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Jean-Paul II et la vie sacerdotale

publié dans la doctrine catholique le 23 juillet 2013


Jean-Paul II et la vie sacerdotale

Dans cette nouvelle rubrique, j’ai l’intention d’analyser la pensée de Jean-Paul II sur le sacerdoce, la vie sacerdotale. Tous les « Jeudi Saint », de son long pontificat (27 ans), il adressait une lettre aux prêtres. C’était pour lui l’occasion de montrer son immense attachement aux prêtres, de leur rappeler leur dignité sacerdotale, de les encourager à y être fidèles. Toute une spiritualité s’y trouve exprimée. D’où le titre de cette étude : Jean-Paul II et la vie sacerdotale. Nous commencerons par la dernière de ses lettres, celle du Jeudi saint 2005. Il l’écrivit de la polyclinique de Gemelli, à Rome.

1- La dernière lettre de Jean-Paul II aux prêtres le Jeudi Saint 2005

Jean Paul II écrivit cette lettre aux prêtres alors qu’il se trouvait à la Polyclinique « Gemelli », à Rome, poursuivant une période de soins et de convalescence à l’hôpital, « malade parmi les malades ». Nous étions le 13 mars 2005, encore un Jeudi Saint, son dernier Jeudi Saint, en la vingt-septième année de son pontificat.

N°1 : Cette lettre adressée aux prêtres, ce Jeudi Saint, est une analyse des paroles prononcées par NSJC lors de l’Institution de la Sainte l’Eucharistie et que nous rapportent les Evangélistes et saint Paul. En ces paroles se trouvent « toute la spiritualité sacerdotale » : « De ces paroles jaillissent des indications éclairantes pour la spiritualité sacerdotale ». C’est pourquoi ces « paroles » ne sont pas seulement « une forme de consécration » mais elles sont surtout « une forme de vie ». Ce qui veut dire que le prêtre doit vivre de l’Eucharistie, tout comme l’Eglise. L’Eucharistie doit être « le sommet et la source » de l’Eglise comme de la vie du prêtre. (n° 1)

N°2 : « Tibi gratias agens benedixit… ».C’est dans un chant d’action de grâce que le Christ institua la Sainte Eucharistie : « Tibi gratias agens » et qu’il offrit son sacrifice sur la Croix. Ce sentiment doit être celui du prêtre. Malgré ses croix, le prêtre a plus de raisons de chanter son Magnificat que de « gindre », pour le don de la foi et le don du Sacerdoce.

N°3 : « Accipite et manducate… Accipite et bibite ». Le pape analyse ces merveilleuses phrases comme l’expression du don, du don de l’Eucharistie qui se renouvellera par le don de Lui-même sur le bois de la Croix : « Le don que le Christ fait de lui-même atteint son expression la plus haute dans le sacrifice de la Croix, dont la dernière Cène est l’anticipation sacramentelle ».
C’est décrire tout notre sacerdoce. Le prêtre doit être donné tout lui-même pour sa communauté. « Sa vie a du sens, dit le pape, s’il sait faire de lui-même un don, se mettant à la disposition de la communauté et au service de tous ceux qui sont dans le besoin ». C’est ainsi que la vie du prêtre est éclairée par cette relation à l’Eucharistie. C’est au cours de l’Institution de l’Eucharistie que le Christ lava les pieds de ses disciples dans un esprit de service.

N°4. « Hoc est enim corpus meum quod pro vobis tradetur ». L’Eucharistie a pour finalité le salut. C’est particulièrement dit dans la formule de la consécration du vin : « Qui pro vobis et pro multis effundetur ». Le salut, quoad Jesum, est universel et intégral. Nul homme n’est exclu de la puissance salvifique du sang du Christ, à moins qu’il ne pose librement un acte de refus. Sous ce rapport alors, le salut n’est pas « pour tous » mais seulement pour « beaucoup », « pro multis ». Mais« La chair du Christ est en effet donnée « pour que le monde ait la vie » (Jn 6,51; cf. 1 Jn 2,2).
C’est dire que le prêtre est le « prédicateur » privilégié de ce « mystère de salut » dont il est le premier bénéficiaire. Grâce à ce mystère rédempteur, il est « fils de Dieu » et doit « marcher » sur le chemin de la perfection puisque « la sainteté est l’expression plénière du salut ». « C’est seulement en vivant comme des « sauvés » que nous devenons des « annonciateurs crédibles du salut ». D’autre part, si l’Eucharistie est ordonnée au salut, c’est en la célébrant que le prêtre entretient son zèle missionnaire.

N°5: « Hoc facite in meam commemorationem ». Ces paroles de Jésus ont été conservées non seulement par Luc (22,19) mais aussi par Paul (1 Co 11,24). Pour les Juifs, le «repas pascal » était principalement un « mémorial ». « En cette circonstance, les Israélites revivaient avant tout l’Exode repas pascal , mais aussi les autres événements importants de leur histoire: la vocation d’Abraham, le sacrifice d’Isaac, l’alliance au Sinaï, les interventions nombreuses de Dieu pour défendre son peuple. Pour les chrétiens également, l’Eucharistie est le « mémorial », mais elle l’est dans une mesure unique: non seulement elle rappelle la mort et la résurrection du Seigneur, mais elle les actualise sacramentellement.

C’est dire que le « prêtre est appelé à être, dans la communauté qui lui est confiée, l’homme du souvenir fidèle du Christ et de son mystère plénier: sa préfiguration dans l’Ancien Testament, sa réalisation dans le Nouveau Testament, son approfondissement progressif, sous l’action de l’Esprit, selon la promesse explicite: « Lui vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26). Tel doit être les objets essentiels de sa prédication.

N°6 : « Mysterium fidei! ».C’est « l’acclamation » en l’honneur de la transsubstantiation « C’est un prodige que seuls les yeux de la foi peuvent percevoir. Les éléments naturels ne perdent pas leurs caractéristiques extérieures, puisque les « espèces » restent du pain et du vin; mais, par la puissance de la parole du Christ et de l’action de l’Esprit Saint, s’opère la transformation de leur « substance » en substance du corps et du sang du Christ. Sur l’autel est ainsi présent « vraiment, réellement, substantiellement », le Christ mort et ressuscité dans la totalité de son humanité et de sa divinité.

Après les paroles de la consécration, nous sommes devant « une Réalité éminemment sacrée! C’est pourquoi l’Église entoure ce mystère de tant de vénération et veille avec attention à ce que soient observées les normes liturgiques édictées pour préserver la sainteté d’un si grand Sacrement ».
Alors le pape a ces paroles si importantes : «Nous prêtres, nous sommes les célébrants de ce très saint Mystère, mais aussi ses gardiens ». C’est de notre relation à l’Eucharistie que la condition « sacrée » de notre vie tire aussi son sens le plus exigeant. Cette condition doit transparaître dans toute notre manière d’être, mais avant tout dans notre façon même de célébrer. …Se tenir devant Jésus Eucharistie, mettre à profit, d’une certaine manière, nos « solitudes » pour les remplir de cette Présence, signifie donner à notre consécration toute la profondeur de l’intimité avec le Christ, qui fait la joie de notre vie et qui lui donne sens ».

N°7. « Mortem tuam annuntiamus, Domine, et tuam resurrectionem confitemur, donec venias ».
Le pape utilise la phrase du nouveau rite de la messe. C’est celle de saint Paul. Même si elle est, d’après Mgr Gamber mal venue dans le contexte de la messe, elle reste une belle phrase, celle de saint Paul. Le pape la commente ainsi : « Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, le mémorial du Christ dans son mystère pascal se fait désir de la rencontre plénière et définitive avec lui ».
« Nous vivons, poursuit le pape, dans l’attente de sa venue! Dans la spiritualité sacerdotale cette tension doit être vécue sous la forme de la charité pastorale, qui nous engage à vivre au milieu du Peuple de Dieu, pour orienter sa marche et pour nourrir son espérance. C’est un devoir qui demande au prêtre une attitude intérieure semblable à celle de l’apôtre Paul lui-même: « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but » (Ph 3,13-14). Le prêtre est quelqu’un qui, malgré les années qui passent, continue à rayonner la jeunesse, la « transmettant » aux personnes qu’il rencontre sur sa route. Son secret se trouve dans la « passion » qu’il a pour le Christ. Saint Paul disait: « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1,21).
Particulièrement dans le contexte de la nouvelle évangélisation, les gens ont le droit de se tourner vers les prêtres en espérant voir en eux le Christ (cf. Jn 12,21). C’est ce besoin que ressentent notamment les jeunes, que le Christ continue à appeler à lui, pour en faire ses amis et pour proposer à certains d’entre eux de se donner entièrement pour le Règne de Dieu. Assurément, les vocations ne manqueront pas si notre vie sacerdotale est plus élevée, si nous sommes plus saints, plus joyeux et plus passionnés dans l’exercice de notre ministère. Un prêtre qui s’est laissé « convaincre » par le Christ (cf. Ph. 3,12) « convaincra » plus facilement les autres de se décider à courir la même aventure.
Le pape termine sa lettre (N°8) par un couplet très senti sur la Vierge Marie, modèle du prêtre parce que « femme eucharistique ». Il renvoie à son encyclique : « Ecclesia de Eucharistia ».

Paul Aulagnier

(On peut trouver la totalité de cette lettre sur le site du Vatican, à JP II, lettres du pape JPII aux prêtres le Jeudi Saint. Il y en a 27, une chaque Jeudi Saint. Nous allons les analyser.

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