La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

« Servir le Dieu vivant et vrai »

« Servir le Dieu vivant et vrai »

publié dans paroisse saint michel le 14 novembre 2009


Prédication pour le 24 dimanche après la Pentecôte
(6ème dimanche après l’Epiphanie)

 

MBCF,
Heureuse communauté de Thessalonique merveilleusement complimentée par saint Paul. Il complimente les fidèles de leur foi, de leurs œuvres, « des travaux de leur charité, de la fermeté de leur espérance en NSJC », de leur attention à la parole évangélique annoncée, avec conviction par Saint Paul qui se réjouit de l’estime qu’ils lui portent en raison de son apostolat aumilieu d’eux. Ils se convertirent à Dieu abandonnant leurs idoles pour « servir le Dieu vivant et vrai et pour attendre du ciel son Fils qu’Il a ressuscité des morts, Jésus qui nous a délivrés de la colère à venir ».

Il me semble qu’on ne peut pas dresser meilleur tableau d’une communauté chrétienne.
Cette communauté vit de la vie théologale, de la foi, de l’espérance et de la charité. Elle reçoit et vit de l’Evangile. Elle s’est tournée vers le Seigneur, le Dieu vivant et vrai. Elle le sert dans la joie avec empressement. Comment rêver d’une plus fervente communauté ! M’est avis que la communauté de Rolleboise s’apparente grandement à celle de Thessalonique. Saint Paul s’en félicitait. Je m’en félicite !

Mais il ne faut pas s’arrêter sur ses lauriers. Il faut sans cesse progresser. Qui n’avance pas, recule ! Aussi vous me permettrez de vous exhorter sur ce que saint Paul appelle « le service de Dieu »,« Servir le Dieu vivant et vrai ».

Quel est ce service de Dieu ? Pourquoi « servir le Dieu vivant et vrai » ? Voilà les questions que nous vous proposerons.

« Servir Dieu » : qu’est-ce à dire ?

Servir Dieu, c’est vouloir le louer. C’est le glorifier. C’est, comme le dit le catéchisme du Concile de Trente, « servir les intérêts de sa Gloire ». C’est se souvenir de sa clémence à notre égard. De sa clémence à notre égard. Là, il nous faut nous souvenir de l’histoire sainte, de l’histoire du peuple hébreux, de sa délivrance de l’esclavage égyptien sous la conduite de Moïse après les plaies envoyées par Dieu au Pharaon pour l’obliger à le laisser partir. Il faut se souvenir du passage miraculeux de la Mer Rouge, des miracles de la Manne, du Rocher frappé du bâton de Moïse d’où jaillit une eau en torrent abreuvant le peuple et les troupeaux. Devant la puissance divine, le peuple ne pouvait pas ne pas chanter au Seigneur un chant nouveau tout imprégné de l’acclamation, de la miséricorde du Seigneur.
Voilà ce qu’est servir Dieu. C’est chanter le Seigneur, le louer pour sa bonté :
« Nations, louez toutes, le Seigneur.
« Peuples, célébrez le tous
« Car sa bonté pour nous est grande.
« Oui sa miséricorde est éternelle. »

Et ce service divin se fait, s’accomplit principalement le dimanche, lors de la messe dominicale. C’est à la Sainte Messe que l’on peut le mieux chanter sa gloire, sa clémence, sa miséricorde. C’est notre très beau « Gloria in excelsis Deo ». Aussi nous ne pensons pas seulement au peuple hébreux, libre de l’esclavage de l’Egypte, nous pensons surtout à notre propre délivrance du péché par la Passion de NSJC par son sang. Et nous l’acclamons, nous le louons, nous voulons le servir par reconnaissance.
« Nous vous louons, Seigneur-Dieu, l’Agneau de Dieu, le Fils du Père ;
« Nous vous a dorons vous qui effacez les péchés du monde
« Vous qui êtes assis à la droite de Dieu
« Vous qui êtes le seul Seigneur, le seul Très haut »

