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Le sacerdoce catholique. Septième conférence

publié dans la doctrine catholique le 3 décembre 2010


Septième Conférence.

Domus salutis (4)

Le mystère de la Rédemption. Œuvre d’amour de Dieu.

La Révélation nous dit, ce que nous n’aurions pu imaginer, ni même oser soupçonner, que pour nous sauver, Dieu s’est rendu notre égal, qu’il s’est fait homme. C’est, nous venons de le voir, ce que saint Paul appelle le « mystère de la piété ».

Mais le mystère de la Rédemption dit plus que cela encore. Comme nous avions offensé, par le péché originel, péché de nature qui se transmet à tous par génération, une majesté infinie, Dieu, et que nous n’aurions jamais pu égaler la réparation à l’outrage, Dieu s’est substitué à nous, en souffrant dans la nature humaine qu’il a prise, s’est constitué notre rançon, a satisfait pour nous et nous a rendu l’héritage perdu par notre faute. Voilà la volonté salvifique qui décrète qu’une personne divine prendra notre humanité afin de souffrir et d’expier pour nous : voilà l’incarnation rédemptrice. Un Homme-Dieu se fait victime pour racheter les hommes. Un Homme-Dieu souffre, satisfait, mérite pour ses créatures. Quel mystère ! Voilà ce qui émerveillait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus…Le Fils de Dieu consent à faire de son existence sur la terre un sacrifice continuel. Sa vie est fondée sur son sacrifice. Ainsi de son Eglise. Elle est basée sur le sacrifice. Elle s’origine en son sacrifice. Ainsi du sacerdoce. Il est fondé sur le sacrifice. Ainsi de toute sainteté sacerdotale.

Notre Evangile est cela, n’est que cela : un mystère d’amour, un mystère de mal, un mystère de triomphe. Un mystère du mal qui se dresse contre Dieu. Un mystère d’amour qui terrasse le mal et triomphe de lui par le sacrifice.

Notre Evangile est cela : il nous montre la malice du mal parce qu’il nous fait voir la justice divine demander au Christ innocent, l’effrayante rançon de la croix. Il se fait victime pour nous,

Notre Evangile est cela : l’annonce de la victoire du Christ sur le mal et donc la gloire possédée de nouveau par la Vie Eternelle gagnée par le sang de la Victime : Jésus.
————————————–

saint Grignon de Montfort

Il faut se souvenir des considérations enflammées de saint Grignon de Montfort dans son ouvrage : l’amour de la Sagesse éternelle, en son chapitre 6 : Les désirs empressés que la divine Sagesse a de se donner aux hommes.

« 64. Il y a une si grande liaison d’amitié entre la Sagesse éternelle et l’homme, qu’elle est incompréhensible. La Sagesse est pour l’homme, et l’homme pour la Sagesse. Thesaurus infinitus hominibus: c’est un trésor infini pour les hommes, et non pour les anges ou pour les autres créatures.
Cette amitié de la Sagesse pour l’homme vient de ce qu’il est, dans sa création, l’abrégé de ses merveilles, son petit et son grand monde, son image vivante et son lieutenant sur la terre. Et, depuis que, par l’excès de l’amour qu’elle lui portait, elle s’est rendue semblable à lui en se faisant homme, et s’est livrée à la mort pour le sauver, elle l’aime comme son frère, son ami, son disciple, son élève, le prix de son sang et le cohéritier de son royaume, en sorte qu’on lui fait une violence infinie lorsqu’on lui refuse ou on lui arrache le coeur d’un homme.

………….
[2. L'Incarnation, la mort et l'Eucharistie]

