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« Celui qui sème dans sa chair moissonnera de la chair, la corruption. Mais celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ».

« Celui qui sème dans sa chair moissonnera de la chair, la corruption. Mais celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ».

publié dans paroisse saint michel le 3 septembre 2010


Prédication pour le 15ème dimanche après la Pentecôte.

« Celui qui sème dans sa chair moissonnera de la chair, la corruption. Mais celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ».

 

 

Saint Paul est formel. C’est soit l’enfer, soit la vie éternelle. La voie de l’enfer, c’est l’activité charnelle. La voie de la vie éternelle, c’est la vie de l’esprit. Et dimanche dernier, dans l’épître aux Galates, saint Paul nous donnait toute précision utile : « les œuvres de la chair sont manifestes : c’est la fornication, l’impureté, l’impudicité, la luxure, l’idolâtrie, les maléfices, les inimitiés, les querelles, la jalousie, les animosités, les rixes, les dissensions, les factions, l’envie, les meurtres, l’ivrognerie, les débauches, et les choses semblables, dont je vous prédis, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui les commettent ne seront point héritiers du royaume de Dieu. Mais les fruits de l’esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté ». Et pour de telles actions, pour ceux qui les pratiquent, c’est la vie éternelle.

Nous n’avons pas à nous rebeller contre ces affirmations pauliniennes, contre ce dilemme : aut, aut, ou bien, ou bien, ou bien  l’enfer ou bien la vie éternelle. Dieu est Dieu et qui peut lui en remontrer…Nous avons à en prendre acte. Nous avons à nous en souvenir pour que cela nous aide et que nous y trouvions même consolation. Soit l’enfer. Soit le ciel. Ces affirmations doivent être pour nous tous,  une aide puissante à la vertu, à la pratique des œuvres de l’esprit. Qui pense à sa fin s’efforce de garder la vertu, s’efforce de pratiquer les œuvres de l’esprit que saint Paul nous décrit très heureusement.

La vie éternelle, en effet, est peut être ultime dans l’ordre de l’agir. Elle vient au terme de l’agir moral. Elle en est le fruit. Mais elle est première dans l’ordre de l’intention. Elle préside nécessairement à toute mon action. Je veux la fin : la vie éternelle. J’agirai de telle manière pour obtenir cette fin : la vie éternelle. Le philosophe vous dira que la fin est toujours ultime dans l’ordre de l’être, elle est première dans l’ordre de l’agir. C’est l’intention qui me détermine à l’action. Quelle est mon intention ? Veux-je le baccalauréat à la fin de l’année scolaire ? …Cette intention va me déterminer toute l’année et m’aider dans mes efforts scolaires. Cette intention préside à tous mes efforts scolaires, et sera la raison de tous mes efforts scolaires. Mais ce ne sera qu’à la fin de l’année scolaire, que je recevrai le diplôme. La fin est ultime, l’intention première.

Il en est de même pour la vie éternelle. Elle est ultime, elle vient à la fin de mes jours. Mais elle est prochaine dans mon intention. Je veux la vie éternelle. Je veux la posséder un jour. Aussi vais-je ordonner mes actes pour cette possession un jour.

Et c’est inéluctable. Je posséderai le baccalauréat – la finalité de cette année scolaire – si je travaille. Je posséderai la vie éternelle  – la finalité de ma vie – si j’en prends le chemin, si je pratique les œuvres de l’esprit : la charité, la joie la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté.

C’est inéluctable.

Et comme c’est inéluctable, il est étonnant de voir toute une génération, celle qui nous entoure, vivre s’en se préoccuper de sa fin, de la vie éternelle. Elle a soif des choses matérielles. Elle a soif des biens temporels. Elle a soif, pour certains, de diplômes, pour d’autres de distractions. Dans les uns comme dans les autres, elle s’y perd. Elle s’y engouffre. Elle s’y étourdit. Elle cherche ainsi à fuir toute préoccupation métaphysique, toute recherche de l’Etre. Elle semble  ne même pas soupçonner qu’il existe un « au-delà », un « lendemain », une destinée qui est « éternelle », « essentielle ».  Du moins, elle fait comme si cela n’existait pas pour elle. Elle ne s’y intéresse pas. Elle ne semble même pas s’en soucier.

Tout cela m’étonne, mais ce sont là, n’en doutons pas,  les conséquences de l’enseignement laïc, du laïcisme. Eduquer, des jours et des jours, des enfants sans leur parler jamais de la vie éternelle, c’est inéluctablement leur fermer l’horizon divin. C’est inéluctablement les empêcher de croire. C’est faire volontairement un peuple athée, agnostique.   Dieu et son ciel deviennent  des réalités méconnues de toute une génération. Ce qui était hier la foi de tout un peuple, est aujourd’hui ignoré du même peuple. Benoît XVI vient justement de déclarer dans le message qu’il vient d’adresser à la jeunesse pour les JMJ de l’an prochain : « Il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est « un enfer ».

