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Jean Paul II et le sacerdoce (6)

publié dans la doctrine catholique le 29 juillet 2013


Lettre de Jean Paul II
Le Jeudi Saint 2000
En l’année Jubilaire.

N°1- Le pape   JP II, en cette année jubilaire de l’Incarnation de NSJC, visita la Terre   Sainte et « marcha sur les traces terrestres du Christ, sillonnant   les routes que Jésus a parcourues entre sa naissance à Bethléem et sa   mort sur le Golgotha ». Il s’est arrêté   à Bethléem, dans la grotte de la Nativité. Il a visité la maison de   l’Annonciation, le Mont des Béatitudes, le Jardin des Olivier. Il sera aussi   au Golgotha, au saint Sépulcre, et avant, au Cénacle. Et là il porta « un regard d’ensemble sur le mystère de la   Rédemption », sachant que « c’est   ici que le Christ nous a fait le don incomparable de l’Eucharistie. Ici aussi   est né notre sacerdoce ». C’est dire que ces deux mystères sont, pour   le pape, étroitement unis au mystère de la Rédemption.Une lettre du Cénacle

N° 2- C’est précisément de ce lieu que   le pape adressa sa lettre annuelle du Jeudi Saint aux prêtres :  « C’est   précisément de ce lieu que j’ai le plaisir de vous adresser la lettre par   laquelle, depuis plus de vingt ans, je vous rejoins le Jeudi saint, jour de   l’Eucharistie et « notre  jour par   excellence ».

Il revoit la Cène et son mystère, le   Christ et ses disciples, il en saisit l’atmosphère pleine de mystère :   « Jésus se présente à mon esprit, écrit-il,  de   même que s’y présentent les Apôtres assis à table avec lui. Je me fixe en   particulier sur Pierre: il me semble le voir tandis que, avec les autres   disciples, il observe, tout étonné, les gestes du Seigneur, il écoute, tout   ému, ses paroles, il s’ouvre, malgré le poids de sa fragilité, au mystère qui   s’annonce en ce lieu et qui bientôt s’accomplira » : la   Rédemptuion.

Mais quel est donc le mystère de ces   heures ? Ce sont les heures du combat suprême entre « l’amour qui se donne sans réserve et   le mysterium iniquitatis qui   s’enferme dans son hostilité. La trahison de Judas se présente comme une   sorte d’emblème du péché de l’humanité ». C’est une très belle   perception du « drame » du Cénacle, du drame de la Rédemption.

«  C’était la nuit », note l’Evangéliste Jean (13, 30), l’heure des ténèbres, heure de détachement et de tristesse   infinie. Mais dans les paroles attristées du Christ brillent déjà les   lumières de l’aurore: « Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la   joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22).

N°3- Le pape nous conseille avec   insistance, de  revenir souvent, même   « inlassablement » au   Cénacle pour en méditer le mystère. Nous y Sommes  « chez   nous ». Nous y sommes « nés »,   dit-il. Parce que l’Eucharistie y est né. C’est beau !

NB : Il reviendra particulièrement   sur cette institution de l’Eucharistie au Cénacle dans ses § 13,14 et 15 :   Il a de très belles phrases. Il faut aimer, nous dit-il,  s’y retirer en pensée et adorer la sainte   Eucharistie, en vivre et comprendre alors la beauté de notre sacerdoce. Nul   doute que le pape ne voit pas le prêtre comme un homme politique, ni comme un   agitateur social ou syndical. Il recentre vraiment l’action du prêtre dans sa   fonction essentielle : le prêtre est l’homme de l’Eucharistie, du   sacrifice eucharistique. Il a cette phrase majeure au § 15 : « Redécouvrons notre sacerdoce à la lumière   de l’Eucharistie! ». On ne peut être plus clair ! Il   poursuit dans le même § : « Faisons   redécouvrir ce trésor à nos communautés, dans la célébration quotidienne de   la sainte Messe et, en particulier, dans la célébration, plus solennelle, de   l’assemblée dominicale. Que grandisse, grâce à votre travail apostolique,   l’amour pour le Christ présent dans l’Eucharistie. C’est un devoir qui revêt   une importance toute spéciale en cette année jubilaire ».

