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Le mystère du Christ

publié dans paroisse saint michel le 4 janvier 2013


Fête de l’Epiphanie de NSJC
Le mystère du Christ

Le pape, dans son homélie du mercredi 2 janvier 2013, en cette année de la foi qui se poursuit, cherche à approfondir le mystère du Christ. Certes, il est l’enfant de Marie que les bergers vinrent adorer. Mais n’est-il que cela ? N’y a-t-il pas quelque chose de plus « dans son origine qui va au delà de cette grotte » ? Quelle est donc finalement son origine ? Est-il seulement le Fils de Marie ? La question de Pilate reste toujours actuelle : « d’où es-tu » ? (Jn 19 29). Jésus, laissant planer le mystère, dit un jour dans la Synagogue de Capharnaüm : « Je suis le pain descendu du ciel ». Les Juifs lui rétorquent: Mais tu es Jésus, le « fils de Joseph. Nous connaissons bien ton père et ta mère ». Alors comment peut-il dire : « Je suis descendu du ciel » ? » (Jn 6, 42).
« Certes Jésus est originaire de Nazareth, il est né à Bethléem, mais quelle est son origine véritable ? se demande le pape. Autrement dit : quelle est sa nature ? Quelle est la véritable identité du Christ ? Quel est son vrai mystère ?
Il affirme tout d’abord la Filiation divine de Jésus. : « Sa véritable origine est le Père » dit-il. Les quatre évangélistes l’affirment. « Il provient totalement de Lui », mais d’une manière bien différente de celle des prophètes qui l’ont précédé. Le mystère de Jésus, l’ange Gabriel nous le dévoile lorsqu’il dit à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur vous, et la puissance du Très-Haut vous prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35).
C’est notre Credo. Notre profession de foi nous fait dire « et incarnatus est de Spiritu Sancto, ex Maria Vergine », « par l’œuvre de l’Esprit Saint il s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie ».
« À cette phrase, dit le pape, nous nous agenouillons car le voile qui cachait Dieu est, pour ainsi dire, levé et son mystère insondable et inaccessible nous touche : Dieu devient l’Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». Du reste, lorsque la musique entoure ce mystère de l’Incarnation, elle « s’arrête en particulier sur cette phrase, presque comme pour chercher à exprimer par sa propre magnificence « le grand mystère de Dieu qui s’incarne, qui se fait homme ».
Je me permettrais de laisser un peu l’exposé du pape pour faire un petit rappel de notre foi sur cette filiation divine de NSJC. C’est tellement important
Il faut dire tout d’abord que Jésus est le Fils de Dieu consubstantiel au Père. Je m’inspire des paroles du RP Laisnay de Cheméré le Roi. Dès les temps apostolique la foi chrétienne a insisté sur la vraie incarnation du Fils de Dieu, « venu dans la chair » (cf. 1 Jn 4, 2-3 ; 2 Jn 7). Mais dès le troisième siècle, l’Église a dû affirmer contre Paul de Samosate, dans un Concile réuni à Antioche, que Jésus-Christ est Fils de Dieu par nature et non par adoption. Le premier Concile œcuménique de Nicée, en 325, confessa dans son Credo que le Fils de Dieu est « engendré, non pas créé, de la même substance (homousios – DS 125) que le Père » et condamna Arius qui affirmait que « le Fils de Dieu est sorti du néant » (DS 130) et qu’il serait « d’une autre substance que le Père » (DS 126).
Il faut ensuite confesser qu’en Jésus, il y a deux natures unies en l’unique Personne divine du Fils de Dieu :
L’hérésie nestorienne voyait dans le Christ une personne humaine conjointe à la personne divine du Fils de Dieu. Face à cette hérésie, S. Cyrille d’Alexandrie et le troisième Concile œcuménique réuni à Ephèse en 431 ont confessé que « le Verbe, en s’unissant dans sa personne une chair animée par une âme rationnelle, est devenu homme » (DS 250). L’humanité du Christ n’a d’autre sujet que la personne divine du Fils de Dieu qui l’a assumée et faite sienne dès sa conception. Pour cela le Concile d’Ephèse a proclamé en 431 que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du Fils de Dieu dans son sein. Comme le dit le Pape, « Avec son Fiat, Marie est donc la nouvelle arche de l’alliance: Dieu reçoit une demeure dans ce monde, Celui que l’univers ne peut pas contenir prend demeure dans le sein d’une Vierge ». Chose admirable !
Le quatrième Concile œcuménique, à Chalcédoine, a confessé en 451 : « A la suite des saints Pères, nous enseignons unanimement à confesser un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité et parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme, …. Un seul et même Christ, Seigneur, Fils unique, que nous devons reconnaître en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. La différence des natures n’est nullement supprimée par leur union, mais plutôt les propriétés de chacune sont sauvegardées et réunies en une seule personne et une seule hypostase » (DS 301-302).

