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« A Cana en Galilée, il manifesta sa gloire »

publié dans paroisse saint michel le 14 janvier 2011


Deuxième dimanche après l’Epiphanie

« A Cana en Galilée, il manifesta sa gloire »

Dans ce temps de l’Epiphanie, quand nous faisons attention aux lectures du bréviaire et du missel, nous constatons que nous sommes ballottés sans cesse du mystère de l’Epiphanie au mystère du baptême de Jésus et aux noces de Cana pour assister à son premier miracle. Autrement dit, alors que nous fêtons la fête de l’Epiphanie, la liturgie de l’Eglise met sous nos yeux déjà la fête du baptême de Jésus et les noces de Cana en Galilée.

C’est ainsi très clair dans l’antienne de Magnificat des deuxièmes Vêpres de la fête de l’Epiphanie. L’église fait dire au prêtre : « Trois prodiges ont marqués ce jour que nous honorons. Aujourd’hui l’étoile a conduit les mages à la crèche ; aujour’hui l’eau a été changé en vin au festin nuptial ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain, pour notre salut ». C’est aussi très clairement dit dans plusieurs « Répons » des Matines, celles par exemple du 12 janvier, nous ne sommes pas encore à la fête du baptême de Jésus et pourtant l’Eglise, dans sa liturgie, nous transporte déjà au baptême de Jésus au Jourdain par Jean Baptiste; « Hodié in Jordane baptizato Domino aperti sunt caeli et sicut columba super eum Spiritus mansit, et vox Patri intonuit : Hic est Filius meus dilectus in quo mihi bene complacuit… » alors que d’autres textes nous maintiennent auprès des Mages dans l’offrande de leurs présents. Vous constatez la même chose dans les « Répons » de la première lecture des Matines de la fête de l’Epiphanie qui reprend ce même texte.

Peut-on trouver une raison à cela, à ce qui pourrait nous paraître à première vue comme un « ambroglio » liturgique?

Oui ! C’est qu’il y a une profonde unité entre ces trois mystères, entre le mystère de l’Epiphanie, celui du baptême de Jésus par Jean Baptiste et le repas nuptial de Cana où Jésus accomplit devant ses disciples son premier miracle.

L’unité de ces trois récits, de ces trois moments, c’est que la divinité de Jésus est affirmée, tout autant que son humanité. Or, pour notre foi, rien n’est plus important. L’affirmation de la divinité de Jésus et de son humanité est fondamentale. Notre foi en dépend, notre attachement à NSJC en dépend. C’est cette foi en la divinité de NSJC qui a fait la sainteté des saints et la force des martyrs. On comprend alors que, dés le début de la vie de NSJC, l’Eglise veuille mettre devant les yeux de ses fidèles la chose extraordinaire, stupéfiante, formidable : c’est que cet enfant de la crèche n’est pas seulement un petit enfant, comme nous, mais qu’Il est « le Fils de Dieu ».
N’oubliez pas que c’est le second article de notre Credo. « Je crois en Dieu le Père tout puissant, Créateur du ciel et de la terre » et le deuxième article arrive aussitôt : « et en Jésus Christ, son Fils unique, Notre Seigneur ».

Or c’est précisément ce que confessent les Mages de l’Epiphanie. Ils confessent non seulement la royauté de l’enfant Jésus, mais aussi sa divinité. Par leur adoration, ils manifestent un culte de latrie du à Dieu seul. Par leur offrande, tout pareillement. Toute la Tradition patristique affirme que leurs offrandes sont hautement symboliques. Par la myrrhe, ils confessent  la nature mortelle de cet enfant, par l’or, ils confessent la royauté de Notre Seigneur, par l’encens, ils confessent sa divinité. C’est à la divinité qu’on offre l’encens. Leur attitude et leur offrande révèlent la raison de leur venue. Ayant vu son étoile en Orient, ils sont venus de l’orient l’adorer, adorer sa divinité, sa royauté.

Mais c’est également la signification du saint Baptême de Notre Seigneur par Jean. Souvenez-vous de la scène.
« Alors parut Jésus, venant de Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Jean s’en défendait en disant : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par vous, et vous venez à moi! ». Jésus lui répondit : « Laisse faire maintenant, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laissa faire. Jésus ayant été baptisé sortit aussitôt de l’eau, et voilà que les cieux s’ouvrirent pour lui, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voilà que des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances. » (Mt 3 13-17) Là, éclate au grand jour dès le début de la prédication de Jésus, sa divinité. Elle est manifestée par la parole du Père. Et elle manifeste en même temps la signification du baptême qu’instituera NSJC : celle de faire de celui qui le reçoit un enfant de Dieu ayant droit de participer un jour à la gloire du Père. Les « cieux » s’entrouvrirent….

Les paroles de Saint Jean Baptiste que nous a conservés Saint Jean , l »Apôtre, dans son Evangile sont également très clairs de ce mystère de la divinité de Jésus :

« Et voici le témoignage que rendit Jean : « Et Jean rendit témoignage en disant: « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s’est reposé sur lui. Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit: Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint. Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu. » Le lendemain, Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples. Et ayant regardé Jésus qui passait, il dit: « Voici l’Agneau de Dieu. »Les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus.

Voilà clairement affirmée la divinité de NSJC et la raison de sa venue : la rédemption et la sanctification de tous ceux qui croiront en Lui.

