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Un livre à lire!

publié dans regards sur le monde le 19 septembre 2016


 

Les fondements philosophiques de la démocratie moderne

de Maxence Hecquard

 

Un Commentaire de Floris de Bonneville

Journaliste
Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma 

 

À l’heure où chacun fourbit ses armes en vue des présidentielles, où les grands (et moins grands) partis hésitent sur celui (ou celle) qui incarnera leur projet, dans une bataille dont le champ a rarement été aussi embrouillé et l’issue aussi incertaine, quand les socialistes sont accusés de faire le jeu du grand capital et les libéraux d’asservir la France à l’Empire américain, il est urgent de prendre le temps de réfléchir. Je vous propose une lecture certes exigeante mais récréative en ce qu’elle jette une nouvelle lumière sur les événements.

Le livre de Maxence Hecquard sur Les Fondements philosophiques de la démocratie moderne permet d’y voir plus clair, car il donne de précieuses clés de lecture. La 3e édition, très enrichie, de cet ouvrage de référence analyse les concepts et les valeurs de notre démocratie à partir des textes des grands penseurs anciens et modernes. Dans une rare synthèse, l’auteur explique la cohérence remarquable de ce système en évolution permanente. Que la démocratie soit percluse de contradictions, qu’elle n’existe pas vraiment puisque tous conviennent que le peuple est incapable de gouverner ne constituent un problème qu’apparent. En effet, la démocratie est beaucoup plus qu’une question politique. Elle correspond à une vision du monde, à ce qu’on appelait autrefois une métaphysique. Hecquard montre qu’il s’agit de celle d’Épicure et de Lucrèce reprise par les Lumières et validée « scientifiquement » par Darwin. De là, cette « philosophie générale » est exclusive.

Elle élimine systématiquement tout ce qui reste du despotisme de l’Ancien Régime, tout ce qui se réfère à un soi-disant ordre de la nature. Au moyen d’une révolution sémantique méconnue, la démocratie substitue aux « communautés naturelles » d’Aristote (famille, nation) des créations purement juridiques destinées à évoluer rapidement.

L’auteur explique que la seule obligation morale véritable est la démocratie elle-même, condition ultime du progrès de l’espèce humaine. Il montre encore que le concept d’une Société des nations, c’est-à-dire le projet mondialiste et cosmopolite d’une démocratie planétaire, a été pensé dès le XIVe siècle par le légiste Pierre Dubois et repris régulièrement depuis, jusqu’à Kant sous la Révolution française, en passant par Sully et Castel de Saint-Pierre. Or, comme l’a souligné Rousseau, ce projet ne peut être réalisé que par la guerre puisque le despotisme ne peut être renversé que par la violence. Voilà qui explique les guerres occidentales au Moyen-Orient ou en Libye. La démocratie est donc congénitalement violente et totalitaire. Elle est, de même, congénitalement libérale puisque, l’esprit et la matière étant la même chose pour Épicure, le seul bien commun de nos sociétés est matériel. Mieux : l’égalité matérielle elle-même constitue la réalisation concrète de la démocratie. Voilà qui explique que les débats de nos sociétés sont désormais essentiellement économiques et que libéralisme et socialisme finissent par converger dans la réalisation de cet idéal.

À lire et à relire pour ceux qui pensent et ceux qui agissent.

 

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Voir sur le même sujet, la pensée de l’Église sur ce thème de la Démocratie Moderne dans :

ITEM, rubrique la doctrine politique du 7 septembre 2016 sous le tire: « Pie IX et la démocratie moderne ». Sujet capital s’il en est.

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