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La Semaine Sainte: la Veillée pascale

publié dans paroisse saint michel le 20 avril 2011


Prédication de la Veillée pascale.

Les effets du Saint Baptême.

Vous me permettrez, MBCF, de m’adresser plus particulièrement à nos baptisés de cette nuit pascale.
Je confesse tout d’abord, devant votre assemblée, que nos trois baptisés ont manifesté « le désir profond et une volonté ferme d’être baptisés ». Leur désir est entièrement « libres ». Et ils l’acceptent, ce saint baptême, « volontairement et avec plaisir ». Chacun, sous des formes différentes, ont demandé de l’être. Ce fut clair d’abord chez Léo, lors de nos premières leçons de catéchisme chez M et Mme Courtois. Et avec quel empressement ! J’en étais impressionné. Il exprima même d’autres intentions qui pour l’instant appartiennent à lui et à Dieu. Quentin, quelques mois après, exprima le même désir d’abord par téléphone. « Que faut-il faire pour recevoir le Baptême », fut sa demande ? Et malgré sa préparation au baccalauréat, il est fidèle à cet enseignement de la foi. Quant à Victor, il en est de même aussi. « Et il ne faut pas penser que cette volonté manque, même chez les plus jeunes enfants, puisque l’Eglise répond pour eux, et que sa propre volonté à cet égard est bien évidente ».

Mais outre le désir formel du Baptême que j’ai pu constater chez eux, j’ai pu également apprécié leur foi, à chacun. Car « la Foi est également nécessaire pour recevoir la grâce du Sacrement ». Elle est nécessaire « au même titre que la volonté ». Notre Seigneur a dit, en effet : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ». N’oublions pas en effet que le baptême est le sacrement de la foi.

De plus, ils ont eu le repentir sincère de tous leurs péchés qui sont absous, nous allons le dire, par le baptême. Ils ont reçu le baptême pour vivre saintement. Et c’est pour moi un sujet d’admiration de voir que le Bon Dieu garde des âmes d’élites au milieu de cette corruption du monde en les appelant au saint Baptême. C’est pourquoi j’admire « sans réserve la bonté infinie de Dieu, qui sans aucun mérite de leurs parts, et par la seule inspiration de sa miséricorde, a bien voulu leur accorder le bienfait si extraordinaire et si précieux du baptême ».
Mais pour bien comprendre le bienfait du baptême, il faut en connaître les effets.

Alors quels sont donc les effets du baptême reçu cette nuit ?

Rien n’est plus puissant pour faire naître en nous le feu du véritable amour de Dieu.
La première chose à nous rappeler, « c’est que tous nos péchés, soit le péché originel qui nous vient de nos premiers parents, soit le péché actuel que nous avons pu commettre par notre propre volonté, tous nos péchés, disons-nous, nous sont remis et pardonnés par la vertu merveilleuse du Sacrement de Baptême.
Il faut citer ici Ezéchiel, longtemps avant NSJC. Il avait prédit cet effet : « Je verserai sur vous une eau pure, dit Dieu Lui-même, par la bouche du Prophète, et vous serez purifiés de toutes vos souillures ».

Et l’Apôtre saint Paul, après avoir fait aux Corinthiens une longue énumération de diverses sortes de péchés, ajoute: « C’est ce que vous avez été autrefois: mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés ».

Tel est, en effet, la doctrine constante de l’Eglise. On pourrait citer tous les Pères de l’Eglise, Saint Augustin, saint Jérôme… Mais bornons nous à citer le Concile de Trente. La sainte assemblée de Trente a prononcé l’anathème contre ceux qui oseraient penser autrement, et qui auraient la témérité de soutenir que « la rémission des péchés par le Baptême n’est pas entière, et qu’ils ne sont pas absolument effacés et comme déracinés de l’âme, mais seulement coupés et rasés en quelques sortes, de manière que les racines en demeurent encore dans notre cœur. Car, pour employer les propres expressions du Concile, Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés, parce qu’il n’y a aucune cause de condamnation dans ceux qui ont été véritablement ensevelis avec Jésus-Christ par le Baptême, pour mourir au péché ; qui ne vivent plus selon la chair ; qui ont dépouillé le vieil homme ; qui se sont revêtus de l’homme nouveau qui a été créé selon Dieu ; et qui sont devenus innocents, purs, sans tache, et agréables à Dieu ».

Toutefois, ne faisons pas d’angélisme, la concupiscence ou le foyer du péché subsiste encore chez les baptisés ; mais la concupiscence n’est point le péché. Elle est seulement une inclination ou tendance de l’âme au péché, essentiellement contraire à la raison ; mais cette tendance est bien différente de la véritable nature du péché qui est opposition formelle de la volonté à la loi de Dieu.

Si l’on veut une image sensible et une figure frappante de cette vérité de la purification obtenue au baptême, on peut considérer ce que l’Ecriture rapporte de Naaman, le lépreux de Syrie. Après s’être baigné sept fois dans le Jourdain, il fut si parfaitement guéri que sa chair semblait être celle d’un enfant.

Concluons que l’effet propre du Baptême est de nous remettre tous nos péchés, aussi bien le péché originel que ceux que nous avons commis par notre propre faute. Ainsi Victor, Léo, Quentin sont-ils purs de tous péchés. Ils sont toute innocence.
C’est du reste pour cette fin que notre Sauveur l’a institué. Le Prince des Apôtres, pour n’en point citer d’autres, nous l’apprend formellement, quand il dit: « Faites pénitence, et que chacun de vous reçoive le Baptême au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés ».

Et non seulement le Baptême remet tous les péchés, mais il remet en même temps toutes les peines qui leur sont dues. Voilà pourquoi la sainte Eglise a toujours compris qu’on ne pouvait, sans faire une très grande injure à ce Sacrement, imposer à celui qui l’a reçu et est purifié par lui, ces œuvres de piété que l’on appelle communément « des œuvres satisfactoires ».

De plus, le Baptême, après le court passage de cette vie, nous délivre de toutes les peines qui sont dues au péché originel.

Pourquoi donc, dira peut-être quelqu’un, ne sommes-nous pas, aussitôt après le Baptême, et dès cette vie mortelle, délivrés de tous les inconvénients qui l’accompagnent et rétablis par la vertu de l’ablution sacrée dans cet état de dignité et de perfection, où Adam le père du genre humain avait été placé avant son péché ?
Nous pouvons donner de ce fait deux principales raisons
-La première, c’est que nous sommes unis au corps de Jésus-.Christ, et que nous en devenons les membres par le Baptême. Or il ne convient pas de nous accorder plus de privilèges qu’à notre Chef lui-même qui a connu la fragilité de la nature humaine et enduré les tourments de sa Passion et de sa Mort, avant de s’être ressuscité Lui-même à la vie glorieuse de l’immortalité. Il est juste qu’il en soit ainsi des régénérés dans l’eau et dans l’Esprit.
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-La seconde raison qui a fait laisser en nous après le Baptême l’infirmité du corps, les maladies, le sentiment de la douleur et les mouvements de la concupiscence, c’est que Dieu voulait nous ménager comme une ample moisson de mérites de toute sorte, et par ce moyen, nous faire obtenir un jour des fruits plus abondants de gloire, et de plus magnifiques récompenses. Si nous souffrons patiemment toutes les misères de la vie, si avec l’aide de Dieu, nous soumettons les affections déréglées de notre cœur à l’empire de la raison, nous avons le droit d’espérer fermement, avec l’Apôtre, que, « ayant bien combattu, achevé notre course et conservé la Foi, le Seigneur nous réservera la couronne de justice, et que ce juste Juge nous la rendra au dernier jour ». Tout travail mérite son salaire !

Que peut-il y avoir de plus doux, et de plus désirable, que de prendre la croix sur nos épaules, de suivre notre Sauveur comme un chef, sans nous laisser ni rebuter par la fatigue, ni arrêter par les dangers, et de tendre sans cesse de toutes nos forces à la récompense céleste à laquelle Dieu nous appelle, pour recevoir de sa main, les récompenses dues à nos vertus ?

Mais ce n’est pas tout.

Il faut aussi me permettre de vous rappeler « que ce Sacrement, non seulement nous délivre du péché, mais qu’il nous enrichit encore des biens et des dons les plus précieux.

Ainsi remplit-il notre âme de cette Grâce divine qui nous rend justes, la grâce de justification et qui nous fait enfants de Dieu, héritiers du salut éternel. Car, comme il est écrit: « celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ». Le décret du Concile de Trente nous oblige à croire cela sous peine d’anathème.

Mais cette grâce que le Baptême communique est accompagnée du glorieux cortège de toutes les vertus qui, par un don spécial de Dieu, pénètrent dans l’âme en même temps qu’elle. Ce sont les vertus théologales, les vertus cardinales. L’Apôtre écrivait à Tite: « Dieu nous a sauvés par l’eau de la régénération et du renouvellement du Saint-Esprit, qu’Il a répandu sur nous avec abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur. » Et Saint Augustin affirme que ces paroles, Il a répandu en abondance, doivent s’entendre de toute la rémission des péchés et de l’abondance de toutes les vertus. Le baptême nous donne les armes du combat spirituel comme l’école de saint Cyr te donnera un jour, cher Quentin, la science militaire.

Le Baptême nous unit aussi et nous attache à Jésus-Christ comme des membres à leur chef. Il est notre chef. Il est la Tête. Il est notre modèle. « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». Et comme tout être a besoin d’idéal, ne vit pas sans idéal, vous trouverez en NSJC votre idéal. Ce n’est pas le monde et son indifférence à Dieu que vous suivrez, grâce à votre baptême, mais le Christ et son idéal. Par votre citoyenneté, vous vivez pour la patrie. Par votre baptême, vous vivrez pour Dieu. Ainsi serez-vous capables d’accomplir tous les devoirs de la Piété chrétienne.

Ces devoirs, vous ne les accomplirez pas sans peine, ni sans difficultés malgré cette abondance de vertus que vous donne le baptême. C’est que, même après le Baptême, la lutte acharnée de la chair contre l’esprit n’est pas finie. Au contraire. Et il serait indigne d’un Chrétien de se décourager dans cette lutte, ou de se laisser abattre. Vous vous appuierez sur la bonté de Dieu, et vous vous appliquerez chaque jour à bien vivre, gardant dans son cœur l’espérance certaine que bientôt vous trouverez facile et agréable « tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint ».

En outre le Baptême imprime dans notre âme un caractère ineffaçable. Cette doctrine est celle que professe l’Apôtre dans ces paroles: « il n’y a qu’un Seigneur, une Foi, un Baptême. » Aussi la Sainte Eglise fait-elle publiquement profession de n’admettre qu’un seul Baptême. Pour le comprendre, il suffit de se rappeler que le Baptême est une régénération spirituelle. De même que selon l’ordre de la nature nous ne naissons et ne venons au monde qu’une seule fois, ainsi il ne peut y avoir non plus qu’une seule génération spirituelle, et dans aucun cas, le Baptême ne peut être renouvelé, réitéré.

Enfin il est un dernier effet du baptême auquel tous les autres se rapportent, c’est de nous ouvrir la porte du ciel, que le péché nous tenait auparavant fermée. Saint Paul est formel : « Notre patrie, dit-il, c’est le ciel » et « le Christ est pour nous l’espérance de la gloire »

Cet effet nous est éloquemment illustré lors du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain. Là, les cieux se sont ouverts et l’on vit le Saint-Esprit descendre sur Jésus-Christ sous la forme d’une colombe. Ce prodige signifiait que ceux qui sont baptisés reçoivent les dons du Saint-Esprit, et que la porte du ciel leur est ouverte.

Vos cœurs, bien chers enfants, étaient totalement dilatés et parfaitement ouverts pour recevoir en abondance tous les dons du baptême en cette nuit de Pâques.

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