70. Enfin la Sagesse éternelle, pour s’approcher de plus près des hommes et leur témoigner plus sensiblement son amour, est allée jusqu’à se faire homme, jusqu’à devenir enfant, jusqu’à devenir pauvre et jusqu’à mourir pour eux sur la croix.
Combien de fois s’est-elle écriée, lorsqu’elle vivait sur la terre: « Venez à moi, venez tous à moi; c’est moi, ne craignez rien; pourquoi craignez-vous? Je suis semblable à vous; je vous aime. Est-ce parce que vous êtes pécheurs? Eh! c’est eux que je cherche; je suis l’amie des pécheurs. Est-ce parce que vous vous êtes égarés du bercail par votre faute? Eh! je suis le Bon Pasteur. Est-ce parce que êtes chargés de péchés, couverts d’ordures, accablés de tristesse? Eh! c’est justement pourquoi vous devez venir à moi; car je vous déchargerai, je vous purifierai, je vous consolerai. »
71. Voulant d’un côté montrer son amour pour l’homme jusqu’à mourir en sa place afin de le sauver, et ne pouvant de l’autre se résoudre à quitter l’homme, elle trouve un secret admirable pour mourir et pour vivre tout à la fois, et demeurer avec l’homme jusqu’à la fin des siècles: c’est l’invention amoureuse de l’Eucharistie; et pour venir à bout de contenter son amour en ce mystère, elle ne fait point de difficulté de changer et renverser toute la nature.
Si elle ne se cache pas sous [l']éclat d’un diamant ou autre pierre précieuse, c’est qu’elle ne veut pas seulement demeurer extérieurement avec l’homme: mais elle se cache sous l’apparence d’un petit morceau de pain, qui est la nourriture propre de l’homme, afin que, étant mangée de l’homme, elle entrât jusqu’en son coeur pour y prendre ses délices: Ardenter amantium hoc est. « O Deum vere prodigum sui prae desiderio hominis! O Sagesse éternelle, dit un saint, ô Dieu vraiment prodigue de lui-même par le désir qu’il a de l’homme. »
[3. Ingratitude de ceux qui refusent]
72. Si nous ne sommes pas touchés des désirs empressés, des recherches amoureuses et des témoignages d’amitié de cette aimable Sagesse, quelle est notre dureté et notre ingratitude?
Mais si, au lieu de l’écouter, nous lui fermons l’oreille; si, au lieu de la chercher, nous la fuyons; si, au lieu de l’honorer, de l’aimer, nous la méprisons et l’offensons, quelle est notre cruauté, et quel sera notre châtiment, même dès ce monde! « Ceux, dit le Saint-Esprit, qui ne se sont pas mis en peine d’acquérir la Sagesse non seulement sont tombés dans l’ignorance du bien mais ils ont encore laissé aux hommes des marques de leur folie, sans que leurs fautes aient pu demeurer cachées: Sapientiam enim praetereuntes, non tantum in hoc lapsi sunt ut ignorarent bona, sed et insipientiae suae reliquierunt hominibus memoriam, ut in his quae peccaverunt, nec latere potuissent. » Sap 10. [Sg 10,8]
Fin de cette longue citation.
.
La rédemption comme satisfaction. Mystère de Charité

« Pour réparer le péché mortel, d’une manière condigne, il faut une personne d’une dignité infinie ».

Voici l’argument de saint Thomas :

Il est bien certain que le péché par de nombreux côtés reste toujours fini. Ne serait-ce parce qu’il procède de facultés finies et limités, celles de l’homme.
Mais pour apprécier le dommage, l’offense, il faut considérer, non pas précisément l’acte et le sujet, mais la dignité de la personne qu’on offense. L’offense est proportionnée à la valeur de la personne offensée, à sa dignité. Si la dignité est infinie, l’offense est infinie.
C’est ici que vaut l’adage : « honor est in honorante, injuria in injuriato », l’honneur se mesure à la personne qui honore et l’offense à la personne offensée.
L’honneur se tire de la personne qui honore. L’offense se tire de la dignité de la personne offensée.
Or quelle est la dignité lésée par le péché originel ? C’est Dieu d’une dignité, d’une majesté infinie. Le péché, dit saint Thomas, parce qu’il est commis contre Dieu, a une certaine infinité, à cause de l’infinité de la majesté divine ; l’offense est d’autant plus grave que l’offensé est plus digne (III 1 2 ad 2)

Cette vérité établie, il devient manifeste qu’une créature ne sera jamais capable d’égaler la réparation à l’outrage.

Nous avons dit tout de suite que l’honneur est proportionné à celui qui honore. Dès lors, l’honneur d’un homme, quelle que soit sa sainteté, ne sera jamais de taille d’une offense infinie. Toutes les saintetés accumulées, tous les martyrs sont radicalement et à jamais incapables d’expier un seul péché mortel. N’oublions pas que l’offense contre Dieu est absolument d’un ordre transcendant parce qu’elle se mesure à la personne offensée et participe de son infinité. Et Dieu est toujours dans un ordre supérieur à l’ordre créé parce qu’il est infini. L’offense reste dans un ordre transcendant parce qu’elle est infinie tandis que les satisfactions des créatures, même les plus parfaites, restent limitées.

Il reste donc désormais acquis qu’il faut pour réparer l’offense infinie une personne d’une dignité infinie.