Voilà un premier sens du service de Dieu : assurer la louange de Dieu. Il faut que monte du cœur humain cette louange, ce service, cette confession de la clémence de Dieu. C’est une obligation de justice. Nous sommes créatures. Nous avons un Maître, « une Seigneur et Maître ». Nous devons Lui servir nos louanges. Non point que Dieu soit grandi de ce chant de louange, non point que Dieu ait besoin de cette gloire émanant du cœur humain, pour être. Il est en Lui-même toute gloire, toute majesté. Notre louange ne peut rien lui ajouter…Mais Il attend, cependant, de nous, notre louange, notre chant de gloire, ce service glorieux,  pour nous-mêmes, pour notre bien. C’est l’homme qui se grandit lui-même par cette louange. Par cette louange à Dieu, par ce service, il atteint sa raison d’être. Il est ce qu’il doit être. Et par ce moyen, il s’ennoblit. « L’homme n’est grand qu’à genou » disait un auteur dans son livre « De l’homme à Dieu ». C’est dans cette attitude d’humilité et de louange que l’homme réalise son être, ce qu’il est et accomplit toute justice. Et c’est dans cette justice accomplie qu’il se grandit. Et saint Paul ne craint pas d’écrire qu’ « esclaves de la justice, – esclaves c’est-à-dire serviteurs de la justice et non plus du péché, nous servions Dieu en marchant devant Lui tous les jours de notre vie dans la sainteté et la justice ».

Oui la pensée des bienfaits de Dieu nous excite à l’honorer davantage et augmente dans nos cœurs le feu de l’amour que nous avons pour Lui. Il n’y a pas de culte sans amour. C’est ce qui fait notre grandeur!

Mais servir Dieu c’est aussi accomplir, observer les commandements divins. Il est Maître. Il est Législateur. Nous sommes ses serviteurs et comme le dit Jésus au Démon lors de sa seconde tentation : « Arrière Satan. Il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul ».Or le serviteur doit accomplir la volonté de son Maître. C’est sa définition, sa raison d’être. Il est là pour cela, pour accomplir l’ordre, ici, l’ordre divin. Et l’ordre divin ce sont les commandements et parmi les commandements divin, il y a ceux de la première table qui ont pour objet Dieu et son culte et ceux de la seconde table qui ont traits à nos relations sociales et familiales. Je me permets de vous les rappeler :

« Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence »
« Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu
« Rappelles-toi de sanctifier les fêtes »
« Honores-ton Père et ta mère »
« Tu ne tueraspas »
« Tu ne feras pas d’impureté »
« Tu ne voleras pas »
« Tu ne diras pas de faux témoignage »
« Tu ne désireras pas la femme d’autrui »
« Tu ne désireras pas le bine d’autrui ».

« Rappels-toi de sanctifier les fêtes du Seigneur »
La sanctification dominicale fait partie des ordres divins. Et c’est donc « servir Dieu » que de penser à « sanctifier le jour du Seigneur ». C’est plus qu’un ordre à observer. C’est une vie, un principe vital. Le dimanche c’est l’âme de ma vie, sa forme au sens philosophique.
Souvenez-vous de ce que nous enseigne Benoît XVI :

« Sine dominico non possumus! ». Sans le don du Seigneur, sans le Jour du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre: c’est ainsi que répondirent, en l’an 304, plusieurs chrétiens d’Abitène, dans l’actuelle Tunisie, lorsque, surpris au cours de la Célébration eucharistique dominicale qui était interdite, ils furent conduits devant le juge et on leur demanda pourquoi ils avaient célébré le Dimanche la fonction religieuse chrétienne, alors qu’ils savaient bien que cela était puni par la mort. « Sine dominico non possumus ». Dans le mot dominicum/dominico sont liées de façon indissoluble deux significations, dont nous devons à nouveau apprendre à percevoir l’unité. Il y a tout d’abord le don du Seigneur – ce don est Lui-même: le Ressuscité, au contact et à la proximité duquel les chrétiens doivent se trouver pour être eux-mêmes. Cela n’est cependant pas seulement un contact spirituel, intérieur, subjectif: la rencontre avec le Seigneur s’inscrit dans le temps à travers un jour précis. Et, de cette façon, elle s’inscrit dans notre existence concrète, physique et communautaire, qui est temporalité. Elle donne à notre temps, et donc à notre vie dans son ensemble, un centre, un ordre intérieur. Pour ces chrétiens, la Célébration eucharistique dominicale n’était pas un précepte, mais une nécessité intérieure. Sans Celui qui soutient notre vie, la vie elle-même est vide. Abandonner ou trahir ce centre ôterait à la vie elle-même son fondement, sa dignité intérieure et sa beauté.
Cette attitude des chrétiens de l’époque a-t-elle également de l’importance pour nous, chrétiens d’aujourd’hui? Oui, elle vaut également pour nous, qui avons besoin d’une relation qui nous soutienne et donne une orientation et un contenu à notre vie. Nous aussi avons besoin du contact avec le Ressuscité, qui nous soutient jusqu’au-delà de la mort. Nous avons besoin de cette rencontre qui nous réunit, qui nous donne un espace de liberté, qui nous fait regarder au-delà de l’activisme de la vie quotidienne vers l’amour créateur de Dieu, dont nous provenons et vers lequel nous sommes en marche.
« Sine dominico non possumus! ». Sans le Seigneur et le jour qui Lui appartient, on ne réalise pas une vie réussie. Le dimanche, dans nos sociétés occidentales, s’est mué en « week-end », en temps libre. Le temps libre, en particulier dans la frénésie du monde moderne, est une chose belle et nécessaire; chacun de nous le sait. Mais si le temps libre n’a pas un centre intérieur, d’où provient une orientation pour l’ensemble, il finit par être un temps vide qui ne nous renforce pas et ne nous détend pas. Le temps libre a besoin d’un centre – la rencontre avec Celui qui est notre origine et notre but. Mon grand prédécesseur sur la chaire épiscopale de Munich et Freising, le Cardinal Faulhaber, l’a exprimé un jour ainsi: « Donne à l’âme son Dimanche, donne au Dimanche son âme ».

« Sine Dominico non possumus » : Souvenez vous de ce merveilleux cri des chrétiens des Iers siècles de l’Eglise. Ne leur soyez pas infidèles.

Et n’oublions pas non plus que le Dieu que nous devons servir est « un Dieu jaloux ». Un « Dieu jaloux » en ce sens que c’est un Dieu d’Amour. La jalousie de Dieu c’est cet Amour, cette charité qu’Il a pour nous et qui l’empêche de laisser jamais personne s’éloigner de Lui impunément…Ainsi la jalousie dont nous parlons n’est rien d’autre que cette justice toujours calme et sereine qui répudie l’âme corrompue par l’erreur et les passions et qui les repousse parce qu’elle est indigne de rester l’épouse de son Dieu. A coup sûr, elle doit nous paraître bien douce et bien agréable cette jalousie de Dieu puisqu’elle est une preuve assurée de l’immense, de l’incroyable amour qu’Il a pour nous….Et c’est pourquoi nous devons être totalement passionnés pour tout ce qui regarde « le culte et l’honneur de Dieu » qu’on puisse dire de nous que non seulement nous lui sommes attachés, mais même aussi que nous l’aimons d’un amour de jalousie, à tel point que nous puissions dire : « J’ai été remplis du zèle pour le Seigneur, le Dieu des Armées » ou comme le Christ lui-même, le grand Serviteur de Dieu le Père : « le zèle de votre maison me dévore ». C’est ainis que le virent ses Apôtres. Amen..

Revue-Item.com

article précédent

Immanence et transcendance.

article suivant

Le retour à Rome de 400 000 anglicans provoque la Colère d’Hans Küng

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS