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Analyse du document liturgique de Paul VI: Institutio generalis Missalis romani (1)

publié dans nouvelles de chrétienté le 22 juillet 2020


Les 50 ans de la nouvelle messe : l’Institutio generalis Missalis romani (1)

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PROVENANCE: FSSPX.NEWS

Le 3 avril 1969, Paul VI publiait la Constitution apostolique Missale Romanum. Celle-ci promulguait l’Institutio generalis Missalis Romani – Institution générale du Missel Romain (IGMR) – qui accompagnait la nouvelle messe, le Novus Ordo Missæ (NOM).

Le texte de la constitution rappelle que la messe romaine remonte à saint Grégoire le Grand. Il explique que la réforme de la messe répond aux décisions du concile Vatican II. Cette réforme, poursuit le texte, est le résultat d’un long et patient travail de recherche et d’élaboration.La constitution indique quels sont les changements introduits et promulgue l’IGMR ainsi que le nouvel Ordo Missæ. Ces deux documents entreront en vigueur le 30 novembre 1969, premier dimanche de l’Avent. Avant d’aborder le texte de la nouvelle messe, il est important d’étudier cette Institutio generalis. 

Un texte de présentation de la nouvelle messe  ?

L’IGMR a été préparée par le Consilium, mais a reçu du pape le caractère et l’autorité d’un document pontifical. Elle comprend 341 articles qui décrivent et expliquent minutieusement les nouveaux rites, en même temps qu’ils donnent les principes théoriques et pratiques de la célébration eucharistique.

En mai 1970, à l’occasion de la parution de la première édition typique du nouveau missel, des changements plus ou moins notables seront apportés au texte du NOM, mais surtout au texte de l’IGMR, dont certains articles sont fortement remaniés. La version de 1970 comporte une substantielle préface, destinée à pallier les graves insuffisances de la précédente édition.

Le 5 septembre 1970, la Congrégation pour le Culte divin – qui avait absorbé le Consilium à sa création, avec pour secrétaire Mgr Annibale Bugnini – publiait une longue Instruction pour l’application de la Constitution sur la Liturgie.

En 2000, une nouvelle version de l’IGMR sera publiée. Elle sera ajoutée à la nouvelle édition typique du NOM, le 22 février 2002, augmentée de 46 articles.

Une question préjudicielle se pose : quelle est la valeur de l’IGMR ? La question est légitime, d’une part parce qu’il faut connaître quelle est son autorité pour mieux en apprécier l’importance, et d’autre part parce que plusieurs auteurs ont varié quant à la valeur à lui donner.

Au début, Mgr Bugnini affirma sans sourciller : « Il s’agit des principes théologiques, des normes pastorales et rubricales pour la célébration de la messe 1 ».

Cependant, face aux critiques, la Congrégation pour le Culte divin sembla revenir sur la valeur théologique de cette « Présentation 2 ». Mais une fois l’orage passé, elle la réaffirma : « La théologie et la discipline des sacrements ont été clairement exposés dans les Prænotanda des divers rituels récemment publiés. Pour la messe, l’IGMR est un exposé développé concernant l’Eucharistie 3 ».

De son côté, le pape Paul VI déclara : « Le nouveau missel est précédé d’une Présentation générale (Institutio generalis) qui n’est pas un simple recueil de rubriques, mais bien une synthèse des principes théologiques, ascétiques et pastoraux indispensables tant pour la connaissance doctrinale que pour la célébration, la catéchèse et la pastorale de la messe 4 ». Dont acte.

De profondes et graves lacunes

Ce texte, qui prétend fournir une synthèse théologique sur la messe, est clairement erroné et insuffisant. En effet, il manifeste une conception protestantisante de la sainte messe. Que l’on en juge.

La transsubstantiation 

L’IGMR ne contient pas une seule mention de la transsubstantiation. Il n’est jamais question de la présence réelle. Il est certes souvent fait mention de la « présence » de Notre-Seigneur ou de ses mystères, mais le flou est entretenu entre cette présence de Jésus dans la parole de Dieu, dans l’Eucharistie ou parmi les chrétiens rassemblés. Ainsi :

N° 1. « C’est dans cette célébration que les mystères de la Rédemption sont commémorés de telle sorte qu’ils sont rendus présents d’une certaine façon ». Cette formulation cache en fait une conception théologique particulière.