Et voilà encore la raison pour laquelle l’Eglise, dès le début du ministère public de Jésus, met devant nos yeux, ce premier miracle de Jésus. Et la conclusion de saint Jean est merveilleuse : « Et Jésus fit là le premier de ses miracles, à Cana de Galilée ; et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en Lui » (Jn 2 11)

Manifester aux fidèles, du moins leur rappeler, dès le début de l’année liturgique, i.e. dès la fête de l’Epiphanie, dès le baptême de Jésus, dès le repas de Cana, la nature de Celui en qui ils croient et qu’ils suivent : Ce Jésus de Nazareth qui a pour père putatif Joseph, n’est rien d’autre que « le Fils de Dieu, Dieu Lui-même ».

Et n’oubliez pas que nous trouvons dans cette profession de foi en la divinité de NSJC « des avançages immenses et merveilleux » (Catéchisme du Concile de Trente). Nous en avons une preuve dans cette parole de l’Apôtre Saint Jean : « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, demeurera en Lui, et lui en Dieu » (1 Jn 4 15). Etre avec Dieu, le Souverain Bien, le posséder éternellement dès ici bas et pour toujours : il faudrait être fou pour ne pas considérer, quelques instants, avec attention, cette affirmation. D’autant que NSJC Lui-même avait pris soin de nous en donner une autre, lorsqu’il avait proclamé d’une manière si éclatante le bonheur du prince des Apôtres : Pierre lui disant après sa confession de foi « Vous êtes le Fils de Dieu »: « Tu es heureux, Simon Fils de Jonas, car ce n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux ». C’est ici le fondement le plus solide de notre salut et de notre rédemption. Je veux dire que c’est dans cette profession de foi en la divinité de NSJC que se trouvent le salut et la rédemption.

Du salut nous en avions besoin, de la rédemption également. Souvenez-vous du péché originel et des conséquences du péché originel

« A peine Adam eut-il désobéi à Dieu et transgressé le précepte qui lui disait: « Tu peux manger de tous les fruits du jardin, mais ne touche pas à l’arbre de la science du bien et du mal ; car le jour où tu mangeras de son fruit tu mourras de mort »( gen 2 16 17) , aussitôt il perdit la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été créé, et lui-même devint sujet de « la colère et de l’indignation de Dieu », sujet de « mort dont Dieu l’avait auparavant menacé » et donc captif sous la puissance du Diable qui a l’empire de la mort . Quel état !
Mais il ne faut pas non plus oublier que ce péché et son châtiment ne se sont point arrêtés en Adam, mais qu’il a été, lui, comme la source et le principe qui les a fait passer justement à toute sa postérité. Dès lors étant tombé de si haut, et le péché ayant, en soi, une certaine infinité de malice, rien, les forces d’aucun homme, si parfait soit-il, parce que limité et fini, ne pouvaient le relever et le remettre dans son premier état. A ses malheurs, à sa ruine, il ne restait de remède que le Fils de Dieu Lui-même, avec sa Puissance infinie, sa divinité. Seul Il pouvait, en se revêtant de l’infirmité de notre chair, car c’est la nature humaine pécheresse qui devait réparer et satisfaire, seul il pouvait détruire la malice infinie du péché, et nous réconcilier avec Dieu dans son sacrifice.

Cette croyance, cette « confession » en l’Incarnation rédemptrice, en la divinité de NSJC, cette croyance au « Verbe de Dieu fait chair » a toujours été nécessaire aux hommes pour les conduire au salut.

C’est pourquoi Dieu a voulu le révéler dès le commencement: Au moment de la condamnation générale qui suivi de si prés le péché, Il fit briller l’espérance de la Rédemption dans les paroles dont Il se servit pour prédire au démon sa propre ruine, par la délivrance même de l’homme: « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta race et la sienne. Elle te brisera la tête, et toi tu chercheras à la blesser au talon. (Gen 3 15)
Et puis par la suite, Dieu confirma cette promesse. Il utilisa certains hommes à cet effet, les patriarches. Abraham, entre autres parmi les patriarches, reçut plusieurs fois de Dieu la révélation de ce mystère. Ce fut principalement à l’heure où il allait immoler son fils Isaac pour Lui obéir, qu’il Le connut clairement. Dieu lui dit en effet: « Puisque vous avez fait cela, et que vous n’avez point épargné votre fils unique, Je vous bénirai, et Je multiplierai votre race comme les étoiles et comme le sable qui est sur le bord de la mer. Votre postérité possédera les villes de vos ennemis, et toutes les nations de la terre seront bénies en votre race, parce que vous avez obéi à ma voix ». De telles paroles faisaient aisément conclure qu’un des descendants d’Abraham délivrerait un jour le genre humain de l’effroyable tyrannie de Satan, et lui apporterait le salut.

Or ce Libérateur annoncé ne pouvait être que « le Fils de Dieu », sorti, comme homme, de la race d’Abraham.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, dans sa liturgie, dès le début de l’année liturgique, l’Eglise ne cesse d’attirer notre attention sur Celui qui, de toute éternité, a été annoncé pour accomplir cette délivrance. Il est bien de la race d’Abraham, Il est bien de la race de David… D’où l’importance des généalogies que les Evangélistes nous donnent du Fils de Marie et de Joseph. Mais il est bien aussi le Fils de Dieu, le Tout Puissant. D’où aussi l’importance de ces récits évangéliques qui attestent sa divinité. Sa divinité est confessée par les Mages, lors de l’Epiphanie, attestée par le Père, lors du baptême au Jourdain, confirmée par son premier miracle devant ses disciples. Si vous ne croyez pas en mes paroles, dira un jour Jésus aux Juifs incrédules, croyez au moins aux actes que nul d’entre les humains n’a jamais pu faire : les miracles.
« Jésus fit là le premier de ses miracles, à Cana en Galilée ; et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui ». Cette foi leur valut la vie éternelle. Amen !

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