Après le Concile de Chalcédoine, certains firent de la nature humaine du Christ une sorte de sujet personnel. Contre eux, le cinquième Concile œcuménique, à Constantinople en 553, a confessé à propos du Christ : « Il n’y a qu’une seule hypostase (ou personne), qui est notre Seigneur Jésus-Christ, un de la Trinité » (DS 424). Tout dans l’humanité du Christ doit donc être attribué à sa personne divine comme à son sujet propre (cf. déjà Cc. Ephèse : DS 255), non seulement les miracles mais aussi les souffrances (cf. DS 424) et même la mort : « Celui qui a été crucifié dans la chair, notre Seigneur Jésus-Christ, est vrai Dieu, Seigneur de la gloire et Un de la sainte Trinité » (DS 432). Et c’est pourquoi les actes du Christ gardent une puissance infinie puisque attribués à la personne divine.

L’Église confesse ainsi que Jésus est inséparablement vrai Dieu et vrai homme. Il est vraiment le Fils de Dieu qui s’est fait homme, notre frère, et cela sans cesser d’être Dieu, notre Seigneur. « Il resta ce qu’Il était, Il assuma ce qu’il n’était pas », chante la liturgie romaine.
Mais comment le Fils de Dieu est-il homme ?
Le Christ, étant vrai Dieu et vrai homme, il a une intelligence et une volonté humaines, parfaitement accordées et soumises à son intelligence et sa volonté divines, qu’il a en commun avec le Père et le Saint-Esprit.
Cette âme humaine que le Fils de Dieu a assumée est douée d’une vraie connaissance humaine. En tant que telle, celle-ci ne pouvait pas être de soi illimitée : elle était exercée dans les conditions historiques de son existence dans l’espace et le temps. C’est pourquoi le Fils de Dieu a pu vouloir en se faisant homme « croître en sagesse, en taille et en grâce »(Lc 2, 52) et de même avoir à s’enquérir sur ce que dans la condition humaine, on doit apprendre de manière expérimentale (cf. Mc 6, 38 ; Mc 8, 27 ; Jn 11, 34 ; etc.).
Cela correspondait à la réalité de son abaissement volontaire dans « la condition d’esclave » (Ph 2,7).
Mais en même temps, cette connaissance vraiment humaine du Fils de Dieu exprimait la vie divine de sa personne (cf. S. Grégoire le Grand). « La nature humaine du Fils de Dieu, non par elle-même mais par son union au Verbe, connaissait et manifestait en elle tout ce qui convient à Dieu » (S. Maxime le Confesseur). C’est en premier le cas de la connaissance intime et immédiate que le Fils de Dieu fait homme a de son Père (cf. Mc 14, 36 ; Mt 11, 27 ; Jn 1, 18 ; 8, 55 ; etc.). Le Fils montrait aussi dans sa connaissance humaine la pénétration divine qu’il avait des pensées secrètes du cœur des hommes (cf. Mc 2, 8 ; Jn 2, 25 ; 6, 61 ; etc.).
De par son union à la Sagesse divine en la personne du Verbe incarné, la connaissance humaine du Christ jouissait en plénitude de la science des desseins éternels qu’il était venu révéler (cf. Mc 8, 31 ; 9, 31 ; 10, 33-34 ; 14, 18-20. 26-30). Ce qu’il reconnaît ignorer dans ce domaine (cf. Mc 13, 32), il déclare ailleurs n’avoir pas mission de le révéler (cf. Ac 1, 7).
De manière parallèle, l’Église a confessé au sixième Concile œcuménique (Cc. Constantinople III en 681) que le Christ possède deux volontés et deux opérations naturelles, divines et humaines, non pas opposées, mais coopérantes, de sorte que le Verbe fait chair a voulu humainement dans l’obéissance à son Père tout ce qu’il a décidé divinement avec le Père et le Saint-Esprit pour notre salut (cf. DS 556-559).

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