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Une politique de désintégration nationale cautionnée par le Premier Ministre

publié dans regards sur le monde le 13 janvier 2014


Sur Correspondance européenne   n° 278, du 10 janvier 2014

 Une politique de désintégration nationale cautionnée par le Premier Ministre

Peu avant Noël a été mis en ligne sur le site du Premier Ministre un rapport sur l’intégration, résultat des travaux de plusieurs groupes de réflexion mandaté à cet effet par Monsieur Eyrault. Ce rapport de plus de cinquante pages constitue sans doute un exemple parfait, mais terriblement inquiétant, de la mainmise de l’idéologie politiquement correcte sur le pouvoir socialiste.

A l’évidence les divers contributeurs à ce document sont obsédés par le passé colonial de la République française et par l’esclavage, aboli il y a il y a plus d’un siècle et demi ! A l’évidence, ils feignent d’ignorer que c’est la troisième République, radical-socialiste et franc-maçonne, qui a bâti l’empire colonial et que l’esclavage n’a pas été le seul fait des Européens, mais qu’il a été pratiqué à grande échelle par les arabo-musulmans et les Ottomans qui ont réduit en esclavage des millions d’Européens et d’Africains. Il transpire donc du texte une volonté anachronique de revanche voire de vengeance.

Consacré, en principe à la question de l’intégration, la papier comporte de façon significative 440 fois le mot droit et seulement 13 fois le mot devoir. Plus qu’un symbole, un état d’esprit. Au demeurant pas une phrase pour mentionner ce que la France a pu apporter aux étrangers et à leurs enfants qui s’y sont installés.

En revanche, les rédacteurs estiment qu’un travail « de remise à plat de l’histoire de France est nécessaire ». Et pourquoi donc ? Parce que « l’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des “grands hommes” blancs et hétérosexuels » ! On croit rêver ou plutôt cauchemarder. Mais il se trouve que la France est en effet un pays européen et que les populations d’origine européenne sont effectivement de race blanche. Quant à l’hétérosexualité, elle est l’orientation naturelle de la sexualité alors que l’homosexualité n’a été et n’est que marginale. Etre obligé de rappeler ces vérités d’évidence dénote à quel point l’errance idéologique la plus absurde ravage notre pays. De surcroît, et contrairement à la doxa politiquement correcte, les études démographiques de longue période démontrent la France n’a pas été, tout au long de son histoire bi millénaire, un pays d’immigration. Ce phénomène n’est que très récent.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Nos rédacteurs, décidemment plein d’imagination, préconise que la France assume « la dimension arabe orientale de son identité » et sorte de « son attitude post coloniale ». Or cette identité arabe orientale n’existe pas sur le plan historique, même si aujourd’hui vivent en France près de cinq millions de musulmans (chiffre officiel qui ne tient pas compte des immigrés illégaux). Si cette dimension existe elle se trouve à Poitiers avec Charles Martel, à Tunis avec Saint Louis, à la bataille des pyramides avec Bonaparte, à Navarin avec la flotte française et l’indépendance grecque, à Alger avec le général de Bourmont, ou à la prise de la smala d’Abd el-Kader par le Duc d’Aumale !

L’indépendance de la Tunisie, de l’Algérie – passées du statut de colonie de l’empire Ottoman à celui de colonie ou de protectorat français – et du Maroc ont mis fin à la dimension arabe orientale de la France.

Dans leur fureur anti française, nos idéologues font un pas de plus. Il s’agit de relativiser l’enseignement du Français pour privilégier la langue parlée en famille ! En conséquence il conviendra de valoriser l’apprentissage de l’arabe et d’une autre langue africaine dès le collège.

Puis, ils passent de la langue à la sémantique. Il est proposé de ne plus « désigner » les personnes mais de formuler des recommandations à l’égard des médias afin qu’ils ne mentionnent « la nationalité, l’origine, l’appartenance ethnique, la couleur de peau, la religion ou la culture que si cette information est pertinente ». Et qui donc jugera de cette pertinence ? Un Ministère de l’information et de la propagande sans doute. Il est même suggéré de créer un délit de « harcèlement racial » et « d’étudier le recours à la sanction ». Quant à l’interdiction du voile islamique à l’école et dans les sorties scolaires, il conviendra bien sûr de la supprimer.

Nous sommes bien là dans une double démarche de désintégration nationale et de contrôle totalitaire de la pensée. En fait c’est la majorité des Français qui est sommée de s’intégrer à la minorité ou aux minorités arabo africaines ! Au demeurant, pour les rapporteurs, le mot intégration devrait être banni. Sans doute pensent-ils, à l’instar de M. Erdogan que « l’intégration est un crime contre l’humanité ».

Bien entendu, la majorité socialiste mais aussi l’opposition dite de gouvernement, ont tenté de minimiser la portée de ce document. Il semble pourtant sorti tout droit du roman de George Orwell 1984 dont, rappelons-le, l’infortuné héros était justement chargé de ré écrire l’Histoire. Le fait qu’il ait été mis sur le site du Premier Ministre révèle bien quel est l’entourage idéologique du pouvoir socialiste. Qu’il ait été faiblement dénoncé prouve simplement qu’il s’agit d’un « ballon d’essai » avant dans d’en venir aux actes.

Il est probable que cette mise en ligne avait aussi pour but politique d’augmenter l’exaspération des Français et de les porter vers le Front National afin d’affaiblir l’UMP qui, en vérité, n’a guère besoin de cela tant elle est empêtrée dans ses querelles internes et incapable de s’opposer sur le fond au Parti socialiste. La question n’est donc plus de changer de majorité mais bien de système. De système de pensée et de système politique.

Le Ministre de l’Education nationale, membre du Grand Orient, a dit et écrit que la Révolution française n’avait pas été achevée et qu’il fallait la finir. Dans cette perspective le fait de pousser les Français à l’exaspération n’est pas innocent. Il s’agit, dans un raisonnement crypto marxiste et totalitaire, de pousser à la confrontation selon le vieux schéma revisité de la lutte des classes.

Mais les princes qui nous gouvernent si mal devraient se méfier car, en l’occurrence, rien ne prouve qu’ils l’emporteraient. Ce qui est certain, c’est que la France, elle, en paierait la note. Au prix du sang et des larmes. (Stéphane Buffetaut)

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