La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

Hymne des Laudes en la fête des sept douleurs de Notre Dame (3)

publié dans la doctrine catholique le 21 octobre 2016


Hymne (3)

des Laudes

en la fête des sept douleurs de Notre Dame

(suite)

 

1ère strophe

Summe Deus clementiae, Septem dolores Virginis Plagasque Jesus Filii fac rite nos revolvere.

Dieu de souveraine clémence, faites que nous méditions bien les sept  douleurs de la Vierge et les plaies de Jésus, son Fils

« Dieu de souveraine clémence » « Summe Deus clementiae » : Voilà la plus belle définition que nous puissions donner à notre Dieu : « un Dieu de clémence ». Et même « summe clementiae », « clément », au plus haut point. N’est-ce pas la même définition que nous donne saint Jean lorsqu’il dit que  « Deus caritas est ». « Dieu est Charité », Dieu est« clément », Dieu est « bénignité » « benignitas ». « Dieu est Bon ». Certes, l’Eglise retient aussi comme définition, sa Toute Puissance. C’est même le premier article de notre Credo. Mais elle ne saurait oublier de parler de sa « bonté ». Sa Toute-Puissance est même au service de sa bonté. Voyez tous les miracles ! Elle affirme que « c’est de Lui que nous devons attendre le bonheur céleste et éternel, selon la parole de Saint Paul, « que Dieu récompense ceux qui le cherchent » (Hb 11 6). Et quelle récompense ! Le Ciel. N’est-ce pas exprimer la clémence de Dieu. Le prophète Isaïe,  avant même l’Apôtre,  pour faire entendre quelle est la grandeur de ce Ciel, expression de la clémence de Dieu, écrivait : « Non, depuis l’origine des siècles, les hommes n’ont point conçu, l’oreille n’a point entendu, aucun œil n’a vu, excepté vous, Seigneur, ce que vous avez préparé à ceux qui vous aiment » (Is 64 4). Et Saint Paul renchérissait lorsqu’il disait aux Ephésiens : « que le Christ habite par la foi dans vos cœurs , afin qu’étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur et la hauteur et la profondeur et connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, de sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu » (Eph 3 18-19) Aussi il n’est pas étonnant que l’Eglise nous  présente Dieu aussi comme « un Père », « le Père des Chrétiens », de sorte que « nous n’avons pas reçu l’esprit de servitude qui fait vivre dans la crainte, mais l’esprit d’adoption des enfants de Dieu, par lequel nous crions Père, Père (Rom 8 15) – Car le Père nous a témoigné tant d’amour que nous sommes appelés, et que nous sommes réellement les enfants de Dieu (Jn 3 1) – Que si nous sommes enfants, nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ (Rom 8 29, – qui est le premiers né de plusieurs frères (Rom 8 29) – et qui ne rougit pas de nous appeler ses frères (Hb 2 11). C’est pourquoi l’Eglise retient cette notion de « clémence » lorsqu’elle le prie. C’est même les premiers mots du Canon Romain : « Te igitur clementissime Pater… », alors que le Prêtre, agissant in Persona Christi, va, renouveler le sacrifice du Seigneur, l’acte sublime de la Charité de Dieu, expression  combien de sa clémence !

« faites que nous méditions bien les sept  douleurs de la Vierge » « Septem dolores Virginis … fac rite nos revolvere ».

« faites que nous méditions bien » « fac rite nos revolvere » : « revolvere » c’est repasser dans son esprit les paroles, les mystères. C’est bien méditer. Notre auteur nous demande finalement d’être comme Notre Dame  qui « conservait toutes ces choses dans son cœur » : « Maria autem conservabat omnia verba haec conferens in corde suo » (Lc 2 19-20) ; Et quelles sont donc ces choses que nous devons « rite » « religieusement » méditer ? Ce sont d’abord les sept douleurs de la Vierge. Mais quelles sont –elles ? Il faut se les rappeler pour les méditer religieusement.

La première douleur, c’est la prophétie de Siméon : « et un glaive vous transpercera le cœur », « et tuam ipsius animam pertransibit gladius » (Lc 2 35).