Nés de l’amour

N° 4. Et de fait, le sacerdoce est  né là et là, il est né de la charité du   Christ. Comment cela ? N’oublions pas que le lavement des pieds opérés   par le Christ, en ce jour,  est plus   « qu’un exemple d’humilité proposé   à notre imitation ». « C’est   avant tout une révélation du caractère radical de la condescendance de Dieu   envers nous. Dans le Christ, en effet, c’est Dieu qui « s’est dépouillé »   et a pris « la forme d’esclave »   jusqu’à l’humiliation suprême de la Croix (cf. Ph 2, 7) pour   permettre à l’humanité d’accéder à l’intimité de la vie divine ».   Mais la Vie divine, c’est le don suprême de Dieu possédé par   l’humanité : c’est l’acte de charité par excellence. « Dieu a   tellement aimé le monde qu’il donna son Fils unique afin que quiconque croit ne   périsse pas mais ait la vie éternelle ». Voilà la raison du Mystère   de l’Incarnation  Rédemptrice, sa   finalité. Et de fait « les grands   discours qui, dans l’Évangile de Jean, suivent le geste du lavement des pieds   et qui en sont comme le commentaire, se présentent comme une introduction au mystère de la communion trinitaire,   à laquelle le Père nous appelle en nous greffant sur le Christ par le don de   l’Esprit ». Or le prêtre, c’est cela. Le prêtre, dans son   « être » entre dans cette grande finalité de la Rédemption :   l’union avec la vie trinitaire. Il poursuit cette œuvre de rédemption qui est   l’œuvre de charité par excellence en renouvelant le Sacrifice Eucharistique

C’est pourquoi «  Ce n’est pas par hasard que la prière   sacerdotale (en saint Jean) couronne cette « mystagogie » en montrant le   Christ dans son unité avec le Père, prêt à retourner vers Lui à travers le   sacrifice de lui-même et ne voulant rien d’autre que faire participer ses   disciples à son unité avec le Père: « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en   toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn   17, 21).

N°5. C’est la signification profonde des   prêtres et leur mission. Le Curé d’Ars disait à l’enfant qui lui montrait le   chemin d’Ars, « tu m’as montré le   chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel ». Et combien de   prêtres ont été fidèles à ce ministère qui est « unique, indispensable et nécessaire », jusqu’à livrer   leur sang pour l’accomplissement de ce mystère.

Un trésor dans des   vases d’argile

N° 6. Certes, « Il est vrai aussi que, dans l’histoire du sacerdoce comme dans   celle de tout le peuple de Dieu » le péché a abondé. « Bien souvent, la fragilité humaine des   ministres a obscurci en eux le visage du Christ. » Hélas !

Mais « comment s’en étonner, précisément ici au Cénacle? Ici, non seulement   s’est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre   conscience de sa faiblesse en recevant l’amère prophétie du reniement ».

C’est pourquoi  Saint Paul donne la raison de ces   faiblesses: « Ce trésor, nous le   portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu   et ne vienne pas de nous » (2 Co 4, 7).

N° 7,8,9 . Là, dans les trois n° qui   suivent le pape revient sur le sacerdoce du Christ qui lui est essentiel.   C’est à ce sacerdoce que les prêtres participent d’une manière spécifique et   unique.

Vous ferez cela en   mémoire de moi

N° 10, 11 et 12. « Vous ferez cela en mémoire de moi » :   de cette phrase le pape en fera le commentaire dans ces trois §. En effet là   le pape revient sur l’Eucharistie instituée par NSJC précisément au Cénacle   en relation avec son Sacrifice de la Croix. On peut dire que Renouveler cette   Eucharistie est la raison essentielle du prêtre. C’est clairement affirmé   dans ces §. Dans le § 10, il énumère les différentes fonctions sacerdotales.   Mais il revient sur l’Eucharistie comme étant la mission essentielle du   prêtre. Voilà  la nature du sacerdoce.   Vous remarquerez que là plus qu’ailleurs, le pape insiste sur les paroles de   Jésus : « Vous ferez cela en   mémoire de moi » et en profite pour parler de l’Eucharistie comme   sacrifice..

N°10 « Le mystère de l’Eucharistie, dans lequel sont annoncées et célébrées   la mort et la résurrection du Christ dans l’attente de sa venue, est le cœur   de la vie de l’Église. Pour nous, il a une signification toute spéciale: il   est en effet au centre de notre ministère. Certes, ce dernier ne se limite   pas à la célébration eucharistique, car il implique un service qui va de   l’annonce de la Parole à la sanctification des hommes par les sacrements, à   la conduite du peuple de Dieu dans la communion et dans le service. Mais   l’Eucharistie est le point à partir duquel tout rayonne et où tout conduit.   Notre sacerdoce est né avec elle au Cénacle.

« Vous ferez cela en mémoire de moi » (Lc 22, 19): bien que les paroles du   Christ concernent directement toute l’Église, elles sont confiées comme une   tâche spécifique à ceux qui continueront le ministère des premiers Apôtres.   C’est à eux que Jésus transmet l’action qu’il vient d’accomplir: transformer   le pain en son Corps et le vin en son Sang, action par laquelle il se   manifeste comme Prêtre et Victime. Le Christ veut que désormais cette action   devienne aussi, de manière sacramentelle, l’action de l’Église par les mains   des prêtres. En disant « vous ferez cela », il n’indique pas seulement   l’action mais aussi le sujet appelé à la poser, autrement dit il institue le   sacerdoce ministériel, qui devient ainsi l’un des éléments constitutifs de   l’Église elle-même.

