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Le Jeudi Saint. L’Eucharistie. La Messe Chrismale à la Cathédrale Saint Louis

publié dans la doctrine catholique le 28 mars 2018


Jeudi Saint

2018

Le sacerdoce. La Sainte Messe

 

 

 

Le Jeudi Saint,  NSJC n’a pas seulement institué le sacrement de son Corps et de son Sang, mais, en son Corps et en son Sang consacrés séparément et réellement présents sous les espèces eucharistiques, Il a institué son Sacrifice et ordonna prêtres ses Apôtres, pour qu’eux et leurs successeurs dans le sacerdoce, célébrassent à perpétuité ce Sacrifice, le même, le seul : “Faites ceci en mémoire de Moi”. Voilà notre foi.

Or ce sacrifice du Christ est le point central de la Vie de Notre Seigneur. C’est par ce Sacrifice qu’il opéra notre salut. Comment ? Disons le nettement : par mode de cause efficiente, nous dit saint Thomas, par mode de mérite, par mode de satisfaction, en tant qu’il nous a délivrés de l’obligation de la peine qu’avaient mérité nos péchés, par mode de rédemption ou de rachat, en tant qu’Il nous a délivrés de l’esclavage du péché et du démon et par mode de sacrifice, en tant que par ce Sacrifice nous rentrons en grâce auprès de Dieu, réconciliés avec Lui. Dieu ne tient plus compte de la faute, tellement ce Sacrifice lui a plu. Là, en effet, NSJC confessait la totale Seigneurie du Dieu tout puissant, réparant la révolte orgueilleuse d’Adam. Dès lors, les portes du ciel nous sont ouvertes puisque l’obstacle – le péché – est enlevé, réparé.

Nous comprenons ainsi combien est important pour nos âmes  ce Sacrifice du Seigneur. Et combien il faut l’aimer.

Or on sait que notre Sacrifice de la Messe est le Sacrifice de la Croix perpétué. C’est le même. Ce n’est pas une simple commémoration, un simple souvenir, – comme on pouvait le ressentir hier à la messe chrismale -, mais c’est le même sacrifice. C’est l’enseignement de l’Eglise. Le Catéchisme du Concile de Trente l’affirme: Nous reconnaissons, dit le catéchisme, que le Sacrifice qui s’accomplit à la Messe, et celui qui fut offert sur la Croix ne sont et ne doivent être qu’un seul et même Sacrifice, 1) parce qu’il n’y a qu’une seule et même Victime, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s’est immolé une fois sur la Croix d’une manière sanglante. Car il n’y a pas deux hosties, il n’y en a qu’une ; il n’y a qu’une seule et même Victime dont l’immolation se renouvelle tous les jours dans l’Eucharistie depuis que le Seigneur a porté ce commandement “Faites ceci en mémoire de Moi ». 2) C’est aussi  le même sacrifice parce qu’il n’y a qu’un seul et même Prêtre dans ce Sacrifice, c’est Jésus-Christ. Car les Ministres qui l’offrent n’agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la Personne de Jésus-Christ, lorsqu’ils consacrent son Corps et son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la Consécration. Car les prêtres ne disent pas : Ceci est le Corps de Jésus-Christ, mais, Ceci est mon Corps : se mettant ainsi à la place de Notre-Seigneur, pour convertir la substance du pain et du vin en la véritable substance de son Corps et de son Sang.

Les choses étant ainsi, il faut sans aucune hésitation enseigner avec le saint Concile que l’auguste Sacrifice de la Messe n’est pas seulement un Sacrifice de louanges et d’actions de grâces, ni un simple mémorial de celui qui a été offert sur la Croix, mais EST encore un vrai Sacrifice de propitiation pour, je me répète tant la chose est importante, pour apaiser Dieu et nous Le rendre favorable, ayant pardonné la faute. Le parfum qui s’exhale de ce Sacrifice lui est si agréable qu’Il nous accorde les dons de la grâce et du repentir, et qu’Il pardonne nos péchés. Aussi l’Eglise dit-elle, dans une de ses prières solennelles : “Chaque fois que nous renouvelons la célébration de ce Sacrifice, nous opérons l’œuvre de notre salut” (Secrète du 9ème dimanche après la Pentecôte). Car tous les mérites si abondants de la Victime sanglante se répandent sur nous par ce Sacrifice non sanglant.

Mgr Lefebvre n’a cessé de rappeler cette vérité : “Notre Messe est la Messe du Sacrifice du Christ et il n’y a qu’un seul Sacrifice qui nous ouvre la porte du ciel “ Toi, en nous délivrant des chaînes de l’enfer, Tu nous as conduits au Ciel par la Croix”. La croix, c’est le chemin qui nous mène au ciel. Le Sacrifice de NSJC, c’est la voie royale qui nous mène à l’éternité. Il n’y en a pas d’autre. Il n’y a pas de choix. Il n’y a pas de liberté religieuse dans ce sens que l’on pourrait choisir sa religion. Il n’y a qu’une religion parce qu’il n’y a qu’un chemin qui nous mène au ciel, il n’y en a pas deux, la Croix de NSJC. La Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est la vraie Messe, la Messe de toujours. Alors si nous voulons demeurer catholiques, il faut garder cette Messe qui est le Sacrifice de la Croix de NSJC. Et si nous voulons garder cette Messe, il faut avoir des prêtres catholiques, des prêtres qui y croient… ” (Homélie en Allemagne pour les 20 ans de la Fondation de la FSSPX).

Aussi voulut-il clairement garder cette Messe de “toujours”. Il vous souvient, du moins pour les plus anciens, de son appel pathétique lancé à la Porte de Versailles, lors de sa Messe Jubilaire, pour le 50ème Anniversaire de son Sacerdoce, le 23 septembre 1979 : “Je terminerai, Mes Bien Chers Frères, disait-il, par ce que j’appellerai un peu, mon testament. Mon testament, c’est un bien grand mot, je voudrais que ce soit l’écho du testament de Notre-Seigneur : Novi et Aeterni Testamenti …c’est le prêtre qui récite ces paroles de la Consécration du Précieux Sang. « Hic est calix sanguinis mei, novi et aeterni testamenti », l’héritage que Jésus-Christ nous a donné, c’est son Sacrifice, c’est son Sang, c’est sa Croix. Et cela est le ferment de toute la civilisation chrétienne et de ce qui doit nous mener au ciel. Aussi je vous dis : Pour la gloire de la Très Sainte Trinité, pour l’amour de NSJC, pour la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, pour l’amour de l’Eglise, pour l’amour du pape, pour l’amour des évêques, des prêtres, de tous les fidèles, pour le salut du monde, pour le salut des âmes, gardez ce testament de NSJC! Gardez le Sacrifice de NSJC! Gardez la Messe de toujours… Dans quelques instants, je vais prononcer ces paroles sur le calice de mon ordination, et comment voulez-vous que je prononce, sur le calice de mon ordination, d’autres paroles que celles que j’ai prononcées il y a cinquante ans sur ce calice ? C’est impossible. Je ne puis pas changer ces paroles. Alors nous continuerons à prononcer les paroles de la Consécration, comme nos prédécesseurs nous l’ont appris, comme les papes, les évêques et les prêtres qui ont été nos éducateurs nous l’ont appris, afin que NSJC règne et que les âmes soient sauvées par l’intercession de Notre Bonne Mère du ciel. Amen”.

 

Cette fidélité au testament de NSJC, à savoir au don que NSJC fait de son Sacrifice à son Eglise et aux prêtres, fut toute la vie de Mgr Lefebvre. Aussi je ne peux pas, en tant que disciple de Mgr Lefebvre, ne pas me rappeler son souvenir et sa mémoire en cette fête de l’Institution de l’Eucharistie. Cette fidélité lui valut les pires ennuis. Vous les connaissez. Ce n’est pas le lieu de les rappeler…

Mais, par contre c’est bien le moment de se souvenir de son enseignement.

Le 5 juin 1971, devant son corps professoral et devant tous les séminaristes d’Ecône, puis le lendemain, de Fribourg, il prenait officiellement position contre la réforme liturgique ; il s’y opposa fortement disant que la Nouvelle Messe exprime d’une manière équivoque les trois vérités essentielles de la messe catholique, à savoir la Présence réelle et substantielle de NSJC dans l’Eucharistie, comme victime du sacrifice, du Sacrifice de la messe, qui n’est pas seulement un sacrifice de louange, ni une simple commémoration, ni une simple assemblée des fidèles sous la présidence du prêtre, fut-ce de l’évêque  comme hier, à la cathédrale de Versailles, mais qui est essentiellement le Sacrifice propitiatoire du Christ en Croix renouvelé sur les autels, nous rachetant du péché originel et de nos péchés personnels, le prêtre offrant seul au nom du Christ – Grand Prêtre selon l’ordre de Melchisédech, ce sacrifice réparateur. Voilà la vérité catholique sur la messe.

Et j’affirme que si nous avons encore ce trésor dans nos mains sacerdotales, c’est grâce à Mgr Lefebvre. Si nous avons la joie d’avoir le Motu Proprio de Benoît XVI, c’est encore grâce à Mgr Lefebvre. Benoît XVI n’aurait pas pu l’écrire sans Mgr Lefebvre puisque c’est lui qui, contre vents et marées, garda ce trésor. Quelle opiniâtreté chez Mgr Lefebvre en ce domaine. Souvenez-vous. La menace des peines canoniques ne le firent pas reculer : Souvenez-vous du fameux sermon du 29 juin 1976 : “Mais si, en toute objectivité, nous cherchons quel est le motif véritable qui anime ceux qui nous demandent de ne pas faire ces ordinations, si nous recherchons leur motif profond, nous voyons que c’est parce que nous ordonnons ces prêtres afin qu’ils disent la Messe de toujours. Et c’est parce que l’on sait que ces prêtres seront fidèles à la Messe de toujours, qu’on nous presse de ne pas les ordonner. Et j’en veux pour preuve le fait que six fois depuis trois semaines, six fois, on m’a demandé de rétablir des relations normales avec Rome et de donner pour témoignage de recevoir le rite nouveau et de le célébrer moi-même. On est allé jusqu’à m’envoyer quelqu’un qui m’a offert de concélébrer avec moi dans le rite nouveau afin de manifester que j’acceptais volontiers cette nouvelle liturgie et, que de ce fait, tout serait aplani entre nous et Rome. On m’a mis dans les mains un missel nouveau en me disant : “Voilà la messe que vous devez célébrer et que vous célébrerez désormais dans toutes vos maisons”. On m’a dit également que si en cette date, aujourd’hui ce 29 juin, devant toute votre assemblée, nous célébrions une messe selon le nouveau rite, tout serait aplani désormais entre nous et Rome. Ainsi donc, il est clair, il est net que c’est sur le problème de la Messe que se joue tout le drame entre Ecône et Rome”.

Je vous assure qu’après avoir assisté à la Messe chrismale à la Cathédrale en ce Mardi Saint, je comprends toujours mieux la position de Mgr Lefebvre. J’ai bien peur que, hier, à la messe chrismale, nous ayons assistés plus à une commémoration de la Cène, qu’au renouvellement du saint Sacrifice de la Croix, qu’ au renouvellement du vrai sacrifice de la messe.  C’est un drame ! Une « protestantisation » de notre liturgie. Lex orandi, lex credendi. La loi de la prière est la loi de la foi. Les prières, hier, orientaient davantage les esprits vers un souvenir que vers une action, l’action propre du Christ renouvelant par les mains de son prêtre la consécration de son Corps et de son sang. C’est plus à un récit qu’à une action auquel nous assistions hier. Fasse le ciel que je me trompe.

 

A la lumière de cet événement de hier, j’affirme que nous n’avons  pas tort, bien au contraire, que nous avons raison  de vouloir garder, comme nous l’enseignait Mgr Lefebvre, le rite de toujours. Car  la messe renouvelle la Rédemption de NSJC, l’actualise. C’est le sang précieux de NSJC qui a coulé pour la rédemption de nos péchés sur le bois de la Croix et qui coule encore sur nos autels, vrai Croix du Christ. Voilà ce que nous croyons en célébrant le saint Sacrifice de la Messe de toujours. Nous avons besoin de cette messe véritable, de cette messe de toujours, de ce Sacrifice de NSJC pour réellement remplir nos âmes du Saint-Esprit et de la force de NSJC.

Voilà ce que nous donne la messe de toujours. Voilà ce que n’exprime plus clairement la Nouvelle Messe. Voilà pourquoi je la refuse, nous disait Mgr Lefebvre. Vous le voyez, c’est toujours pour une question de fidélité à la Croix de NSJC, mystère central de notre foi catholique parce que mystère central du Christ – Mysterium Christi, Mysterium Crucis -, que Mgr Lefebvre garda sa vie durant, et nous à sa suite, la Messe de toujours.

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