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Vers la Paix en Syrie.

publié dans regards sur le monde le 9 janvier 2017


Meeting with Defence Minister Sergei Shoigu and Foreign Minister Sergei Lavrov
Le cœur de ces accords se situe dans l’axe Moscou-Ankara qui en est garant. Des accords signés à la barbe de la coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis, suite à la victoire, à la fois diplomatique et militaire de la Russie, et à la défaite de la coalition américaine. La trêve en Syrie annoncée hier par Vladimir Poutine est actuellement rentrée dans les faits. Les parties en conflit en Syrie sont parvenues à signer trois accords: le premier concerne le cessez-le-feu, le deuxième prévoit les moyens du contrôle de celui-ci et le troisième annonce des négociations de paix qui se tiendront à Astana au Kazakhstan entre la Russie, la Turquie et l’Iran; la  Russie et la Turquie étant garantes des accords.
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Moscou et Damas en position de force face à une opposition qui fond comme neige au soleil
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Cet accord intervient alors que Moscou et Damas, qui fêtent leur victoire sur le terrain, sont en position de force avec la libération d’Alep. Une victoire qui est en parallèle une cuisante défaite pour la coalition arabo-occidentale menée par les USA, coalition qui n’a pourtant pas ménagé son soutien diplomatique et logistique aux islamistes d’Alep-est. Une victoire qui a fortement démobilisé l’opposition syrienne qui œuvrait pour les Américains et leurs alliés d’Israël, de pays arabes et de l’Union européenne. Ladite opposition armée, battue à plate couture en dépit du soutien intensif de la coalition arabo-occidentale, a vu une partie de ses troupes rejoindre l’armée syrienne suite aux opérations de réconciliation et de recrutement du gouvernement de Bachar el-Assad. En d’autres termes, les troupes de cette opposition ont habilement été débauchées et ramenées dans le giron de l’armée nationale.
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L’axe Moscou Ankara
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Par ailleurs la Russie a habilement dévoyé la Turquie de son alliance otanesque avec les USA en raison du soutien condamné par Ankara des USA aux kurdes armés en Syrie et en Irak. Le président Poutine, toujours attentif aux intérêts de la Russie reste ainsi fidèle aux accords internationaux qui a rangé depuis longtemps la branche armée du PKK parmi les organisations terroristes. Ceci alors que la Turquie a été durement frappée par les attentats kurdes ces derniers mois.
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L’accord le plus solide de la guerre
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Du fait de la victoire de la coalition syro-russe et de la défaite de la coalition arabo-occidentale,cet accord est fondé sur les bases les plus solides jamais obtenues au cours du conflit syrien qui a débuté suite au Printemps arabe en 2011.

Tous les groupes rebelles, qui n’ont pas été catalogués par l’ONU parmi les groupes terroristes, sont inclus dans cet accord de cessez-le-feu. La partie kurde armée émanation du PKK communiste et le Hezbollah chiite sont donc exclus de cet accord, ainsi que les groupes terroristes islamiques sunnites que sont l’État islamique et Fatah al-Cham, ex-Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), qui opèrent actuellement dans la partie du pays non encore libérée.

L’accord concerne, par contre, sept groupes armés représentant 62 000 djihadistes qui ont signé la trêve. Parmi eux, Feylak al-Cham, Jaich al-Islam, Souvar agi-Cham, Jaych al-Mujahidin, Jaych Idlib et Jabhat Ach-Chamiyah.

Le cas du groupe terroriste Ahrar al-Cham semble controversé. La Russie avait proposé à l’ONU de l’ajouter à la liste des groupes terroristes, mais les USA avaient opposé leur veto. De ce fait ce groupe a été invité, semble-t-il, à la table des négociations russes. Il s’agit en réalité d’un des groupes les plus cruels de l’opposition prétendue modérée, l’un des groupes battus à Alep sur le terrain autour duquel gravitaient les officiers des armées occidentales dont la liste a été dévoilée à l’ONU par l’ambassadeur de Syrie. La Russie confirme que ce groupe a signé le cessez-le-feu, mais  celui-ci l’a démenti jeudi soir.

Ce matin, le cessez-le-feu est globalement respecté selon des sources tant en provenance de l’armée syrienne que de l’opposition.

Réduction de la présence militaire russe en Syrie

Le président Poutine a par ailleurs annoncé une « réduction » de la présence militaire russe dans le pays, comme il l’avait déjà fait lors de la victoire de Palmyre. Mais jamais encore depuis 1991, ni même depuis son entrée dans le conflit syrien, la Russie n’avait autant imposé son leadership sur la scène internationale:

« Je suis d’accord avec la proposition du ministère de la Défense sur une réduction de notre présence militaire en Syrie », a-t-il indiqué tout en soulignant que la Russie allait « poursuivre absolument la lutte contre le terrorisme international » et « soutenir le gouvernement légitime syrien » dans cette lutte.

« Un événement s’est passé il y a quelques heures. Non seulement nous l’avons attendu depuis longtemps, mais aussi nous avons beaucoup travaillé pour s’en approcher », a-t-il déclaré jeudi lors d’un colloque avec ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères.

« Trois documents ont été signés: le premier est entre le gouvernement syrien et l’opposition armée sur le cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien », a-t-il indiqué, en précisant que le deuxième portait sur la mise en place de mesures visant à contrôler le respect de la trêve.

« Le troisième document est une déclaration de la volonté (des parties au conflit, ndlr) de lancer des négociations de paix sur le règlement syrien », a souligné le président russe.

Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a précisé que « les forces principales de l’opposition armée » représentant 62.000 rebelles armés, ont signé l’accord de cessez-le-feu avec les autorités de Damas.

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a pour sa part annoncé: « Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre à Astana » sur le règlement du conflit syrien qui se tiendra prochainement dans la capitale du Kazakhstan, à l’initiative de la Russie, cependant qu’Ankara et Téhéran ont affiché leur volonté d’être avec Moscou les garants d’un éventuel accord de paix entre le pouvoir syrien et l’opposition qui pourrait être conclu lors de ces pourparlers d’Astana et dont la présente signature de la trêve semble être le prologue.

Avec la fin du régime de Barack Obama aux États-unis, et l’arrivée le 20 janvier aux commandes du pays de Donald Trump, la paix en Syrie a les plus grandes chances d’aboutir cette fois-ci. Reste à savoir jusqu’à quel point les néo-conservateurs et autres faucons démocrates, très favorables à la guerre sur le terrain et à la guerre froide avec la Russie, arriveront à brouiller les cartes du pouvoir américain.

emiliedefresne@medias-presse.info

 

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