N° 11. « Cette action devra être accomplie « en mémoire de lui »: la précision est importante. L’action   eucharistique célébrée par les prêtres rendra présente pour toutes les   générations chrétiennes, en tout lieu de la terre, l’œuvre accomplie par le   Christ. Partout où l’Eucharistie sera célébrée, là également, de manière non   sanglante, sera rendu présent le sacrifice sanglant du Calvaire, là sera   présent le Christ lui-même, le Rédempteur du monde.

« Vous ferez cela en mémoire de moi ». En entendant de   nouveau ces paroles, ici, entre les murs du Cénacle, on cherche spontanément   à imaginer les sentiments du Christ. C’était aux heures dramatiques qui   précédaient la Passion. L’évangéliste Jean évoque les accents d’affliction du   Maître qui préparait ses Apôtres à sa mort. Quelle tristesse dans leurs yeux:   « Parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs » (Jn 16, 6). Mais Jésus les rassure:   « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai vers vous » (Jn 14, 18). Si le mystère de Pâques   le soustrait à leurs regards, Il sera plus que jamais présent dans leur vie,   et il le sera « tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20).

Mémorial qui actualise

12. Sa présence s’exprimera de bien des manières. Mais la plus importante   sera la présence eucharistique: non pas un simple souvenir, mais un «   mémorial » qui actualise; non pas un rappel symbolique du passé, mais la   présence vivante du Seigneur au milieu des siens. L’Esprit Saint en sera pour   toujours le garant, lui qui est en permanence répandu dans la célébration   eucharistique pour que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du   Christ: c’est ce même Esprit qui, le soir de Pâques, en ce Cénacle, a été «   soufflé » sur les Apôtres (cf. Jn 20,   22) et les trouva ici encore, réunis avec Marie, le jour de la Pentecôte. Il   les investit alors, tel un vent violent et un feu (cf. Ac 2, 1-4), et il les poussa à   aller partout dans le monde, pour annoncer la Parole et rassembler le peuple   de Dieu dans « la fraction du pain » (cf. Ac 2, 42).

N° 13. Le pape contemple le Cénacle   comme étant le lieu de la naissance de la sainte Eucharistie : « Deux mille ans après la naissance   du Christ, en cette année jubilaire, nous devons, de façon spéciale, rappeler   et méditer la vérité de ce que nous pourrions appeler sa « naissance eucharistique ». Le Cénacle est précisément le lieu de cette « naissance ». Ici a   commencé pour le monde une présence nouvelle du Christ, une présence qui se   réalise sans interruption partout où est célébrée l’Eucharistie et où un   prêtre prête sa voix au Christ en redisant les paroles sacrées de   l’institution.

Cette présence eucharistique a traversé les deux mille ans de l’histoire   de l’Église et elle l’accompagnera jusqu’à la fin de l’histoire. Être ainsi   étroitement liés à ce mystère est pour nous une grande joie, et en même temps   une source de responsabilité. Nous voulons aujourd’hui en prendre conscience,   le cœur rempli d’admiration et de gratitude, et entrer avec ces sentiments   dans le Triduum pascal de la passion, de la mort et de la résurrection du   Christ. »

Le don du Cénacle

N° 14. Mes chers Frères prêtres,… puissiez-vous accueillir ces pensées,   méditées dans l’atmosphère suggestive du Cénacle! Il serait difficile de   trouver un lieu qui puisse mieux évoquer le mystère eucharistique et en même   temps le mystère de notre sacerdoce.

Restons fidèles au « don » du Cénacle, au grand don du Jeudi saint. Célébrons toujours avec ferveur la sainte   Eucharistie. Restons souvent et longuement en adoration devant le Christ   Eucharistique. Mettons-nous en quelque manière « à l’école » de   l’Eucharistie. Nombreux sont les prêtres qui, au cours des siècles, ont   trouvé en elle le réconfort promis par Jésus le soir de la dernière Cène, le   secret pour vaincre leur solitude, le soutien pour supporter leurs   souffrances, l’aliment pour reprendre le chemin après chaque découragement, l’énergie   intérieure pour confirmer leur choix de la fidélité. Le témoignage que nous   saurons donner au peuple de Dieu dans la célébration eucharistique dépend   beaucoup de notre rapport personnel avec l’Eucharistie.

15. Redécouvrons notre sacerdoce à   la lumière de l’Eucharistie! Faisons redécouvrir ce trésor à nos communautés,   dans la célébration quotidienne de la sainte Messe et, en particulier, dans   la célébration, plus solennelle, de l’assemblée dominicale. Que grandisse,   grâce à votre travail apostolique, l’amour pour le Christ présent dans   l’Eucharistie. C’est un devoir qui revêt une importance toute spéciale en   cette année jubilaire »

Du Cénacle, chers Frères dans le sacerdoce, je vous embrasse tous   spirituellement et je vous bénis de grand cœur. Jérusalem, le 23 mars 2000.

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