N° 9. « Lorsqu’on lit dans l’Eglise la sainte Ecriture, c’est Dieu lui-même qui parle à son peuple, et c’est le Christ, présent dans sa parole, qui annonce son Evangile. »

N° 28. « Lorsque le chant d’entrée est fini, le prêtre et toute l’assemblée font le signe de la croix. Ensuite, le prêtre, en saluant la communauté rassemblée, lui manifeste la présence du Seigneur. »

N° 33. « Car dans les lectures Dieu adresse la parole à son peuple, il découvre le mystère de la rédemption et du salut et il présente une nourriture spirituelle ; et le Christ lui-même est là, présent par sa parole, au milieu des fidèles. »

N° 35. « Il faut accorder la plus grande vénération à la lecture évangélique. La liturgie elle-même nous l’enseigne puisqu’elle la distingue des autres lectures par des honneurs spéciaux, de la part du ministre (…) ; de la part des fidèles qui par leurs acclamations reconnaissent et professent que le Christ y est présent et leur parle, et qui écoutent sa lecture debout. »

N° 48. « La dernière Cène, où le Christ institua le mémorial de sa mort et de sa résurrection, est sans cesse rendu présente dans l’Eglise lorsque le prêtre, représentant le Christ Seigneur, fait cela même que le Seigneur lui-même a fait et qu’il a confié à ses disciples pour le faire en mémoire de lui. »

N° 60. « [Quand le prêtre] célèbre l’Eucharistie, il doit servir Dieu et le peuple avec dignité et humilité et, par sa manière de se comporter et de prononcer les paroles divines, suggérer aux fidèles une présence vivante du Christ. »

N° 259. « L’autel, où le sacrifice de la croix est rendu présent sous les signes sacramentels, est aussi la table du Seigneur à laquelle, dans la messe, le peuple de Dieu est invité à participer ; il est aussi le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie. » C’est le seul article de l’édition de 1969 où apparaît le « sacrifice de la croix ». Mais pour ajouter aussitôt que c’est la table du banquet et le centre de l’action de grâces.

En 1786, le synode de Pistoie omit le terme de transsubstantiation dans la présentation de la doctrine de la foi relative à la consécration, et s’en tint à la présence réelle, véritable et substantielle du Christ sous les espèces. Il fut condamné pour cela comme « pernicieux, dérogeant à l’exposition de la vérité catholique touchant le dogme de la transsubstantiation, favorisant l’hérésie. » (DzS 2629). Le texte de 1969 de l’Institutio ne parle même pas de présence réelle ! Ces deux termes – transsubstantiation et présence réelle – seront ajoutés dans le préambule dont l’Institutio sera munie dans son édition de 1970 (aux n° 3 et 7).

Le fameux N° 7 

Le chapitre décrivant la « structure générale de la messe » s’ouvre par un article qui ressemble à une définition : « La messe ou Cène du Seigneur est une synaxe sacrée, c’est-à-dire le rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence du prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C’est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Eglise réalise de façon éminente la promesse du Christ : “Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux” (Mt 18, 20) ».

Cette définition a fait réagir la partie saine du peuple catholique, justement choquée par l’ambiguïté entretenue sur la présence de Notre Seigneur, qui apparaît ici comme spirituelle, mais aussi par le rapprochement du protestantisme dont le vocabulaire est repris. Ainsi des termes tels que : « assemblée », « peuple de Dieu », « repas du Seigneur » et surtout « mémorial du Seigneur ». Enfin, ce qui est patent, c’est l’absence du mot « sacrifice », ou du mot « propitiation 5 ». Il est certain que cet article n°7, s’il prétend donner une définition de la messe, est absolument contraire au concile de Trente.

Les auteurs de ce forfait ont tenté d’esquiver les critiques en niant qu’il s’agisse d’une définition proprement dite. Au terme de la XIIe session plénière du Consilium où furent étudiées les objections faites à cet article, Bugnini a écrit : « Les Pères [cardinaux et évêques, membres du Consilium] ont considéré certaines difficultés qui se sont manifestées récemment au sujet de certains points de l’IGMR. Ils ont rappelé que l’Institutio generalis n’est pas un texte dogmatique, mais plutôt une pure et simple exposition des règles qui ordonnent la célébration eucharistique ; elle ne cherche pas à donner une définition de la messe, mais seulement à présenter une description du rite. Ce qu’est la messe d’un point de vue théologique, peut être inféré de certains paragraphes de l’Institutio, et cela est aussi bien connu de tous par les traités de théologie et les documents pontificaux à caractère doctrinal 6 ».

Cette explication est un subterfuge : l’Institutio contient clairement des principes dogmatiques, comme en témoignent tous ses protagonistes, Paul VI compris. Et même s’il ne s’agit pas d’une définition essentielle, cet article 7 demeure inacceptable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il fut corrigé dans la nouvelle édition, tandis que le Préambule de 1970 réintroduisait les notions scandaleusement absentes.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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