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L’abdication catholique (I)

publié dans regards sur le monde le 10 mars 2010


Cet article de Jean Madiran sur notre France d’aujourd’hui, exprimée dans Présent du mercredi 3 mars 2010, est peut-être la plus belle analyse que j’ai lue sur la situation présente tant politique que religieuse de notre pays . Je partage totalement cette analyse. J’apprécie tout particulièrement son dernier paragraphe. La réforme liturgique issue du Concile Vatican II n’est pas sans conséquence sur la politique. Elle est la raison de l’abdication catholque, de l’abdication épiscopale: « Dire « présider une eucharistie » à la place de « célébrer le saint sacrifice », c’est une abdication de la foi, source de toutes les autres abdications ».

On n’en finira pas d’analyser les conséquences de cette réforme liturgique.

 

 Les élections vont être l’émanation d’une société sans Dieu ; une société
sans foi ni loi.

Sans foi en ce sens que si certains citoyens ont encore diverses croyances religieuses, la vie politique et sociale se déroule laïquement comme si Dieu n’existait pas.

Sans loi en ce sens qu’aucune loi morale, c’est-à-dire supérieure aux consciences individuelles ou collectives, n’est plus reconnue.

Alors le résultat des élections pourra bien être plutôt ceci ou plutôt cela, il ne pourra éviter d’être surtout l’émanation d’une société qui n’a plus de Dieu.

 

La droite et la gauche se disputent parce qu’on ne peut s’asseoir à plusieurs sur un seul siège : les élections demeurent en tant que possibilité
d’une alternance plus ou moins rapide aux postes de pouvoir, d’influence
et de profit. Mais aujourd’hui la gauche et la droite ont fini par avoir en commun une même « culture de gouvernement », une culture de mort qui a pris la place de Dieu et de la loi naturelle. On sait bien ce qu’est « la gauche », tandis que « la droite » reste une notion confuse et vaine que j’avais essayé, mais en vain, de rendre plus claire dans mon La droite et la gauche.

Droite et gauche ont désormais une culture commune d’acceptation du
stade ultime qu’atteint maintenant la déstructuration générale, elle va
de l’avortement au mariage homo en passant par le déchaînement sexuel
obligatoirement enseigné aux enfants des écoles.

 

 L’enfermement bétonné dans une même culture de mort se manifeste à
l’Assemblée nationale par des votes unanimes, souvent sur l’initiative de
« la droite », en faveur du prosélytisme homosexuel, de la propagande
obsessionnelle pour l’avortement, de la décomposition et recomposition
capricieuses des familles, de la disparition programmée des Français
de souche par le métissage systématique des ethnies et des religions.

Cet enfermement culturel s’est progressivement parachevé au cours des trente-cinq dernières années.

En 1975, « la droite » Giscard- Chirac-Veil, pour faire passer l’avortement, avait besoin d’un renfort de la gauche et aussi de la bienveillance clandestine de l’épiscopat (sur ce dernier point, voir les révélations
de Simone Veil et d’Israël Nisand dans Rémi Fontaine, pages
133-135 de son Livre noir).

Trente-cinq ans plus tard, on en est venu à une Eglise de France qui
accueille solennellement à la table de communion les auteurs et complices
du « droit à l’avortement », le 11 janvier 2010, aux obsèques de Philippe
Séguin.

 

 Depuis le 11 janvier 2010, nous n’arrêtons pas de méditer la portée
de cet énorme festival de profanations, retransmis à la télévision, présidé
par le président de notre épiscopat. Ce n’était point accidentel. Aucun
repentir ne s’est exprimé depuis lors, aucune réparation liturgique
n’a été célébrée. On mesure le chemin parcouru depuis 1975, l’abdication
ecclésiastique n’éprouve même plus le besoin de se cacher.

 

 La subversion a compris, elle le manifeste sans retenue, qu’à six ou
sept ans il est déjà trop tard pour implanter un respect égal de toutes
les « orientations » sexuelles. L’éducation à la culture de mort sait maintenant qu’elle arrive trop tard après le premier Notre Père et le premier Je vous salue appris sur les genoux maternels. Elle prépare donc, dans les esprits et dans les réglementations, la prise en main des enfants
par l’Etat à partir de deux ou trois ans. En face, l’abdication catholique
est d’ergoter dans un langage qui n’est pas le sien au lieu de parler
au nom de Dieu et de sa loi. Mais les écoles catholiques sont devenues
« catholiques non confessionnelles ». Et la montée de l’islam est accueillie
par des sourires. Ne dites pas que ceci n’a rien à voir avec cela. Ceci,
cela et le reste ont en commun de rencontrer partout la même abdication.

 

 La variation du langage nous avertissait. Tout un clergé et son Cardinal, au lieu de célébrer « le saint sacrifice de la messe », s’étaient mis le dimanche à « présider une eucharistie ». Certes, l’eucharistie est un sacrement administré à la messe, en soi ce n’est pas un mensonge. Mais remplacer l’un par l’autre, dire « présider une eucharistie » à la place de « célébrer le saint sacrifice », c’est une abdication de la foi, source de toutes les autres abdications. Une abdication de la foi non pas, peut-être, en son
acte intérieur, que Dieu seul connaît et juge ; mais dans son acte extérieur,
qui en est gravement estompé. Ainsi, nous avions été prévenus.
JEAN MADIRAN
.

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