Mais cela ne suffit pas. Car Dieu, restant en lui-même, peut bien pardonner et remettre l’injure infinie – Il est libre et ne relève de personne, que de lui-même – Mais il ne saurait satisfaire. Pourquoi ? Parce que les satisfactions, les réparations, les excuses, les honneurs, s’adressent à un supérieur et Dieu ne relève que de lui-même. Il faut donc qu’une personne d’une dignité infinie prenne une nature créée, dépendante, soumise à un maître. Dès lors parce qu’il y aura nature inférieure, les actes pourront aller à un supérieur. Parce qu’il y aura personne infinie et que toutes les actions appartiennent à la personne, les satisfactions et les mérites auront une infinie valeur. (Il ne faut pas oublier que les droits, les devoirs, les actes et les actions sont attribuées à la personne mais seulement en raison, au titre de sa nature considérée en elle-même. Les droits et les devoirs se diversifient donc selon la diversité des natures. Ainsi dans la Trinité où Trois personnes divines subsistent consubstantiellement dans une seule et même nature, il n’y a qu’un droit indivisible.)
Dans le Verbe incarné où la même personne subsiste en deux natures, il y a diversité de droits et de devoirs. En tant que nature divine, la personne du Verbe ne peut rendre aucun devoir religieux à la sainte Trinité ; mais en tant que subsistant dans la nature humaine, la personne du Verbe endosse ses devoirs, et, comme inférieure, peut et doit adorer. Elle put au même titre, offrir à Dieu des réparations. Celles-ci maintenant seront égales à l’offense. Mesurée à la dignité infinie de la personne outragée, l’offense est infinie, mesurée à la dignité infinie de la personne divine qui répare, la satisfaction est infinie. Il y a donc payement rigoureux et total : la réparation, enfin, est de condigno.

Ainsi il fallait un Dieu-Homme pour réparer le péché des hommes.

Dès lors NSJC a offert à Dieu, à notre place, une véritable satisfaction pour tous nos péchés. Restant innocent, toujours agréable à son Père, Jésus-Christ a soldé pour nous et gratuitement la rançon due à la justice divine à cause de nos péchés, semblable à un bienfaiteur libéral payant pour ses sujets la dette qu’il n’a jamais contractée lui-même. Le Rédempteur a pris sur lui la peine de nos fautes, sans en avoir jamais encouru ni accepté la souillure, et il a offert une réparation égale, supérieure même, à l’offense faite à Dieu pour tous les crimes du genre humain.

S’il n’y a pas à ce sujet de définition explicite et formelle, le dogme est équivalemment affirmé dans les symboles de foi et les allusions des conciles.

C’est pour nous, hommes et pour notre salut, dit le symbole de Nicée, que Jésus Christ est descendu des cieux, s’est incarné, s’est fait homme et a souffert.

L’Eglise nous fait chanter cette profession de foi dans la formule définitive après les conciles de Constantinople, d’Ephèse et de Chalcédoine : Pour nous hommes et pour notre salut, Jésus-Christ est descendu des cieux, s’est incarné par la vertu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme. C’est pour nous aussi qu’il a été crucifié, sous Ponce Pilate (Session 6 c. 7 concile de Trente) Les pères d’Ephèse déclarent que Jésus-Christ est le pontife de notre religion et qu’il s’est offert pour nous à Dieu le Père comme une victime de suave odeur. Le Concile de Trente ajoute : « Lorsque nous étions ennemis, le Christ, à cause de l’immense charité dont il nous a aimés, nous a mérité la justification par sa très sainte Passion sur l’arbre de la Croix et a offert une satisfaction pour nous à Dieu le Père : Pro nobis Deo Patri satisfecit » Denzinger 86.

Le serviteur souffrant d’Isaïe

C’est là qu’il faut citer ce très beau et émouvant passage de l’Ecriture Sainte, le Serviteur souffrant d’Isaïe. C’est le chapitre 53 :

1 Qui a cru ce que nous avons entendu, et à qui le bras de Dieu a-t-il été révélé?
2 Il s’est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau ; comme un rejeton gui sort d’une terre desséchée; il n’avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour.
3 Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n’en faisions aucun cas.
4 Vraiment c’était nos maladies qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié.
5 Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
6 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie ; et Dieu a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.
7 On le maltraite, et lui se soumet et n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’ouvre point la bouche.
8 Il a été enlevé par l’oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu’il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple?
9 On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu’il n’a pas commis d’injustice, et qu’il n’y a pas de fraude dans sa bouche.
10 Il a plu à Dieu de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de Dieu prospérera dans ses mains ».

