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PAROLES D’ÉVÊQUES : LES LAÏCS ONT UN RÔLE À JOUER

publié dans regards sur le monde le 22 octobre 2013


On lit dans le n° 410 du 21 octobre 2013 de Paix Liturgique ces réflexions heureuses, à méditer:

 

PAROLES D’ÉVÊQUES : LES LAÏCS ONT UN RÔLE À JOUER

À quelques semaines de distance, deux évêques ont salué le rôle joué par les laïcs dans la restauration d’une liturgie digne, en particulier par la manifestation de leur attachement au Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Surtout, ils engagent les fidèles à poursuivre dans cette voie, pour permettre à la liturgie eucharistique de retrouver tous ses droits dans la vie de nos paroisses.

I – “POWER TO THE PEOPLE !”
Lundi 30 septembre, à Rome, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, capitale du Kazakhstan, présentait son dernier livre, publié aux Éditions vaticanes : Corpus Christi, La Santa comunione e il rinnovamento della Chiesa (Corpus Christi, la sainte Communion et le renouvellement de l’Église), dont une traduction française est en cours pour une publication prochaine aux éditions de Renaissance catholique.
Lors de sa communication, Mgr Schneider évoqua la situation actuelle de l’Église et rappela que celle-ci était « en grande partie, de la responsabilité du clergé ». Mgr Schneider, qui a grandi sous la persécution soviétique et ouvre Corpus Christi par un témoignage historique édifiant – comme il l’avait fait pour son premier livre (Dominus est. Pour comprendre le rite de communion pratiqué par Benoît XVI, éditions Tempora, 2008) –, sait combien la dévotion des fidèles peut compléter, et parfois suppléer, le zèle des prêtres. Il n’a donc pas hésité à inviter les laïcs à s’engager, en particulier pour le retour de la communion à genoux et sur les lèvres, le sujet de son dernier livre.
Cette invitation de Mgr Schneider rejoint celle faite, lors du colloque Sacra Liturgia de juin dernier (voir notre lettre 394), par Mgr Sample, l’archevêque de Portland. Celui-ci, dans une magnifique envolée sur l’impérieuse nécessité pour la liturgie catholique de voir s’amplifier le processus ouvert par Summorum Pontificum, avait non seulement invité « tous les évêques à se familiariser avec la forme extraordinaire du rite romain » mais aussi conclu son propos, non sans ironie, par l’exclamation : « Power to the people ! » (Le pouvoir au peuple !).
Ne nous méprenons pas : ni Mgr Sample ni Mgr Schneider ne souhaitent abandonner les rênes de l’Église à « la base ». Cependant, l’un comme l’autre, nés à l’orée des années 60, ont vécu et subi la crise des années 70 au moment où s’affermissait leur vocation sacerdotale : ils savent donc bien tous les dégâts que des ecclésiastiques novateurs et souvent irresponsables peuvent provoquer et à quel point, en revanche, de simples fidèles peuvent assurer, pour leur part, le maintien du dépôt de la foi.