Dieu ! Le ciel ! Ce dont on ne parle pas ou plus, n’existe pas. Saint Paul a raison de dire la foi vient de ce qu’on entend : « Fides ex auditu ». Ecoutez ce passage pathétique de saint Paul. Il y exprime en quelque sorte son angoisse d’Apôtre. Ce texte se trouve dans son Epître aux Romains : « Comment donc invoquera-t-on celui en qui on n’a pas encore cru ? Et comment croira-t-on en celui dont on n’a pas entendu parler ? Et comment en entendra-t-on parler s’il n’y a pas de prédicateur Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ?  (ou  si on leur ferme la bouche les empêchant d’enseigner ou les réduisant à néant) selon ce qui est écrit : « qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent le salut….Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu ». (Rm 10 14-17)

Aussi, MBCF, vous devez parer, corriger cette carence si vous ne voulez pas voir un jour  vos enfants s’éloigner  des préoccupations éternelles et manquer leur éternité. La perte de la foi en la vie éternelle est inéluctable, si on n’enseigne pas la foi. Or elle n’est plus enseignée dans les lycées ni les universités. Or les Universités furent catholiques, ne l’oublions pas, ainsi de la Sorbonne.  La foi  est même peu enseignée dans les collèges et lycées privés…Si elle y est enseignée, elle y est enseignée comme une chose facultative, comme une religion entre mille autres, pas plus vraie, par plus fausse que les autres. NSJC n’est plus enseigné comme étant le principe et la fin nécessaire de tout, comme étant l’Alpha et l’Omega de toutes choses.

Il n’est plus enseigné comme étant le principe de la vie éternelle.

Plus haut, je vous disais que Saint Paul nous indiquait le chemin du Ciel. Il nous disait qu’il fallait pratiquer « la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté ». Mais qui ne voit que toutes ces vertus furent les vertus pratiquées par le  Christ. Qui contemple le Christ, contemple en lui toutes ces vertus. Dès lors on peut dire que le Christ, tout autant que les vertus citées plus, est le principe de la vie éternelle.

Le Christ Jésus le dit clairement au bon larron sur le bois de la Croix. Le bon larron confesse finalement la foi au Christ : « Souviens-toi de moi dans ton royaume » et Jésus de lui répondre : « Je te le dis en vérité, Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». C’est Jésus qui ouvre les portes du ciel par sa Passion, par son sang rédempteur, à ce bon larron. Il est le Sauveur de lui et de tous. C’est pourquoi nous le voyons ressusciter le fils de la veuve, à la porte de Naïm. Que nous enseigne ce récit de l’Evangile, que nous enseigne ce miracle sinon que Jésus est le principe de la vie, de la vie éternelle.

Et saint Paul est formel, lui qui écrit aux Romains : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant de cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de bouche qu’on parvient au salut, selon ce que dit l’Ecriture : « Quiconque croit en lui ne sera pas confondu…Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Rm 10 9-13)

Ou encore : « La fin de ces choses (i.e des actions selon la chair) c’est la mort. Mais maintenant affranchis du péché et devenus les esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté, pour fin la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ »

Il nous faut ici, sur ce sujet capital évoquer la belle phrase de Jésus lui-même dans sa prière sacerdotale – testament sublime donné au moment le plus pathétique de sa vie, à l‘heure de sa mort prochaine.  Là, on dit toute vérité, les « ultima verba »-  : « Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie, puisque vous lui avez donné autorité sur toute chair, afin que, à tous ceux que vous lui avez donné, il donne la vie éternelle. Or la vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu véritable et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ…Père ceux que vous m’avez donnés, je veux que là où je suis, ils y soient avec moi, afin qu’ils voient ma gloire ». (Jn 17).

Il est clair, MBCF, que le Christ s’est lui-même présenté comme le principe de la vie éternelle. « Afin que, à tous ceux que vous lui avez donné, il donne la vie éternelle ». Les disciples nous  présente  la vie éternelle comme « le don de Dieu, … en Jésus-Christ ».

Affirmons, sans craindre de nous tromper, que en Lui, en Jésus, est la vie éternelle. Et claironnons que pour la posséder, il faut connaître «  le seul vrai Dieu véritable » et « celui qui fut envoyé, Jésus-Christ ». La connaissance du Dieu véritable, la connaissance de son Fils envoyé pour opérer le salut : voilà les conditions nécessaires pour posséder la vie éternelle. Voilà ce qu’il faut « confesser de bouche » et « croire de cœur » pour posséder la vie éternelle.

Voilà ce que vous avez à cœur d’enseigner à vos enfants au milieu de l’indifférentisme général de notre génération présente. Mais si vous voulez contribuer à la christianisation de la France, à une œuvre civilisatrice, il faut vous y prendre avec hardiesse et  transmettre à vos enfants une foi joyeuse en Notre Seigneur Jésus-Christ, une foi objective et forte. La vie chrétienne en famille est aujourd’hui essentielle. La prière familiale est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Les enfants qui ne voient plus prier leurs maîtres ou maîtresses, ont besoin de voir prier leurs parents avec eux chaque jour, le dimanche. Ce n’est pas une corvée. C’est la vie de l’âme de l’enfant qui est en jeu. Il n’y a pas d’autre chemin que celui-là. Oui !  Méfiez-vous de l’esprit laïc. Méfiez-vous du laïcisme qui corrompt les nations chrétiennes. Pie XI dira « le laïcisme est la peste qui infecte les nations ». Et Benoît XVI, dans le message aux jeunes dont je vous parlais plus haut, lui fait écho disant : « L’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. A l’inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l’adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l’amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants religieux qui éloignent de la foi en Jésus-Christ. » C’est juste. Que trop juste. Amen.

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