Dans cette belle description, nous trouvons toute la satisfaction que le Christ a offerte pour le rachat de nos péchés. On peut mesurer également la charité qui animait le coeur douloureux de Jésus, lui l’innocence même, s’offre à l’expiation et s’offre en rançon pour notre salut.

Le mystère de la rédemption. La surabondance des satisfactions. Une surabondance d’amour.

Les témoignages de l’Ecriture sainte sont catégoriques. Saint Jean a posé le principe : Jésus est une victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier : 1 Jn 2 2. Saint Paul s’est plu à faire ressortir les supériorités de la Rédemption sur la faute : il y avait abondance du côté du péché, il y a surabondance du côté de la grâce. Pour que ces paroles soient vraies dans toute leur plénitude, et par rapport à Dieu et par rapport à l’homme, il faut que la Rédemption apporte aux hommes plus de bien que la chute ne leur a fait de mal et rende à Dieu plus d’honneur que le péché ne lui a fait d’injure.

Voici la pensée de saint Thomas ! III 48 2

« Satisfaire, c’est offrir à l’offensé quelques chose de tellement parfait que celui-ci l’estime et l’aime autant et même plus qu’il ne déteste l’offense. Eh bien Jésus en s’immolant par obéissance et par amour, a offert à Dieu cette compensation excellente : il a donné plus que n’exigeait la réparation pour les crimes du genre humain tout entier. D’abord à cause de sa charité : elle était portée au degré suprême et tellement héroïque qu’à elle seule déjà et sans la passion, elle honorait Dieu bien plus que le péché ne peut l’injurier. Ensuite à cause de la dignité de la valeur que possède la vie du Christ, offerte comme satisfaction pour nous : c’est la vie d’un Dieu-Homme, de quelqu’un qui, à raison de sa nature humaine, peut offrir à la Trinité comme à un supérieur des réparations et des hommages et dans lequel la personne divine confère à tous les actes une infinie valeur. En troisième lieu, à cause de l’universalité de sa passion et de la grandeur de ses souffrances, car Jésus a souffert de toutes les manières et sa douleur surpasse toutes les autres douleurs ».

Donc la raison fondamentale est celle tirée de l’union hypostatique : c’est la satisfaction d’un Dieu-Homme ; donc elle est infinie ; donc elle est surabondance.
Telle est la vérité catholique : Le catéchisme du Concile de Trente l’a condensée en quelques mots, pleins et concis cette doctrine: « La satisfaction payée à Dieu par Jésus-Christ, pour nos péchés, est complète, entière, parfaite de tous points, non moins qu’admirable ».

Donc le Rédempteur a, par ses satisfactions, payé à Dieu toutes nos dettes, et plus encore, il est manifeste que nous lui appartenons comme son vrai bien, que nous sommes véritablement sa conquête. Il a un droit réel à ce que le juge nous pardonne, quoique nous ne puissions invoquer nous-mêmes aucun titre personnel pour que le bienfait nous soit appliqué. Voilà comment se rencontre la justice et la miséricorde : c’est justice que le Christ soit écouté et ses satisfaction agréées ; c’est miséricorde qu’il nous communique ses trésors satisfactoires.

La liturgie céleste : le sacrifice de la cour céleste

Je peux maintenant comprendre beaucoup mieux cette liturgie céleste qui s’exerce toute à l’honneur de celui qui est sur le trône et à l’Agneau :

Chapitre 4
1 Après cela, je vis, et voici qu’une porte était ouverte dans le ciel, et la première voix que j’avais entendue, comme le son d’une trompette qui me parlait, dit « Monte ici, et je te montrerai ce qui doit arriver dans la suite.  »
2 Aussitôt je fus ravi en esprit; et voici qu’un trône était dressé dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis.
3 Celui qui était assis avait un aspect semblable à la pierre de jaspe et de sardoine ; et ce trône était entouré d’un arc-en-ciel, d’une apparence semblable à l’émeraude.
4 Autour du trône étaient vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, avec des couronnes d’or sur leurs têtes.
5 Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres; et sept lampes ardentes brûlent devant le trône : ce sont les sept Esprits de Dieu.
6 En face du trône, il y a comme une mer de verre semblable à du cristal ; et devant le trône et autour du trône, quatre animaux remplis d’yeux devant et derrière.
7 Le premier animal ressemble à un lion, le second à un jeune taureau, le troisième a comme la face d’un homme, et le quatrième ressemble à un aigle qui vole.
8 Ces quatre animaux ont chacun six ailes ; ils sont couverts d’yeux tout à l’entour et au dedans, et ils ne cessent jour et nuit de dire :  » Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui vient !  »
9 Quand les animaux rendent gloire, honneur et actions de grâces à Celui qui est assis sur le trône, à Celui qui vit aux siècles des siècles,
10 les vingt-quatre vieillards se prosternent devant Celui qui est assis sur le trône, et adorent Celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant
11  » Vous êtes digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur, et la puissance, car c’est vous qui avez créé toutes choses, et c’est à cause de votre volonté qu’elles ont eu l’existence et qu’elles ont été créées.