La deuxième douleur, c’est la fuite en Egypte, selon le témoignage de Saint Matthieu : « Après leur (des Mages) départ, voici qu’un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil, et lui dit : «  Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr.  » Joseph se leva, et la nuit même, prenant l’Enfant avec sa mère, il se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le Prophète : «  J’ai rappelé mon fils d’Egypte.  »… Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph dans la terre d’Egypte, et lui dit : «  Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant sont morts.  Joseph s’étant levé, prit l’Enfant et sa mère, et vint dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il n’osa y aller, et, ayant été averti en songe, il se retira dans la Galilée
et vint habiter une ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qu’avaient dit les prophètes : «  Il sera appelé Nazaréen
 » (Mt 2 13-23). Il n’est pas difficile de méditer cette douleur. Fuir la haine, partir dans un pays étranger sans en connaître la langue ni les coutumes, isolés et seules, loin de ses amis et connaissances. Quelle douleur !

La troisième douleur, c’est les trois jours d’absence que notre auteur nous fait méditer dans son hymne du Rosaire et les mystères joyeux. C’est dans l’angoisse que Marie et Joseph recherchent l’enfant confié à leur soin…

La quatrième douleur, c’est la rencontre de Jésus, montant au Calvaire, portant sa Croix.

La cinquième douleur, c’est d’assister au crucifiement de Jésus. Sa Mère, Nous l’avons médité dans l’hymne des Vêpres en la fête des sept douleurs. Voici le récit de saint Luc : « Et l’on conduisait en outre deux malfaiteurs, pour les mettre à mort avec Jésus. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Mais Jésus disait : «  Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.  » Se partageant ensuite ses vêtements, ils les tirèrent au sort.
Le peuple se tenait là et regardait. Les magistrats se joignaient à lui pour railler Jésus en disant : «  Il en a sauvé d’autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu.  » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant et lui présentant du vinaigre ; ils disaient : «  Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même.  » Il y avait encore au-dessus de sa tête une inscription portant, en caractères grecs, latins et hébraïques : «  Celui-ci est le roi des Juifs.  » Or, l’un des malfaiteurs pendus à la croix l’injuriait, disant : «  Puisque tu es le Christ, sauve-toi toi-même et sauve-nous !  » Mais l’autre le reprenait, en disant : «  Ne crains-tu donc pas Dieu, toi non plus, condamné que tu es au même supplice ?
Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais lui, il n’a rien fait de mal.  » Et il dit à Jésus : «  Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez parvenu dans votre royaume.  » Jésus lui répondit : «  Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.  » Il était environ la sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. Et Jésus s’écria d’une voix forte : «  Père, je remets mon esprit entre vos mains.  » En disant ces mots, il expira. Le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit : «  Certainement, cet homme était juste.  » Et toutes la multitude qui s’était rassemblée pour ce spectacle, considérant ce qui était arrivé, s’en retournait en se frappant la poitrine. Mais tous les amis de Jésus se tenaient à distance, avec les femmes qui l’avaient suivi de Galilée et contemplaient tout cela
 ». (Lc  23 32-49

La sixième douleur, c’est la descente de la croix que notre auteur nous fait méditer dans l’hymne des Matines de cette fête des sept douleurs.

La septième douleur, c’est la mise au tombeau. On peut le comprendre facilement. On se souviendra du récit de Luc :

« Or, il y avait un homme, appelé Joseph, membre du conseil, homme bon et juste, qui n’avait donné son assentiment ni au dessein des autres, ni à leurs actes ; — il était d’Arimathie, ville de Judée, et attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Cet homme alla trouver Pilate, lui demanda le corps de Jésus,et l’ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. C’était le jour de la Préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus, ayant accompagné Joseph, considérèrent le sépulcre, et la manière dont le corps de Jésus y avait été déposé.  S’en étant donc retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et le jour du sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte » (Lc 23 50-59).

Nous nous souvenons que notre auteur nous fait méditer bien des souffrances de Marie et avec quelle profondeur !

Mais notre auteur ne nous demande pas seulement de méditer les sept douleurs de Notre Dame, mais également de méditer les «  plaies de Jésus, son Fils » « plagasque Jesus filli ». Pour cela, il nous suffit de suivre Jésus  à travers sa Passion, en suivant les récits évangéliques, depuis le jardin de Gethsémani jusqu’à la mise au tombeau. C’est le fruit merveilleux des Exercices de Saint Ignace.