II – LES RÉFLEXIONS  DE PAIX LITURGIQUE
1 – Il n’est pas besoin de rappeler que l’Église n’est pas une démocratie, ni surtout une démocratie moderne régie par les principes du Contrat social. Sa constitution divine fait qu’elle est dirigée par le successeur de Pierre et par les successeurs des Apôtres en communion avec lui, et par les collaborateurs des évêques, les prêtres. Mais les laïcs, qui sont en charge directe de la vie civile et politique, doivent apporter toute leur collaboration active à la vie de l’Église : confession de la foi, mission, œuvres, etc. Qui plus est, chacun dans l’Église doit soutenir ses frères et ses supérieurs, surtout quand ceux-ci ne remplissent pas leur devoir ou défaillent. Catherine de Sienne n’a-t-elle pas courageusement dit leur fait aux cardinaux de l’Église romaine et au pape lui-même ? Ce qui ne l’empêcha pas d’être canonisée et proclamée « Docteur de l’Église ».
2 – Pour être second, le rôle de laïcs dans l’Église n’en est pas moins fondamental. En fait, Mgr Schneider comme Mgr Sample, également marqués par l’enseignement de Benoît XVI sur la centralité de la liturgie dans la vie de l’Église, ne font que se référer aux textes du concile Vatican II qui, de la constitution dogmatique Lumen Gentium (chapitre IV) au décret Inter Mirifica sur les moyens de communication sociale (Paix liturgique en est un !) précisent la place et le rôle des laïcs dans l’Église. Consacré à l’apostolat des laïcs, le décret Apostolicam Actuositatem, énonce clairement : « À une époque où se posent des questions nouvelles et où se répandent de très graves erreurs tendant à ruiner radicalement la religion, l’ordre moral et la société humaine elle-même, le concile exhorte instamment les laïcs, chacun suivant ses talents et sa formation doctrinale, à prendre une part plus active selon l’esprit de l’Église, dans l’approfondissement et la défense des principes chrétiens comme dans leur application adaptée aux problèmes de notre temps ».
À son article 10, sur le rôle des laïcs au sein des communautés ecclésiales, le décret invite notamment les fidèles à prendre « l’habitude de travailler dans la paroisse en étroite union avec leurs prêtres, d’apporter à la communauté de l’Église leurs propres problèmes, ceux du monde et les questions touchant le salut des hommes, pour les examiner et les résoudre en tenant compte de l’avis de tous ».
3 – C’est à la mobilisation de tous les laïcs et pas seulement de certains d’entre eux, dûment sélectionnés par un clergé idéologisé, qu’appelle le Concile. De nombreux laïcs « progressistes » ont en effet, comme on le sait, pris des responsabilités dans les diocèses et les paroisses dès les années 70. D’ailleurs, les cheveux blanchis, ils sont souvent encore là, devenus les inamovibles « patrons » des conseils paroissiaux et même, parfois, diocésains.
Cependant, cette quasi hégémonie a été facilitée en certaines occasions par le fait que les autres laïcs, non progressistes, leur ont volontiers abandonné toute la place. Aujourd’hui, et c’est le message que nous retenons de nos jeunes évêques, le peuple Summorum Pontificum doit lui aussi s’engager dans la vie paroissiale. En particulier sa frange la plus jeune, celle dont « il est fascinant, dixit Mgr Sample, de voir combien elle s’intéresse aux aspects liturgiques, traditionnels et laïcs, de la vie de l’Église ».
Ceci est d’autant plus important que de nombreux diocèses de France se disposent, non plus dans dix ans, mais demain, à n’avoir qu’une poignée de prêtres.
II faut regarder en face une situation religieuse dramatique et ne pas craindre d’envisager des solutions audacieuses. Une nouvelle phase de la vie de l’Église, une Église presque sans prêtres, s’ouvre de fait dans notre pays. Il est urgent que les « catholiques de tradition » réfléchissent à cette situation et s’y préparent activement. C’est le moment pour les catholiques du rang qui veulent sauver la liturgie, le catéchisme, la vie des paroisses, de se manifester. De nombreuses paroisses de France vont désormais être gérées par des laïcs, avec l’intervention d’un « prêtre modérateur » pour célébrer la messe et donner les sacrements. Pourquoi, par exemple, un certain nombre de ces paroisses ne seraient-elles pas de forme extraordinaire ou ne feraient-elles pas une place conséquente à la forme extraordinaire, grâce à des laïcs de « sensibilité extraordinaire » ? Pourquoi un certain nombre de « prêtres modérateurs » ne seraient-ils pas des prêtres célébrant dans la forme extraordinaire ?
De même que les militaires sont issus du monde civil, les vocations cléricales s’éveillent chez de jeunes laïcs. L’engagement généreux des laïcs qui aiment vraiment l’Église, on le sait bien, prépare des vocations sacerdotales et religieuses. Les vocations en plus grand nombre dont bénéficie le monde traditionnel au sens large sont portées par un fort militantisme catholique laïc.
Pour ce faire, il appartient certes aux simples fidèles, de franchir le pas – c’est d’ailleurs l’une des conditions de l’application de Summorum Pontificum que la constitution d’un « cœtus fidelium » –, mais aussi aux curés et aux laïcs engagés de faire une place à leurs frères dans la foi, même si leur sensibilité n’est pas la leur.
4 – Nous invitons ceux de nos lecteurs qui participeront au pèlerinage Summorum Pontificum à Rome en fin de semaine, à ne pas manquer la présentation que fera Mgr Schneider de son dernier ouvrage, samedi 26, à 16 heures, au Centro Russia ecumenica, borgo Pio 141 (à 5 minutes de la place Saint-Pierre). Même si la présentation sera probablement en italien, Mgr Schneider parle parfaitement notre langue et dira certainement quelques mots aux pèlerins français.

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