Chapitre 5
1 Puis je vis dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, et scellé de sept sceaux.
2 Et je vis un ange puissant qui criait d’une voix forte  » Qui est digne d’ouvrir le livre et de rompre les sceaux?  »
3 Et personne ni dans le ciel, ni sur la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder.
4 Et moi je pleurais beaucoup de ce qu’il ne se trouvait personne qui fût digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder.
5 Alors un des vieillards me dit :  » Ne pleure point; voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu, de manière à pouvoir ouvrir le livre et ses sept sceaux.  »
6 Et je vis, et voici qu’au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards,
7 un Agneau était debout: il semblait avoir été immolé; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et reçut le livre de la main droite de Celui qui était assis sur le trône.
8 Quand il eut reçu le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.
9 Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant :  » Vous êtes digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux; car vous avez été immolé et vous avez racheté pour Dieu, par votre sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ;
10 et vous les avez faits rois et prêtres, et ils régneront sur la terre.  »
11 Puis je vis, et j’entendis autour du trône, autour des animaux et des vieillards, la voix d’une multitude d’anges, et leur nombre était des myriades et des milliers de milliers.
12 Ils disaient d’une voix forte :  » L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction.  »
13 Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, et toutes les choses qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient :  » A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles!  »
14 Et les quatre animaux disaient :  » Amen !  » Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent [Celui qui vit aux siècles des siècles].

Je peux aussi mieux comprendre et chanter ici le « Benedictus » de Zacharie.

J’apprécierai d’autant mieux cette satisfaction du Christ que je comprendrai le zèle qu’il mit à l’accomplir.

Voici comment Dom Marmion explique ce mystère de la Passion et entre en ce mystère :
« La Passion marque le point culminant de l’œuvre qu’il vient réaliser ici-bas ; pour Jésus, c’est l’œuvre où il consomme le sacrifice qui doit donner une gloire infinie à son Père, racheter l’humanité, et rouvrir aux hommes les sources de la vie éternelle. Aussi NSJC qui s’est livré tout entier au bon plaisir de son Père, depuis le premier moment de son Incarnation, désire-t-il ardemment voir arriver ce qu’il appelle son heure (Jn 13 1), l’heure par excellence. « Je dois être baptisé d’un baptême, le baptême de sang – et quelle angoisse me presse jusqu’à ce qu’il soit accompli ». Il tarde à Jésus de voir sonner l’heure où il pourra se plonger dans la souffrance et subir la mort pour nous donner la vie.
Certes, il ne veut pas la devancer cette heure ; Jésus est pleinement soumis à la volonté de son Père. Saint Jean note plus d’une fois que les Juifs ont taché de surprendre le Christ et de faire mourir ; toujours NSJC s’est échappé, même par miracle, « parce que son heure n’était pas venue. (Jn 7 30)
Mais quand elle sonne, le Christ se livre avec la plus grande ardeur, bien qu’il connaisse d’avance toutes les souffrances qui doivent atteindre son corps et son âme : »J’ai désiré d’un vif désir de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ma Passion » (Jn 8 20).

L’épître de saint Paul aux Ephésiens.

Un texte de la lettre de saint Paul aux Ephésiens résume les points essentiels que nous devons considérer dans ce mystère : « le Christ, dit-il, a aimé l’Eglise et s’est livré pour elle, afin de faire apparaître devant lui, une société glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais qui soit sainte et immaculée » (Eph 5 25-27)
Dans ces paroles est indiqué le mystère même de la Passion : -Jésus s’est livré en personne, semetipsum tradidit. Et qu’est-ce qui l’a poussé à se livrer? L’amour est la raison profonde du mystère : Dilexit ecclesiam. Et le fruit de cette oblation de tout lui-même par amour, c’est la sanctification de l’Eglise.
Saint Paul nous dit que le Christ a aimé l’Eglise…Le Christ a aimé cette Eglise qu’il s’est livré pour elle. C’est l’amour qui a commandé la Passion.

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