2ème strophe

Nobis salutem conferant deiparae tot lacrimae, Quibus lavare sufficis Totius orbis crimina.

Qu’elles nous obtiennent le salut, toutes ces larmes de la Mère de Dieu, qui vous auraient suffi pour laver les crimes du monde entier

Il est sûr que les méditations des douleurs de Marie et des plaies de Jésus sont bien de nature à nous obtenir le salut éternel en ce sens qu’elles peuvent nous maintenir dans l’amour de Dieu et que c’est bien cet amour qui nous donnera le ciel. C’est tout l’enseignement des saints et tout particulièrement de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.  Cet amour médité de Notre Seigneur, exprimé en ces plaies : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime » est propre à provoquer en nous une réponse d’amour. « Je voudrais aimer Jésus comme jamais il n’a été aimé », disait-elle. Et lorsqu’elle méditait le Christ en Croix et sa parole : « j’ai soif », elle le commentait en disant : « Il a soif d’amour ». Et c’est ainsi qu’elle s’est efforcée toute sa vie à vivre d’amour. C’est toute la doctrine de cette  grande sainte, aujourd’hui docteur de l’Eglise.

Notre auteur poursuit en disant : que ces pleurs « auraient suffi pour laver les crimes du monde entier » « Quibus lavare sufficis Totius orbis crimina ». Là, pour une fois, je ne suis pas de cet avis. Je crois que notre auteur se trompe. En effet pour racheter le péché originel, il fallait un acte d’une valeur infinie, l’acte d’un Dieu-Homme. Et cela en raison de la malice infinie du péché originel puisque Adam et Eve s’étaient  dressés contre une personne d’une dignité infinie. En effet la malice d’un acte se juge par rapport à la dignité de la personne offensée. Or en l’occurrence, la personne offensée est Dieu lui-même, d’une dignité infinie. Ainsi pour le « rachat », pour « la réparation », il fallait, en toute justice,  un acte d’une valeur infinie. Seule un Dieu-Homme pouvait réparer le péché originel. Même Marie aussi parfaite soit-elle, ne pouvait réparer ce mal infini qu’est le péché originel. Même Immaculée dans sa conception, elle reste une créature limitée et bornée, incapable en conséquence de « laver tous les crimes du monde entier ». Il faut donc dire que, de fait, toutes les souffrances de Marie en union à celles de son Fils, vrai Dieu et vrai homme, ont pu « laver les crimes du monde entier. Elle est certes coredémeptrice, mais ehn unuion à son Fils. Et quelle union n’a-t-elle pas montré en la Passion de son divin Fils !

3ème strophe

« Sit quinque Jesu vulnerum Amara contemplatio, sint et dolores Virginis Aeterna cunctis gaudia »

Que la contemplation douloureuse des cinq plaies de Jésus et que les douleurs de la Vierge soient pour tous des joies éternelles »

Comment ne pas citer ici, pour commenter cette strophe, les belles pages de saint Bernard dans son « traité de l’amour de Dieu ». Tout est à lire. Mais nous nous ne pouvons allonger. Tout au début de son ouvrage, Saint Bernard  se pose la question : « Pourquoi Aimer Dieu ? ».

« Tu me demandes de te dire pourquoi il faut aimer Dieu et comment?
Je te réponds: la raison d’aimer Dieu, c’est Dieu lui-même !
La mesure de cet amour, c’est de l’aimer sans mesure ». Il poursuit : « Je crois qu’il faut dire qu’il y a deux raisons d’aimer Dieu pour lui-même:
- D’abord rien n’est plus juste.
- Ensuite rien ne peut être aussi avantageux pour nous.

1-Rien n’est plus juste ! « Parce qu’il nous a aimé le premier »  (I Jn 4 9):
« il s’est donné à nous, même quand nous n’étions pas dignes de lui (Galates 1, 4). Est-ce qu’il pouvait nous donner quelque chose de meilleur que lui-même !
…Vraiment il mérite que nous l’aimions en retour.  C’est clair, surtout si nous nous posons ces trois questions :
- Celui qui nous aime, qui est-il ?
- Ceux que Dieu aime, qui sont-ils ?
- Quelle est la mesure de son amour ?
Celui qui nous aime, qui est-il ? :
C’est celui que tout être humain reconnaît en disant : « Tu es mon Dieu parce que tu n’as pas besoin de mes biens » (Psaume 15, 2).

