebvristes, s’est dit hier« heureux que cette solution en Argentine a pu être trouvée », tout en précisant qu’elle « n’implique pas le Saint-Siège »« Il ne s’agit pas d’une reconnaissance juridique de la FSSPX comme société cléricale, a-t-il ajouté sur le site Vatican InsiderLa question de la légitimité de l’exercice du ministère sacerdotal de leurs prêtres reste ouverte. L’archevêque de Buenos Aires a reconnu que ses membres sont catholiques, même si pas encore en pleine communion avec Rome. »

 

« On ne négocie pas la foi »

« Le pape désire la réconciliation, mais il appartient à ceux qui sont séparés de l’Église de retrouver la pleine communion avec le successeur de Pierre », confiait récemment à La Croix le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et président de la commission Ecclesia Dei« Nous faisons tout ce qui est possible, ajoutait-il. Mais les conditions pour une pleine communion avec Rome sont les mêmes pour tous les baptisés : la foi, les sacrements, la reconnaissance de l’autorité du pape. » En clair : le Préambule doctrinal proposé en 2011 à la FSSPX est toujours sur la table, mais n’est pas négociable« On ne négocie pas la foi », met en garde le cardinal Müller.

De son côté, la FSSPX soulignait hier que la décision argentine n’avait rien de « canonique », voyant dans le soutien apporté par le cardinal Poli aux démarches qu’elle a entreprises en 2011 pour sa reconnaissance un acte « local » qui ne préjuge pas d’un éventuel statut que seul Rome pourra lui accorder.

Récemment, elle rappelait d’ailleurs que, si les discussions ne sont pas rompues avec Rome, les récentes rencontres informelles entre ses membres et des évêques mandatés par la commission Ecclesia Dei, – dont Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, en février aux États-Unis – « manifestent toujours plus clairement les divergences doctrinales ».

Nicolas Senèze

Source : La Croix du 13 avril 2015

 

 

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