Et pour qui Dieu est-il si généreux ?  L’apôtre Paul le dit: « Quand nous étions les ennemis de Dieu, il nous a réconciliés avec lui » (Romains 5, 10).  Donc, Dieu a aimé ses ennemis d’un amour gratuit.

Enfin, quelle est la mesure de cet amour ?
L’apôtre Jean nous le dit: « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16).
….
Voilà ce que le Dieu juste a fait pour des pécheurs! (Romains 5, 6-7)
Voilà ce que le Tout-Puissant a fait pour nous qui sommes si faibles…

«  Il est bien juste de l’aimer en retour ».

Et ce qui va provoquer notre amour immense pour Dieu, c’est précisément la contemplation de souffrances du Christ en sa Passion. Ce que réclame notre auteur !

« L’Eglise … voit le Fils Unique du Père qui porte sa croix (Jean 19,17), elle voit qu’on frappe le Seigneur Dieu (1 Corinthiens 2, 8). Elle voit celui qui donne vie et gloire, attaché à la croix par des clous. On lui perce le côté avec une lance (Jean 19, 34), on l’insulte et on se moque de lui (Lamentations 3, 30). Enfin, sa vie très précieuse (Jérémie 12, 7), le Christ la donne pour ses amis (Jean 15, 13).  L’Église voit tout cela et elle sent l’amour transpercer son cœur comme une épée (Luc 2, 35). …. Donc, si nous voulons que le Christ habite dans nos cœurs (Éph 3, 17), nous devons les rendre forts dans la foi, en réfléchissant à toutes les preuves de son amour. Les voici : il est mort par amour pour nous, et il s’est réveillé de la mort avec puissance… Si tu réfléchis à tout ce que je viens de dire, tu comprendras bien, je crois, pourquoi on doit aimer Dieu, pourquoi Dieu mérite d’être aimé. … » ;

Voilà, rien n’est plus juste que d’aimer Dieu en retour.

Saint Bernard dit encore ces belles phrases : « Et si je dois me donner tout entier à Dieu parce qu’il m’a créé, ma dette est beaucoup plus grande parce qu’il m’a recréé d’une façon plus merveilleuse encore. Oui, pour Dieu, cela a été moins facile de me recréer que de me créer. Pour me créer, et pour créer tout ce qui existe, les Livres Saints disent : « Dieu a dit une seule parole, et tout a été fait » (Psaume 148, 5).  Mais celui qui m’a créé par une seule parole a dû faire beaucoup plus pour me recréer. Il a dû faire des choses merveilleuses. Il a dû supporter des choses dures, et non seulement dures, mais des souffrances qui ne sont pas dignes de Dieu. « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il m’a donnés ? » (Psaume 115, 12). Au début, quand Dieu m’a créé, il m’a donné la vie à moi-même.  Puis, quand Dieu m’a recréé, il s’est donné lui-même à moi. Et en se donnant lui-même, il m’a rendu la vie. C’est donc une double dette que j’ai envers lui.  Ainsi, il m’a donné une première fois à moi-même, puis il m’a rendu une seconde fois à moi-même ».

2- Et c’est cet amour de Dieu, puisé dans la contemplation des souffrances du Christ, qui va me donner des « joies éternelles ». Celles dont parle l’hymne que nous analysons : « Que la contemplation douloureuse des cinq plaies de Jésus et que les douleurs de la Vierge soient pour tous des joies éternelles »

C’est en effet dans la réponse à la deuxième question que se pose saint Bernard –« rien ne peut être aussi avantageux pour nous » que d’aimer Dieu – que l’on va comprendre que « cet amour de Dieu, qui nait de la contemplation des plaies et des souffrances de Marie », est de nature à me donner ces « joies éternelles ». Ce sont là les fruits de l’amour de Dieu. Rien n’est plus avantageux pour nous, nous dit saint Bernard. En effet Dieu se réserve pour l’éternité à ceux qui l’aime :

Il dit : « Voyons maintenant ce que nous gagnons en aimant Dieu… Quand on aime Dieu, on reçoit de lui une récompense. Mais nous ne devons pas l’aimer pour recevoir cette récompense.  En effet, l’amour vrai reçoit toujours quelque chose en échange. Pourtant, il ne veut rien gagner, parce qu’il « ne cherche pas ses intérêts » (1 Corinthiens 13, 5).  C’est un mouvement du cœur, ce n’est pas un contrat. L’amour ne s’achète pas et il n’achète rien.  L’amour est spontané, et nous fait agir spontanément. L’amour vrai trouve toute sa joie en lui-même. La récompense de l’amour, c’est la chose qu’on aime… L’amour vrai ne cherche pas de récompense, mais il en mérite une. Bien sûr, on promet une récompense à quelqu’un qui n’aime pas encore vraiment. On doit cette récompense à celui qui aime, et on la donne à celui qui est fidèle dans l’amour… Si quelqu’un aime Dieu, il cherchera, comme seule récompense, le Dieu qu’il aime. S’il cherche autre chose que Dieu, il n’aime pas vraiment Dieu, c’est sûr….Au début, j’ai dit que la raison d’aimer Dieu, c’est Dieu lui-même. En disant cela, j’ai dit la vérité. En effet, l’amour vient de Dieu, et l’amour va à Dieu. Dieu nous donne l’occasion d’aimer. Il est l’origine de notre amour. Et c’est lui-même qui rassasie notre désir de l’aimer. Il nous donne de l’aimer ou, plutôt, il se donne à aimer. C’est lui aussi que nous espérons, et notre bonheur sera de l’aimer.
Si cela n’est pas vrai, notre amour est vide. L’amour de Dieu, à la fois, prépare notre amour et le récompense. Dans sa bonté, Dieu est là avant nous.
Plus juste que nous, il veut que nous répondions à son amour. Lui, si bon, il veut que nous le désirions.  Il est riche pour tous ceux qui l’appellent (Romains 10, 12). Mais il est lui-même notre plus grande richesse.
Il s’est donné à nous pour que nous le cherchions. Il désire être notre récompense, il se donne en nourriture à ses amis, et il livre sa vie pour libérer les prisonniers.
Seigneur, tu es bon pour celui qui te cherche (Lamentations 3,-25).  Mais que peut dire celui qui te trouve ? Voici ce qui est étonnant : personne ne peut te chercher, s’il ne t’a pas d’abord trouvé.  Tu veux donc qu’on commence par te trouverPuis tu veux qu’on continue à te chercher, afin de pouvoir te trouver davantage. Nous pouvons te chercher, c’est vrai, et nous pouvons te trouver.
Mais nous ne serons jamais là avant toi. »

Comment mieux exprimer cette quête de Dieu et les fruits qui en résultent : les joies éternelles, que dans cette « méditation de l’amour de Dieu » de saint Bernard.

Conclusion

« Jesu, tibi sit gloria, Qui passus es pro servulis, Cum Patre et almo  Spiritu, in sempiterna saeculé

Jésus, à vous soit la gloire, vous qui avez souffert pour vos humbles serviteurs, ainsi qu’au Père et à l’Esprit divin, dans les siècles des siècles »

« Jésus, à vous soit la gloire, vous qui avez souffert pour vos humbles serviteurs». Non ! Il faut traduire « servulus » par « esclave », « esclave même de bas étage ». Ce n’est pas « l’humble serviteur ». C’est l’esclave qui est, depuis le péché originel, sous la domination de Satan, son esclave. Or Jésus a souffert pour nous libérer de cet esclavage-là. Voilà le vrai sens du mystère de la Rédemption. Comme l’a confessé saint Pierre le jour de la Pentecôte : « Il n’y a pas d’autre nom sous le ciel par lequel nous devions  être sauvés que celui de Jésus ». Il est notre seul Sauveur. « Jesu…qui passus es pro servulis », à vous, avec le Père et le Saint Esprit, tout honneur et toute gloire.

 

 

Revue-Item.com

article précédent

Hymne en la fête des sept douleurs de Notre Dame (2)

article suivant

Hymne des Matines de la fête des sept douleurs de Notre Dame (2)

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS